Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mt 26:6-16

Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux,
une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table.
A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ;
cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. "
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi.
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
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Les paroles de Jésus sur les pauvres, qui existeront toujours, donnent à réfléchir. Aujourd'hui, lorsque la lutte contre la pauvreté devient, au moins en paroles, l'une des priorités principales, elles peuvent bien sûr déconcerter quelque peu. Mais Jésus ne les dit pas simplement ainsi; il les dit dans le contexte d'une situation concrète, lorsque se font entendre des voix qui appellent à préférer à lui ces pauvres qui, selon sa parole, «sont toujours avec nous». Et là se pose la question du choix, la question des priorités qui déterminent notre vie.

Historiquement, le christianisme a toujours soutenu de toutes les manières tous les types de service social: l'aide aux pauvres, aux malades, aux rejetés, la charité, individuelle comme collective, en un mot tout ce qui peut alléger un tant soit peu la condition de ceux pour qui la vie est difficile. Et là, tôt ou tard, tant pour les personnes particulières qui portent de tels services que pour des communautés entières, se posera inévitablement la question: qui est pour nous à la première place? Le Christ ou les pauvres?

Il semblerait qu'il n'y ait pas besoin de choisir: le service social, à première vue, ne peut en aucun cas faire obstacle à la vie spirituelle. Mais cela n'est vrai qu'à première vue: car le service social est un service comme tout autre. Le Royaume est venu dans le monde non avec les pauvres, mais avec le Christ, et il existe dans le monde parce que l'Église est, selon la parole de l'apôtre, le Corps du Christ, et non parce qu'elle est une organisation caritative. Or le service social, comme toute activité extérieure, devient autonome et tend à absorber l'homme tout entier. Et si on le lui permet, cette personne peut facilement oublier le Royaume en se consacrant entièrement aux pauvres. Alors elle ne pourra déjà plus aider ceux auxquels elle se consacre: car l'homme, selon la parole du Sauveur, ne vit pas seulement de pain.

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