6 Lorsqu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes vociférèrent, disant : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le, vous, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pas en lui de motif de condamnation. » |
7 Les Juifs lui répliquèrent : « Nous avons une Loi et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » |
8 Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé. |
9 Il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. |
10 Pilate lui dit donc : « Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier ? » |
11 Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. » |
La lecture d’aujourd’hui est consacrée à la fête de l’Exaltation de la Précieuse et Vivifiante Croix du Seigneur. En son centre se trouve la vénération de la Croix, par laquelle nous avons été sauvés « de l’asservissement à l’ennemi », comme le chante la mégalynaire de la fête.
L’évangéliste Jean témoigne de la Crucifixion et de ceux qui se tiennent auprès de la Croix. Le pied de la Croix est le seul endroit « juste » pour chacun de nous, car c’est précisément dans la Mort du Sauveur sur la Croix que s’accomplit le salut du monde et que la vie nous est donnée à tous, même si cela ne nous vient pas à l’esprit. Le monde est plein de souffrances, explicables parfois, mais le plus souvent inexplicables, et ce mystère ne peut laisser personne indifférent. Cela nous est pénible ; notre désir de nous cacher de la souffrance, de nous en détourner lorsqu’elle ne nous touche pas personnellement, est donc tout à fait compréhensible. Mais l’Évangile nous dit que toute souffrance humaine véritable, non imaginée, est un lieu de présence particulière du Christ. C’est Lui qui souffre en chaque être humain, et c’est précisément là que nous Le rencontrons.
6 Lorsqu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes vociférèrent, disant : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le, vous, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pas en lui de motif de condamnation. » |
7 Les Juifs lui répliquèrent : « Nous avons une Loi et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » |
8 Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé. |
9 Il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. |
10 Pilate lui dit donc : « Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier ? » |
11 Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. » |
«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite. Et encore la compréhension de combien notre propre croix est infiniment plus légère. Tous les problèmes qui semblent insupportables ne sont rien en comparaison de la mesure de souffrance qu'Il a prise sur Lui pour nous. «Toi qui as tant aimé Ton monde...»
Et encore d'autres paroles: «puis Il dit au disciple: voici ta mère». Sur ces paroles est édifiée l'Église, la plus solide des forteresses. Nous sommes tous adoptés comme fils et filles, et cela signifie que nous ne pourrons jamais être orphelins. L'orphelinat, c'est un mot venu d'une autre vie. Nous vivons souvent dans la prière la Passion du Christ, mais il est bien plus difficile de vivre les souffrances de Marie. Sa douleur physique à Lui est inconcevable, et sa douleur spirituelle à elle l'est aussi. Cette douleur embrasse le monde entier.
7 Les Juifs lui répliquèrent : « Nous avons une Loi et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » |
8 Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé. |
Qui manipule l'homme, et comment ? Et qu'est-ce qui donne aux manipulateurs un pouvoir sur les âmes ? On pourrait croire que Ponce Pilate n'est pas de ceux qu'on peut mener comme on veut : représentant haut placé de ce qu'on appellerait aujourd'hui le « centre », disposant en Palestine de tous les pouvoirs nécessaires, de toute l'autorité et même des moyens requis, s'il le faut, pour une intervention de force, il n'a personne à craindre, sauf Rome. En réalité, tout se passe autrement.
Pilate comprend parfaitement que l'Homme que les chefs du Temple lui ont amené pour faire confirmer une condamnation à mort n'est coupable de rien, du moins selon les lois romaines. Il faut donc Le relâcher. Mais agir ainsi signifie entrer en conflit avec le Temple ! Pilate est un politicien expérimenté, il comprend très bien qui se tient derrière la foule de la rue qui réclame l'exécution d'un Prédicateur inoffensif. Certes, Il se dit Roi, mais si son royaume n'est qu'un « royaume de vérité », alors Il n'est évidemment pas dangereux pour Rome. Après tout, qu'est-ce que la vérité ? C'est une question philosophique, qui n'a rien à voir avec la politique réelle. Mais le Temple, lui, y a rapport, et de la façon la plus directe et immédiate. Il faut s'entendre avec le Temple.
Et une inquiétude vague se glisse dans le cœur de Pilate : si cet Homme est devenu l'ennemi du Temple et de la Synagogue, ne deviendra-t-il pas, lui aussi, Pilate, leur ennemi s'il soutient Jésus ? Et voici encore des allusions sans équivoque à une possible dénonciation à Rome, qui suivra sans aucun doute : les cris de la foule ne sont pas fortuits, derrière eux se tiennent ceux pour qui rédiger une telle dénonciation ne coûte rien, et leur lettre, là-bas, au centre, recevra certainement attention...
Et Pilate cède. Car il est un politicien réaliste, un homme du système, il a quelque chose à perdre. Et il a peur. Or la peur est un passe-partout pour le cœur humain. L'amour est la clé, la peur est le passe-partout. La clé est dans la main de Dieu, mais Il n'entre pas dans le cœur sans qu'on Le lui demande. L'ennemi de Dieu, lui, avec son passe-partout, ne demande pas la permission. Il entre dans les cœurs où l'on ne laisse pas entrer Dieu. On ne Le laisse pas entrer pour qu'Il ne gêne pas la « politique réelle ». Alors, dans le cœur d'un tel « politicien réaliste », un autre entre. Celui qui ne se soucie ni de politique ni de politicien. Celui qui n'a besoin que d'un cœur étranger pour s'y installer lui-même.
13 Pilate, entendant ces paroles, amena Jésus dehors et alla siéger au tribunal, en un lieu dit le Dallage, en hébreu Gabbatha. |
14 Or c’était la Préparation de la Pâque ; c’était vers la sixième heure. Il dit aux Juifs : « Voici votre roi. » |
15 Eux vociférèrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons de roi que César ! » |
16 Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus. |
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite. Et encore la compréhension de combien notre propre croix est infiniment plus légère. Tous les problèmes qui semblent insupportables ne sont rien en comparaison de la mesure de souffrance qu'Il a prise sur Lui pour nous. «Toi qui as tant aimé Ton monde...»
