41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
Quand nous lisons que notre tâche est d'imiter le Christ en tout, ces paroles sont le plus souvent perçues par nous comme une convention. On peut essayer de lire ce texte évangélique de ce point de vue. Dans une telle situation, l'homme hausse les épaules avec résignation en disant : « C'est bien ce qui est arrivé », ou bien il va jusqu'à une malveillance non dissimulée : « Voilà, on t'avait bien dit, à toi (à vous), qu'il ne fallait pas faire cela, qu'il fallait faire ainsi ; maintenant souffrez et tourmentez-vous. »
Jésus, lui, « en le voyant, pleura sur lui ». Il est impuissant à s'imposer : chacun est libre de L'accueillir ou de ne pas L'accueillir. Mais le résultat du refus de vivre avec le Christ est si terrible que Dieu pleure en y pensant. Ce n'est pas le désespoir de l'impuissance, c'est la douleur devant le choix que fait l'homme libre. Et cela alors même que Jésus sait qu'un tel refus Le conduira Lui-même à la croix quelques jours plus tard. Mais ce n'est pas sur cela qu'Il pleure ; Il pleure sur ce dans quoi se précipite le peuple choisi par Dieu.
Voici le portrait parfaitement clair de Dieu : Il a créé l'homme libre ; Il mourra d'une mort terrible parce que l'homme a choisi de Le tuer ; sachant cela, Il pleure sur la vie effrayante que connaîtra l'homme qui a fait ce choix. Voilà ce qu'Il nous appelle, nous aussi, à imiter.
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
Voici le jour dont le prophète Isaïe avait parlé de avec frayeur: Dieu a visité Son peuple. Les gens attendaient cette arrivée de Dieu depuis la haute antiquité, ils avaient mis tout leur espoir en Lui. Il n’y a pas qu’Israël, plusieurs autres peuples au début du 1er siècle de notre ère attendaient l’apparition de quelqu’un, qui leur apporterait la paix et leur ouvrirait le chemin de la vie (la vraie vie). Même nous avons après deux millénaires hérité en quelque sorte cette attente et l’espoir de la visite de Dieu. Les prophètes ont annoncé que le soleil s’obscurcira en ce jour-là et toute créature se transformera, il n’y aura plus de péchés et les hommes seront rédimés de la mort. «Oh! si Tu déchirais les cieux, et si Tu descendais!» - s’exclamait l’auteur de la deuxième partie du livre du prophète Isaïe. Le Cantique des Cantiques présente ce jour comme une heureuse rencontre des amoureux:«J'entends mon bien-aimé. Voici qu'il arrive, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines».
Et voici qu’Il arrive. Une multitude des disciples (peut être quelque centaines d’hommes) louent les grandes œuvres de Dieu et bénissent Son arrivée. Mais au même endroit se trouvent parmi une foule d’incrédules ceux qui estiment nécessaire de juste Le reprocher de l’indiscrétion: « Réprimande Tes disciples de louer Dieu et Toi!» Et presque personne ne se rappelle de ce qu’Il a exhorté plusieurs fois à travers les prophètes de faire: « Améliorer vos voies mauvaises, pour ne pas périr en ce jour-là». Seuls Sa Mère et les disciples proches ont été donnés la possibilité de sentir Son affliction. Il vient, mais nous ne savons pas qu’en ce jour, il nous faut arrêter de faire du mal et apprendre à faire du bien pour Le rencontrer. Comment Le rencontrer, comment mériter Sa bienveillance? Que devons-nous faire pour qu’Il nous bénisse et nous aide? «Recherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez» disait-il à travers le prophète Amos (Amos5:14). Mais nous pensons qu’il faut accomplir certain rites et faire des galas fastueux; comme s’ils pouvaient nous servir de paix, nous donner la paix dans cette rencontre avec Jésus Christ.
S’Il n’entre pas aujourd’hui à Jérusalem, nous ne pourrons pas être des communiants de Son Corps et de Son Sang. S’Il ne Se donne pas pour nous, nous resterons des prisonniers de la mort. Mais Ses élus ne reconnaissent pas le temps de la visite, ils ne savent pas que le jour prédit tant attendu est arrivé. Et c’est pour cela que Jésus pleure. Le Seigneur a dit une fois de quoi devraient se réjouir Ses disciples. Nous comprenons aujourd’hui ce dont nous devrons avoir peur: ne pas connaitre le temps (on dirait même l’heure, la minute ou la seconde) de la visite.
