13 Prêtres, revêtez-vous du sac! Poussez des cris de deuil! Lamentez-vous, serviteurs de l'autel! Venez, passez la nuit vêtus du sac, serviteurs de mon Dieu! Car la maison de votre Dieu est privée d'oblation et de libation. |
14 Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, réunissez, anciens, tous les habitants du pays à la maison de Yahvé votre Dieu. Criez vers Yahvé: |
15 Ah! Quel jour! Car il est proche, le jour de Yahvé, il arrive comme une dévastation venant de Shaddaï. |
Question simple : faut-il ou non appliquer directement les textes bibliques ? Rapporter ou non les paroles qui y sont écrites à ce qui se passe dans le monde ?
En lisant le début du livre du prophète Joël, on a envie de dire que les manières d'y réagir à ce qui arrive doivent être mises en pratique. Après tout, l'homme, en perfectionnant les moyens de lutter contre ses semblables pour défendre sa propre opinion, perfectionne les moyens, mais ses buts ne changent pas. Ainsi ne changent pas non plus les manières de réagir au mal dans le monde que propose la Bible. Le jeûne, la prière et la foi en Celui qui seul a vaincu la mort. La maison de l'homme fort est déjà renversée, les démons sont déjà chassés.
En regardant le monde même du point de vue de la logique humaine, il est clair qu'aucune force humaine ne permet de se protéger du mal. On peut le combattre par une foi qui devient certitude : Jésus, qui chasse les démons, nous donnera aussi la force de leur résister.
1 Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche! |
Le Jour du Seigneur, dont le prophète Joël discerne l'approche dans le malheur qui a frappé Israël, fut depuis la plus haute antiquité le thème principal de la prédication des prophètes. Les paroles de Joël, comme celles des prophètes qui l'ont précédé, au sujet du Jour du Seigneur parlent en même temps de deux choses essentiellement importantes : la terreur et l'espérance. Ces deux expériences sont également liées, pour les prophètes, à la venue prochaine de Dieu dans le monde, et elles sont inséparables l'une de l'autre.
« Que tremblent tous les habitants du pays ! » s'écrie Joël, et il dit que ce jour est un jour de ténèbres et d'obscurité, terrible pour tout être vivant. Le contact de Dieu avec ce monde apparaît aux yeux du prophète comme un feu dévorant auquel personne n'échappe. Joël voit une catastrophe globale où la terre est ébranlée, les luminaires célestes s'assombrissent et tout le monde visible qui nous est familier s'effondre. « Qui soutiendra ce jour ? » s'écrie le prophète dans le tremblement.
Cette terreur est une expérience très juste et importante, enracinée dans la conscience profonde qu'a le prophète de la nature pécheresse du monde et de son inadéquation aux desseins du Tout-Puissant. Le prophète Isaïe l'exprime avec une grande force lorsqu'il décrit la vision de Dieu qui lui fut donnée dans le Temple : « Malheur à moi ! je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, et j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des armées » (És. 6:5). Seule la créature intacte, libre de résistance à Dieu, peut subsister devant Sa face, car tout ce qui est sans vie disparaît, incapable de rencontrer la manifestation de la Vie divine. La conscience de l'indignité des hommes et la terreur devant la venue inévitable de Dieu sont, pour les prophètes, indissolublement liées.
Bien sûr, on peut tenir les paroles du prophète pour exagérées et les rapporter au Dernier Jour de l'existence du monde, lorsque seront créés « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Apoc. 21:1). On peut penser que, par la description d'une terrible destruction, le prophète paie son tribut à l'émotivité humaine. Pourtant, ce n'est pas le cas. Lorsque nous pensons à la venue de Dieu, nous avons d'abord en vue Noël et les anges glorifiant Dieu et annonçant la paix aux hommes de bonne volonté. C'est pourquoi le désespoir de Joël nous paraît étrange. Mais le prophète pressent tout autre chose. Toute la tension de la prophétie de Joël se révèle absolument adéquate au moment du Sacrifice de la Croix, lorsque le Seigneur Lui-même meurt pour nous. La parole de Joël sur l'assombrissement des luminaires et le tremblement de terre s'est accomplie exactement au Jour de la Croix, et ce n'est qu'en raison de notre engourdissement spirituel que nous ne sommes pas capables de partager ses sentiments. Pour le monde, il n'y a rien de plus terrible que ce sacrifice, lorsque « pend au bois Celui qui suspendit la terre au-dessus des eaux », et c'est cela même que le prophète tente de nous transmettre. Tout ce qui est créé, la nature et les hommes, perd son sens et devient fantôme lorsque les hommes n'accueillent pas Dieu et Le tuent. Voilà en quoi consiste la catastrophe entrevue par Joël.
