4 Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la Loi; vous êtes déchus de la grâce.
5 Car pour nous, c'est l'Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu'espère la justice.
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Aux temps évangéliques, on regardait la Torah (la Loi) de diverses manières. Pour la plupart des Juifs croyants, la Torah était une sorte de code moral et juridique qui devait être accepté et observé sans réserve. On tenait alors pour évident que ce code était praticable. Et au niveau auquel se limitait la majorité religieuse, l'accomplissement de la Torah ne posait réellement aucun problème insoluble. Certes, cela demandait des efforts, mais les personnes sincèrement religieuses ne ménagent généralement pas ces efforts. Et après avoir fait cet effort, après avoir accompli la Torah, comme il leur semblait, jusqu'au bout, de telles personnes se considéraient naturellement comme des justes. En effet : de leur propre point de vue, du point de vue de l'homme religieux, elles n'avaient rien à se reprocher. Que Dieu aurait-Il encore pu exiger d'elles ? Il avait exposé Ses exigences dans la Torah, et elles l'avaient accomplie.
Cependant, il existait en ces temps-là un autre regard sur la Torah et sur la vie spirituelle. Un regard qui, déjà, en réalité, sortait du cadre de la religiosité juive traditionnelle, et même du cadre de toute religiosité en général. Il s'agissait alors de la Torah intérieure. D'une Torah perçue non comme un code juridique ou moral, mais comme une révélation de la volonté de Dieu. De la volonté de Dieu au sens le plus littéral. Au sens des intentions de Dieu adressées à l'homme. Des intentions qui doivent déterminer toute la vie spirituelle de l'homme, et même toute sa vie en général. Devenir ce noyau spirituel qui seul peut rendre l'homme juste, s'il détermine sa vie tout entière.
Lorsqu'il parle de la Torah, Paul oppose souvent la Torah intérieure à la Torah extérieure. Et il ne s'agit pas du fait qu'il serait un adversaire de principe de toute religiosité. Il sait simplement trop bien, par sa propre expérience, que la religion n'a encore jamais rendu personne juste, et qu'elle ne le peut pas non plus.
L'homme religieux peut faire beaucoup pour Dieu. Mais dans la vie spirituelle, l'essentiel n'est pas de faire, mais d'être. Ce qu'il faut, ce n'est pas un ensemble de bonnes oeuvres et d'actes pieux, mais un changement qualitatif de la vie. Et ici, la religion se révèle impuissante : elle change en effet l'homme de l'extérieur, au moyen des normes et des règles qu'elle propose. Les véritables changements se produisent toujours de l'intérieur. Ici, il faut précisément la Torah intérieure, mais l'homme déchu n'est justement pas capable de la mener à sa plénitude. Le péché originel l'en empêche.
Et cela aussi, l'apôtre le comprend parfaitement : il a lui-même essayé de vivre ainsi et a subi un échec complet, qu'il a lui-même décrit avec une entière franchise dans l'Épître aux Romains. Il ne reste que l'espérance en ce souffle de Dieu, le souffle du Royaume, qui seul peut rendre l'homme juste. Certes, c'est reconnaître sa propre faillite spirituelle. Mais mieux vaut reconnaître l'évidence et acquérir la plénitude de la vie du Royaume que tenter de faire bonne figure dans une mauvaise situation et tout perdre.
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