3 Eh bien ! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n’exigea pas qu’il se fît circoncire. |
4 Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, |
5 gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin que la vérité de l’Évangile demeurât parmi vous... |
Toutes les premières communautés ecclésiales comprenaient aussi bien des Juifs qui s'étaient tournés vers le Christ que d'anciens païens récemment convertis. Or les Juifs avaient toujours du mal à s'asseoir à la même table et à rompre le pain avec des incirconcis.
On peut supposer qu'il ne s'agissait pas toujours ici de religiosité à l'état pur. Il est tout à fait possible que, dans le principe, en théorie, beaucoup des Juifs qui insistaient sur la circoncision aient été prêts à reconnaître qu'elle n'était pas en elle-même essentielle pour un chrétien. Mais seulement en général, seulement dans le principe. Lorsqu'il s'agissait de la vie concrète de l'Église, ces mêmes personnes pouvaient fort bien exiger que tous soient circoncis, simplement par coutume, pour la paix de la communauté, afin de ne pas troubler les Juifs nouvellement convertis.
Il semblerait qu'il n'y ait là rien de bien grave. Et il en aurait effectivement été ainsi si les circoncis n'avaient pas fini par insister sur la portée spirituelle de la circoncision en tant que telle. Or cela, l'apôtre ne pouvait plus l'accepter.
D'une manière générale, Paul n'exigeait de personne aucune religiosité, pas plus qu'il n'insistait pour qu'elle soit obligatoirement absente. Lui-même était et demeura toujours juif, mais il comprenait parfaitement que la religiosité, en elle-même, n'aide ni n'entrave la vie chrétienne. À condition, bien sûr, qu'elle ne devienne pas une fin en soi et qu'on ne lui attribue pas une portée spirituelle qu'elle n'a pas réellement.
Pourtant, à en juger par les paroles de Paul, c'est précisément ce qui s'était produit dans l'Église de Galatie. On avait commencé à y considérer la circoncision — manifestement sous l'influence des maîtres juifs locaux — comme obligatoire non seulement pour les Juifs, mais aussi pour les anciens païens qui venaient d'accueillir le Christ. La circoncision commençait à être réinterprétée comme un rite proprement chrétien, et donc obligatoire pour les chrétiens ; l'opinion se répandait que les incirconcis ne seraient pas sauvés et n'entreraient pas dans le Royaume. L'apôtre ne pouvait naturellement pas manquer d'intervenir ici : non parce qu'il était opposé par principe à la circoncision — on ne pouvait guère attendre cela d'un Juif qui n'avait nullement l'intention de renoncer à sa judéité —, mais parce qu'il considérait toute subordination de la vie spirituelle du chrétien à des conditions religieuses comme une déformation ou un amoindrissement de cette vie.
20 et quand je vous écris cela, j’atteste devant Dieu que je ne mens point. |
21 Ensuite je suis allé en Syrie et en Cilicie, |
22 mais j’étais personnellement inconnu des Églises de Judée qui sont dans le Christ ; |
23 on y entendait seulement dire que le persécuteur de naguère annonçait maintenant la foi qu’alors il voulait détruire ; |
24 et elles glorifiaient Dieu à mon sujet. |
1 Ensuite, au bout de quatorze ans, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabé et Tite que je pris avec moi. |
2 J’y montai à la suite d’une révélation ; et je leur exposai l’Évangile que je proclame parmi les païens — mais séparément aux notables, de peur de courir ou d’avoir couru pour rien. |
3 Eh bien ! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n’exigea pas qu’il se fît circoncire. |
4 Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, |
5 gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin que la vérité de l’Évangile demeurât parmi vous... |
L’apôtre Paul écrit aux Églises de Galatie la lettre dont nous commençons aujourd’hui la lecture en raison d’une situation plutôt désagréable. Certaines personnes non nommées ont troublé les Galates en leur affirmant que la liberté dans le Christ annoncée par l’apôtre Paul est une illusion et qu’il faut aller vers Dieu par le chemin épineux de la législation de l’Ancien Testament. Ce qui importe, disaient-elles, ce n’est pas de savoir si tu aimes Dieu et les hommes, mais si tu laves correctement la vaisselle pour l’amour de Dieu et si tu observes les autres rites. C’est pourquoi, dès le début de la lettre, l’apôtre dit que le Christ s’est livré lui-même pour nos péchés. Cela signifie, entre autres, que ce qu’annonce l’apôtre n’est pas une religion. Par définition, la religion est notre chemin humain de réunion avec un Dieu infiniment lointain. La question n’est même pas que la loi, comme tout le reste dans la religiosité humaine, ne constitue pas un tel chemin (l’apôtre en parle en détail aux Romains). À ses adversaires, il oppose le fait que Dieu lui-même a déjà parcouru le chemin qui nous sépare, qu’il a lui-même franchi cette distance.
On ne peut que partager l’étonnement de l’apôtre devant la facilité avec laquelle notre nature humaine se courbe sous le joug d’une loi impersonnelle, se tenant à distance d’un Dieu qui s’est trop approché. Telle est la différence psychologique entre la foi et la religiosité. Il importe de le garder à l’esprit, car chacun de nous a besoin de s’examiner : vis-tu dans la foi ou dans la religion ?
