6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
7 Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus. |
8 Enfin, frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper. |
9 Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi et constaté en moi, voilà ce que vous devez pratiquer. Alors le Dieu de la paix sera avec vous. |
Pourquoi révéler nos désirs à Dieu, qui sait déjà tout ? Mais Dieu est notre Père. Lorsque nous sommes petits, nos parents devinent souvent ce que nous aimerions réellement. Tant que nous sommes encore tout petits, ils nous le donnent même sans que nous le demandions. Mais essayez, par exemple, de dire à un adolescent qu'une chose est bonne et utile pour lui alors que tout autre chose lui paraît vrai. Nous tous, et pas seulement les adolescents, ne savons pas ce que nous voulons réellement. Nous prenons sans cesse notre désir le plus fort pour le plus profond et le plus authentique. Or les désirs les plus forts sont généralement superficiels.
Si nous demandons au Seigneur ce que nous croyons désirer le plus et qu'en réponse Il nous donne ce que nous voulons réellement au plus profond de notre cœur, nous le percevrons comme une violence, comme une punition. Parfois, même cela est nécessaire si nous nous sommes trop pris à nos propres jeux et mensonges.
Par exemple, une personne aspire à des relations profondes, mais dans la pratique elle craint la sincérité et la profondeur et passe tout son temps dans des fêtes. Si cela dure si longtemps qu'elle oublie entièrement le véritable désir de son cœur et cesse même de le percevoir vaguement, Dieu peut faire en sorte qu'elle se retrouve complètement seule. Mais le Seigneur n'agit pas toujours comme un chirurgien : en Père aimant, Il ne recourt que très rarement à des opérations douloureuses.
C'est pourquoi le Seigneur veut que nous apprenions à être authentiques. Alors nous pourrons Lui demander ce que nous voulons réellement, et ce sera l'expression de notre liberté, un choix entre les désirs puissants de notre chair et les désirs profonds de notre esprit.
6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
7 Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus. |
Il est peu probable que l'insouciance soit l'idéal, auquel convie l'apôtre Paul à ses lecteurs. En effet, l'insouciance est toujours liée à l'irresponsabilité, au refus de cette responsabilité, que nous confie le Créateur. Mais l'apôtre, dit plutôt comment on devrait se soucier. Ni l'angoisse, ni la perte de la quiétude, ni l’harassement des proches par ses plaintes ne peuvent pas être appelés des formes justes du souci. Au lieu de tout cela l'apôtre nous propose de toujours ouvrir nos demandes auprès de Dieu. Et alors la responsabilité, que Dieu a donnée à chacun de nous, se remplit de Sa puissance créatrice.
Du point de vue de la technologie de la vie spirituelle, ce n’est pas moins important le fait que l'apôtre nous appelle à l’action de grâces. Il s’agit aussi de la gratitude pour toutes les faveurs que nous avons déjà reçues de Dieu, et du remerciement lié aux demandes concrètes. Le fait est qu'ainsi dans nos demandes à Dieu s'exprime non pas la force de notre inquiétude, mais la force de notre foi.
Et l'apôtre finit sa pensée par l'indication du plus important dans notre travail spirituel de chaque jour: les aspirations à la paix de Dieu.
Cette paix est beaucoup plus profonde que le calme émotionnel; c'est surtout pourquoi nous pouvons la garder dans les circonstances les plus difficiles. Et elle {la paix} nous est nécessaire pour être avec Dieu. Peut-être, la principale source des supplices de l'esprit humain - ce que nous tentons de satisfaire le besoin mis en nous dans le monde de Dieu par des succédanés. Mais cette paix est en réalité atteinte par cette ouverture d'enfant à Dieu, dont parle l'apôtre Paul.
6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
7 Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus. |
Il est peu probable que l'insouciance soit l'idéal, auquel convie l'apôtre Paul à ses lecteurs. En effet, l'insouciance est toujours liée à l'irresponsabilité, au refus de cette responsabilité, que nous confie le Créateur. Mais l'apôtre, dit plutôt comment on devrait se soucier. Ni l'angoisse, ni la perte de la quiétude, ni l’harassement des proches par ses plaintes ne peuvent pas être appelés des formes justes du souci. Au lieu de tout cela l'apôtre nous propose de toujours ouvrir nos demandes auprès de Dieu. Et alors la responsabilité, que Dieu a donnée à chacun de nous, se remplit de Sa puissance créatrice.
Du point de vue de la technologie de la vie spirituelle, ce n’est pas moins important le fait que l'apôtre nous appelle à l’action de grâces. Il s’agit aussi de la gratitude pour toutes les faveurs que nous avons déjà reçues de Dieu, et du remerciement lié aux demandes concrètes. Le fait est qu'ainsi dans nos demandes à Dieu s'exprime non pas la force de notre inquiétude, mais la force de notre foi.
