23 Ils prirent donc jour avec lui et vinrent en plus grand nombre le trouver en son logis. Dans l’exposé qu’il leur fit, il rendait témoignage du Royaume de Dieu et cherchait à les persuader au sujet de Jésus, en partant de la Loi de Moïse et des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir. |
24 Les uns se laissaient persuader par ses paroles, les autres restaient incrédules. |
Il nous semble parfois que si nous donnons la Bible à quelqu'un en lui expliquant comment la comprendre correctement, et si nous ajoutons encore quelques témoignages de différentes personnes sur leur conversion et sur la place du Christ dans leur vie, cette personne croira forcément. Et si ce résultat n'est pas atteint, alors nous commençons à nous accuser et à nous condamner: nous avons mal fait quelque chose, pas comme il fallait.
Mais voici un exemple: le grand apôtre, le grand prédicateur et maître de toute l'Église parle de Jésus pendant toute une journée, non pas à des gens rencontrés par hasard, mais à ceux qui voulaient eux-mêmes l'entendre et étaient venus spécialement pour cela. Et voici le résultat: « Les uns furent persuadés par ses paroles, et les autres ne crurent pas ». Oui, la foi vient de ce qu'on entend, comme le dit ailleurs le même apôtre Paul, mais la foi est aussi un don d'en haut, et encore une décision volontaire de la personne elle-même. On peut conduire quelqu'un jusqu'à la décision, mais on ne peut pas décider à sa place.
17 Trois jours après, il convoqua les notables juifs. Lorsqu’ils furent réunis, il leur dit : « Frères, alors que je n’avais rien fait contre notre peuple ni contre les coutumes des pères, j’ai été arrêté à Jérusalem et livré aux mains des Romains. |
18 Enquête faite, ceux-ci voulaient me relâcher, parce qu’il n’y avait rien en moi qui méritât la mort. |
19 Mais comme les Juifs s’y opposaient, j’ai été contraint d’en appeler à César, sans pourtant vouloir accuser en rien ma nation. |
20 Voilà pourquoi j’ai demandé à vous voir et à vous parler ; car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte les chaînes que voici. » |
21 Ils lui répondirent : « Pour notre compte, nous n’avons reçu à ton sujet aucune lettre de Judée, et aucun des frères arrivés ici ne nous a rien communiqué ni appris de fâcheux sur ton compte. |
22 Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses ; car pour ce qui est de ce parti-là, nous savons qu’il rencontre partout la contradiction. » |
23 Ils prirent donc jour avec lui et vinrent en plus grand nombre le trouver en son logis. Dans l’exposé qu’il leur fit, il rendait témoignage du Royaume de Dieu et cherchait à les persuader au sujet de Jésus, en partant de la Loi de Moïse et des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir. |
24 Les uns se laissaient persuader par ses paroles, les autres restaient incrédules. |
25 Ils prenaient congé sans être d’accord entre eux, quand Paul dit ce simple mot : « Elles sont bien vraies les paroles que l’Esprit Saint a dites à vos pères par la bouche du prophète Isaïe : |
26 Va trouver ce peuple et dis-lui : vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. |
27 C’est que le cœur de ce peuple s’est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent. Et je les aurais guéris ! |
28 « Sachez-le donc : c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu. Eux du moins, ils écouteront. » |
29 ... |
30 Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, |
31 proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle. |
Le livre des Actes paraît inachevé. Nous ne savons pas comment s'est terminée la dernière conversation de Paul avec les Juifs, et nous ne connaissons le destin de Paul lui-même que par la tradition ultérieure (les premiers auteurs chrétiens rapportent qu'il fut exécuté sous l'empereur Néron, vers l'an 64). Mais ce livre pouvait-il être achevé ? Au sein de la Bible, qui embrasse toute l'histoire du monde depuis la création (dans la Genèse) jusqu'aux derniers temps (dans l'Apocalypse), le livre des Actes décrit les événements qui précèdent notre époque, après laquelle doit suivre le Second Avènement du Christ. Le dernier livre historique du Nouveau Testament doit donc se limiter à un certain segment, le tout premier, de l'histoire chrétienne. La suite des Actes est toute l'histoire du monde depuis le Ier siècle jusqu'à la fin. C'est nous qui écrivons ce livre ; comme tout livre de la Bible, il décrit les péchés et les erreurs—et les victoires de l'Esprit Saint ; ses héros sont les Hérode et les apôtres de notre temps. Nous aussi, nous devrons prendre place dans ce récit—quel rôle choisirons-nous ?