Mais, comme aux autres prophètes, le Seigneur révèle à Joël que, dans cette mort inévitable et juste du monde, il existe pour les hommes une espérance inattendue et incompréhensible. « Revenez à Moi de tout votre cœur... revenez à Dieu, car Il est bon et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et Il se repent du malheur ». Malgré tout le pessimisme du prophète au sujet du destin du monde et toute la limitation de ses représentations humaines, cette parole fait irruption, parce que le prophète voit de son cœur l'Invisible. Cette mystérieuse compassion du Créateur lui est révélée, celle qu'avait annoncée le prophète Osée : « Mon cœur se retourne en Moi, toute Ma compassion s'enflamme ! ». Cette compassion de Dieu est notre unique espérance, la seule chose qui nous donne une chance de survivre à la rencontre avec Dieu. Mais pour cela, il faut se tourner vers Dieu de tout son cœur, de toute la profondeur de sa personne.
Il est important que ce soit précisément Joël, pour qui le Temple, le rite et l'accomplissement détaillé de la Loi signifient tant, qui dise que le culte extérieur n'est pas la conversion de tout le cœur. « Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements ! » dit-il de la part du Seigneur. Avec quelle douleur résonnent ces paroles, dont le sens est que Dieu a besoin de nous-mêmes, non de ce que nous faisons ni de ce que nous possédons. Et pourtant, elles seules nous indiquent le chemin pour être sauvés du feu à venir. Cette parole du prophète anticipe l'appel du Christ : « Repentez-vous, car le Royaume des cieux s'est approché ».
Joël lui-même a encore peur de croire au mystère d'espérance qui lui a été ouvert, et il comprend clairement combien cette espérance est imméritée. « Qui sait, dit-il, s'Il n'aura pas compassion ? ». Ces paroles expriment très exactement la tension qu'exige la confiance en la bonté de Dieu, et combien Le suivre est réellement semblable à marcher sur les eaux. Et le prophète termine cette partie du livre par un appel à faire tout ce qui est en notre pouvoir : décréter un jeûne, rassembler le peuple, les nourrissons et les prêtres, les époux et les épouses, et pleurer dans l'espérance afin d'accomplir sincèrement l'effort salvateur de la confiance.
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
Nous demandons souvent longuement à Dieu de nous délivrer de l'un de nos défauts, d'un péché contre lequel nous manquons de forces pour lutter, des tentations. Si nous y mettons aussi nos efforts, le Seigneur, bien sûr, nous aide. Si nous ne les y mettons pas, Il ne nous aide pas non parce qu'Il ne nous entend pas, ne veut pas ou ne peut pas aider, mais parce que ce serait une violence faite à notre volonté. Car si nous demandons quelque chose, mais qu'en réalité nous ne faisons rien pour que notre désir s'accomplisse, cela signifie que nous ne voulons pas changer jusqu'au bout ; nous pouvons simplement en avoir peur. C'est pourquoi le Seigneur attend, et lorsque nous faisons, même très petit, mais tout de même le premier pas, le Seigneur y joint mille pas.
Mais que se passe-t-il ensuite ? Le Seigneur nous aide à surmonter la tentation, ou même nous délivre complètement d'un péché ou d'un défaut quelconque... et nous nous arrêtons là, satisfaits. Le plus souvent, nous sommes contents de nous-mêmes. Dans le meilleur des cas, nous en remercions Dieu. Pourtant, le Seigneur a libéré dans notre âme une place pour le bien, pour Sa Lumière, pour l'Esprit Saint ; mais Il n'entre jamais sans y être invité, Il ne veut pas de violence, puisqu'Il est Amour, et que l'on ne peut aimer que dans une liberté entière. Il « se tient à la porte et frappe » et attend que nous L'appelions, que nous L'invitions là où Il nous a aidés à dégager pour Lui un espace. Et si nous ne L'appelons pas, la place libérée dans notre âme s'encombre de nouveau de saleté, de poussière, se couvre de mauvaises herbes, et il est souvent plus difficile de les arracher la seconde fois que la première.
