Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Mc 8:30-34

30 Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne.
31 Et il commença de leur enseigner : " Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ;
32 et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner.
33 Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : " Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! "
34 Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : " Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive.
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La lecture d’aujourd’hui nous donne l’occasion de réfléchir à l’essence de l’amour comme type le plus élevé de relation possible entre les hommes et entre l’homme et Dieu. Qu’est-ce qui est pour nous le plus terrible dans l’amour ? Que quelque chose arrive à l’être aimé, qu’il tombe malade ou qu’il meure : voilà ce qui est le plus terrible pour nous.

Mais n’est-ce pas parce que nous nous identifions simplement à l’être aimé au point d’avoir peur et mal pour nous-mêmes ? Nous-mêmes ne sommes pas prêts à accomplir l’exploit de porter toute la douleur de l’être aimé comme notre propre croix. Quand l’être aimé meurt, nous ne nous réjouissons pas de ce qu’enfin il a été libéré et qu’il est maintenant avec le Christ ; nous pleurons parce que la place qu’il occupait dans notre vie est désormais vide, et que nous n’avons pas appris le lien de la prière. Nous n’avons pas appris à discerner, dans nos relations, ce qui n’est pas soumis à la corruption.

D’un autre côté, sommes-nous toujours prêts, lorsque nous aimons quelqu’un, à lui dire s’il commet quelque chose de contraire aux commandements du Christ ? Nous craignons qu’il ne nous comprenne pas, qu’il se vexe, etc. ; autrement dit, nous plaçons souvent nos relations au-dessus de la vérité de Dieu. Or il n’y a rien au-dessus d’elle. Et si l’être aimé doit traverser une épreuve, il faut se tenir à côté de lui, en regardant cette épreuve en face. Mais nous, nous voulons fuir et l’emmener avec nous. Et cela nous paraît même noble : comme si nous sauvions quelqu’un. Nous ne sauvons personne ; nous incitons à la fuite.

Encore un point lié à la lecture d’aujourd’hui. Le débutant dans la foi peut être surpris de voir que dans la traduction synodale figurent les mots : « éloigne-toi de Moi, Satan », tandis que dans la traduction de l’évêque Cassien (Bezobrazov) il est écrit : « derrière Moi, Satan ». Cela devient un peu plus compréhensible si l’on regarde une traduction, par exemple en anglais. Là, dans différentes traductions, nouvelles et anciennes, on trouve la même expression : get behind me, c’est-à-dire tiens-toi derrière moi, si l’on traduit littéralement, ou ne te mets pas sur mon chemin, place-toi de telle sorte que je ne te voie pas. Nous soulignons spécialement ces trois traductions ; à partir d’elles, tout ce que nous avons essayé de vous dire aujourd’hui devient d’un coup très clair et très concret.

Lectures du  23 mars 2025

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