17 Trois jours après, il convoqua les notables juifs. Lorsqu’ils furent réunis, il leur dit : « Frères, alors que je n’avais rien fait contre notre peuple ni contre les coutumes des pères, j’ai été arrêté à Jérusalem et livré aux mains des Romains. |
18 Enquête faite, ceux-ci voulaient me relâcher, parce qu’il n’y avait rien en moi qui méritât la mort. |
19 Mais comme les Juifs s’y opposaient, j’ai été contraint d’en appeler à César, sans pourtant vouloir accuser en rien ma nation. |
20 Voilà pourquoi j’ai demandé à vous voir et à vous parler ; car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte les chaînes que voici. » |
21 Ils lui répondirent : « Pour notre compte, nous n’avons reçu à ton sujet aucune lettre de Judée, et aucun des frères arrivés ici ne nous a rien communiqué ni appris de fâcheux sur ton compte. |
22 Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses ; car pour ce qui est de ce parti-là, nous savons qu’il rencontre partout la contradiction. » |
23 Ils prirent donc jour avec lui et vinrent en plus grand nombre le trouver en son logis. Dans l’exposé qu’il leur fit, il rendait témoignage du Royaume de Dieu et cherchait à les persuader au sujet de Jésus, en partant de la Loi de Moïse et des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir. |
24 Les uns se laissaient persuader par ses paroles, les autres restaient incrédules. |
25 Ils prenaient congé sans être d’accord entre eux, quand Paul dit ce simple mot : « Elles sont bien vraies les paroles que l’Esprit Saint a dites à vos pères par la bouche du prophète Isaïe : |
26 Va trouver ce peuple et dis-lui : vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. |
27 C’est que le cœur de ce peuple s’est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent. Et je les aurais guéris ! |
28 « Sachez-le donc : c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu. Eux du moins, ils écouteront. » |
29 ... |
30 Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, |
31 proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle. |
La lecture d’aujourd’hui récapitule le ministère missionnaire de Paul. Et de nouveau se présente devant nous le conflit de l’apôtre avec ses compatriotes (v. 23-24). Bien sûr, les rumeurs sur la prédication de Paul et son activité missionnaire ne pouvaient pas ne pas parvenir à la communauté juive de Rome, très nombreuse et influente. Mais, comme on le voit, les Juifs de Rome ne savaient rien de précis ni sur l’apôtre lui-même, ni sur son activité (v. 21-22). Paul lui-même, à Rome, comme auparavant à Jérusalem, affirmait la même chose que ce qu’il avait dit à ses juges: il n’est coupable en rien, ni devant la Synagogue, ni devant son peuple (v. 17-19). Sa seule «faute» consiste en ce qu’il regarde le Messie et le Royaume autrement que la majorité de ses compatriotes et coreligionnaires.
Mais cela ne signifie nullement que la foi de Paul contredise la tradition. Au contraire, à Rome aussi, comme déjà ailleurs, l’apôtre sut convaincre beaucoup de gens que sa foi ne contredit en rien la tradition dans sa compréhension authentique (v. 23). Et, bien sûr, Paul ne pensait aucunement que son recours aux autorités romaines et au tribunal romain fût lié d’une façon quelconque au désir de nuire à la Synagogue ou à son peuple (v. 19). Il s’agissait seulement d’éviter des accusations totalement sans fondement et une possible exécution judiciaire, ou peut-être même extrajudiciaire (v. 17-18). Et pourtant, comme on le voit, les paroles de l’apôtre ne convainquirent pas tout le monde (v. 24).