1 Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche! |
2 Jour d'obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres! Comme l'aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n'y en eut, tel qu'il n'en sera plus après lui, de génération en génération. |
3 Devant lui, le feu dévore, derrière lui, la flamme consume. Le pays est comme un jardin d'Éden devant lui, derrière lui, c'est une lande désolée! Aussi rien ne lui échappe. |
4 Son aspect est celui des chevaux; comme des coursiers, tels ils s'élancent. |
5 On dirait un fracas de chars bondissant sur les sommets des monts, le crépitement de la flamme ardente qui dévore le chaume, un peuple fort rangé en bataille. |
6 À sa vue, les peuples sont dans les transes, tous les visages perdent leur couleur. |
7 Ils s'élancent comme des braves, tels des guerriers, ils escaladent les murailles. Chacun va droit sa route, sans s'écarter de sa voie. |
8 Nul ne bouscule son voisin, chacun va son chemin; à travers les traits ils foncent sans rompre leurs rangs. |
9 Ils se ruent sur la ville, s'élancent sur les murailles, escaladent les maisons, pénètrent par les fenêtres comme des voleurs. |
10 Devant lui la terre frémit, les cieux tremblent! Le soleil et la lune s'assombrissent, les étoiles perdent leur éclat! |
11 Yahvé fait entendre sa voix à la tête de ses troupes! Car ses bataillons sont sans nombre, car il est puissant, l'exécuteur de ses ordres, car il est grand, le jour de Yahvé, très redoutable - et qui peut l'affronter? |
12 " Mais encore à présent - oracle de Yahvé - revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. " |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait? S'il revenait? S'il regrettait? S'il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu? |
15 Sonnez du cor à Sion! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu'on allaite au sein! Que le jeune époux quitte sa chambre et l'épousée son alcôve! |
17 Qu'entre l'autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé! Qu'ils disent: " Pitié, Yahvé, pour ton peuple! Ne livre pas ton héritage à l'opprobre, au persiflage des nations! Pourquoi dirait-on parmi les peuples: Où est leur Dieu? " |
Pourquoi l'invasion de conquérants impitoyables et irrésistibles est-elle appelée le jour du Seigneur ? Le Seigneur n'est-Il pas bon ? Pourquoi la prophétie emploie-t-elle une comparaison si étrange ?
C'est difficile à comprendre, même si nous ne sommes pas surpris lorsque le mal reçoit sa rétribution : tout en espérant y échapper et en demandant pardon, nous comprenons malgré tout que nous méritons un châtiment. Mais rappelons-nous qu'outre le danger de devenir ouvertement l'instrument du mal, il existe aussi celui de nous habituer au bien, au point qu'il cesse, comme l'air, d'être remarqué et apprécié ; alors nous pouvons nous éloigner à la fois du bien et de Celui qui le donne sans même nous en apercevoir.
Et si nous adoptons à l'égard de Dieu un regard détaché, si nous L'imaginons loin de nous, « quelque part là-haut dans le ciel », Il peut nous donner de sentir que le monde est entre Ses mains et que, même au milieu de toutes les horreurs, Il est proche et ne nous abandonnera pas au pouvoir de l'absurde.
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
La courte parabole de Jésus nous offre une image très claire. La vie ne se résume pas à l'absence du mal ; elle s'accomplit dans la présence du Bien. C'est ici que s'achève le rôle bénéfique de la loi, même de la Loi de Dieu : elle désigne le mal et exige que nous y renoncions, mais elle ne définit pas le Bien et ne donne pas la force de l'accomplir. Il ne suffit pas de chasser le péché, bien que cela même soit au-dessus de nos forces ; il faut accueillir la justice. C'est cette justice, et non pas seulement l'absence de péché, que manifeste le Christ. C'est précisément pour donner la force d'accomplir la justice que l'Esprit Saint descend sur les apôtres à la Pentecôte. Voilà pourquoi le baptême de repentir trouve son accomplissement dans la naissance d'en haut.
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. |
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
Un jour, Jésus a déjà dit quelque chose de semblable au verset 23 : « Qui n’est pas contre vous est pour vous » (Lc 9,50). Au premier abord, cela peut susciter un léger embarras : ces lignes se ressemblent tellement, tout en semblant porter des sens tout à fait différents. Mais elles ont un seul et même sens : nous apprendre à aimer. Ce n’est qu’ensuite que nous remarquons que, dans un cas, Jésus s’adresse à Ses disciples pour les instruire, tandis que dans l’autre Il s’adresse à tous les hommes et parle de leur attitude envers Lui. Si une personne n’est pas pénétrée d’amour pour Dieu et n’accomplit pas Sa volonté sous la conduite de cet amour, elle fait le contraire, dissipant son temps, sa vie et les forces que le Seigneur lui donne. Lorsque des paroles semblables sont adressées aux disciples, elles concernent en revanche nos relations humaines. Le Seigneur nous appelle à aimer nos amis et nos ennemis, à plus forte raison les personnes qui ne manifestent aucune hostilité à notre égard, celles qui ne sont pas contre nous. Il semble parler du potentiel de création commune, de travail et de vie en communauté qui réside dans les relations humaines. Il nous met en garde contre toute opinion ou impression préconçue au sujet d’une personne que nous connaissons à peine.
