Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour He 11:13-31

13 C'est dans la foi qu'ils moururent tous sans avoir reçu l'objet des promesses, mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont confessé qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre.
14 Ceux qui parlent ainsi font voir clairement qu'ils sont à la recherche d'une patrie.
15 Et s'ils avaient pensé à celle d'où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d'y retourner.
16 Or, en fait, ils aspirent à une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C'est pourquoi, Dieu n'a pas honte de s'appeler leur Dieu; il leur a préparé, en effet, une ville...
17 Par la foi, Abraham, mis à l'épreuve, a offert Isaac, et c'est son fils unique qu'il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses,
18 lui à qui il avait été dit : C'est par Isaac que tu auras une postérité.
19 Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts; c'est pour cela qu'il recouvra son fils, et ce fut un symbole.
20 Par la foi encore, Isaac donna à Jacob et à Ésaü des bénédictions assurant l'avenir.
21 Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph et il se prosterna appuyé sur l'extrémité de son bâton.
22 Par la foi, Joseph, proche de sa fin, évoqua l'exode des fils d'Israël et donna des ordres au sujet de ses restes.
23 Par la foi, Moïse, à sa naissance fut caché par ses parents pendant trois mois, parce qu'ils virent que le petit enfant était joli, et ils ne craignirent pas l'édit du roi.
24 Par la foi, Moïse, devenu grand, refusa d'être appelé fils d'une fille d'un Pharaon,
25 aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que de connaître la jouissance éphémère du péché,
26 estimant comme une richesse supérieure aux trésors de l'Égypte l'opprobre du Christ. Il avait, en effet, les yeux fixés sur la récompense.
27 Par la foi, il quitta l'Égypte sans craindre la fureur du roi: comme s'il voyait l'Invisible, il tint ferme.
28 Par la foi, il célébra la Pâque et fit l'aspersion du sang, afin que l'Exterminateur ne touchât point les premiers-nés d'Israël.
29 Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, tandis que les Égyptiens, ayant essayé le passage, furent engloutis.
30 Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, quand on en eut fait le tour pendant sept jours.
31 Par la foi, Rahab la prostituée ne périt pas avec les incrédules, parce qu'elle avait accueilli pacifiquement les éclaireurs.
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Poursuivant son discours sur la fidélité et la confiance en Dieu, l'auteur de l'épître dit des justes anciens qu'ils sont morts sans avoir obtenu ce qui était promis; cela, pourtant, ne les a pas conduits au désespoir et ne les a pas poussés à trahir les promesses données une fois pour toutes ni l'alliance conclue une fois pour toutes avec Dieu: ils ne perdaient pas l'espérance du Royaume dont ils attendaient la venue (v. 13-14). Et cette espérance et cette fidélité s'exprimaient avant tout par le fait qu'aucun d'eux n'a jamais envisagé la possibilité de revenir en arrière et de retourner à cette vie ancienne qu'ils avaient quittée en croyant au Dieu qui S'était révélé à eux et en Le suivant (v. 15-16). L'auteur de l'épître cite de nombreux exemples d'une telle fidélité, bien connus de tout lecteur des livres de l'Ancien Testament (v. 17-31).

Ces rappels, bien entendu, n'étaient pas fortuits: les justes anciens devaient devenir des exemples de fidélité et d'espérance dans le Royaume pour les contemporains de l'auteur de l'épître, dont beaucoup, apparemment, possédaient ces qualités dans une mesure bien moindre que leurs grands prédécesseurs spirituels. La crise vécue par les communautés ecclésiales après la catastrophe de l'an 70 était d'abord une crise spirituelle: beaucoup de ceux qui attendaient le triomphe prochain du Royaume furent déçus dans leurs attentes et, avec cela, dans le messianisme comme tel, se tournant sans doute vers le mode de vie juif traditionnel comme vers une sorte de refuge religieux où ils pourraient traverser leur crise intérieure et l'effondrement d'espérances non réalisées. Certains signes de cette crise étaient apparus dès la vie de Paul, lorsque mouraient des représentants de la première génération chrétienne qui, comme leurs coreligionnaires, étaient convaincus que le Sauveur reviendrait et que le Royaume triompherait encore de leur vivant; mais après l'an 70, elle s'est, peut-on penser, fortement accentuée. Et l'auteur de l'épître donne l'exemple de ceux qui croyaient à la venue du Royaume même quand il restait encore des siècles avant cette venue; ils y croyaient en sachant parfaitement qu'eux-mêmes ne la verraient pas, et ils espéraient ne pas rester à l'écart de son triomphe, même s'ils n'avaient aucune représentation précise de la résurrection des morts, pas plus que de leur propre sort après la mort, et donc aucune garantie qu'ils prendraient eux-mêmes part à ce triomphe. Si, malgré tout cela, les justes anciens ne désespéraient pas, comment ceux à qui le Royaume avait été non seulement promis, mais qui y avaient déjà été associés, pouvaient-ils perdre l'espérance seulement parce que le triomphe promis par le Sauveur se révélait moins proche qu'il ne l'avait paru à ceux qui l'attendaient?

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