29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté. |
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. |
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! |
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. " |
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez! |
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront, |
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, |
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. |
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses, |
Dans l'Évangile, nous ne trouvons aucune dénonciation courroucée de Jésus contre les voleurs, les extorqueurs, les prostituées, les épouses infidèles, les occupants ou les autres pécheurs. Le seul groupe qu'Il dénonce est celui des scribes et des pharisiens. Quelle faute ces hommes avaient-ils donc commise, eux qui étudiaient la Loi, enseignaient aux autres et étaient en quelque sorte la « conscience de la nation » ? Leur faute la plus grave est probablement exprimée au verset 52 : appelés à conduire les hommes à la connaissance de Dieu, ils sont eux-mêmes passés à côté de ce qui est le plus important dans la vie humaine. Sans connaître Dieu, aucune connaissance sur Dieu n'aura de sens.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté. |
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. |
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! |
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. " |
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez! |
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront, |
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, |
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. |
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses, |
Les paroles du Sauveur adressées aux pharisiens et aux maîtres de la Torah, qu’on appelait alors ordinairement « scribes », peuvent paraître trop dures, comme elles l’ont paru à certains de Ses auditeurs. Mais la question était trop sérieuse, et il fallait appeler les choses par leur nom. Les accusations sont graves : au fond, Jésus reproche aussi bien aux militants religieux de la Synagogue de ce temps, les pharisiens, qu’aux éminents maîtres de la Torah, de ne pas observer eux-mêmes ce à quoi ils appellent les autres. Accusation étrange, semble-t-il : car ce sont précisément les pharisiens et les maîtres de la Torah qui, dans les Évangiles, sont présentés comme des zélateurs de la Torah ; ce sont eux qui reprochent sans cesse à Jésus de violer telle ou telle de ses prescriptions. Mais Jésus désigne clairement le problème : une religiosité extérieure privée de contenu spirituel. C’est précisément cette religiosité qui devint le principal problème de la vie spirituelle synagogale à l’époque évangélique. Beaucoup de pharisiens s’y tenaient, et beaucoup de maîtres de la Torah l’enseignaient au peuple.
Une alternative existait, bien sûr, mais peu nombreux étaient ceux qui la représentaient. Les livres du Nouveau Testament nous ont transmis les noms de certains d’entre eux : Nicodème, Gamaliel... Mais ce n’étaient pas eux qui déterminaient l’atmosphère générale de la vie synagogale de ce temps. Et il apparaissait alors que les appels à la vie spirituelle s’accompagnaient d’un enseignement non pas tant de la vie spirituelle que de la vie religieuse. Non pas comment acquérir l’intégrité intérieure et la lumière intérieure, ce fameux « œil lumineux » dont parle Jésus, mais comment observer les prescriptions rituelles. Bien sûr, elles aussi ne sont pas apparues sans raison, et derrière elles se trouve une certaine expérience spirituelle qui les a engendrées ; mais cette expérience s’était déjà oubliée, tandis que les prescriptions étaient restées.
Et voilà qu’on propose désormais au peuple de vivre d’une seule religiosité sans contenu spirituel, de prescriptions sans communion avec Dieu. Quant aux maîtres eux-mêmes, ils se sentent alors comme les propriétaires de la Torah : ce sont eux qui la commentent et l’interprètent, c’est à eux qu’on demande conseil, c’est précisément leur autorité qui, aux yeux des gens simples, est incontestable.