Et l'apôtre finit sa pensée par l'indication du plus important dans notre travail spirituel de chaque jour: les aspirations à la paix de Dieu.
Cette paix est beaucoup plus profonde que le calme émotionnel; c'est surtout pourquoi nous pouvons la garder dans les circonstances les plus difficiles. Et elle {la paix} nous est nécessaire pour être avec Dieu. Peut-être, la principale source des supplices de l'esprit humain - ce que nous tentons de satisfaire le besoin mis en nous dans le monde de Dieu par des succédanés. Mais cette paix est en réalité atteinte par cette ouverture d'enfant à Dieu, dont parle l'apôtre Paul.
6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
Nous nous heurtons de nouveau au caractère paradoxal des Saintes Ecritures. L'apôtre Paul répète pratiquement les mots de Jésus, dits par Lui dans le sermon sur la Montagne – «n’entretenez aucun souci». Mais n’est ce pas ce Même Jésus qui nous donne le commandement de nous aimer les uns les autres, et donc - se soucier les uns les autres. Et le célèbre 25éme chapitre de l'Évangile selon Matthieu met notre sort à la dépendance directe, de la manière dont nous nous soucions des autres. Qu’est ce que tout cela signifie vraiment?
Ne vous semble t-il pas que le mot "souci" a deux significations : une aide efficace à quelqu'un et un certain fardeau intérieur, «obnubilé» sur quelque chose? Le souci dans la première signification, entre absolument dans la notion de la vie chrétienne. Mais le souci dans la deuxième signification est quelque chose tout à fait inconvenant pour les chrétiens. Il y a en elle l’impasse, la désespérance, la défiance en ce qu’il existe une sortie situation difficile. En fin de compte c’est une défiance envers Dieu. C'est pourquoi Paul n’écrit pas seulement «n’entretenez aucun souci», mais il continue en disant «présenter vos requêtes» a Dieu - avec confiance et gratitude pour tout ce qu'Il a déjà fait, et – en anticipation! - pour tout ce qu'Il fera encore.
6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
Nous nous heurtons de nouveau au caractère paradoxal des Saintes Ecritures. L'apôtre Paul répète pratiquement les mots de Jésus, dits par Lui dans le sermon sur la Montagne – «n’entretenez aucun souci». Mais n’est ce pas ce Même Jésus qui nous donne le commandement de nous aimer les uns les autres, et donc - se soucier les uns les autres. Et le célèbre 25éme chapitre de l'Évangile selon Matthieu met notre sort à la dépendance directe, de la manière dont nous nous soucions des autres. Qu’est ce que tout cela signifie vraiment?
Ne vous semble t-il pas que le mot "souci" a deux significations : une aide efficace à quelqu'un et un certain fardeau intérieur, «obnubilé» sur quelque chose? Le souci dans la première signification, entre absolument dans la notion de la vie chrétienne. Mais le souci dans la deuxième signification est quelque chose tout à fait inconvenant pour les chrétiens. Il y a en elle l’impasse, la désespérance, la défiance en ce qu’il existe une sortie situation difficile. En fin de compte c’est une défiance envers Dieu. C'est pourquoi Paul n’écrit pas seulement «n’entretenez aucun souci», mais il continue en disant «présenter vos requêtes» a Dieu - avec confiance et gratitude pour tout ce qu'Il a déjà fait, et – en anticipation! - pour tout ce qu'Il fera encore.
