32 Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances,
33 tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités.
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense.
36 Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse.
37 Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas.
38 Or mon juste vivra par la foi ; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui.
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« ...Car encore un peu, bien peu de temps... » Parfois nous ne voulons pas y croire et nous disons : tu nous consoles seulement, apôtre Paul. Mais auparavant Paul dit ces paroles : « Il est redoutable de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (He 10:31). Or dans le texte grec se trouve le mot « phoberon », qui s’associe assez nettement au russe « phobie ». Dans son sens russe, la phobie désigne justement un état intérieur maladif, alors qu’il n’y a pas de danger extérieur réel : seulement l’obscurité ou la hauteur, seulement un lieu clos, et ainsi de suite. Nous avons cet état intérieur : nous voulons la Fin, et nous en avons peur. C’est à cause de cette incertitude, à cause de notre trouble intérieur, que cette Fin ne vient pas.
Car le Seigneur vient comme l’Époux lorsque l’amour s’est affermi. Imaginez un fiancé et une fiancée qui se préparent à recevoir le sacrement du mariage, mais la fiancée a peur, n’est pas sûre, hésite ; il n’y a pas encore en elle cet amour rayonnant, heureux et paisible qui désire ardemment se donner au service de l’être aimé. Leur mariage serait-il juste dans ce cas ? Il serait tout de même, sans doute, prématuré.
De même nous aussi, même si l’on ne parle que de l’Église et de ses membres, nous n’avons pas encore cet amour profond, silencieux et paisible. Nous avons encore peur nous-mêmes et nous effrayons les autres. Nous craignons le châtiment, nous craignons la vengeance, la rétribution ; nous avons simplement peur, sans savoir nous-mêmes de quoi, parce que « personne n’en est encore revenu ». De quelles « noces », c’est-à-dire de quelle Fin, peut-il être question ?
Mais cela ne signifie pas que nous sommes seuls. Nous sommes, pour ainsi dire, « fiancés » par la première venue du Christ, et il nous faut construire avec Lui une relation. En tout cas, Il est ici, Il est proche. Et, bien sûr, « encore un peu », parce que lorsqu’il y a l’amour, le temps s’écoule autrement : les séparations sont infinies, les rencontres semblent passer si vite, et dans l’ensemble demeure ce sentiment que voici, encore un peu, et l’éternité se répandra dans l’âme.
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