Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mt 12:38-42

38 Alors quelques-uns des scribes et des Pharisiens prirent la parole et lui dirent : " Maître, nous désirons que tu nous fasses voir un signe. "
39 Il leur répondit : " Génération mauvaise et adultère ! elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas.
40 De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits.
41 Les hommes de Ninive se dresseront lors du Jugement avec cette génération et ils la condamneront, car ils se repentirent à la proclamation de Jonas, et il y a ici plus que Jonas!
42 La reine du Midi se lèvera lors du Jugement avec cette génération et elle la condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici plus que Salomon !
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Le mot « signe », nous le comprenons aujourd'hui comme un miracle. Pourtant le mot grec correspondant, et le « signe » lui-même dans son sens premier, celui qu'il a en slavon d'Église ou en vieux russe, signifie « marque », « signal ». Il en résulte que les gens qui écoutent Jésus attendent de Lui un signe qui parlerait... de quoi, au juste ? De Sa messianité ?

C'est tout à fait possible : car, comme on le pensait en ce temps-là, le Messie, en venant, devait prouver Sa messianité, notamment par certains signes bien déterminés, parmi lesquels devaient se trouver des miracles, des manifestations de la puissance de Dieu prouvant que Dieu était réellement avec Lui et qu'Il Lui confiait le ministère auquel Il prétendait. Plus largement, on attendait des signes pour s'assurer que c'était vraiment Dieu qui agissait, et non un homme selon sa volonté propre. On attendait et on exigeait de tels signes de Jésus : par eux, ceux qui L'écoutaient voulaient déterminer qui se trouvait vraiment devant eux. La demande paraîtrait tout à fait légitime, s'il n'y avait un « mais » : Jésus a donné plus qu'assez de témoignages montrant que Dieu était réellement avec Lui, comme Il le dit aux gens qui L'entourent.

De telles manifestations du Royaume, de son souffle, de sa force, de tels signes visibles de la présence de Dieu, Israël n'en avait jamais vu auparavant, et beaucoup de ceux qui regardaient la situation sans préjugé en convenaient. Certes, les signes n'étaient pas tout à fait ceux que l'on attendait, mais ils étaient bien là. Le refus de beaucoup de voir l'évidence rendait inutiles de nouveaux signes : celui qui voulait voir avait déjà vu ; celui qui ne voulait pas voir ne verrait rien, quels que soient les signes qu'on lui montre. Il y avait pourtant autre chose : la fascination pour les signes, en elle-même, n'apporte pas toujours un bien spirituel à l'homme.

Le signe n'est qu'un indicateur de l'essentiel ; il ne doit pas devenir quelque chose de suffisant en soi et de souverain. Les signes ressemblent à une carte géographique, qui représente schématiquement un terrain réel : sur différentes cartes, le système des symboles conventionnels peut varier, mais si la carte est juste, elle transmettra en tout cas correctement les réalités géographiques. Rejeter une carte au système de symboles inhabituel seulement parce qu'un tel système n'est pas familier, c'est oublier le but même de la carte géographique. C'est pourquoi Jésus ne cherche pas à correspondre aux attentes du public en matière de signes : ce qui Lui importe, c'est le Royaume, non les indicateurs.

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