1 Ainsi donc, mes frères bien-aimés et tant désirés, ma joie et ma couronne, tenez bon de la sorte, dans le Seigneur, mes bien-aimés. |
2 J’exhorte Évodie comme j’exhorte Syntychè à vivre en bonne intelligence dans le Seigneur. |
3 Et toi de ton côté, Syzyge, vrai « compagnon », je te demande de leur venir en aide : car elles m’ont assisté dans la lutte pour l’Évangile, en même temps que Clément et mes autres collaborateurs, dont les noms sont écrits au livre de vie. |
4 Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous. |
5 Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. |
6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
7 Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus. |
8 Enfin, frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper. |
9 Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi et constaté en moi, voilà ce que vous devez pratiquer. Alors le Dieu de la paix sera avec vous. |
10 J’ai eu grande joie dans le Seigneur à voir enfin refleurir votre intérêt pour moi ; il était bien toujours vivant, mais vous ne trouviez pas d’occasion. |
11 Ce n’est pas mon dénuement qui m’inspire ces paroles ; j’ai appris en effet à me suffire en toute occasion. |
12 Je sais me priver comme je sais être à l’aise. En tout temps et de toutes manières, je me suis initié à la satiété comme à la faim, à l’abondance comme au dénuement. |
13 Je puis tout en Celui qui me rend fort. |
14 Cependant vous avez bien fait de prendre part à mon épreuve. |
15 Vous le savez vous-mêmes, Philippiens : dans les débuts de l’Évangile, quand je quittai la Macédoine, aucune Église ne m’assista par mode de contributions pécuniaires ; vous fûtes les seuls, |
16 vous qui, dès mon séjour à Thessalonique, m’avez envoyé, et par deux fois, ce dont j’avais besoin. |
17 Ce n’est pas que je recherche les dons ; ce que je recherche, c’est le bénéfice qui s’augmente à votre actif. |
18 Pour le moment j’ai tout ce qu’il faut, et même plus qu’il ne faut, je suis comblé, depuis qu’Épaphrodite m’a remis votre offrande, parfum de bonne odeur, sacrifice que Dieu reçoit et trouve agréable. |
19 En retour mon Dieu comblera tous vos besoins, selon sa richesse, avec magnificence, dans le Christ Jésus. |
20 Gloire à ce Dieu, notre Père, dans les siècles des siècles ! Amen. |
21 Saluez chacun des saints dans le Christ Jésus. Les frères qui sont avec moi vous saluent. |
22 Tous les saints vous saluent, surtout ceux de la Maison de César. |
23 La grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! |
Paul conclut son propos sur la vie spirituelle par un appel à la joie (v. 4). Cet appel peut sembler un simple désir d'encourager les destinataires de la lettre, dont la situation n'était peut-être pas facile. Mais il ne s'agit probablement pas seulement de cela. La joie est aussi un signe distinctif de la vie du Royaume. Il ne s'agit évidemment pas de la joie humaine ordinaire. Celle-ci peut certes avoir, elle aussi, des causes spirituelles, mais ce n'est pas toujours le cas. Ici, en revanche, il est question d'un état qui ressemble extérieurement à la joie humaine ordinaire, mais qui n'est en réalité rien d'autre que la réaction du psychisme humain au souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré. Ce n'est pas un hasard si, après avoir mentionné la joie, l'apôtre parle aussitôt de l'humilité, de la « douceur », de l'abandon complet à la volonté de Dieu et de la paix — apparemment de cette paix même dont le Sauveur a dit à la dernière Cène qu'elle « n'est pas de ce monde » (v. 5–7). En même temps, il appelle ses lecteurs à une vie vertueuse, non seulement dans leurs actes, mais aussi dans leurs pensées (v. 8).
Évidemment, pour l'homme qui demeure dans notre monde en cours de transfiguration, mais pas encore entièrement transfiguré, une telle vie est un idéal inaccessible. Il est évident qu'on ne peut vivre comme Paul y appelle que dans le Royaume. On comprend alors que c'est précisément ainsi que l'apôtre propose à ses frères de Philippes de vivre. Il pourrait sembler que peu de chose dépende ici de l'homme, puisque aucun effort humain ne peut mériter le Royaume. Mais, d'un autre côté, c'est de l'homme que dépend de façon décisive sa capacité, une fois associé au Royaume, à garder ce qu'il a reçu et à s'enraciner dans sa nouvelle vie. La vie dans le Royaume est un processus divino-humain : le souffle de Dieu transfigure celui qui participe à la vie du Royaume dans la mesure où cet homme est lui-même prêt à se remettre entre les mains de Dieu. Et c'est ici que l'humilité, cette humilité véritable qui n'est possible que devant Dieu, joue le rôle décisif, en permettant à Dieu de transfigurer l'homme et de le préparer à la vie du Royaume au point que même ce qui lui était auparavant impossible devienne possible. C'est précisément à une telle vie que Paul appelle ses lecteurs.