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. |
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
En réponse à l’affirmation insensée des Juifs selon laquelle Il chasse les démons par la puissance de leur propre prince, le Seigneur propose un raisonnement assez simple. Si, dit-Il, cette idée blasphématoire est vraie, cela signifie que le pouvoir de ce prince a pris fin et que le Jour du Seigneur est arrivé. Si elle est fausse, alors à plus forte raison « le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous ». Dans un cas comme dans l’autre, de telles « explications » ne permettent pas d’éviter de reconnaître le fait accompli de la venue du Christ. Le Seigneur dit ensuite que, devant ce fait, chacun de nous doit faire son choix : être avec Lui ou contre Lui. Il est très important de comprendre que, dans notre relation au Fils de Dieu, il n’est pas possible de choisir une troisième voie, neutre ou intermédiaire : « Qui n’amasse pas avec Moi disperse. » Dans les circonstances actuelles, ces paroles sont particulièrement importantes : elles privent de fondement les phénomènes religieux les plus répandus de notre temps, qu’il s’agisse d’un christianisme extérieur et nominal, réduit par exemple à la bénédiction de bureaux, ou de pratiques magiques inspirées par le principe de « la santé à tout prix ».
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu'un de ses disciples lui dit : " Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples. " |
2 Il leur dit : " Lorsque vous priez, dites : Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous soumets pas à la tentation. " |
5 Il leur dit encore : " Si l'un de vous, ayant un ami, s'en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : "Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui servir", |
7 et que de l'intérieur l'autre réponde : "Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t'en donner" ; |
8 je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 " Et moi, je vous dis : demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent? |
12 Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! " |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. |
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu'une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : " Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! " |
28 Mais il dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! " |
Il n’est probablement pas faux de dire que le principal Message de la prédication du Christ concerne le Père. Dans beaucoup d’autres paraboles, le Seigneur trace une image de Dieu proche des conceptions juives et qui nous est peut-être parfois nécessaire : celle d’un Roi qui exerce une autorité absolue sur ses sujets. Mais, dans les paraboles d’aujourd’hui, aucune autre image n’est employée pour Dieu que celle d’un père qui aime ses enfants quels qu’ils soient, ou d’un ami prêt à aider même au moment le plus inopportun. Les auditeurs de Jésus savent par leur propre expérience que, si sombre et méchant qu’un homme puisse être, il est néanmoins capable de tendresse et de sollicitude envers ce qu’il a de plus cher : ses enfants. Ils savent également que les hommes peuvent s’aider en cas de besoin, même lorsque cela leur est désagréable. Alors Jésus leur dit : comprenez une chose simple, Dieu est meilleur que vous, plus bon et plus généreux ; serait-Il donc pour vous un Père moins bon que vous ne l’êtes pour vos propres enfants ? De ce point de vue, la prière du « Notre Père » n’est plus seulement l’une des manières possibles de s’adresser à Dieu, mais une révélation étonnante du mystère de l’amour du Père, plus fort et plus tendre que tout ce qui existe au monde.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu'un de ses disciples lui dit : " Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples. " |
2 Il leur dit : " Lorsque vous priez, dites : Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous soumets pas à la tentation. " |
5 Il leur dit encore : " Si l'un de vous, ayant un ami, s'en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : "Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui servir", |
7 et que de l'intérieur l'autre réponde : "Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t'en donner" ; |
8 je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 " Et moi, je vous dis : demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent? |
12 Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! " |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. |
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu'une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : " Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! " |
28 Mais il dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! " |
La lecture d’aujourd’hui comprend deux épisodes que l’évangéliste réunit en un seul récit. Il commence par la question des disciples au sujet de la prière ; en réponse, Jésus leur propose, et par là même à nous tous, la prière du « Notre Père » (v. 1–4). Luc, comme on le voit, accorde une attention principale à l’importance de la demande, et même de la demande insistante, comme condition nécessaire pour obtenir ce qui est demandé (v. 5–13). Il semblerait que Dieu ne soit pas un homme, pour qu’il faille Lui rappeler encore et encore, comme à un intendant oublieux ou malveillant, ce que l’on demande. Mais, d’autre part, l’insistance apparaît ici avant tout comme le témoignage que l’homme se souvient de sa demande, qu’elle est réellement importante pour lui. En effet, vaut-il la peine d’exaucer une demande que celui qui la formule oublie dès le lendemain ? On ne peut demander ainsi que des bagatelles ; quant aux demandes importantes, celui pour qui elles sont réellement importantes est prêt à les répéter encore et encore, confirmant le sérieux de ses intentions.
