20 Nous sommes donc en ambassade pour le Christ; c'est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu.
21 Celui qui n'avait pas connu le péché, Il l'a fait péché pour nous, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.
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Pour Paul, c’est évident : le Royaume et le fait d’y demeurer sont inséparables des relations qui unissent au Christ chacun de ses disciples, mais ces relations elles-mêmes ne sont possibles que lorsque l’homme, dans le Christ, demeure jusqu’au bout et entièrement pauvre, au sens spirituel du mot dans lequel le prophète Isaïe de Jérusalem parlait déjà de la pauvreté. Et en ce sens, la pauvreté menée jusqu’au bout n’est rien d’autre qu’un anéantissement, jusqu’à la mort physique, si bien sûr elle est requise pour le témoignage. Et pour le Messie, jusqu’à une immersion complète, sans réserve et sans aucune condition, dans la vie pécheresse du monde déchu, dans les profondeurs de laquelle Il devait apporter la plénitude du Royaume qui était contenue en Lui.
Et le mal du monde pécheur fait réellement prisonnier le Messie Lui-même : il ne peut pénétrer dans les profondeurs de son cœur ni de sa nature humaine, libre du pouvoir du péché, mais il s’est trouvé capable de Le conduire à la croix. Celui qui n’a pas connu le péché s’est trouvé sous le pouvoir du péché, il est devenu péché pour nous, comme Paul le décrit. Telle est la pauvreté du Messie menée jusqu’au bout, pauvreté sans laquelle le Royaume ne serait pas entré dans le monde, parce que le Messie Lui-même ne pouvait entrer dans le monde autrement qu’en pauvre.
Cela se comprend : toute autre entrée aurait signifié se soumettre aux lois du monde qui gît dans le mal. Ne pas s’y soumettre signifiait sortir du monde, mais sortir du monde tout en y restant, c’est précisément mourir. Un tel chemin, pour le Messie portant en Lui toute la plénitude de Dieu, toute la plénitude du Royaume, ne pouvait s’achever sur terre que par la croix. Et par la résurrection, bien sûr, mais cela relève déjà de la réalité du Royaume, non du monde déchu. Du Royaume auquel le monde déchu ne peut appartenir que dans la mesure où, en se transfigurant, il cesse d’être déchu.
Et nous, chrétiens, devenons participants de ce processus, ce que l’apôtre nous rappelle. Si nous sommes vivants et demeurons dans ce monde, ce n’est que dans la mesure où lui-même a déjà cessé d’être déchu, dans la mesure où il a déjà eu le temps d’être transfiguré et de devenir partie du Royaume. Si le Royaume n’était pas dans le monde, il ne nous resterait qu’à mourir. Ou à vivre comme vivaient les justes qui attendaient le Royaume aux temps préchrétiens. Si, bien sûr, nous sommes chrétiens autrement que de nom.
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