12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes: |
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
La lecture d’aujourd’hui de l’épître aux Romains — est l’un des passages les plus importants de l’Écriture, s’il peut y avoir parmi eux des passages plus ou moins importants. Elle doit être à la base des représentations des chrétiens sur les moyens de la vie spirituelle à employer et sur la manière de s’y rapporter. Dans la pratique, la religion révélée par Dieu se distingue de l’idolâtrie avant tout par le fait que les moyens n’y deviennent pas le but. À la question de ce qu’il faut faire pour hériter la vie éternelle, l’apôtre dit deux fois « revêtez » (ένδύω, endyo signifie mettre quelque chose sur soi ou se donner entièrement à quelque chose) : revêtez les armes de la lumière et le Seigneur Jésus-Christ. Non pas « mettez la chair dans l’état voulu » (par un régime végétarien ou par d’autres moyens), mais revêtez les armes de la lumière. La nature matérielle de l’homme exige un certain soin ; ses forces doivent être soutenues et elle-même doit être maîtrisée pour ne pas devenir l’essentiel, mais : ne transformez pas le souci de la chair en convoitises. À la différence des stoïciens et des épicuriens, l’apôtre affirme qu’une vie bonne et un sage soin (πρόνοια, pronoia, sagesse, prudence, souci) de la chair ne nous conduisent pas automatiquement au but. À strictement parler, ce texte n’approuve ni l’absence de contrôle du côté charnel de l’homme, ni la mortification de la chair comme sens principal de la vie. D’ailleurs, à notre époque comme au temps de l’apôtre, le premier danger est plus actuel que le second.
La seconde chose, non moins importante, dans le passage d’aujourd’hui : accueillez celui qui est faible dans la foi, sans discussions sur les opinions. L’apôtre affirme que nous ne devons pas discuter des moyens de la vie spirituelle (il s’agit concrètement du jeûne). Nous en rendons compte devant Dieu, et non les uns devant les autres. Au passage, on ne peut manquer de remarquer que, tout au long de notre histoire comme aujourd’hui encore, accomplir ces paroles est, pour beaucoup d’entre nous, une tâche au-dessus de nos forces. D’un autre côté, cette liberté est étendue par l’apôtre au domaine des moyens de la vie spirituelle, mais nullement au contenu de la foi, comme certains essaient parfois de le présenter.
Enfin, il n’est pas inutile d’entendre le mot original : au premier verset du chapitre 14, l’apôtre dit : « Celui qui est faible dans la foi... ». Άσθενής τή πίστει, astenis ti pistei, asthénique dans la foi. Ainsi surgit devant les yeux, comme dans un miroir, un personnage maigre et asthénique, au visage exsangue et aux bras mollement pendants. En russe, nous appelons cela une pâle infirmité. Voilà comment nous croyons. Et voilà pourquoi nous nous concentrons sur nous-mêmes, sur notre propre faiblesse spirituelle et sur les manifestations extérieures de la piété. Cela ne se surmonte, comme on le sait, que par le Sang de Jésus-Christ.
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
Paul a toujours traité avec respect les personnes qui observaient les normes et les règles de leur religion. Mais, d’un autre côté, dans les communautés d’Église de ce temps, il y avait beaucoup de ceux qui « ne distinguaient pas les jours », des païens, et en fait simplement, pour parler en langage moderne, des personnes laïques, pour qui aucune religion en soi n’était intéressante. Que fallait-il faire ? Car chez les personnes religieuses, une telle attitude envers la religion provoquait au minimum de l’incompréhension.
Mais Paul, comme on le voit, ne se hâte pas de les soutenir. Et cela ne nous étonnera guère si nous comprenons les motifs qui guident l’apôtre.
Paul lui-même était bien sûr un homme religieux ; il parle de lui comme d’un « pharisien issu de pharisiens ». Mais il n’absolutise nullement sa propre religiosité. Et il y a des raisons à cela. Si la religion pouvait être le salut par elle-même, si elle pouvait ouvrir à ses adeptes le chemin du Royaume, l’apôtre la traiterait sans doute autrement. Mais il comprend parfaitement que, s’il en était ainsi, le Christ n’aurait pas eu besoin de venir vers nous pour nous sauver. Et si la religion ne sauve pas, si elle est une affaire humaine, il faut la traiter en conséquence, comme une affaire humaine. S’il y a dans l’Église des personnes pour qui la religion est importante, c’est une affaire de conscience, et l’apôtre était bien sûr loin de vouloir combattre la religiosité de qui que ce soit. Mais il comprenait parfaitement aussi tous les dangers que la religion porte pour la vie spirituelle.