Et encore d'autres paroles: «puis Il dit au disciple: voici ta mère». Sur ces paroles est édifiée l'Église, la plus solide des forteresses. Nous sommes tous adoptés comme fils et filles, et cela signifie que nous ne pourrons jamais être orphelins. L'orphelinat, c'est un mot venu d'une autre vie. Nous vivons souvent dans la prière la Passion du Christ, mais il est bien plus difficile de vivre les souffrances de Marie. Sa douleur physique à Lui est inconcevable, et sa douleur spirituelle à elle l'est aussi. Cette douleur embrasse le monde entier.
15 Eux vociférèrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons de roi que César ! » |
16 Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus. |
L'humeur de la foule est changeante : quelques jours seulement séparent « hosanna ! » de « crucifie-le ! » Mais une foule est précisément une foule pour que la personne y disparaisse. Elle se dissout dans un grand « nous » collectif et irresponsable. Dans certaines circonstances, on peut la détruire physiquement, mais il est tout à fait inutile d'essayer d'entrer en communion avec elle. Tout simplement parce qu'il n'y a personne avec qui communiquer : dans une foule, il n'y a pas une seule personne.
Mais une foule peut être manipulée. Parfois. Avec certaines précautions et, d'ordinaire, jusqu'à une certaine limite. Et le grand prêtre, comme toute l'élite du Temple, maîtrisait parfaitement cet art. Son pouvoir reposait en grande partie là-dessus. Et, bien sûr, sur les jeux politiques qu'il menait, comme chef de la Judée, avec l'autorité romaine. Il y jouait en effrayant Rome avec les extrémistes religieux, les zélotes, avec lesquels il entretenait aussi son propre jeu secret, inconnu de Rome. Ou connu, mais toléré, Rome fermant les yeux et comptant sur le grand prêtre et son entourage comme sur un moindre mal. Il y jouait en laissant entendre la possibilité d'une grande guerre religieuse, vers laquelle il poussait lui-même en silence ceux qui étaient prêts à la déclencher. Et c'est ainsi que, sur une peur en partie réelle et en partie fantomatique, il bâtissait sa politique.
Et Jésus n'était pas seulement absent de ses yeux comme Personne ; il n'était même pas une personne avec une minuscule. Seulement une monnaie d'échange. Une occasion de prouver sa loyauté : nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur ! Et de livrer à l'exécution un prédicateur gênant, absolument impossible à contrôler. Barabbas, c'était autre chose : un zélote, bien sûr, un extrémiste, mais l'un des leurs, un patriote, un ennemi des Romains, et surtout quelqu'un de compréhensible. Le Temple était en contact depuis longtemps avec de tels gens ; avec eux, on savait comment se comporter et à quoi s'attendre. Mais ici, il n'y avait qu'une surprise continue, inutile et incontrôlable, donc dangereuse. Mieux valait se débarrasser de ce prédicateur, mais pas de ses propres mains. Mieux valait le faire par les mains des Romains : pour le grand prêtre, c'était une option presque sans risque. Et si le procurateur s'obstinait, le grondement de la foule pouvait lui suggérer que des rapports pourraient parvenir à Rome sur son indulgence envers de dangereux rebelles, que le grand prêtre combattait et que lui, le procurateur, main et oeil de l'empereur, graciait.
Chacun joue son propre jeu. Sauf Jésus seul ; lui ne joue aucun jeu avec personne. Un tel homme n'est utile à personne. Et il ne lui reste qu'une chose : la croix. Il n'y a pour lui pas d'autre chemin.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
L’une des manières répandues de lire et de comprendre l’Évangile consiste à essayer, dans tel ou tel passage, de trouver sa propre place, de déterminer ce qui te concerne personnellement. Ce n’est pas toujours possible, ni nécessaire, mais dans les lectures d’aujourd’hui, cela est naturel.
Le pied de la Croix est l’unique lieu « juste » pour chacun de nous, parce que c’est précisément dans la mort du Sauveur sur la Croix que s’accomplit le salut du monde et que la vie nous est donnée à tous, même si cela ne nous vient pas à l’esprit. Le monde est plein de souffrance, explicable, et plus souvent encore inexplicable, et ce mystère ne peut pas ne pas concerner l’homme. Cela nous est pénible ; c’est pourquoi notre désir de nous cacher de la souffrance, de nous en détourner lorsqu’elle ne nous touche pas personnellement, est tout à fait compréhensible. Mais l’Évangile nous dit que toute souffrance humaine authentique, non inventée, est un lieu de présence particulière du Christ. C’est lui qui souffre en chaque être humain, et c’est précisément là que nous le rencontrons.
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
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«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite. Et encore la compréhension de combien notre propre croix est infiniment plus légère. Tous les problèmes qui semblent insupportables ne sont rien en comparaison de la mesure de souffrance qu'Il a prise sur Lui pour nous. «Toi qui as tant aimé Ton monde...»
Et encore d'autres paroles: «puis Il dit au disciple: voici ta mère». Sur ces paroles est édifiée l'Église, la plus solide des forteresses. Nous sommes tous adoptés comme fils et filles, et cela signifie que nous ne pourrons jamais être orphelins. L'orphelinat, c'est un mot venu d'une autre vie. Nous vivons souvent dans la prière la Passion du Christ, mais il est bien plus difficile de vivre les souffrances de Marie. Sa douleur physique à Lui est inconcevable, et sa douleur spirituelle à elle l'est aussi. Cette douleur embrasse le monde entier.