Tous n’étaient pas ainsi, bien sûr, mais il y en avait assez pour qu’une immense multitude de personnes se referme dans le cercle de la religiosité formelle sans aucune possibilité d’en sortir. Et toute parole libre de Dieu, tout souffle de l’Esprit de Dieu dans ce milieu est perçu comme quelque chose d’inutile et même de dangereux : car cela mine le monopole des maîtres et des interprètes sur la Torah, et donc sur la vie spirituelle. Ce n’est pas par hasard que Jésus dit à ceux qui élèvent des monuments aux anciens prophètes qu’ils ne valent pas mieux que leurs pères, qui tuaient ces mêmes prophètes. La vie spirituelle vivante ne leur est pas nécessaire, pas plus qu’elle ne l’était à leurs pères. Et donc le Royaume ne leur est pas nécessaire non plus.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté. |
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. |
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! |
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. " |
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez! |
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront, |
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, |
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. |
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses, |
Dans plusieurs épisodes, l'évangéliste rapporte différentes paroles du Seigneur sur la vie dans le Royaume de Dieu qui vient. Jésus ne prêchait pas dans le vide—autour de Lui se trouvaient des croyants, plus ou moins pieux. Naturellement, tous comprenaient un peu différemment qui est Dieu et comment il faut vivre avec Lui. Pourtant, dans les paroles rapportées par l'évangéliste, on peut discerner deux grands « types de vie religieuse » : d'un côté, l'être humain dont l'œil est pur et simple, rempli de lumière comme celle d'une lampe visible pour tous ceux qui sont dans les ténèbres ; de l'autre, la piété formelle de ceux qui se souviennent du moment où il faut se laver les mains et payer la dîme, mais qui oublient parfois—non par méchanceté, mais uniquement en raison des limites de la mémoire humaine—des réalités telles que le pardon, la miséricorde et la confiance en Dieu. Bien sûr, ces deux formes sont véritablement des « types », des sortes d'idéaux de la vie spirituelle ; elles dessinent néanmoins assez clairement les deux directions dans lesquelles peut s'engager un disciple de Jésus-Christ.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté. |
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. |
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! |
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. " |
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez! |
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront, |
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, |
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. |
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses, |
Dans l’Évangile, nous ne trouvons pas de violentes dénonciations de Jésus contre les voleurs, les extorqueurs, les prostituées, les épouses infidèles, les occupants et les autres pécheurs. Le seul groupe qu’il dénonce est celui des scribes et des Pharisiens. Quelle faute avaient donc commise ces hommes qui étudiaient la Loi, enseignaient les autres et étaient en quelque sorte la « conscience de la nation » ? Il me semble que leur faute la plus grave est exprimée au verset 52. Appelés à conduire les hommes à la connaissance de Dieu, ils sont eux-mêmes passés à côté de ce qui est le plus important dans la vie humaine. Sans connaissance de Dieu, aucune connaissance sur Dieu n’a de sens.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté. |
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. |
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! |
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. " |
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez! |
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront, |
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, |
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. |
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses, |
La lecture d'aujourd'hui est consacrée au thème central de la polémique qui s'est développée entre Jésus et une partie de la fraternité pharisienne: le thème du Royaume et de la religiosité. Pour comprendre la situation, il importe de garder à l'esprit qu'il ne s'agit pas d'une forme spécifique de religiosité. La religiosité des pharisiens avait bien sûr des traits tout à fait concrets, propres à l'époque; mais, d'un autre côté, c'est précisément la mentalité pharisienne que l'on pourrait considérer comme la quintessence de la religiosité en tant que telle, et, en un certain sens, toute autre religiosité connue dans l'histoire, du moins dans l'histoire des religions abrahamiques, peut être comparée à la religiosité pharisienne comme à un étalon.
Mais le fait est que Jésus n'était pas le fondateur d'une nouvelle religion. Le christianisme n'est pas une religion, mais la vie dans le Royaume, et le Sauveur essaie sans cesse de faire comprendre cette pensée à Ses interlocuteurs. Ce n'est pas par hasard qu'Il répond si longuement au pharisien qui L'a invité chez lui à propos du lavage rituel des mains avant le repas (v. 38-44). La question de la pureté rituelle est la question centrale de toute religion; elle détermine l'appartenance d'une personne à la communauté religieuse et sa plénitude religieuse.
Jésus, Lui, parle de la pureté non comme d'un état religieux, mais comme d'un état spirituel. Car la possibilité de demeurer dans le Royaume est déterminée non par les qualités de l'homme, morales ou religieuses, mais par ses relations avec Dieu et avec ses prochains. La religion et la morale peuvent purifier l'homme extérieurement; l'accomplissement minutieux des obligations religieuses rend l'homme irréprochable religieusement, il correspond à toutes les prescriptions de la Torah, si l'on comprend celle-ci seulement comme une législation religieuse sans rapport avec la vie intérieure de l'homme.
On pourrait appeler cela du formalisme religieux, mais ce ne serait pourtant pas toute la vérité, car les mêmes pharisiens s'efforçaient d'accomplir les prescriptions de la Loi non seulement formellement; ils étaient simplement absolument certains qu'en payant soigneusement la dîme, ils étaient réellement purs devant Dieu (v. 42). Ce n'est pas par hasard que Jésus parle de l'aumône (v. 41), de ce qu'aucune loi ne peut réglementer: seul le renoncement aux tentatives de tout formaliser dans les relations avec Dieu peut amener l'homme à penser non à ses obligations et à ses droits religieux, mais à ses relations avec Dieu et avec les hommes. Alors, un tel homme n'accordera pas non plus une importance particulière au statut, si important dans la vie religieuse (v. 43). Et le problème principal ici est que ce n'est pas une religion particulière et nouvelle qui mène au Royaume, mais le renoncement à toute religion en général. Cela était inacceptable même pour les «scribes», les enseignants de la Torah (v. 45). Mais Jésus remarque en réponse que la théologie rabbinique, comme toute théologie traditionnelle en général, s'occupe de justifier cette même religiosité qui, soit dit en passant, n'oblige les théologiens eux-mêmes à rien (v. 46).
