RÉFLEXIONS pour Is 63:1-64:11
Dans la vision prophétique, le Sauveur apparaît, s’avançant dans des vêtements rougis de sang ; mais nous savons que le Christ ne viendra pas pour verser le sang des pécheurs. Non, c’est son sang qui sera versé et, avec les nombreux péchés du genre humain, il prendra sur lui les conséquences d’innombrables effusions de sang. Que signifie donc la vision d’Isaïe ?
On peut supposer que la prophétie avertit que les conséquences des péchés deviennent inévitablement mortelles pour les pécheurs. Mais au Golgotha, le Sauveur prendra sur lui le coup qui leur revient en toute justice. Au peuple habitué à se dire enfant d’Abraham, Dieu rappellera par la bouche de Jean le Baptiste qu’il peut, à partir de pierres, créer des enfants à Abraham. Pour nous, cela signifie que, malgré toute l’importance de comprendre le dévoilement progressif de la Vérité dans l’histoire, il faut aussi se souvenir de Celui qui s’élève au-dessus de l’histoire.
Mais, tout en s’élevant au-dessus des affaires humaines, il ne s’en détourne pas. Et c’est précisément ici que le prophète prononce des paroles si familières pour nous qui vivons à l’époque du Nouveau Testament, mais encore rarement entendues au temps de l’Ancien Testament : Dieu est appelé le véritable Père ; il n’est pas le « Dieu des philosophes et des savants », distant de nous. C’est pourquoi une humanité authentique est possible seulement avec Dieu, alors que les seules forces humaines ne peuvent l’atteindre.