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
L'apôtre se tient près de la très pure Vierge au pied de la Croix et, par la parole du Seigneur Jésus, la reçoit comme sa mère. Dès lors, écrit l'apôtre, « ce disciple », et il lui est très caractéristique de ne pas se nommer quand il le peut, la prit chez lui. Beaucoup de chrétiens, surtout orthodoxes et catholiques, sont convaincus qu'à ce moment l'apôtre Jean représente toute l'Église, toutes les générations de disciples du Christ. À cet instant, il est le premier d'entre nous, et en sa personne nous devenons tous frères de Jésus et enfants de Marie.
Cette conviction des chrétiens est plus profonde qu'il n'y paraît au premier regard. Le fait est que, dans le Nouveau Testament, notre lien avec le Seigneur Jésus peut être vraiment si immédiat et si fort que sa famille devient la nôtre. En achevant son Évangile, déjà âgé, il dit de lui-même, de sa vie et de l'Évangile du Christ : « C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses... et son témoignage est vrai. » Ainsi toute la vie de l'apôtre est un témoignage de l'amour cruciforme du Fils de Dieu, et cela aussi n'est pas seulement un fait de la biographie personnelle de Jean, fils de Zébédée, mais un chemin pour chaque chrétien.
Dans ces moments décisifs, la présence au pied de la Croix, l'adoption de Marie et le témoignage rendu à Jésus, l'apôtre Jean incarne toute l'Église, comme Pierre l'incarne dans la prédication du jour de la Pentecôte, comme chacun de nous l'incarne lorsqu'il accomplit pour lui-même la volonté de Dieu.
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
Vous avez peut-être vu la grande sculpture de Michel-Ange « Pietà » (« La Déploration ») dans la basilique Saint-Pierre de Rome ou sur des photographies. Douleur, mais non révolte ; peine, mais non cri ; larmes, mais non hystérie. Une épée a transpercé Son âme, selon la prophétie de Syméon (Lc 2,35), mais le cœur de la Mère continue de vivre d'amour pour le Fils et pour tous les fils qu'Il Lui a confiés (Jn 19,26-27). On n'a plus envie de prononcer aucune parole, seulement de s'incliner en silence devant la force royale de l'amour.
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
Les Évangiles parlent en général très sobrement de la vie de la Mère de Dieu; les petits détails qu’ils transmettent n’en sont que plus importants. Le plus jeune des disciples, Jean, celui que Jésus aimait, prend soin de la Mère de Jésus. Même sur la croix, Jésus ne l’oublie pas et la confie à son disciple bien-aimé. Il y a là un sens tout pratique: les femmes en Israël ne subvenaient pas elles-mêmes à leurs besoins; elles étaient maîtresses de maison, et les moyens de vivre étaient gagnés d’abord par les pères, puis par les maris, puis par les fils. Avec la mort de Jésus, Marie n’a plus personne pour assurer sa vie, et elle n’avait aucune réserve : la Sainte Famille a toujours vécu dans la pauvreté. C’est pourquoi le souci de Jésus pour elle dans les derniers instants de sa vie terrestre est très important pour eux deux.
Mais il y a aussi un autre sens. L’Église créée par le Christ est appelée à poursuivre son œuvre, à accomplir tout ce qu’il accomplissait. En accueillant Marie, les disciples se manifestent comme frères de Jésus, et l’Église devient une seule famille, où il y a un Père, une Mère et des enfants : des frères et des sœurs les uns pour les autres, vivant dans l’unité avec le Christ, dans l’obéissance au Père et dans le soin de la Mère qui les couvre de son amour maternel.
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
«Nous adorons Ta Croix, ô Christ...» Que signifient pour nous ces paroles? Une compassion infinie pour le juste innocent, battu, nu, suspendu à ce bois. L'amour pour Lui, une gratitude sans limite. Et encore la compréhension de combien notre propre croix est infiniment plus légère. Tous les problèmes qui semblent insupportables ne sont rien en comparaison de la mesure de souffrance qu'Il a prise sur Lui pour nous. «Toi qui as tant aimé Ton monde...»
Et encore d'autres paroles: «puis Il dit au disciple: voici ta mère». Sur ces paroles est édifiée l'Église, la plus solide des forteresses. Nous sommes tous adoptés comme fils et filles, et cela signifie que nous ne pourrons jamais être orphelins. L'orphelinat, c'est un mot venu d'une autre vie. Nous vivons souvent dans la prière la Passion du Christ, mais il est bien plus difficile de vivre les souffrances de Marie. Sa douleur physique à Lui est inconcevable, et sa douleur spirituelle à elle l'est aussi. Cette douleur embrasse le monde entier.
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
La mort de Jésus sur la croix, l'évangéliste la décrit précisément comme une mort. La mort d'un homme tout ordinaire. Comme s'il n'y avait pas en Lui cette plénitude divine qui s'était si souvent manifestée pendant Son ministère terrestre. Mais il ne pouvait en être autrement. Car Il est vraiment homme. Homme non pas moins, mais plus que chacun de nous. Sa divinité n'a nullement diminué Son humanité. Au contraire, elle l'a révélée dans toute sa plénitude. Elle en a fait l'Humanité avec une majuscule. Or l'homme, dans le monde déchu, est mortel.
Et même libre du péché, l'homme peut en principe mourir. Pourtant, si l'on est libre du péché, mourir n'est pas obligatoire. En ce sens, la mort de Jésus est absolument volontaire. Mais on peut toujours tuer un homme qui vit dans les limites de ce monde. Seulement, il est vrai, dans les limites de ce monde. Au-delà de ces limites, la mort n'aura pas de pouvoir sur celui qui vit de la vie du Royaume. Et encore moins sur Celui qui porte en Lui-même la plénitude de ce Royaume. Mais le Sauveur devait parcourir jusqu'au bout Son chemin précisément dans notre monde encore non transfiguré.