1 Ainsi donc, mes frères bien-aimés et tant désirés, ma joie et ma couronne, tenez bon de la sorte, dans le Seigneur, mes bien-aimés. |
2 J’exhorte Évodie comme j’exhorte Syntychè à vivre en bonne intelligence dans le Seigneur. |
3 Et toi de ton côté, Syzyge, vrai « compagnon », je te demande de leur venir en aide : car elles m’ont assisté dans la lutte pour l’Évangile, en même temps que Clément et mes autres collaborateurs, dont les noms sont écrits au livre de vie. |
4 Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous. |
5 Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. |
6 N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. |
7 Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus. |
8 Enfin, frères, tout ce qu’il y a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, d’honorable, tout ce qu’il peut y avoir de bon dans la vertu et la louange humaines, voilà ce qui doit vous préoccuper. |
9 Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi et constaté en moi, voilà ce que vous devez pratiquer. Alors le Dieu de la paix sera avec vous. |
10 J’ai eu grande joie dans le Seigneur à voir enfin refleurir votre intérêt pour moi ; il était bien toujours vivant, mais vous ne trouviez pas d’occasion. |
11 Ce n’est pas mon dénuement qui m’inspire ces paroles ; j’ai appris en effet à me suffire en toute occasion. |
12 Je sais me priver comme je sais être à l’aise. En tout temps et de toutes manières, je me suis initié à la satiété comme à la faim, à l’abondance comme au dénuement. |
13 Je puis tout en Celui qui me rend fort. |
14 Cependant vous avez bien fait de prendre part à mon épreuve. |
15 Vous le savez vous-mêmes, Philippiens : dans les débuts de l’Évangile, quand je quittai la Macédoine, aucune Église ne m’assista par mode de contributions pécuniaires ; vous fûtes les seuls, |
16 vous qui, dès mon séjour à Thessalonique, m’avez envoyé, et par deux fois, ce dont j’avais besoin. |
17 Ce n’est pas que je recherche les dons ; ce que je recherche, c’est le bénéfice qui s’augmente à votre actif. |
18 Pour le moment j’ai tout ce qu’il faut, et même plus qu’il ne faut, je suis comblé, depuis qu’Épaphrodite m’a remis votre offrande, parfum de bonne odeur, sacrifice que Dieu reçoit et trouve agréable. |
19 En retour mon Dieu comblera tous vos besoins, selon sa richesse, avec magnificence, dans le Christ Jésus. |
20 Gloire à ce Dieu, notre Père, dans les siècles des siècles ! Amen. |
21 Saluez chacun des saints dans le Christ Jésus. Les frères qui sont avec moi vous saluent. |
22 Tous les saints vous saluent, surtout ceux de la Maison de César. |
23 La grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! |
Paul met particulièrement en valeur l'humilité (« douceur »), sans laquelle le chemin du chrétien, et donc le salut, sont impossibles. En même temps, l'apôtre décrit assez en détail ce que signifie précisément l'humilité comme état spirituel. Avant tout, suivant le Christ, il appelle les destinataires de son épître à ne se soucier de rien, en remettant tout à Dieu, vers qui Paul les appelle à se tourner avec tous leurs désirs.
Cela paraît simple, mais en réalité une telle simplicité n'est pas du tout facile à atteindre. En effet, pour vivre ainsi, il faut prendre conscience que notre vie même ne nous appartient pas. En fait, il en est bien ainsi, et la Bible le dit parfaitement clairement : ce qui fait de l'homme un homme, c'est ce « souffle de vie » que Dieu « insuffle » dans ses « narines » lors de la création, et ce souffle appartient à Dieu, nullement à l'homme.
Cependant, la conscience que sa vie appartient à Dieu est très difficile pour l'homme déchu. Il faut ici une intervention directe de Dieu, cette paix même dont Jésus Lui-même dit qu'elle n'est pas de ce monde. Elle n'est pas de ce monde en ce sens qu'on ne la trouve pas dans la nature, dans le monde, dans cet espace que les anciens Grecs appelaient cosmos ; elle appartient au Royaume, qui lui aussi n'est pas de ce monde. L'homme la vit précisément comme paix, comme silence intérieur qui arrête et éteint en lui tous les mouvements spirituels liés à la nature humaine déchue.
Le « moi » spirituel de l'homme, que l'apôtre appelle ici, comme dans ses autres épîtres, par un mot grec signifiant littéralement « intelligence », tombe inévitablement, dans l'état déchu, sous le pouvoir de cette nature qu'il devait, selon le dessein de Dieu, contrôler et orienter. Or être chrétien signifie entrer dans les relations qui unissent le Fils au Père, de sorte que toute la vie spirituelle de l'homme se déroule dans l'espace de ces relations. Sans l'action directe du souffle du Royaume, qui libère l'homme du pouvoir de sa propre nature et le plonge dans le silence intérieur, il est impossible d'y entrer. Et depuis le silence intérieur, on peut déjà entrer au-dedans des relations du Père et du Fils, « garder les cœurs et les pensées dans le Christ Jésus », comme Paul l'appelle.
Mais pour y demeurer, pour ne pas tomber hors de l'espace spirituel des relations du Père et du Fils, il ne faut admettre dans sa vie spirituelle aucune intention, ni même aucune pensée, sauf celles qui sont « vertu et louange ». Sinon, aucun chemin spirituel ne se formera : l'homme ne pourra que toucher parfois, et pour très peu de temps, le Royaume et sa vie, mais il ne pourra pas y entrer. Voilà ce que rappelle l'apôtre à la fin de son épître.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
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