Et de nouveau arriva ce qui s’était déjà produit plus d’une fois avec Paul et avec d’autres chrétiens: ne voulant pas de division dans la communauté, tous rejettent le témoignage de Paul, si bien qu’après son discours partent aussi bien ceux qui sont d’accord que ceux qui ne le sont pas (v. 25). Apparemment, parmi ceux qui écoutaient l’apôtre prévalut le désir, comme on dit dans de tels cas, de «ne pas secouer la barque». Et le résultat d’un tel refus, en plus de l’apparence de paix dans la communauté, fut le rejet du Christ et du Royaume, ce que Paul dit directement à ses auditeurs (v. 25-27). Ainsi le conservatisme et le refus des changements devinrent pour la communauté juive de Rome un obstacle sur le chemin du Royaume. Mais cela, naturellement, ne pouvait aucunement arrêter la prédication de l’apôtre; seulement, désormais, elle se trouvait, comme on le voit, adressée avant tout aux païens, qui n’avaient pas une tradition religieuse si ancienne et puissante qu’elle puisse enchaîner leur raison et leur volonté (v. 28). Et le Royaume, à en juger par le témoignage de l’évangéliste, continuait réellement à s’étendre, et avec lui grandissait aussi l’Église de Rome, accueillant sans cesse de nouveaux chrétiens, anciens païens (v. 30-31).
16 Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait. |
17 Trois jours après, il convoqua les notables juifs. Lorsqu’ils furent réunis, il leur dit : « Frères, alors que je n’avais rien fait contre notre peuple ni contre les coutumes des pères, j’ai été arrêté à Jérusalem et livré aux mains des Romains. |
18 Enquête faite, ceux-ci voulaient me relâcher, parce qu’il n’y avait rien en moi qui méritât la mort. |
19 Mais comme les Juifs s’y opposaient, j’ai été contraint d’en appeler à César, sans pourtant vouloir accuser en rien ma nation. |
20 Voilà pourquoi j’ai demandé à vous voir et à vous parler ; car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte les chaînes que voici. » |
21 Ils lui répondirent : « Pour notre compte, nous n’avons reçu à ton sujet aucune lettre de Judée, et aucun des frères arrivés ici ne nous a rien communiqué ni appris de fâcheux sur ton compte. |
22 Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses ; car pour ce qui est de ce parti-là, nous savons qu’il rencontre partout la contradiction. » |
23 Ils prirent donc jour avec lui et vinrent en plus grand nombre le trouver en son logis. Dans l’exposé qu’il leur fit, il rendait témoignage du Royaume de Dieu et cherchait à les persuader au sujet de Jésus, en partant de la Loi de Moïse et des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir. |
24 Les uns se laissaient persuader par ses paroles, les autres restaient incrédules. |
25 Ils prenaient congé sans être d’accord entre eux, quand Paul dit ce simple mot : « Elles sont bien vraies les paroles que l’Esprit Saint a dites à vos pères par la bouche du prophète Isaïe : |
26 Va trouver ce peuple et dis-lui : vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. |
27 C’est que le cœur de ce peuple s’est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent. Et je les aurais guéris ! |
28 « Sachez-le donc : c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu. Eux du moins, ils écouteront. » |
29 ... |
30 Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, |
31 proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle. |
Après l'arrivée de Paul à Rome commence une nouvelle étape de sa mission, mais son séjour dans la capitale débute comme sa prédication avait commencé dans les autres villes. Nous voyons que, malgré ses nombreux et violents affrontements avec les Juifs, Paul commence une fois encore son séjour dans la ville par une rencontre avec eux. Paul n'a pas l'intention d'accuser son peuple devant l'empereur et, quelles que soient ses relations avec ses frères qui lui sont hostiles, il n'entend pas les renier.
...Le récit s'interrompt ; Luc n'a pas achevé le livre des Actes. Nous en ignorons la raison. Mais cet inachèvement a quelque chose de symbolique. Car un livre qui raconte le chemin de l'Église, contre laquelle les portes de l'enfer ne peuvent prévaloir, ne saurait être achevé avant la fin des temps. Ainsi, tous ceux qui, depuis deux mille ans, ne font qu'un avec l'Église auraient pu figurer sur les pages de ce livre, dont le point final ressemble davantage à des points de suspension.