Afin de rendre possible sa transfiguration. Or un chemin dans le cadre de ce monde suppose la possibilité de la mort. Dans la situation concrète du monde déchu, non seulement la possibilité, mais aussi l'inévitabilité pratique. Bien sûr, Jésus vient dans le monde non pour mourir, mais pour lui apporter le Royaume. S'il n'y avait pas eu la chute, s'il n'y avait pas eu ce mal dans lequel notre monde s'est trouvé après la chute, le Sauveur du monde n'aurait pas eu à mourir sur la croix. Mais Il est venu dans le monde tel qu'il est.
Comprenant parfaitement, bien sûr, où Il allait et ce qui L'y attendait. Ceux qui désiraient Sa mort, eux, ne voyaient pas au-delà de notre monde limité par le mal. Ils étaient sûrs que, s'Il mourait maintenant, tout serait fini. Bien sûr, à leur avantage. Quand Il mourait, ils se sentaient vainqueurs. Et ils ont réellement vaincu dans leur monde limité, gisant dans le mal. Lequel d'entre eux pouvait savoir qu'il y a encore le Royaume, le grand monde de Dieu, où leur victoire ne vaut rien et où ils ont déjà subi une défaite totale ? Bientôt ils devront s'en convaincre. Mais pour l'instant ils triomphent.
19 Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. |
20 Jésus lui répondit : « C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, j’ai toujours enseigné en synagogue et dans le Temple où tous les Juifs s’assemblent et je n’ai rien dit en secret. |
21 Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui ont entendu ce que je leur ai enseigné ; eux, ils savent ce que j’ai dit. » |
22 À ces mots, l’un des gardes, qui se tenait là, donna une gifle à Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? » |
23 Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » |
24 Anne l’envoya alors, toujours lié, au grand prêtre, Caïphe. |
25 Or Simon-Pierre se tenait là et se chauffait. Ils lui dirent : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » Lui le nia et dit : « Je n’en suis pas. » |
26 Un des serviteurs du grand prêtre, un parent de celui à qui Pierre avait tranché l’oreille, dit : « Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui ? » |
27 De nouveau Pierre nia, et aussitôt un coq chanta. |
28 Alors ils mènent Jésus de chez Caïphe au prétoire. C’était le matin. Eux-mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire, pour ne pas se souiller, mais pour pouvoir manger la Pâque. |
29 Pilate sortit donc au-dehors, vers eux, et il dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » |
30 Ils lui répondirent : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. » |
31 Pilate leur dit : « Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre Loi. » Les Juifs lui dirent : « Il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort », |
32 afin que s’accomplît la parole qu’avait dite Jésus, signifiant de quelle mort il devait mourir. |
33 Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire ; il appela Jésus et dit : « Tu es le roi des Juifs ? » |
34 Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » |
35 Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi. Qu’as-tu fait ? » |
36 Jésus répondit :« Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. » |
37 Pilate lui dit : « Donc tu es roi ? » Jésus répondit : « Tu le dis : je suis roi.Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » |
38 Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Et, sur ce mot, il sortit de nouveau et alla vers les Juifs. Et il leur dit : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. |
39 Mais c’est pour vous une coutume que je vous relâche quelqu’un à la Pâque. Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » |
40 Alors ils vociférèrent de nouveau, disant : « Pas lui, mais Barabbas ! » Or Barabbas était un brigand. |
1 Pilate prit alors Jésus et le fit flageller. |
2 Les soldats, tressant une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête, et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre ; |
3 et ils s’avançaient vers lui et disaient : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils lui donnaient des coups. |
4 De nouveau, Pilate sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors, pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » |
5 Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre ; et Pilate leur dit : « Voici l’homme ! » |
6 Lorsqu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes vociférèrent, disant : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le, vous, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pas en lui de motif de condamnation. » |
7 Les Juifs lui répliquèrent : « Nous avons une Loi et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » |
8 Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé. |
9 Il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. |
10 Pilate lui dit donc : « Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier ? » |
11 Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. » |
12 Dès lors Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs vociféraient, disant : « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César : quiconque se fait roi, s’oppose à César. » |
13 Pilate, entendant ces paroles, amena Jésus dehors et alla siéger au tribunal, en un lieu dit le Dallage, en hébreu Gabbatha. |
14 Or c’était la Préparation de la Pâque ; c’était vers la sixième heure. Il dit aux Juifs : « Voici votre roi. » |
15 Eux vociférèrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons de roi que César ! » |
16 Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus. |
Dans le récit évangélique de la condamnation du Sauveur, un élément retient l'attention : le désir d'échapper à toute responsabilité que manifestent les représentants du Temple comme ceux du pouvoir romain. Ce n'est pas par hasard que Jésus refuse de répondre à la question du grand prêtre sur Son enseignement et Ses disciples (Jn 18,19–21). Il comprend qu'il ne saurait être question ici d'un procès équitable et que tout cet interrogatoire ne sert qu'à Le prendre au mot afin de trouver un fondement pour fabriquer contre Lui un dossier qui permette de Le condamner à mort. En réalité, tout avait déjà été décidé lorsque Caïphe avait jugé possible de sacrifier Un seul homme au bien du peuple tel qu'il le concevait (Jn 18,14).
Mais tous les participants au procès de Jésus souhaitaient naturellement que la décision fût prise de manière collégiale et dans le respect des formalités prévues par la loi. Ainsi, personne en particulier ne pourrait plus être accusé de meurtre. On pourrait croire que les représentants des élites du Temple n'avaient personne à craindre, mais leur conscience religieuse n'était probablement pas tranquille : un meurtre ordinaire aurait constitué une violation directe de la Torah. Une exécution décidée par le Sanhédrin était une tout autre affaire. Un tel verdict, rendu dans des formes irréprochables, aurait rassuré tout le monde, puisqu'une exécution prononcée par un tribunal n'aurait évidemment pas été considérée comme une violation de la Torah.