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
Le jour est venu dont les prophètes d’Israël parlaient avec crainte: Dieu a visité Son peuple. Depuis la haute Antiquité, les hommes attendaient cette venue de Dieu, mettaient en elle toutes leurs espérances. Non seulement Israël, mais beaucoup d’autres peuples au début du Ier siècle de notre ère attendaient la manifestation de quelqu’un qui leur apporterait la paix et ouvrirait le chemin de la vie. Dans une certaine mesure, même nous, deux millénaires plus tard, avons hérité de cette attente et de cette espérance de la visite de Dieu. Les prophètes annonçaient que le soleil s’obscurcirait en ce jour-là, que toute créature serait changée, que le péché cesserait et que les hommes seraient rachetés de la mort. «Ah! si Tu déchirais les cieux et descendais!», s’écriait l’auteur de la seconde partie du livre d’Isaïe. «La voix de mon bien-aimé! le voici qui vient, sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines», comme une heureuse rencontre d’amoureux, le Cantique des Cantiques présente ce jour.
Et voici qu’Il vient. Une multitude de disciples, peut-être plusieurs centaines de personnes, glorifient les grandes œuvres de Dieu et bénissent Sa venue. Mais aussitôt, au milieu de la foule incrédule, se trouvent ceux qui jugent nécessaire de Lui reprocher seulement Son manque de retenue: «Défends à Tes disciples de glorifier Dieu et Toi!». Et presque personne ne pense à ce qu’Il a maintes fois appelé par les prophètes: «Corrigez vos mauvaises voies, afin de ne pas périr en ce jour-là». Seules Sa Mère très pure et Ses proches disciples reçoivent de sentir Sa tristesse. Il vient, et nous, même en ce jour, nous ne savons pas que pour Le rencontrer il faut cesser de faire le mal et apprendre à faire le bien. Comment Le rencontrer, par quoi mériter Sa bienveillance? Que faire pour qu’Il nous bénisse et nous aide? «Cherchez le bien, et non le mal, afin de vivre», disait-Il par Ses envoyés. Et nous pensons qu’il faut accomplir certains rites et organiser de somptueuses célébrations. Comme si cela devait nous servir à la paix, nous donner la paix dans cette rencontre avec Jésus.
S’Il n’entre pas aujourd’hui à Jérusalem, nous ne pourrons pas devenir participants de Son Corps et de Son Sang. S’Il ne Se livre pas pour nous, nous resterons prisonniers de la mort. Mais Ses élus ne reconnaissent pas le temps de la visite; ils ne reconnaissent pas que le jour attendu et annoncé est arrivé. Et c’est pourquoi Jésus pleure. Récemment, le Seigneur disait dans l’un des passages de quoi Ses disciples devaient se réjouir. Aujourd’hui nous comprenons ce que nous devons craindre: ne pas reconnaître le temps de la visite.
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
Les habitants de Judée accueillent Jésus entrant à Jérusalem comme le Roi qui vient au nom du Seigneur. C’est vrai, mais nullement au sens que ceux qui L’acclament donnent à ces paroles : le Royaume qu’Il vient établir ne ressemble à aucun royaume terrestre. Pour le moment, Jésus exerce une influence comparable à l’autorité des chefs du peuple. Il peut remettre de l’ordre dans le Temple, et nul ne peut L’en empêcher, car le peuple L’écoute sans relâche. Hélas, tous ne L’entendent pas, même en L’écoutant. Voilà pourquoi Il a les larmes aux yeux au plus fort de la fête : même ceux qui placent en Lui leur espérance cherchent un salut tout différent de celui que le Christ veut donner, et beaucoup d’entre eux se détourneront donc très bientôt de Lui.
Et nous, aujourd’hui, qu’attendons-nous et que voulons-nous de Lui ? Ce qu’Il veut nous apporter, ou bien ce que nous projetons sur Son image, désireux de voir en Lui l’interprète de nos propres états d’âme et de nos caprices ? Et Le désirons-nous, Lui-même ?..