Mais le pire est que la religion et ses défenseurs, en tout temps, se sont opposés aux témoins de Dieu et ont cherché à s'en débarrasser. Il en fut ainsi auparavant, et au temps de Jésus rien n'a changé (v. 46-52). Et voilà que des hommes pleinement religieux, instruits et extérieurement pieux condamnent à la croix Celui qu'ils attendaient, selon leurs propres assurances, depuis de nombreux siècles. En choisissant entre la religion et le Royaume, ils choisissent, comme on le voit, la religion. Et ils restent avec ce qu'ils ont choisi.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
33 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la met en quelque endroit caché ou sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la clarté. |
Nous sommes aveugles et sourds. Dieu est près de nous, Il s'adresse à nous, et nous n'entendons pas. Le plus souvent, Il nous parle par nos proches, mais eux, le plus souvent, non seulement nous ne les écoutons pas, mais nous ne voulons même pas les entendre. Notre coeur s'est pétrifié, il a désappris à voir et à entendre, il se ferme lorsque le Seigneur se tient à sa porte et frappe.
Bien sûr, il est plus facile de vivre avec un coeur fermé. Cela fait moins mal, rien ne blesse, rien n'attriste, rien ne touche. Mais Dieu ne force pas les portes fermées, et nous, sans le comprendre nous-mêmes, en nous fermant par peur de la douleur, nous nous privons de la joie et de la lumière.
Le temps du Carême est un temps où il est plus facile de changer quelque chose; seul, c'est plus difficile, pendant le Carême c'est plus facile, car toute l'Église suit le chemin du repentir et du changement. Peut-être, pour l'un d'entre nous, ce Carême deviendra-t-il le temps où nous pourrons ouvrir les portes de notre coeur, les ouvrir largement devant Dieu.
29 Comme les foules se pressaient en masse, il se mit à dire : " Cette génération est une génération mauvaise ; elle demande un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. |
30 Car, tout comme Jonas devint un signe pour les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération. |
31 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec les hommes de cette génération et elle les condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon! |
32 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas ! |
En condamnant la «génération mauvaise» (race mauvaise dans la traduction synodale), le Seigneur parle du signe du prophète Jonas. Dans le récit de l'évangéliste Matthieu, le séjour de trois jours de Jonas dans le ventre du grand poisson est le signe de la Résurrection du Christ le troisième jour. L'évangéliste Luc, dans la lecture d'aujourd'hui, souligne un tout autre aspect des paroles du Christ. Selon Luc, le signe du prophète Jonas est la repentance des habitants de Ninive à la suite de la prédication du prophète. Rappelons-nous: le livre du prophète Jonas contient une parabole sur la manière dont le prophète, malgré son refus, vient prêcher la repentance à Ninive, capitale d'un empire militaro-fasciste fort peu attirant. Le miracle consiste en ceci: la parole de Jonas sur la vérité de Dieu, sur la grâce et la miséricorde contre lesquelles pèchent les cruels conquérants, les Ninivites, cette parole se trouve entendue.
Dans le récit de l'évangéliste Luc, le Seigneur souligne que les Ninivites se lèveront au jugement avec cette génération, parce qu'ils ont pu entendre la parole d'un homme faible comme annonce de la vérité de Dieu. Les contemporains du Christ, et nous tous qui lisons l'Évangile, entendons Sa parole, dite avec autorité, et nous ne reconnaissons pas la voix de Dieu. C'est précisément cette reconnaissance que le Seigneur appelle, dans l'Évangile selon Luc, le signe du prophète Jonas. Au fond, l'évangéliste Jean parle à maintes reprises de cette même reconnaissance, surtout lorsqu'il rapporte au chapitre 10 les paroles du Christ disant que «les brebis Le suivent, parce qu'elles connaissent Sa voix». Ainsi, l'essence du signe consiste pour nous à entendre la parole du Christ et la parole de l'Évangile à Son sujet, et à y reconnaître cette vérité qui seule est en accord avec l'image de Dieu déposée en nous.