Un obstacle très sérieux se dressait cependant sur le chemin de ces « juges » : les condamnations à mort prononcées par le Sanhédrin devaient être confirmées par le pouvoir romain, représenté en Judée par le procurateur. C'est donc auprès de lui qu'ils se rendirent (Jn 18,28). Les dirigeants du Sanhédrin comptaient apparemment sur une simple formalité et, au début, ne voulaient même pas entrer dans les détails, pensant que Pilate signerait la sentence sans la lire (Jn 18,29–32).
Mais Pilate manifesta pour l'affaire un intérêt inattendu et décida d'interroger lui-même l'accusé (Jn 18,33). Jésus, qui était resté silencieux devant le Sanhédrin, témoigna devant Pilate de ce qu'il était désormais inutile d'attester au Sanhédrin : Il répondit à la question du procurateur au sujet de Son Royaume (Jn 18,34–37). Or, si le Royaume dont Jésus témoignait paraissait hostile aux dirigeants du mouvement pharisien et aux élites du Temple, Pilate y était simplement indifférent, comme la plupart des agnostiques à l'esprit pragmatique. Toutefois, comme tout agnostique, il ne voyait aucun crime dans la prédication d'idées quelles qu'elles fussent, même étranges ou erronées, et proposa aux représentants du Sanhédrin venus le trouver d'épargner à un innocent le châtiment (Jn 18,38–40). Voyant qu'ils refusaient tout compromis, Pilate décida apparemment de s'en tenir à la peine prévue par le droit romain pour les non-citoyens coupables d'avoir enfreint les lois locales, et fit flageller Jésus (Jn 19,1–3).
Après cela, il considéra l'incident comme clos (Jn 19,4–5). Les représentants du Sanhédrin durent alors mettre le procurateur au courant de l'affaire et lui expliquer ce qu'ils reprochaient à Jésus (Jn 19,6–7). Cette explication impressionna fortement Pilate (Jn 19,8). Le calme et la force intérieure de l'accusé lui firent apparemment une impression encore plus grande (Jn 19,9–11). Il aurait probablement libéré Jésus si la foule rassemblée dans la cour du prétoire ne l'avait accusé, en Le relâchant, de négliger les intérêts de l'empire (Jn 19,12). La provocation réussit : ne voulant ni prendre ses responsabilités ni devoir répondre d'éventuelles accusations de sympathie envers les rebelles, Pilate condamne un innocent à mort (Jn 19,13–16). Ainsi, la lâcheté et l'irresponsabilité des uns, jointes à la haine du Royaume chez les autres, conduisent le Sauveur du monde à la croix.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
Que cache le refus de Pilate de modifier l’inscription ? Est-ce seulement le désir de contrarier les grands prêtres, aux exigences desquels Pilate venait de céder et sur lesquels il voulait maintenant reprendre au moins un peu l’avantage ? Ou bien avait-il réellement senti quelque chose et voulait-il, sous cette forme certes quelque peu déformée, témoigner au moins un peu de respect à Jésus ? Quoi qu’il en soit, Pilate dit soudain la vérité : c’était le véritable Roi que l’on envoyait à la crucifixion...
Jean, le disciple bien-aimé du Christ, se tenait près de Lui pendant l’exécution, et c’est précisément lui qui omet dans son récit de nombreux détails rapportés par les autres évangélistes, lesquels écrivirent d’après les paroles de témoins. Jean raconte le partage des vêtements, comment Jésus lui confia Sa Mère, et énumère les noms de ceux qui se tenaient près de la Croix ; mais il décrit plus brièvement que les autres les tourments du Seigneur sur la Croix, et seul le moment de la mort est raconté par Jean avec davantage de détails. Bien que l’Évangile de Jean omette de nombreux éléments déjà mentionnés par les autres évangélistes qui écrivirent avant lui, il semble que Jean n’ait pas gardé le silence simplement parce qu’il ne voulait pas reprendre des détails consignés auparavant. Il devait être trop douloureux pour lui de revenir à ces souvenirs insoutenables...
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
|
37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
|
38 Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. |
39 Nicodème — celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus — vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. |
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. |
41 Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis. |
42 À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. |
Dans le récit que Jean fait de la crucifixion, la solitude du Sauveur sur la croix retient l'attention. L'évangéliste ne mentionne pas les apôtres qui se tiennent à distance ; il ne décrit en général rien d'autre que la croix elle-même et ce qui se passe à son pied, peut-être parce qu'il s'y tenait lui-même à ce moment-là (v. 25–27 ; de nombreux commentateurs pensent qu'en mentionnant le disciple qui n'est pas nommé, Jean parle de lui-même). Mais l'apôtre ne dit rien non plus de la conversion de l'un des brigands crucifiés avec Jésus, ni des paroles du Sauveur rapportées par les autres évangélistes. À en juger par le témoignage de Jean, Jésus ne prononça sur la croix que deux paroles : « J'ai soif ! » (v. 28) et « Tout est accompli ! » (v. 30). Auparavant encore, en deux brèves phrases, Il avait confié l'un à l'autre Sa Mère et le disciple qui se tenait près de la croix, probablement Jean lui-même (v. 26–27). De toute évidence, Jean ne retient dans les paroles du Sauveur que ce qui le concerne lui-même et ce qui lui paraît le plus important. Il semble que l'évangéliste voie dans ces deux paroles de Jésus le sens de tout ce qui se passe.
