Telle est la première réaction de Job aux malheurs qui se sont abattus sur lui : il commence par maudire le jour de sa naissance. Il faut dire que chez les Juifs, du moins dans l'Antiquité, il n'était pas d'usage de célébrer l'anniversaire de naissance d'un homme. L'homme venait seulement de venir au monde ; il n'y avait rien de remarquable dans ce fait en soi, et si l'on devait célébrer certains événements de la vie d'un homme, c'étaient ceux qui témoignaient de ses réalisations dans ce monde, non son apparition même à la lumière. Mais maudire le jour de sa propre naissance ne serait évidemment venu à l'esprit de personne. Même une mauvaise vie était considérée comme meilleure que la mort, meilleure que le shéol qui attendait chacun au bout du chemin : on n'attendait pas de rétribution après la mort, le shéol était le même pour tous.
Job considère la vie, du moins la sienne, précisément comme un mal. Un mal plus grand encore que le shéol. C'était pour le moins étrange. S'il s'était agi, par exemple, d'un bouddhiste, un tel discours aurait été tout à fait compréhensible : pour un bouddhiste, la vie est précisément un mal, et toute vie, même très heureuse. Parce que même la vie la plus heureuse est pleine de souffrances et se termine d'une manière qui n'a rien d'heureux. Mais Job n'est pas bouddhiste. Et il n'a pas haï la vie pour des considérations générales. Cette vie est simplement devenue soudain pour lui insupportable. À cause de la maladie et des autres malheurs ? Peut-être, bien sûr.
Mais il ne s'agit pas seulement, ni même tellement, des maladies et des malheurs. Job lui-même dit que ce qu'il redoutait lui est précisément arrivé. Et il ne s'agit manifestement pas des maladies et des malheurs en tant que tels. Ce n'est pas par hasard que Job est présenté dans le livre comme un juste idéal, tel qu'en général il n'en existe pas dans la vie. L'auteur en avait besoin. Parce qu'un tel juste, selon les représentations religieuses généralement admises de son époque, celle de l'auteur, ne devrait pas souffrir. Les justes ne souffrent pas, ce sont les pécheurs qui souffrent. Il semblerait que dans la Bible, même dans les livres de l'Ancien Testament, il soit question plus qu'assez de la souffrance des justes.
Mais ici, il n'y a tout de même pas cette logique évangélique qui décrit la souffrance du juste comme conséquence inévitable de l'incompatibilité entre la justice et le monde qui gît dans le mal. Ici, la souffrance du juste reste une anomalie, même trop fréquente, même souvent prolongée. Et voici que le juste parfait pose enfin, pour la première fois dans l'histoire du peuple de Dieu, la question de front : pourquoi donc moi, juste, devrais-je souffrir ? Et si le juste souffre, peut-on considérer la vie comme un bien ? Ne serait-elle pas du tout un don de Dieu, mais une punition de Sa part ?
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À vrai dire, le tableau peint par l’Ecclésiaste semble, à première vue, assez sombre. La naissance et la mort, la construction et la destruction se succèdent dans un cycle sans fin... Et l’impression dominante qui s’en dégage est l’inquiétude et l’angoisse : rien de ce qui nous est cher n’est éternel... Et voici qu’après tout cela, l’Ecclésiaste parle soudain de paix. Qu’est-ce donc que cette paix que le Seigneur a placée dès le commencement dans le cœur de l’homme ? Il semble qu’il ne s’agisse pas simplement de l’absence d’angoisse. Sa paix est plus complexe que l’idée humaine de la paix. Sa paix est liée à Sa Personne. Ce qu’Il a placé en nous, c’est avant tout l’aspiration vers Lui. Grâce à cette aspiration, nous pouvons considérer la situation du point de vue de l’éternité. Et de ce point de vue, nous voyons que tout passe, tout change... mais Lui demeure à jamais. Il demeure avec nous, car Il est fidèle. Et cette paix dans le cœur ne peut être détruite.
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L'Évangile contient beaucoup de paraboles « financières » où il est question de la récompense dans les cieux, de l'acquisition du Royaume de Dieu comme d'un champ contenant un trésor, et d'un capital qu'il faut faire fructifier. La parabole d'aujourd'hui révèle un autre aspect de la « comptabilité céleste » : ceux qui ont travaillé pour Dieu toute leur vie recevront la même récompense que les oisifs qui ont tout juste réussi à sauter dans le train au moment où il partait. Le paradoxe d'une telle approche refroidira peut-être l'ardeur de certains « acquéreurs du Royaume », prêts à travailler en vue de la récompense. Mais en réalité, cette parabole déplace simplement la notion de valeur ou de récompense du résultat vers le processus. Le résultat, l'issue finale, sera peut-être le même pour tous : « Dieu tout en tous » (1 Co 15:28), d'autant plus qu'il ne peut être gagné mais seulement reçu comme un don. La récompense particulière de ceux qui sont prêts à travailler tient à ce qu'ils collaborent déjà avec Dieu, tandis que les autres attendent encore l'invitation.
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L'Évangile contient beaucoup de paraboles « financières » où il est question de la récompense dans les cieux, de l'acquisition...
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Après une longue période de division, les rois de Juda et d’Israël se montrèrent capables d’agir ensemble. Mais les anciennes iniquités d’Achab pesaient sur lui, et il les paya de sa mort au combat.
Avant la bataille, le roi s’adresse aux prophètes. Ils lui annoncent ce qui lui plaît, mais il est révélateur qu’Achab se tourne tout de même vers Michée, dont il n’a pas l’habitude d’entendre des paroles qui lui soient favorables. Même après que Michée a d’abord prononcé une prophétie favorable, le roi continue de le presser de prophétiser. Achab sent probablement que la situation réelle n’est pas du tout celle qu’il souhaiterait, mais il ne veut pas non plus se consoler par l’illusion.
Pourquoi le roi est-il alors parti à la guerre ? Parce qu’il a cru aux fausses prophéties ? Ou bien, ayant cru à la parole annoncée par Michée, a-t-il accepté sa mort prochaine comme une sentence méritée ? Il serait triste que la première hypothèse soit vraie. Mais il ne le serait pas moins si la seconde l’était et qu’Achab ait trouvé plus facile de mourir que de se tourner vers le Seigneur et de se repentir devant Lui.
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