34 La lampe du corps, c'est ton œil. Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier aussi est lumineux; mais dès qu'il est malade, ton corps aussi est ténébreux. |
35 Vois donc si la lumière qui est en toi n'est pas ténèbres! |
36 Si donc ton corps tout entier est lumineux, sans aucune partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t'illumine de son éclat. " |
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
Ce qu'est la vie spirituelle, le Sauveur l'explique à Ses auditeurs par l'exemple de la vue physique. Si les yeux de l'homme sont sains, dit-Il, alors tout son corps est rempli de lumière; sinon, au lieu de la lumière, l'homme est plongé dans les ténèbres. Mais il ne s'agit pas seulement ici de la vue physique, qui sert seulement d'exemple pour décrire les réalités de la vie spirituelle.
À l'époque évangélique, les représentations les plus répandues du Royaume avaient un caractère soit religieux et politique, soit mystique. Dans le premier cas, on regardait le Royaume comme une réalité strictement politique, comme un État terrestre ordinaire, se distinguant de tous les autres avant tout par le fait que son souverain serait le Messie et que ses lois correspondraient pleinement à la Torah. Bien sûr, on supposait aussi une mesure particulière de présence de Dieu dans le Temple et le renouvellement, avec la venue du Messie, de l'union-alliance; mais il s'agissait tout de même d'un État terrestre, qui serait créé comme se créent tous les États de ce monde.
À l'opposé direct de cette représentation du Royaume se trouvaient les représentations qui le voyaient comme un Royaume mystique, existant quelque part dans une autre dimension de l'être, voie que le Messie à venir ouvrirait à Ses élus. Et si les pharisiens et les zélotes voyaient dans le Royaume avant tout un État terrestre, les esséniens, par exemple, le considéraient comme une réalité mystique.
Jésus, pour Sa part, regarde manifestement les choses tout autrement. Le fait que le Royaume «n'est pas de ce monde» ne signifie nullement qu'il se trouve dans une autre dimension de l'être. Il est ici, tout près; seulement, tout le monde n'est pas capable de le voir. Pour le voir, il faut une vue spirituelle saine et pleine, dont l'homme déchu est privé dès l'origine. Si sa vue se purifie et se redresse, le Royaume deviendra pour lui une réalité aussi évidente et indubitable que l'est pour lui, dans son état actuel, le monde non transfiguré. Car le Sauveur a apporté le Royaume dans le monde non pour qu'il reste pour le monde quelque chose d'étranger et d'une autre nature, mais pour que sa puissance et son souffle transfigurent le monde, le renouvelant et en faisant une partie du Royaume. Ainsi, à la fin des temps, tout notre monde deviendra partie du Royaume, à l'exception du mal qui s'y trouve et qui est incompatible avec la vie du Royaume.
37 Tandis qu'il parlait, un Pharisien l'invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. |
38 Ce que voyant, le Pharisien s'étonna de ce qu'il n'eût pas fait d'abord les ablutions avant le déjeuner. |
39 Mais le Seigneur lui dit : " Vous voilà bien, vous, les Pharisiens ! L'extérieur de la coupe et du plat, vous le purifiez, alors que votre intérieur à vous est plein de rapine et de méchanceté ! |
40 Insensés! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur? |
41 Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. |
Le Seigneur n'a pas coutume de laisser une réprimande sans enseignement, et Il parle aujourd'hui de la lumière donnée aux hommes. Il dit en substance que c'est précisément le trouble que le péché et la vanité jettent sur notre regard qui nous prive de la possibilité de voir la lumière et plonge l'homme tout entier dans les ténèbres. C'est à cause du péché que nous n'accueillons pas le signe du prophète Jonas et que nous ne reconnaissons pas la voix de Dieu dans les paroles du Christ que l'Évangile nous a transmises. Le Seigneur dit de cet état de l'homme : « Si [ton œil] est mauvais, ton corps aussi sera dans les ténèbres. » À l'inverse, si nous essayons de nous libérer du péché, si nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir et demandons à Dieu Sa miséricorde et Son aide là où nos forces ne suffisent pas, alors nous avons la possibilité de voir le Christ, de Le reconnaître et de L'aimer, et la lumière de Dieu nous illuminera.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
Que nous sommes tous intelligents, droits et perspicaces lorsque nous observons les actes des autres ! Nous voyons aussitôt où ils agissent contre la raison, contre leur conscience ou contre les normes morales. Où tout cela disparaît-il lorsqu'il s'agit de nos propres actes ? Nous trouvons alors immédiatement toutes sortes de raisons, de circonstances et d'excuses...