La scène décrite par Jean n'était probablement pas seulement un souvenir des événements survenus près de la croix, mais le fruit de longues années de réflexion à leur sujet. Pour l'évangéliste, semble-t-il, « Tout est accompli ! » ne signifiait pas simplement que le Sauveur avait achevé Sa mission terrestre, bien qu'en se tenant au pied de la croix l'apôtre ait probablement dû comprendre Ses paroles précisément ainsi. Mais plus tard, après avoir rencontré le Ressuscité et reçu la révélation qu'il décrivit dans le Livre du même nom, Jean comprit apparemment que Jésus parlait aussi de la fin de l'histoire, de cette fin des temps que beaucoup attendaient et que très peu remarquèrent. Jean ne mentionne pas les signes décrits par les autres évangélistes : la tempête qui transforma le jour en nuit, le tremblement de terre, le voile déchiré du Temple. Pour lui, tout tenait en une seule parole, « Tout est accompli ! », prononcée par Jésus au moment de Sa mort sur la croix.
Mais quelque chose d'autre encore frappa l'apôtre. Jésus mourait sur la croix comme un homme tout à fait ordinaire. Celui Qui, durant Son ministère terrestre, pouvait nourrir des milliers de personnes avec quelques pains souffrait de la soif, de la même soif ordinaire que chacun aurait éprouvée à Sa place, et ne pouvait rien y faire. Il ne le pouvait pas, non parce qu'Il avait cessé d'être Celui qu'Il était né parmi les hommes pour être, mais parce qu'une mort humaine ordinaire faisait elle aussi partie de Son ministère terrestre, au même titre que les miracles et les manifestations du Royaume, impossibles dans le monde pour quiconque sauf Lui.
Jean ne mentionne pas les appels moqueurs adressés à Jésus pour qu'Il descende de la croix, dont témoignent les autres évangélistes. Peut-être ne les avait-il pas entendus, car de tous les apôtres il était le seul à se trouver aussi près du Maître crucifié, et il est fort possible qu'il n'ait prêté aucune attention à la foule qui se tenait à une certaine distance. Mais il comprit sans aucun doute l'essentiel : tout ce qui se passait n'était devenu possible que par la libre volonté du Sauveur du monde, Qui avait tout accepté pour ceux qu'Il voulait sauver. Tel était le prix du salut et le prix du Royaume.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
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37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
|
38 Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. |
39 Nicodème — celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus — vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. |
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. |
41 Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis. |
42 À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. |
La crucifixion et la mort de Jésus ne sont pas seulement un moment de sa biographie; leur récit n'est donc pas seulement un épisode de sa vie. C'est un témoignage. L'évangéliste désigne plusieurs fois les témoins de l'exécution: le disciple bien-aimé, Marie, les autres femmes, ceux qui ont «rendu témoignage», dont le «témoignage est vrai». Jean veut nous transporter au lieu de la crucifixion, afin que nous puissions, avec lui, nous tenir auprès de la croix et confirmer aux autres disciples la véracité de son récit.
Pourquoi ce témoignage est-il nécessaire, pourquoi ces citations de la Loi et des prophètes? Douterions-nous qu'un Homme qui a vécu il y a deux mille ans soit mort? Bien sûr que non. Le témoignage de Jean n'est donc pas un témoignage sur la mort, mais le témoignage d'une victoire accomplie...
19 Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. |
20 Jésus lui répondit : « C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, j’ai toujours enseigné en synagogue et dans le Temple où tous les Juifs s’assemblent et je n’ai rien dit en secret. |
21 Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux qui ont entendu ce que je leur ai enseigné ; eux, ils savent ce que j’ai dit. » |
22 À ces mots, l’un des gardes, qui se tenait là, donna une gifle à Jésus en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ? » |
23 Jésus lui répondit : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » |
24 Anne l’envoya alors, toujours lié, au grand prêtre, Caïphe. |
25 Or Simon-Pierre se tenait là et se chauffait. Ils lui dirent : « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples ? » Lui le nia et dit : « Je n’en suis pas. » |
26 Un des serviteurs du grand prêtre, un parent de celui à qui Pierre avait tranché l’oreille, dit : « Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui ? » |
27 De nouveau Pierre nia, et aussitôt un coq chanta. |
28 Alors ils mènent Jésus de chez Caïphe au prétoire. C’était le matin. Eux-mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire, pour ne pas se souiller, mais pour pouvoir manger la Pâque. |
29 Pilate sortit donc au-dehors, vers eux, et il dit : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » |
30 Ils lui répondirent : « Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. » |
31 Pilate leur dit : « Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre Loi. » Les Juifs lui dirent : « Il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort », |
32 afin que s’accomplît la parole qu’avait dite Jésus, signifiant de quelle mort il devait mourir. |
33 Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire ; il appela Jésus et dit : « Tu es le roi des Juifs ? » |
34 Jésus répondit : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » |
35 Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi. Qu’as-tu fait ? » |
36 Jésus répondit :« Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici. » |
37 Pilate lui dit : « Donc tu es roi ? » Jésus répondit : « Tu le dis : je suis roi.Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » |
38 Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Et, sur ce mot, il sortit de nouveau et alla vers les Juifs. Et il leur dit : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. |
39 Mais c’est pour vous une coutume que je vous relâche quelqu’un à la Pâque. Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » |
40 Alors ils vociférèrent de nouveau, disant : « Pas lui, mais Barabbas ! » Or Barabbas était un brigand. |
1 Pilate prit alors Jésus et le fit flageller. |
2 Les soldats, tressant une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête, et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre ; |
3 et ils s’avançaient vers lui et disaient : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils lui donnaient des coups. |
4 De nouveau, Pilate sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors, pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » |
5 Jésus sortit donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre ; et Pilate leur dit : « Voici l’homme ! » |
6 Lorsqu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes vociférèrent, disant : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le, vous, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pas en lui de motif de condamnation. » |
7 Les Juifs lui répliquèrent : « Nous avons une Loi et d’après cette Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » |
8 Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé. |
9 Il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. |
10 Pilate lui dit donc : « Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier ? » |
11 Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. » |
12 Dès lors Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs vociféraient, disant : « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César : quiconque se fait roi, s’oppose à César. » |
13 Pilate, entendant ces paroles, amena Jésus dehors et alla siéger au tribunal, en un lieu dit le Dallage, en hébreu Gabbatha. |
14 Or c’était la Préparation de la Pâque ; c’était vers la sixième heure. Il dit aux Juifs : « Voici votre roi. » |
15 Eux vociférèrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons de roi que César ! » |
16 Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus. |
Dans le récit évangélique de la condamnation du Sauveur, un élément retient l'attention : le désir d'échapper à toute responsabilité que manifestent les représentants du Temple comme ceux du pouvoir romain. Ce n'est pas par hasard que Jésus refuse de répondre à la question du grand prêtre sur Son enseignement et Ses disciples (Jn 18,19–21). Il comprend qu'il ne saurait être question ici d'un procès équitable et que tout cet interrogatoire ne sert qu'à Le prendre au mot afin de trouver un fondement pour fabriquer contre Lui un dossier qui permette de Le condamner à mort. En réalité, tout avait déjà été décidé lorsque Caïphe avait jugé possible de sacrifier Un seul homme au bien du peuple tel qu'il le concevait (Jn 18,14).