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
L'évangéliste réunit dans un même récit l'entrée triomphale de Jésus dans la ville sainte, lorsque la louange et la joie ne peuvent être contenues par aucune force, au point que même les pierres sont prêtes à chanter la gloire du Roi qui vient, et les pleurs douloureux de Jésus sur Jérusalem. La ville de la promesse apparaît ici comme l'image collective de tous ceux qui attendent le Christ, qui ne peuvent vivre sans Lui, mais qui ne Le reconnaissent pas, qui ne peuvent croire que leur espérance s'accomplit en Jésus de Nazareth. Sous nos yeux se déroulent à la fois un triomphe et une catastrophe, parce qu'à la ville, au peuple, à des personnes concrètes est donnée la possibilité tant attendue de voir, de reconnaître, de rencontrer leur rêve, mais ils « ne reconnaissent pas le temps de leur visite ».
Au fond de nous, nous voudrions sans doute que ce temps soit manifeste, évident pour tous, ou du moins qu'il ne soit pas obligatoire, qu'il ne concerne pas tout le monde. Mais un tel temps arrive et, chose la plus terrible, on peut le manquer, ne pas reconnaître Dieu quand Il passe tout près...
28 Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. |
29 Et il advint qu'en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant: |
30 " Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l'attache, un ânon que personne au monde n'a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. |
31 Et si quelqu'un vous demande : "Pourquoi le détachez-vous ?" vous direz ceci : "C'est que le Seigneur en a besoin". " |
32 Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. |
33 Et tandis qu'ils détachaient l'ânon, ses maîtres leur dirent : " Pourquoi détachez-vous cet ânon ? " |
34 Ils dirent : " C'est que le Seigneur en a besoin. " |
35 Ils l'amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus. |
36 Et, tandis qu'il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. |
37 Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus. |
38 Ils disaient : " Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! " |
39 Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : " Maître, réprimande tes disciples. " |
40 Mais il répondit : " Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. " |
41 Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, |
42 en disant : " Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. |
43 Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. |
44 Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée ! " . |
45 Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, |
46 en leur disant : " Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ! " |
47 Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. |
48 Mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils pourraient faire, car tout le peuple l'écoutait, suspendu à ses lèvres. |
En entrant à Jérusalem, Jésus pleure sur son destin. Il prévoit manifestement le triste sort de la ville : en l'an 70, après le soulèvement antiromain lancé par les zélotes et la guerre qui s'ensuivit, Jérusalem sera entièrement détruite par l'armée romaine envoyée pour réprimer l'insurrection. Au Moyen Âge, et en partie aussi à l'époque moderne, il existait parmi les chrétiens une opinion répandue et populaire selon laquelle cette catastrophe fut le châtiment du rejet, par le peuple juif, du Messie qui lui avait été envoyé. Pourtant Jésus Lui-même regarde la situation autrement. Pour Lui, c'est d'abord une tragédie, une catastrophe nationale. Il ne la considère nullement comme une juste rétribution. Pour Lui, c'est plutôt une possibilité rejetée, et donc manquée.
Dans la vie des individus comme dans celle des peuples entiers, il existe de tels carrefours où se détermine et se fixe le vecteur du mouvement spirituel ultérieur pour des années (s'il s'agit d'une personne) ou pour des siècles (s'il s'agit d'un peuple). Il n'y a là rien de prédéterminé, aucun programme écrit d'avance, aucun destin ni fatalité. Au contraire, un tel carrefour est toujours un moment de liberté suprême. Le moment du choix où c'est précisément l'homme lui-même, ou le peuple lui-même, qui choisit et détermine ce qui, par la suite, lui paraîtra peut-être fatalité ou destin. Pour le peuple juif, le jour de l'entrée du Sauveur à Jérusalem devint un tel moment.
On peut certes dire que l'enthousiasme avec lequel la foule L'accueillait dans les rues de Jérusalem ne valait pas grand-chose : les enthousiasmes de foule ne durent jamais longtemps. Mais le peuple avait la possibilité de choisir, un choix sérieux, déterminant l'histoire ultérieure pour des siècles, et Jésus le comprend parfaitement. De même qu'Il comprend autre chose : comme tous les choix semblables, celui-ci se ramène en essence à ceci : suivre Dieu ou suivre ses propres opinions, traditions, habitudes. Et la seconde option est toujours catastrophique. La seule question est de savoir dans combien de temps cette catastrophe surviendra. Quant au fait qu'elle surviendra, il n'y a pas à en douter : les possibilités manquées se vengent toujours, et plus la possibilité est grande, plus la catastrophe sera terrible si l'on manque cette possibilité.
C'est pourquoi Jésus pleure sur Jérusalem. Lui plus que quiconque comprend ce qui a été donné et ce qui a été manqué. Et Il comprend aussi quelles en seront les conséquences.
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