L’un des principaux dangers était précisément l’absolutisation, par les personnes religieuses, de leur religiosité comme forme unique possible et unique acceptable de la vie chrétienne. Une telle absolutisation non seulement repoussait les personnes non religieuses, mais déformait l’essence même du christianisme, qui, dans une telle approche, se transformait en une sorte de nouvelle religion, se vidant ainsi de sa substance et perdant son essence spirituelle. Et Paul s’y oppose fermement : non à la religion comme telle, mais à l’absolutisation de toute religiosité, y compris celle dont il était lui-même porteur. On ne pouvait éviter une telle absolutisation que d’une seule manière : en laissant le choix de la religion à la discrétion de chaque membre de l’Église. Afin que chacun choisisse lui-même la forme de vie dans l’Église, et donc dans le Royaume, qui lui convienne le mieux.
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
Dans l'Église de Rome vivaient côte à côte des judéo-chrétiens, qui observaient strictement toutes les prescriptions religieuses, et d'anciens païens. Pour les zélateurs des coutumes et traditions religieuses, leur observance était inséparable de la possibilité même d'entrer dans le Royaume et d'y demeurer. Pour les uns, la question de la nourriture cachère était une question de vie et de mort spirituelles ; d'autres y étaient assez indifférents. Paul conseille de laisser de côté la dispute sur les subtilités des prescriptions religieuses, qui, selon lui, peuvent fort bien être laissées au discernement de chacun.
Il ne s'agit pas seulement du fait que chacun de ceux qui ont reçu le Royaume a ses propres relations avec Celui qui lui a ouvert ce Royaume. Il s'agit du fait que la religiosité comme telle n'a absolument pas de rapport direct avec le Royaume. Pour ceux qui ont déjà reçu le Royaume, tout se révèle également opérant sur le chemin spirituel : les fêtes religieuses et leur absence, la nourriture et l'abstinence de nourriture, et même la vie elle-même ou la mort, car dans le Royaume elles cessent d'être ce qu'elles sont dans ce monde, de sorte que la mort, dans le Royaume, n'est que la continuation de la vie sous une autre forme.
Dans ce cas, les disputes sur les rites religieux, et plus encore la condamnation de ceux qui les voient autrement que les personnes religieuses n'en ont l'habitude, deviennent non seulement absurdes, mais directement nuisibles, car de telles disputes conduisent souvent à condamner ceux qui ne méritent aucune condamnation. Quiconque cherche le Royaume et l'a reçu comparaîtra devant le jugement de Dieu et Lui rendra compte de tout ce qu'il a fait. Autrefois, on pouvait encore en partie juger de la vie spirituelle d'un homme d'après des signes extérieurs, religieux, de sorte que le non-respect de certaines normes religieuses, surtout fondamentales, pouvait servir de base à un jugement sur la vie spirituelle et l'état spirituel d'une personne. Maintenant qu'il s'agit déjà des habitants du Royaume, le critère religieux cesse totalement de fonctionner. Seule la violation ouverte des commandements, surtout lorsque celui qui les viole ne s'en repent en rien, est réellement incompatible avec la présence dans le Royaume. La religiosité comme telle n'a pas d'importance particulière pour le Royaume. L'essentiel est qu'elle ne gêne pas, qu'elle ne conduise pas à condamner ceux qui ne méritent nullement d'être condamnés, et que les disputes sur la religion n'effraient pas ceux qui cherchent dans l'Église non pas une nouvelle religion, mais le Royaume.
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes: |
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
« Car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ». Depuis notre conversion au Christ, nous regardons le monde avec d'autres yeux. Pour chacun de nous, quelque chose change dans la vie. Et, en recevant la Communion, nous devenons plus proches du Christ: nous le recevons, lui, ainsi que le chemin du salut qu'il nous propose. Et chacun de nous « sera relevé, car Dieu a le pouvoir de le relever ».
