7 Il appelle à lui les Douze et il se mit à les envoyer en mission deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.
8 Et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route qu'un bâton seulement, ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture,
9 mais : " Allez chaussés de sandales et ne mettez pas deux tuniques. "
10 Et il leur disait : " Où que vous entriez dans une maison, demeurez-y jusqu'à ce que vous partiez de là.
11 Et si un endroit ne vous accueille pas et qu'on ne vous écoute pas, sortez de là et secouez la poussière qui est sous vos pieds, en témoignage contre eux. "
12 Étant partis, ils prêchèrent qu'on se repentît;
13 et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d'huile à de nombreux infirmes et les guérissaient.
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Tous les évangiles synoptiques mentionnent l'instruction que Jésus donne à Ses disciples en les envoyant prêcher. Chez Matthieu, elle se révèle la plus détaillée et la plus colorée ; chez Marc, comme chez Luc, nous voyons plutôt un récit des paroles du Sauveur que les paroles mêmes telles qu'elles ont résonné. Bien sûr, on peut parler de rédaction aussi à propos de l'Évangile selon Matthieu, mais la couleur de la parole juive de Jésus y est tout de même mieux conservée.
Ainsi, chez Matthieu, Jésus ordonne aux disciples de ne prendre en chemin « ni chaussures, ni bâton », tandis que, selon Marc, Il leur ordonne justement de ne prendre en chemin qu'un bâton et de se chausser de simples sandales. Une telle divergence suppose évidemment une interprétation par Marc des paroles du Sauveur. En interdisant aux disciples de prendre en chemin sac, chaussures et bâton, Jésus compare allégoriquement leur mission au fait de se tenir devant Dieu, dans la cour du Temple : en entrant dans la cour du Temple, il fallait laisser à l'entrée le sac de voyage et le bâton, tout comme les chaussures.
Jésus appelle Ses disciples à demeurer constamment dans la même présence intérieure devant Dieu que celle où doit se tenir l'homme près de l'autel, pendant le sacrifice. Cette présence intérieure était le sens principal de leur service. Ce n'est que dans cet état qu'ils pouvaient accomplir la tâche principale qui leur était confiée : manifester au monde le souffle et la force du Royaume. Ce n'est pas un hasard si le Sauveur donne aux apôtres la force de faire la même chose que Lui-même.
C'est seulement ainsi que l'on pouvait faire comprendre aux hommes, ou du moins leur faire sentir par leur propre expérience, ce qu'est le Royaume. De simples paroles sur le Royaume qui, comme Jésus Lui-même le dit, « s'est approché », ne suffisaient pas. Les arguments théologiques ne fonctionnent pas dans de tels cas ; il faut un témoignage. La possibilité donnée aux disciples de Jésus de manifester la même force du Royaume que manifeste leur Maître devint justement le témoignage que le Royaume s'était réellement « approché ».
S'il en avait été autrement, personne, sauf Jésus Lui-même, n'aurait pu manifester sa force, ni accomplir miracles ou guérisons. Le Royaume serait resté le bien de Celui qui l'a apporté dans le monde, et de personne d'autre. Or, dans les faits, il apparaissait que des personnes tout à fait ordinaires pouvaient y participer, à condition, bien sûr, d'être prêtes à faire confiance à Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Un tel témoignage parlait mieux que tous les arguments, car il était véritablement vivant et agissant.
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