Dans l'Épître aux Romains, Paul écrit : « Penses-tu donc, ô homme, que tu échapperas au jugement de Dieu, toi qui condamnes ceux qui commettent de tels actes et qui fais toi-même les mêmes choses ? » Dans l'Évangile selon Luc, le Seigneur s'adresse aux « guides spirituels » d'Israël : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous êtes comme des tombeaux cachés, sur lesquels on marche sans le savoir. » Notre tentative de nous justifier en nous élevant au-dessus de ceux que nous estimons plus pécheurs que nous est vaine. Dieu ne fait pas acception de personnes. Il ne nous regarde pas en nous comparant les uns aux autres, mais tels que nous sommes ; Son échelle d'évaluation n'est pas relative, mais absolue, et nous ne gagnons des « bons points » que lorsque nous sommes conduits par l'amour de Dieu.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
Jésus se montrait assez exigeant envers les pharisiens et les « légistes » (enseignants de la Torah), condamnant bien des choses dans leur vie. Il condamne manifestement d'abord cette déformation de l'ordre des priorités de la vie spirituelle qui se manifeste extérieurement sous la forme du formalisme religieux.
Bien sûr, le formalisme en lui-même n'apporte rien de bon à la vie spirituelle : il détourne de l'essentiel. Mais il y a pire : le formalisme religieux fournit une excellente justification à l'affirmation de soi. En accomplissant toutes les formalités requises, celui qui les accomplit pense avoir pleinement le droit d'être fier de lui et de ses réussites spirituelles. Jésus, pourtant, rappelle à ceux qui L'écoutent l'essentiel : la justice et l'amour de Dieu.
On pourrait croire que justice et amour sont, en un certain sens, des réalités opposées. Mais à y regarder de plus près, leur lien apparaît assez évident. Si l'on suit la tradition prophétique, les prophètes ayant parlé plus que tous du jugement de Dieu et de la justice, la justice peut et doit être liée non seulement aux procès, mais aussi à la décision comme telle. En faisant un choix, en prenant une décision, en évaluant ses actes ou ceux d'autrui, l'homme qui veut suivre la Torah doit d'abord les évaluer selon leur conformité aux normes et aux lois de la Torah, en particulier aux commandements du Décalogue.
La juste évaluation de ses propres actes et de ceux d'autrui, ainsi que de la situation dans son ensemble, le bon choix et la détermination de le suivre constituent le fondement d'une vie spirituelle quotidienne normale. Les formalités religieuses, elles, non seulement n'aident souvent pas, mais gênent directement, en détournant l'attention de l'essentiel vers le secondaire : au lieu de se demander si tel acte ou telle décision correspond au commandement de Dieu, le formaliste religieux se demande s'il correspond aux règles religieuses. Et le formalisme religieux détourne tout autant de l'amour de Dieu : après avoir accompli les règles prescrites, celui qui les a accomplies commence à penser qu'il ne doit plus rien à personne.
Or l'amour ne se limite jamais au cadre de la loi et des obligations : celui qui aime est toujours prêt à faire pour l'être aimé plus qu'il n'est tenu de faire. Il ne s'agit même pas seulement du fait que le formaliste religieux prive quelqu'un de quelque chose, même si, en réalité, c'est presque toujours le cas. Il s'agit du fait qu'en demeurant ce qu'il est, ce formaliste bâtit sa relation avec Dieu comme avec son prochain. Il est prêt à recevoir de Lui ce qui est dû. Or ce qui est dû à chacun de nous ne suffit manifestement pas pour le salut ; le formaliste devra donc oublier le salut. Et le Royaume aussi.
42 Mais malheur à vous, les Pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère, et qui délaissez la justice et l'amour de Dieu! Il fallait pratiquer ceci, sans omettre cela. |
43 Malheur à vous, les Pharisiens, qui aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques! |
44 Malheur à vous, qui êtes comme les tombeaux que rien ne signale et sur lesquels on marche sans le savoir ! " |
45 Prenant alors la parole, un des légistes lui dit : " Maître, en parlant ainsi, tu nous outrages, nous aussi ! " |
46 Alors il dit : " A vous aussi, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d'un seul de vos doigts ! |
Une peur indicible s'insinue quand on pense à ce texte tout en le projetant sur la situation actuelle du monde. «Mais Il dit: Malheur à vous aussi, docteurs de la loi, parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous-mêmes vous ne touchez pas ces fardeaux d'un seul de vos doigts». Il ne s'agit même pas du fait que certains de nos pères spirituels nous obligent à jeûner trop durement, ou nous imposent des pénitences trop sévères. Il semble que tout cela ne soit justement pas le signe de notre époque. Peut-être existe-t-il quelque part des prêtres stricts sans mesure... Mais, dans l'ensemble, ce n'est pas du tout l'esprit de notre temps. Tout prêtre normal comprend que le simple fait d'être un chrétien ordinaire et honnête, sur fond de notre siècle devenu fou, corrompu et terrifiant, est déjà une tâche bien lourde; que dire alors des exploits ascétiques chez les laïcs...