Mais tous les participants au procès de Jésus souhaitaient naturellement que la décision fût prise de manière collégiale et dans le respect des formalités prévues par la loi. Ainsi, personne en particulier ne pourrait plus être accusé de meurtre. On pourrait croire que les représentants des élites du Temple n'avaient personne à craindre, mais leur conscience religieuse n'était probablement pas tranquille : un meurtre ordinaire aurait constitué une violation directe de la Torah. Une exécution décidée par le Sanhédrin était une tout autre affaire. Un tel verdict, rendu dans des formes irréprochables, aurait rassuré tout le monde, puisqu'une exécution prononcée par un tribunal n'aurait évidemment pas été considérée comme une violation de la Torah.
Un obstacle très sérieux se dressait cependant sur le chemin de ces « juges » : les condamnations à mort prononcées par le Sanhédrin devaient être confirmées par le pouvoir romain, représenté en Judée par le procurateur. C'est donc auprès de lui qu'ils se rendirent (Jn 18,28). Les dirigeants du Sanhédrin comptaient apparemment sur une simple formalité et, au début, ne voulaient même pas entrer dans les détails, pensant que Pilate signerait la sentence sans la lire (Jn 18,29–32).
Mais Pilate manifesta pour l'affaire un intérêt inattendu et décida d'interroger lui-même l'accusé (Jn 18,33). Jésus, qui était resté silencieux devant le Sanhédrin, témoigna devant Pilate de ce qu'il était désormais inutile d'attester au Sanhédrin : Il répondit à la question du procurateur au sujet de Son Royaume (Jn 18,34–37). Or, si le Royaume dont Jésus témoignait paraissait hostile aux dirigeants du mouvement pharisien et aux élites du Temple, Pilate y était simplement indifférent, comme la plupart des agnostiques à l'esprit pragmatique. Toutefois, comme tout agnostique, il ne voyait aucun crime dans la prédication d'idées quelles qu'elles fussent, même étranges ou erronées, et proposa aux représentants du Sanhédrin venus le trouver d'épargner à un innocent le châtiment (Jn 18,38–40). Voyant qu'ils refusaient tout compromis, Pilate décida apparemment de s'en tenir à la peine prévue par le droit romain pour les non-citoyens coupables d'avoir enfreint les lois locales, et fit flageller Jésus (Jn 19,1–3).
Après cela, il considéra l'incident comme clos (Jn 19,4–5). Les représentants du Sanhédrin durent alors mettre le procurateur au courant de l'affaire et lui expliquer ce qu'ils reprochaient à Jésus (Jn 19,6–7). Cette explication impressionna fortement Pilate (Jn 19,8). Le calme et la force intérieure de l'accusé lui firent apparemment une impression encore plus grande (Jn 19,9–11). Il aurait probablement libéré Jésus si la foule rassemblée dans la cour du prétoire ne l'avait accusé, en Le relâchant, de négliger les intérêts de l'empire (Jn 19,12). La provocation réussit : ne voulant ni prendre ses responsabilités ni devoir répondre d'éventuelles accusations de sympathie envers les rebelles, Pilate condamne un innocent à mort (Jn 19,13–16). Ainsi, la lâcheté et l'irresponsabilité des uns, jointes à la haine du Royaume chez les autres, conduisent le Sauveur du monde à la croix.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
|
37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
|
38 Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. |
39 Nicodème — celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus — vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. |
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. |
41 Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis. |
42 À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. |
La crucifixion et la mort de Jésus ne sont pas seulement un moment de sa biographie; leur récit n'est donc pas seulement un épisode de sa vie. C'est un témoignage. L'évangéliste désigne plusieurs fois les témoins de l'exécution: le disciple bien-aimé, Marie, les autres femmes, ceux qui ont «rendu témoignage», dont le «témoignage est vrai». Jean veut nous transporter au lieu de la crucifixion, afin que nous puissions, avec lui, nous tenir auprès de la croix et confirmer aux autres disciples la véracité de son récit.
Pourquoi ce témoignage est-il nécessaire, pourquoi ces citations de la Loi et des prophètes? Douterions-nous qu'un Homme qui a vécu il y a deux mille ans soit mort? Bien sûr que non. Le témoignage de Jean n'est donc pas un témoignage sur la mort, mais le témoignage d'une victoire accomplie...