Nous tombons et nous nous relevons sur notre chemin à la suite du Christ. Il nous est préparé de tomber aux yeux de ce monde comme chemin de salut. Nous verrons nous-mêmes la profondeur de notre chute dans le repentir, mais lui nous relèvera selon sa miséricorde, il nous relèvera au jour de la Résurrection des morts pour la vie éternelle.
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
Les paroles de l'apôtre sur la lumière du jour, dans laquelle il vaut mieux ne pas se conduire de façon indigne, font parfois sourire : en les lisant, on pourrait penser que, sous le couvert de la nuit, on peut faire ce qu'on ne ferait pas à la lumière du jour. Pourtant, Paul parle du jour dans un sens particulier, propre au yahvisme. Le jour de Yahvé, ou, comme on l'appelle d'ordinaire dans les traductions russes, le jour du Seigneur, est un temps particulier dans la vie du peuple de Dieu. C'est le temps où Dieu intervient directement et immédiatement dans la vie du peuple.
On appelait jour de Yahvé, par exemple, les temps de catastrophes naturelles ou de guerres. Mais à une telle intervention se rattachait aussi l'idée du jugement de Dieu. Ce jugement a été compris de façon différente selon les époques. La représentation la plus ancienne et la plus simple le voyait comme une guerre ou une catastrophe naturelle infligée en punition du péché commis par le peuple.
Mais déjà avant l'exil de Babylone, cette représentation céda la place à une autre : on commença à regarder le jugement comme une sorte de pesée de l'homme et de ses œuvres sur des balances spirituelles, à peu près comme les peuples voisins se représentaient le jugement divin. Chez ces peuples, ce jugement était d'ordinaire posthume : on pesait sur les balances l'âme de l'homme venue au jugement ; chez les Juifs, Dieu pesait les actions humaines du vivant même de l'homme, déterminant s'il méritait d'être laissé en vie ou si, par ses actes, il méritait déjà la mort.
Le Sauveur parle du jugement tout autrement : selon Ses paroles, le jugement consiste en ceci que la lumière est venue dans le monde, et Il a clairement en vue la lumière du Royaume qu'Il a apporté au monde ; désormais, il dépend de l'homme lui-même d'accueillir cette lumière ou de s'enfuir, parce qu'il comprend que sa vie est incompatible avec cette lumière.
Paul comprend de même le jour de Yahvé : c'est le jour où la lumière entre dans le monde. Et si, auparavant, on pouvait encore tarder à choisir, remettre à plus tard le repentir et la conversion, désormais il ne reste plus de temps : il faut prendre la décision immédiatement et, l'ayant prise, l'accomplir résolument et sans dévier. En effet, il s'agit du salut, du Royaume, de ce qui détermine le destin de l'homme dans l'éternité. Ici, les hésitations ne sont pas de mise.
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
Ces mots de l'apôtre Paul sont à la base des conceptions des chrétiens par rapport à quels moyens de la vie spirituelle il faudrait appliquer et comment s’y prendre à elle. La religion qui révèle Dieu se distingue en pratique de l'idolâtrie en premier lieu par ce que ses moyens ne deviennent pas le but.
Pour la question à savoir ce qu'il faut faire pour hériter la vie éternelle, l'apôtre dit deux fois «revêtez-vous» (endyo signifie habiller quelque chose sur soi ou s’adonner entièrement à quelque chose) : revêtez-vous les armes de la lumière et du Seigneur Jésus-Christ. Ne «rapportez pas la chair à l'aspect nécessaire» (par le régime végétarien ou par d’autres moyens), mais revêtez-vous des armes de la lumière. La nature matérielle de l’homme demande un souci connu, il faut soutenir ses forces et il faut aussi la dompter pour qu'elle ne devienne pas l'essentiel, mais: ne transformez pas les soucis de la chair en convoitises.