Mais il semble que ce ne soit que le sens le plus direct de la lecture d'aujourd'hui, et qu'elle contienne aussi des couches de sens plus profondes. Aujourd'hui, ces paroles du Seigneur rappellent à notre mémoire d'autres paroles. «Ils vous excluront des synagogues; et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu» (Jn 16:2). Aujourd'hui, ces deux textes sont très proches.
Pourquoi pensera-t-il ainsi, qu'il rend un culte à Dieu? Pourquoi certains «musulmans» pensent-ils qu'en tuant des chrétiens ils rendent un culte à Allah? Pourquoi certains «chrétiens» pensent-ils qu'en larguant des bombes sur les habitants pacifiques d'Irak, sur des enfants et des femmes, ils accomplissent une oeuvre agréable à Dieu, bonne, juste et droite? Pourquoi?
Or la réponse à cette question, aussi étrange que cela paraisse, se trouve précisément dans les paroles que Jésus prononce aujourd'hui. Nous obéissons aux «docteurs de la loi»; ils nous gouvernent comme des ânes sur lesquels on charge un fardeau, et nous leur obéissons. Nous avons même de tels mots: «leader spirituel». Mais il me semble que c'est une sorte d'oxymore, un délire, une expression impossible. En principe, une notion comme leader spirituel ne peut pas exister. Dans l'esprit, seul l'Esprit peut nous gouverner; tout le reste n'est pas de l'esprit, mais simplement du crime, une affaire passible de jugement. Pourtant il faut se tendre, travailler, lire, réfléchir, prier. Alors qu'ici tout est simple: le mollah a dit qu'il est écrit dans le Coran: si tu rencontres un infidèle, frappe-le au cou avec l'épée (sourate 47, «Muhammad»), donc tuez les chrétiens. Et il s'avère qu'en réalité il s'agit de tout autre chose, qu'il est question ici d'une bataille; mais pour le comprendre il faut approfondir, regarder diverses traductions, avoir une vision d'ensemble et une communion vivante avec Dieu. Et les chrétiens entendent que leurs enfants sont tués aux cris de «Allah akbar», et ils se mettent à haïr, voire se conduisent de telle façon que le seul mot qu'un croyant puisse employer à leur sujet est «infidèle». Et ils oublient que le Christ enseigne l'amour, non la haine; ils l'oublient parce qu'ils ne se tournent pas vers le Christ, mais vers des présidents qui se disent croyants, vers des leaders, en un mot vers les «docteurs de la loi».
On a envie de dire: gens, regardez de plus près les paroles que le Seigneur prononce aujourd'hui: «vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes vous ne touchez pas ces fardeaux d'un seul doigt». Sommes-nous des ânes, pour qu'on nous charge ainsi?! Malheur à eux, certes, mais nous, nous ne devons pas tendre le dos...
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
Dans le milieu pharisien, on accordait une immense attention à la tradition, en particulier à la tradition religieuse. En cela, bien sûr, la fraternité pharisienne s'appuyait sur les livres sacrés: la Torah et les Prophètes. Parmi les livres prophétiques, les Juifs comptent aussi, en plus de ceux que nous connaissons, le Livre de Josué, le Livre des Juges, les Livres de Samuel, 1-2 Rois, et les Livres des Rois, 3-4 Rois. Or les prophètes parlaient très durement de l'état spirituel de la société de leur temps, ce qui leur valut souvent d'être persécutés. Et cette histoire sacrée, exposée dans les livres que nous, chrétiens, appelons d'ordinaire historiques, évalue assez sévèrement la situation spirituelle de l'Israël d'avant l'exil. Les pharisiens acceptaient cette évaluation, tout en la rapportant précisément à la période d'avant l'exil.
Beaucoup de choses reposaient ici sur une sorte de contraste entre la situation d'avant l'exil et la situation d'après l'exil en général, et contemporaine, au sens des temps évangéliques, en particulier: on supposait que toute apostasie, toute violation de la Torah, toute impiété et tout le reste pour quoi Dieu avait puni le peuple avant l'exil étaient restés là-bas, dans ces temps d'avant l'exil. Maintenant, aux temps du ministère terrestre du Sauveur, pensait-on, tout était différent; l'ancienne apostasie et les violations de la Torah n'avaient plus place dans la société juive, et les prophètes d'avant l'exil, s'ils avaient pu regarder le peuple, seraient satisfaits. Extérieurement, tout était bien ainsi: aucun paganisme, aucune apostasie ouverte, ni même aucune violation ouverte de la Torah, aucun Juif ne se le permettait d'ordinaire à cette époque.
