Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mc 5:17

17 Alors ils se mirent à prier Jésus de s'éloigner de leur territoire.
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En lisant l'Évangile, nous rencontrons souvent des situations où Jésus n'est pas le bienvenu. Elles sont très différentes, et chacun de ceux qui ne Le veulent pas a d'ordinaire ses propres raisons. Mais elles ont toutes quelque chose de commun : Il n'est pas le bienvenu là où l'on ne veut pas de changements. Bien entendu, tous ne reconnaîtront pas de tels motifs dans leur refus de voir Jésus. Des personnes profondément religieuses et souvent sincères à leur manière, comme les pharisiens par exemple, n'auraient jamais avoué ni aux autres ni même à elles-mêmes qu'elles ne craignaient pas pour le peuple ni pour la vraie foi, mais pour elles-mêmes, pour leur religiosité, que le témoignage de Jésus menaçait de détruire.

Mais dans la région de Gadara vivaient des gens tout à fait ordinaires et séculiers, que nous avons l'habitude d'appeler païens, même s'il n'y a pas lieu de parler chez eux d'une religiosité particulière, fût-elle païenne. Des gens simples et, à leur manière, francs. Qui avaient franchement peur et regrettaient tout aussi franchement le troupeau de porcs perdu.

Et qui, comme des gens simples, n'avaient pas honte de dire directement et sans détour leur refus de voir celui qu'ils ne désiraient réellement pas voir. Bien sûr, ils avaient été témoins d'un miracle. Miracle qu'ils comprirent parfaitement, car il était tout simplement impossible de le comprendre autrement. Mais c'est bien là que l'homme déchu n'a pas vraiment besoin de miracles. Du moins pas de tels miracles, qu'il ne peut pas contrôler. Et l'homme déchu n'a généralement pas besoin de Dieu. Il lui faut non pas Dieu, mais le génie d'un conte oriental merveilleux. Un être capable de tout faire, mais sans rien exiger de son maître et qui, lorsqu'il n'est pas nécessaire, resterait tranquillement assis dans sa bouteille ou sa lampe magique, sans manifester sa présence.

Les hommes qui avaient été témoins de la guérison accomplie par Jésus, malgré leur simplicité, comprenaient que ce Thaumaturge n'était pas un génie. Si on Lui donnait la possibilité de rester, Il ne se limiterait pas à une seule guérison. Et personne ne pourrait dire exactement ce qu'Il ferait encore. L'affaire pourrait bien ne pas se limiter à la perte d'un troupeau de porcs. Mais l'essentiel n'est même pas le dommage matériel. Intuitivement, au fond de son propre inconscient, chacun comprenait que si l'on permet à cet Homme d'agir, on perdra non seulement ses troupeaux, mais aussi sa vie.

Il prendra ta vie pour Lui. Oui, bien sûr, non pour Lui-même. Peut-être pour ce Royaume dont Il parle. Mais ta vie ne sera plus à toi. Et toi-même tu ne t'appartiendras plus ; tu Lui appartiendras, à Lui, Roi d'un Royaume inconnu. Et cela fait toujours peur. La seule question est de savoir si l'on surmontera cette peur pour le Royaume, ou si l'on reculera. Vers les ténèbres du dehors. Vers ses troupeaux, vers sa vie. Et vers sa mort.

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