À la différence des stoïciens et les épicuriens, l'apôtre affirme qu'une bonne vie et un souci sage (pronoia, sagesse, prudence, soin) de la chair ne nous amènent pas automatiquement au but. Strictement parlant, ce texte ne complimente ni l'absence de contrôle de la partie charnelle de l’homme, ni la macération comme le sens principal de la vie. D'ailleurs, de nos jours, comme au temps de l'apôtre, le premier danger est considérablement plus actuel, que le deuxième. Que signifie vraiment en pratique l'appel de l'apôtre «revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ» ?
L'apôtre Paul parle de cela dans le contexte de la conversation sur la loi, les règles et modes de conduite des chrétiens. Sa principale conclusion consiste en ce que «La charité est la Loi dans sa plénitude». C’est effectivement ce que sous-entend l’apôtre au fond, parlant de la nécessité de se revêtir du Christ. Le Dieu a ordonné aux disciples de s'aimer les uns les autres, comme Il nous a aimés. L'exécution de ce commandement sera l'exécution de la loi; et on peut aussi l’appeler "se revêtir" du Seigneur Jésus-Christ.
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes: |
3 que celui qui mange ne méprise pas l'abstinent et que l'abstinent ne juge pas celui qui mange; Dieu l'a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d'autrui? Qu'il reste debout ou qu'il tombe, cela ne concerne que son maître; d'ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
5 Celui-ci préfère un jour à un autre; celui-là les estime tous pareils: que chacun s'en tienne à son jugement. |
6 Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu'il rend grâce à Dieu. Et celui qui s'abstient le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu. |
7 En effet, nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même; |
8 si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. |
9 Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. |
10 Mais toi, pourquoi juger ton frère? et toi, pourquoi mépriser ton frère? Tous, en effet, nous comparaîtrons au tribunal de Dieu, |
11 car il est écrit: Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou devant moi fléchira, et toute langue rendra gloire à Dieu. |
12 C'est donc que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même. |
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres: jugez plutôt qu'il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. - |
14 Je le sais, j'en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n'est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur; en ce cas il l'est pour lui. - |
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort! |
16 N'exposez donc pas votre privilège à l'outrage. |
17 Car le règne de Dieu n'est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l'Esprit Saint. |
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes. |
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle. |
20 Ne va pas pour un aliment détruire l'œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l'homme qui mange en donnant du scandale. |
21 Ce qui est bien, c'est de s'abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère. |
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide. |
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu'il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché. |
« Heureux celui qui ne se condamne pas dans le choix qu’il fait. » Se condamner soi-même, c’est ne pas accomplir ce que nous prenons sur nous devant Dieu. Ne pas nous condamner dans notre choix, c’est ne pas regarder en arrière ni nous abandonner à l’imagination, ne pas supposer : « Qu’aurait-il pu arriver si... ? » C’est l’habitude de marcher droit devant Dieu dans le secret du cœur. C’est savoir mener une vie patiente sans envier ceux qui vivent autrement. Il arrive que nous regardions ceux qui n’observent pas le jeûne et pensions que leur vie est plus facile, plus gaie, plus simple. Nous reculons alors devant notre choix du Christ. Par le doute et l’imagination, nous laissons entrer dans notre vie la duplicité et la méfiance envers Dieu.
11 D'autant que vous savez en quel moment nous vivons. C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. |
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
Les textes du premier dimanche de l'Avent nous appellent avant tout à la vigilance. Non seulement parce que nous ne pouvons pas déterminer à quel moment commencera la venue au monde d'un enfant. Mais aussi parce que maintenant notre attente de voir Jésus doit être semblable à celle des parents qui attendent déjà depuis huit mois la naissance d'un enfant. Il n'y a déjà plus de patience: quand enfin pourra-t-on le voir, savoir qui c'est, comment il est? La vie doit changer d'une minute à l'autre, et ces minutes sont trop nombreuses.
Les changements que Jésus donne à notre vie sont infiniment plus grands. Il viendra à nous comme un nouveau-né, qui ne peut pas parler, qui n'ira nulle part si nous ne Le portons pas. Dans le temps qui nous reste jusqu'à Sa naissance, il faut nous habituer à l'idée que, comme tout petit enfant, Jésus signifie des soins, des inquiétudes constantes, une vigilance à toute heure du jour et de la nuit.
Est-Il bien avec nous, a-t-Il chaud, Lui apprendrons-nous à sourire? Et désapprendrons-nous à faire la guerre avec Son apparition dans notre vie?