Les prophètes jadis persécutés étaient maintenant devenus une sorte de héros nationaux; ceux qu'on avait autrefois poursuivis et même tués étaient désormais honorés, on décorait leurs tombeaux et on leur dressait des monuments. Pourtant, en réalité, rien de fondamental n'avait changé: le milieu religieux pharisien demeurait tout aussi peu réceptif à la Révélation vivante que le milieu semi-païen auquel les prophètes d'avant l'exil avaient dû faire face. Il résistait toujours aux plans de Dieu et à l'action de Dieu, même si, extérieurement, c'était autrement que le judaïsme d'avant l'exil.
Et il réagissait aux porteurs de la Révélation vivante avec autant de dureté; le chemin terrestre de Jean le Baptiste, par exemple, comme celui du Sauveur Lui-même, en est une claire confirmation. C'est pourquoi Jésus dit «malheur» aux pharisiens satisfaits d'eux-mêmes et extérieurement pieux: ils ne s'opposent pas aux anciens prophètes non parce qu'ils ont compris et assimilé leur prédication, mais simplement parce que, devenue partie de la tradition, elle a cessé en grande partie d'être vivante, et donc d'être dangereuse pour leur religion.
Toute Révélation qui représentait pour eux au moins quelque danger à cet égard était rejetée de la même manière, et même plus durement qu'aux temps d'avant l'exil. Cela signifie que les pharisiens, tout religieux qu'ils étaient profondément, n'étaient pas plus proches du Royaume que leurs ancêtres semi-païens, et ils n'avaient rien dont se glorifier, sinon des tombeaux décorés. Mais ni les tombeaux ni les monuments ne rapprochent de Dieu.
Celui qui pouvait leur ouvrir le Royaume, la majorité des pharisiens Le rejetait comme leurs ancêtres avaient rejeté les prophètes que ces mêmes pharisiens, du moins en paroles, honoraient. L'histoire se répétait: sous une forme un peu différente, mais exactement de même au fond. Histoire qui s'était achevée alors par la ruine babylonienne et qui conduisait maintenant le peuple à la catastrophe de l'an 70. C'est pourquoi le «malheur» du Sauveur a retenti en temps opportun. Seulement très peu, hélas, L'ont entendu. Et alors l'histoire de l'ancienne Judée s'est achevée comme elle s'est achevée. Le rejet du Messie et du Royaume est toujours un chemin vers la catastrophe. Comme le rejet de Dieu.
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
C’est surtout les pharisiens et les scribes, ceux pour qui toute relation avec Dieu est ramenée à l’accomplissement des commandements et de nombreuses règles et normes déduites de ces commandements, qui ont causé la plus grande indignation de Jésus. Le vrai Dieu, le Dieu Vivant devient superflu dans une telle approche de la loi: c’est suffisant qu’une fois qu’Il ait donné Sa loi, qu’Il puisse ne plus apparaitre après. Et dans ce cas, celui qui refuse avoir un rapport direct avec Dieu devient un interprétateur non autorisé des commandements de Dieu, il change graduellement les lois de Dieu aux préceptes humains (voire Mc 7:6-8) et pense que leur observation mène au salut. Tout ceci contrarie complètement le plan de Dieu concernant Ses relations avec l’homme - dont Jésus est venu dans ce monde pour son accomplissement. Mais la colère particulière de Jésus envers les docteurs de la loi n’est pas due au fait qu’ils suivaient le chemin de l’auto-disculpation menant à la mort, plutôt du fait qu’ils se faisaient autorités spirituelles d’Israël, proclamant leur voie du chemin de la justice et du salut, enseignant les autres à les imiter et de ce fait s’éloigner de Dieu.
Il ne faut pas du tout croire que le légalisme est mort avec les pharisiens et scribes de l’époque de Jésus. L’apôtre Paul lutte dans tout son sermon contre les séductions du légalisme, car ce virus a très vite pénétré la nouvelle Eglise. Et aujourd’hui, on rencontre dans toute confession, dans toute communauté chrétienne les mêmes prétentions à la «clef de la science», la même substitution des relations réelles avec Dieu par le chenal des vives courants des traditions d’église - l’exécution irréfléchie des règles et coutumes accumulées par telle ou autre dénomination durant sa courte ou longue existence. Essayons donc de ne pas violer ces règles, en conservant la concorde dans notre Eglise, et cherchant en même temps quelque chose de meilleure – cette rencontre avec Jésus Christ et ce remplissage avec le Saint Esprit qui feront de nous des porteurs d’amour envers Dieu et envers les hommes dans nos cœur.