1 Ensuite, au bout de quatorze ans, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabé et Tite que je pris avec moi. |
2 J’y montai à la suite d’une révélation ; et je leur exposai l’Évangile que je proclame parmi les païens — mais séparément aux notables, de peur de courir ou d’avoir couru pour rien. |
3 Eh bien ! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n’exigea pas qu’il se fît circoncire. |
4 Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, |
5 gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin que la vérité de l’Évangile demeurât parmi vous... |
6 Et de la part de ceux qu’on tenait pour des notables — peu m’importe ce qu’alors ils pouvaient être ; Dieu ne fait point acception des personnes —, à mon Évangile, en tout cas, les notables n’ont rien ajouté. |
7 Au contraire, voyant que l’évangélisation des incirconcis m’était confiée comme à Pierre celle des circoncis — |
8 car Celui qui avait agi en Pierre pour faire de lui un apôtre des circoncis, avait pareillement agi en moi en faveur des païens — |
9 et reconnaissant la grâce qui m’avait été départie, Jacques, Céphas et Jean, ces notables, ces colonnes, nous tendirent la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion : nous irions, nous aux païens, eux à la Circoncision ; |
10 nous devions seulement songer aux pauvres, ce que précisément j’ai eu à cœur de faire. |
Dans ce chapitre, l’apôtre Paul raconte le concile de Jérusalem, décrit en détail dans le Livre des Actes. On y discutait de la conduite à tenir envers les païens qui avaient aussitôt cru au Christ sans connaître la Loi—en particulier, s’ils devaient être circoncis et observer toutes les prescriptions de la Loi valables pour les Juifs. Le témoignage de Paul et de Barnabé sur la conversion des païens, leur fermeté dans la défense de leurs convictions et leur obéissance à l’Église nous montrent comment les premiers chrétiens résolvaient les problèmes qui se présentaient. L’attention à l’opinion d’autrui, la discussion commune de ce qui se passait et la prise d’une décision étaient les voies principales pour résoudre les questions controversées.
Il faut dire que les paroles du Christ, « la vérité vous rendra libres », sont très bien illustrées par ce texte. On pourrait penser que Paul, pharisien et disciple de Gamaliel, aurait dû s’opposer absolument à la conversion des païens. Et pourtant, le voici qui témoigne auprès de ceux qui ne connaissent pas le Dieu unique. Il aurait dû défendre la lettre de la Loi, mais il insiste sur le fait que l’essentiel, pour se convertir, est d’accueillir le Christ crucifié et ressuscité et de recevoir le Saint-Esprit. Et le premier des Douze Apôtres qui soit nommé parmi ceux qui le soutiennent n’est pas Pierre, comme d’habitude, mais Jacques. C’est ce même Jacques qui, tout en étant chrétien, continuait d’observer si rigoureusement toutes les prescriptions de la Loi que les Juifs l’appelaient le Juste. Une telle liberté dans les pratiques extérieures des croyants n’est possible que lorsque le Saint-Esprit vit et agit au milieu d’eux.
1 Ensuite, au bout de quatorze ans, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabé et Tite que je pris avec moi. |
2 J’y montai à la suite d’une révélation ; et je leur exposai l’Évangile que je proclame parmi les païens — mais séparément aux notables, de peur de courir ou d’avoir couru pour rien. |
3 Eh bien ! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n’exigea pas qu’il se fît circoncire. |
4 Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, |
5 gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin que la vérité de l’Évangile demeurât parmi vous... |
6 Et de la part de ceux qu’on tenait pour des notables — peu m’importe ce qu’alors ils pouvaient être ; Dieu ne fait point acception des personnes —, à mon Évangile, en tout cas, les notables n’ont rien ajouté. |
7 Au contraire, voyant que l’évangélisation des incirconcis m’était confiée comme à Pierre celle des circoncis — |
8 car Celui qui avait agi en Pierre pour faire de lui un apôtre des circoncis, avait pareillement agi en moi en faveur des païens — |
9 et reconnaissant la grâce qui m’avait été départie, Jacques, Céphas et Jean, ces notables, ces colonnes, nous tendirent la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion : nous irions, nous aux païens, eux à la Circoncision ; |
10 nous devions seulement songer aux pauvres, ce que précisément j’ai eu à cœur de faire. |
Paul a tout de même, semble-t-il, consulté les autres apôtres au sujet de son ministère (v. 1–2). À en juger par le fait que la question portait sur la circoncision, Paul la soumit à l'Église afin qu'elle n'introduise pas dans les Églises de divisions ni de ruptures (v. 3–5). Mais pour Paul lui-même, il ne s'agissait pas tant d'une autorisation de prêcher ce qu'il prêchait sur la religion en général et sur la circoncision en particulier, que du témoignage de l'Église elle-même, qui était pour lui aussi indiscutable que tout autre témoignage. Il n'attend des hommes aucune confirmation de l'authenticité spirituelle de son ministère, même si ces hommes sont les apôtres eux-mêmes (v. 6). Mais les apôtres, semble-t-il, confirmèrent l'authenticité du ministère de Paul (v. 7–10).
Ici, l'apôtre nous révèle un principe très important de la vie spirituelle et du ministère spirituel : son caractère unique et irrépétable. C'est pourquoi l'évaluation du ministère d'autrui est une affaire loin d'être simple. Toute révélation est toujours irrépétable et n'est pleinement compréhensible que pour celui à qui elle est destinée. Pour en évaluer l'authenticité, il faut savoir voir la révélation d'autrui avec les yeux de celui à qui elle a été donnée, et cela est loin d'être simple. Il en va autrement lorsqu'un homme ne vit pas de sa propre révélation, mais des idées et opinions d'autrui, au sujet desquelles il lui semble qu'elles sont les siennes. Là, tout est beaucoup plus univoque. C'est pourquoi Paul évalue assez sévèrement les tentatives des chrétiens de Galatie de suivre des prédicateurs qui s'appuient non sur l'expérience de la révélation, mais sur leurs constructions humaines. Il ne faut pas empêcher l'homme de faire l'œuvre de Dieu. Mais on peut et l'on doit l'avertir lorsqu'il tente de remplacer l'œuvre de Dieu par des œuvres humaines.
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