16 Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait. |
17 Trois jours après, il convoqua les notables juifs. Lorsqu’ils furent réunis, il leur dit : « Frères, alors que je n’avais rien fait contre notre peuple ni contre les coutumes des pères, j’ai été arrêté à Jérusalem et livré aux mains des Romains. |
18 Enquête faite, ceux-ci voulaient me relâcher, parce qu’il n’y avait rien en moi qui méritât la mort. |
19 Mais comme les Juifs s’y opposaient, j’ai été contraint d’en appeler à César, sans pourtant vouloir accuser en rien ma nation. |
20 Voilà pourquoi j’ai demandé à vous voir et à vous parler ; car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte les chaînes que voici. » |
21 Ils lui répondirent : « Pour notre compte, nous n’avons reçu à ton sujet aucune lettre de Judée, et aucun des frères arrivés ici ne nous a rien communiqué ni appris de fâcheux sur ton compte. |
22 Mais nous voudrions entendre de ta bouche ce que tu penses ; car pour ce qui est de ce parti-là, nous savons qu’il rencontre partout la contradiction. » |
23 Ils prirent donc jour avec lui et vinrent en plus grand nombre le trouver en son logis. Dans l’exposé qu’il leur fit, il rendait témoignage du Royaume de Dieu et cherchait à les persuader au sujet de Jésus, en partant de la Loi de Moïse et des Prophètes. Cela dura depuis le matin jusqu’au soir. |
24 Les uns se laissaient persuader par ses paroles, les autres restaient incrédules. |
25 Ils prenaient congé sans être d’accord entre eux, quand Paul dit ce simple mot : « Elles sont bien vraies les paroles que l’Esprit Saint a dites à vos pères par la bouche du prophète Isaïe : |
26 Va trouver ce peuple et dis-lui : vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. |
27 C’est que le cœur de ce peuple s’est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent. Et je les aurais guéris ! |
28 « Sachez-le donc : c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu. Eux du moins, ils écouteront. » |
29 ... |
30 Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, |
31 proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle. |
Dans l'attente du jugement impérial, Paul ne perd pas son temps. Il rencontre d'abord les représentants de la communauté juive de Rome, l'une des plus grandes et des plus influentes de la diaspora occidentale. Comme toujours et partout, il s'adresse d'abord à son peuple. Paul en est sûr: il n'est coupable de rien ni devant la communauté romaine, ni devant le peuple juif dans son ensemble. Il le souligne encore et encore, en présentant son appel au tribunal de l'empereur seulement comme une mesure forcée.
Il ne rompt pas avec le judaïsme; il tente seulement de résoudre un conflit concret qui, dans cette situation précise, ne pouvait pas être résolu autrement. Quant à son témoignage, l'apôtre le commence, comme à Jérusalem, par un entretien sur la Torah et les livres prophétiques. Comme à Jérusalem, il en appelle à la Tradition. Précisément à la Tradition avec une majuscule. Non à la tradition religieuse, mais à la Tradition de la Révélation. Son conflit avec les responsables de la Synagogue à Jérusalem et avec le Sanhédrin, il le considère comme un conflit précisément religieux, donc local et ne touchant pas à l'essentiel.
L'essentiel pour l'apôtre, c'est l'histoire de la Révélation et l'histoire du salut qui lui est liée; elle est pour lui le noyau spirituel et l'axe spirituel non seulement du judaïsme, mais plus largement du yahvisme. En témoignant du Christ, Paul s'adresse précisément à la Tradition avec une majuscule. Il ne rejette pas, certes, la religion comme telle, mais il ne la met pas non plus au premier plan. Il sait, par l'expérience de sa propre rencontre avec le Ressuscité sur le chemin de Damas, que tout ce qui lui est arrivé depuis cette minute ne rentre dans aucun cadre religieux, mais peut entrer dans ces autres cadres qui se sont ouverts à lui, peut-être pas tout de suite.
À vrai dire, on ne peut appeler «cadres» le tableau spirituel ouvert à l'apôtre que de manière très conventionnelle. Paul voit comme par le regard spirituel toute la perspective de l'action de Dieu dans le monde: depuis sa création, celle de ce monde, à travers la tragédie de la chute, puis à travers le don de la Torah et la révélation prophétique, jusqu'au Christ, et donc jusqu'au Royaume qui entre dans le monde.
Voilà la Tradition dont vit Paul. Il s'appuie sur elle lorsqu'il témoigne du Christ, surtout lorsqu'il témoigne devant les Juifs. Il ne prive personne de rien et ne se prive lui-même de rien. Il ne renonce à rien, sauf à ce qui peut masquer la plénitude spirituelle qui s'est ouverte à lui. Mais ce qui fait obstacle, l'apôtre y renonce justement, vite et résolument. Sinon tout son témoignage perdrait son sens. Et donc sa vie aussi.
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