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
C’est surtout les pharisiens et les scribes, ceux pour qui toute relation avec Dieu est ramenée à l’accomplissement des commandements et de nombreuses règles et normes déduites de ces commandements, qui ont causé la plus grande indignation de Jésus. Le vrai Dieu, le Dieu Vivant devient superflu dans une telle approche de la loi: c’est suffisant qu’une fois qu’Il ait donné Sa loi, qu’Il puisse ne plus apparaitre après. Et dans ce cas, celui qui refuse avoir un rapport direct avec Dieu devient un interprétateur non autorisé des commandements de Dieu, il change graduellement les lois de Dieu aux préceptes humains (voire Mc 7:6-8) et pense que leur observation mène au salut. Tout ceci contrarie complètement le plan de Dieu concernant Ses relations avec l’homme - dont Jésus est venu dans ce monde pour son accomplissement. Mais la colère particulière de Jésus envers les docteurs de la loi n’est pas due au fait qu’ils suivaient le chemin de l’auto-disculpation menant à la mort, plutôt du fait qu’ils se faisaient autorités spirituelles d’Israël, proclamant leur voie du chemin de la justice et du salut, enseignant les autres à les imiter et de ce fait s’éloigner de Dieu.
Il ne faut pas du tout croire que le légalisme est mort avec les pharisiens et scribes de l’époque de Jésus. L’apôtre Paul lutte dans tout son sermon contre les séductions du légalisme, car ce virus a très vite pénétré la nouvelle Eglise. Et aujourd’hui, on rencontre dans toute confession, dans toute communauté chrétienne les mêmes prétentions à la «clef de la science», la même substitution des relations réelles avec Dieu par le chenal des vives courants des traditions d’église - l’exécution irréfléchie des règles et coutumes accumulées par telle ou autre dénomination durant sa courte ou longue existence. Essayons donc de ne pas violer ces règles, en conservant la concorde dans notre Eglise, et cherchant en même temps quelque chose de meilleure – cette rencontre avec Jésus Christ et ce remplissage avec le Saint Esprit qui feront de nous des porteurs d’amour envers Dieu et envers les hommes dans nos cœur.
47 " Malheur à vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués ! |
48 Vous êtes donc des témoins et vous approuvez les actes de vos pères; eux ont tué, et vous, vous bâtissez! |
49 " Et voilà pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils en tueront et pourchasseront, |
50 afin qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, |
51 depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui périt entre l'autel et le Temple. Oui, je vous le dis, il en sera demandé compte à cette génération. |
52 " Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la science ! Vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! " |
53 Quand il fut sorti de là, les scribes et les Pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et à le faire parler sur une foule de choses, |
54 lui tendant des pièges pour surprendre de sa bouche quelque parole. |
1 Sur ces entrefaites, la foule s'étant rassemblée par milliers, au point qu'on s'écrasait les uns les autres, il se mit à dire, et d'abord à ses disciples : " Méfiez-vous du levain - c'est-à-dire de l'hypocrisie - des Pharisiens. |
Quand le Christ dit: «Malheur à vous...», on est tenté de dire que ces paroles s'adressent, bien sûr, à ses auditeurs directs. Pourtant, toujours et en tout temps, Ses paroles s'adressent à nous-mêmes, et seulement à nous. Bien sûr, il est agréable de penser que les paroles sur l'amour de Dieu pour le monde nous concernent, mais personne n'aime entendre une dénonciation. Et pourtant, en chacun de nous vit ce même docteur de la loi qui cherche sans cesse à s'approprier la «clé de la connaissance». Nous pouvons reconnaître en paroles le droit d'un autre à un regard différent, à une autre manière de confesser Dieu, à un style de pensée qui ne nous ressemble pas, mais quelque part au-dedans résonne toujours une petite voix calme et nette: «Mais moi, je sais qu'en réalité ils ont tous tort. Car moi seul sais ce qui est juste».
Laissons l'origine de cette voix hors du champ de la réflexion; une chose est claire: elle appartient à l'homme en général. Parfois cette voix nous plaît tellement que nous lui donnons le droit de parler tout haut. Et cela est beaucoup plus terrible que n'importe quelle non-observance de la loi. Parce que toute l'essence du Nouveau Testament, toute l'essence de la Bonne Nouvelle, tient au passage de la Loi à la Grâce. Le Seigneur nous propose une tout autre manière de voir le monde et d'y vivre: aimer son frère jusqu'à la mort, jusqu'à la croix, pleurer et se réjouir avec lui. C'est seulement ainsi, et non par l'accomplissement des rites, des jeûnes et des règles internes à l'Église, que nous pouvons être avec Dieu, du même côté que Lui. Et si nous nous tenons devant Dieu, ne sommes-nous pas tous également dans l'erreur? Mais, heureusement, Son amour pour nous n'est nullement déterminé par notre justice ni par notre intelligence.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||