8 N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. |
9 En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
10 La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude. |
11 D'autant que vous savez en quel moment nous vivons. C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. |
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
L’un des principaux défauts de la loi, et pas seulement dans le domaine religieux, est qu’elle est très vaste. Pour ne pas l’enfreindre, et plus encore pour l’accomplir, il faut bien la connaître et se souvenir constamment de l’observer. Et puisque la loi contient la volonté de Dieu sur la façon dont nous devons vivre dans ce monde immense, son ampleur est trop grande pour l’être humain faible. À en juger par les paroles de l’apôtre Paul, cela n’a rien d’étonnant, car, selon le dessein du Créateur, ce n’était pas la loi qui devait diriger notre vie. Non pas la loi, mais le Législateur. Il s’avère qu’il existe une manière parfaitement compréhensible et sûre, bien que nullement simple, d’accomplir la loi : aimer son prochain. C’est précisément ce que veut dire l’apôtre Paul lorsqu’il écrit aux chrétiens que nous vivons non sous la loi, mais sous la grâce, car l’amour est un don que Dieu nous fait gratuitement et sans que nous le méritions.
Et puisque l’amour est l’accomplissement de la loi, son absence est une violation de celle-ci, c’est-à-dire un péché. Par sa nature, le péché n’est rien d’autre qu’un manque d’amour. Cela est important, car cela nous permet de déterminer concrètement si nos actes sont ou non des péchés.
8 N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel. Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. |
9 En effet, le précepte : Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. |
10 La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude. |
11 D'autant que vous savez en quel moment nous vivons. C'est l'heure désormais de vous arracher au sommeil; le salut est maintenant plus près de nous qu'au temps où nous avons cru. |
12 La nuit est avancée. Le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. |
13 Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité: point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. |
14 Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. |
Nous avons l'habitude de percevoir les désordres dans les relations humaines comme une donnée, et si nous en souffrons, c'est souvent simplement parce qu'ils nous font perdre notre équilibre. Or, chez l'apôtre, nos disputes et nos sentiments sombres envers le prochain qui a un peu mieux réussi que nous sont du même ordre que les festins, l'ivresse et la débauche. Précisément parce que l'ivresse comme les querelles sont le résultat de notre volonté propre, le résultat du fait que nos soucis pour nous-mêmes, dans le corporel comme dans le psychique, soumettent à eux notre aspiration au bien.
Paul ne répète pas par hasard, un peu plus haut, les paroles du Christ sur le commandement principal qui embrasse tous les autres: aimer son prochain comme soi-même. Les querelles et l'envie, c'est-à-dire les péchés contre le prochain, ont pour source notre manque d'amour envers le prochain, ce qui est assez évident, mais aussi envers nous-mêmes, ce qui n'est pas moins important. Cette seconde partie du commandement n'est pas toujours pleinement comprise. Or l'amour est accueil, et son fondement est l'accueil de soi-même, une représentation juste de ses possibilités et de leurs limites. Pour s'accueillir soi-même, il est très important de comprendre que nous ne sommes pas des surhommes et que nous ne le serons jamais, que nos possibilités ne sont pas sans limites, que souvent nous prenons parfois trop sur nous et que, de fatigue, nous commençons à blesser nos proches. Beaucoup de querelles peuvent être évitées en reconnaissant simplement sa fatigue et en comprenant qu'il vaut mieux remettre une conversation constructive à plus tard. Notre chair éprouve souvent de nombreux besoins qui demandent satisfaction. Mais pour que la nourriture ne se transforme pas en gourmandise, il est important de bien se comprendre soi-même et ses besoins, de comprendre qu'en réalité une nourriture simple nous suffit. C'est ce dont parle Paul: «ne transformez pas les soins de la chair en convoitises».
Et si nous nous aimons tels que nous sommes, si nous accueillons et reconnaissons nos péchés sans transformer le repentir en autoflagellation, il deviendra beaucoup plus facile d'aimer le prochain. Car eux aussi sont exactement comme nous, tout aussi imparfaits. Et Dieu ne nous donne qu'un seul moyen de faire face à notre limitation humaine: l'amour.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
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