Il est question du même sérieux dans la seconde partie du passage d’aujourd’hui. Et il ne s’agit pas seulement du fait que l’idée même de pouvoir chasser les démons par la puissance de leur chef était absurde (v. 17–18, 21–22). Il s’agit aussi du fait que, pour ceux qui discutaient, tout ce que faisait Jésus était une sorte de jeu, quelque chose qui rappelait de loin leurs propres débats, lesquels étaient sans doute très captivants, mais au fond n’engageaient à rien. De là vient l’exigence d’un signe, qui deviendrait la preuve que Jésus avait raison (v. 14–16).
La preuve devait être théologiquement correcte, elle devait correspondre aux représentations « justes » de l’école rabbinique « juste », afin d’être acceptée. Et tant qu’une telle preuve n’était pas présentée, tout convenait pour expliquer ce qui se passait, y compris des affirmations absurdes au sujet du « prince des démons ». Mais Jésus Lui-même n’avait pas l’intention de jouer à ces jeux, car pour Lui tout ce qu’Il faisait était absolument sérieux. Et Il essaie d’expliquer à Ses interlocuteurs tout le sérieux de ce qui se passe (v. 24–26). Les jeux sont finis ; il est question de la vie spirituelle et de la mort spirituelle de l’homme.
Mais les disputeurs professionnels, semble-t-il, n’en ont cure. Ce qui leur importe, c’est de vérifier si Jésus saura les vaincre dans la discussion ou non. Et, dans leurs disputes, ils perdent le Royaume sans s’en apercevoir. Car le Royaume n’est pas un jeu, il est sérieux. Et pour toujours.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu'un de ses disciples lui dit : " Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples. " |
2 Il leur dit : " Lorsque vous priez, dites : Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous soumets pas à la tentation. " |
5 Il leur dit encore : " Si l'un de vous, ayant un ami, s'en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : "Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui servir", |
7 et que de l'intérieur l'autre réponde : "Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t'en donner" ; |
8 je vous le dis, même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 " Et moi, je vous dis : demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d'entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui à la place du poisson lui remettra un serpent? |
12 Ou encore s'il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui l'en prient ! " |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l'admiration. |
15 Mais certains d'entre eux dirent : " C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. " |
16 D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : " Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s'écroule. |
18 Si donc Satan s'est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il?... puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c'est par Béelzéboul que j'expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. |
21 Lorsqu'un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté; |
22 mais qu'un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l'armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 " Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui n'amasse pas avec moi dissipe. |
24 " Lorsque l'esprit impur est sorti de l'homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N'en trouvant pas, il dit : "Je vais retourner dans ma demeure, d'où je suis sorti. " |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s'en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l'état final de cet homme devient pire que le premier. " |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu'une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : " Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! " |
28 Mais il dit : " Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! " |
On ne se tromperait sans doute pas en disant que le message central de la prédication du Christ est le message du Père. Dans beaucoup d'autres paraboles, le Seigneur présente une image de Dieu proche des conceptions juives et peut-être parfois nécessaire pour nous : celle d'un Roi qui exerce un pouvoir absolu sur Ses sujets. Mais dans les paraboles d'aujourd'hui, Il apparaît seulement comme un père qui aime ses enfants quels qu'ils soient, ou comme un ami prêt à venir en aide même au moment qui lui convient le moins.
Les auditeurs de Jésus savent par leur propre expérience que, si sombre et malveillant que soit un homme, il demeure capable de tendresse et de sollicitude envers ce qu'il a de plus cher : ses enfants. Ils savent également que les hommes sont capables de s'entraider dans le besoin, même lorsque cela leur est désagréable. Maintenant, dit Jésus, comprenez une chose simple : Dieu est meilleur que vous, plus bienveillant et plus généreux ; serait-Il donc pour vous un Père moins bon que vous ne l'êtes pour vos enfants ? Dans cette lumière, la prière du « Notre Père » devient non pas simplement l'une des manières possibles de s'adresser à Dieu, mais une révélation étonnante du mystère de l'amour du Père, plus fort et plus tendre que tout ce qui existe au monde.
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