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
|
37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
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38 Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. |
39 Nicodème — celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus — vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. |
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. |
41 Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis. |
42 À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. |
Dans le récit que Jean fait de la crucifixion, la solitude du Sauveur sur la croix retient l'attention. L'évangéliste ne mentionne pas les apôtres qui se tiennent à distance ; il ne décrit en général rien d'autre que la croix elle-même et ce qui se passe à son pied, peut-être parce qu'il s'y tenait lui-même à ce moment-là (v. 25–27 ; de nombreux commentateurs pensent qu'en mentionnant le disciple qui n'est pas nommé, Jean parle de lui-même). Mais l'apôtre ne dit rien non plus de la conversion de l'un des brigands crucifiés avec Jésus, ni des paroles du Sauveur rapportées par les autres évangélistes. À en juger par le témoignage de Jean, Jésus ne prononça sur la croix que deux paroles : « J'ai soif ! » (v. 28) et « Tout est accompli ! » (v. 30). Auparavant encore, en deux brèves phrases, Il avait confié l'un à l'autre Sa Mère et le disciple qui se tenait près de la croix, probablement Jean lui-même (v. 26–27). De toute évidence, Jean ne retient dans les paroles du Sauveur que ce qui le concerne lui-même et ce qui lui paraît le plus important. Il semble que l'évangéliste voie dans ces deux paroles de Jésus le sens de tout ce qui se passe.
La scène décrite par Jean n'était probablement pas seulement un souvenir des événements survenus près de la croix, mais le fruit de longues années de réflexion à leur sujet. Pour l'évangéliste, semble-t-il, « Tout est accompli ! » ne signifiait pas simplement que le Sauveur avait achevé Sa mission terrestre, bien qu'en se tenant au pied de la croix l'apôtre ait probablement dû comprendre Ses paroles précisément ainsi. Mais plus tard, après avoir rencontré le Ressuscité et reçu la révélation qu'il décrivit dans le Livre du même nom, Jean comprit apparemment que Jésus parlait aussi de la fin de l'histoire, de cette fin des temps que beaucoup attendaient et que très peu remarquèrent. Jean ne mentionne pas les signes décrits par les autres évangélistes : la tempête qui transforma le jour en nuit, le tremblement de terre, le voile déchiré du Temple. Pour lui, tout tenait en une seule parole, « Tout est accompli ! », prononcée par Jésus au moment de Sa mort sur la croix.
Mais quelque chose d'autre encore frappa l'apôtre. Jésus mourait sur la croix comme un homme tout à fait ordinaire. Celui Qui, durant Son ministère terrestre, pouvait nourrir des milliers de personnes avec quelques pains souffrait de la soif, de la même soif ordinaire que chacun aurait éprouvée à Sa place, et ne pouvait rien y faire. Il ne le pouvait pas, non parce qu'Il avait cessé d'être Celui qu'Il était né parmi les hommes pour être, mais parce qu'une mort humaine ordinaire faisait elle aussi partie de Son ministère terrestre, au même titre que les miracles et les manifestations du Royaume, impossibles dans le monde pour quiconque sauf Lui.
Jean ne mentionne pas les appels moqueurs adressés à Jésus pour qu'Il descende de la croix, dont témoignent les autres évangélistes. Peut-être ne les avait-il pas entendus, car de tous les apôtres il était le seul à se trouver aussi près du Maître crucifié, et il est fort possible qu'il n'ait prêté aucune attention à la foule qui se tenait à une certaine distance. Mais il comprit sans aucun doute l'essentiel : tout ce qui se passait n'était devenu possible que par la libre volonté du Sauveur du monde, Qui avait tout accepté pour ceux qu'Il voulait sauver. Tel était le prix du salut et le prix du Royaume.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
Que cache le refus de Pilate de modifier l’inscription ? Est-ce seulement le désir de contrarier les grands prêtres, aux exigences desquels Pilate venait de céder et sur lesquels il voulait maintenant reprendre au moins un peu l’avantage ? Ou bien avait-il réellement senti quelque chose et voulait-il, sous cette forme certes quelque peu déformée, témoigner au moins un peu de respect à Jésus ? Quoi qu’il en soit, Pilate dit soudain la vérité : c’était le véritable Roi que l’on envoyait à la crucifixion...
Jean, le disciple bien-aimé du Christ, se tenait près de Lui pendant l’exécution, et c’est précisément lui qui omet dans son récit de nombreux détails rapportés par les autres évangélistes, lesquels écrivirent d’après les paroles de témoins. Jean raconte le partage des vêtements, comment Jésus lui confia Sa Mère, et énumère les noms de ceux qui se tenaient près de la Croix ; mais il décrit plus brièvement que les autres les tourments du Seigneur sur la Croix, et seul le moment de la mort est raconté par Jean avec davantage de détails. Bien que l’Évangile de Jean omette de nombreux éléments déjà mentionnés par les autres évangélistes qui écrivirent avant lui, il semble que Jean n’ait pas gardé le silence simplement parce qu’il ne voulait pas reprendre des détails consignés auparavant. Il devait être trop douloureux pour lui de revenir à ces souvenirs insoutenables...
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
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37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
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En demandant que l’on brise les jambes des crucifiés, les Juifs font preuve d’une inconséquence apparemment étonnante. Pour le Romain Pilate, c’était un nouveau témoignage du zèle religieux des habitants de la Palestine, un zèle qui confinait à la folie. La situation semblerait tout aussi étrange de nos jours. Un criminel que l’on avait eu tant de peine à accuser et à condamner à mort aurait dû souffrir aussi longtemps que possible et subir jusqu’au bout le châtiment qui lui était réservé. Pourtant, pour des raisons religieuses étranges et incompréhensibles à un païen non initié, on voulait alléger son supplice en y mettant fin prématurément. Mais il s’avère que Jésus est déjà mort. Le Christ meurt avant les autres malfaiteurs suspendus à Ses côtés. Il apparaît que les craintes des Juifs étaient vaines : le dangereux criminel qu’ils avaient condamné n’était pas un roi puissant, mais seulement un homme solitaire qui ne possédait même pas assez de force physique pour tenir jusqu’à la fin du supplice. Pour les chrétiens, cependant, cette faiblesse du Christ révèle le profond mystère de l’Homme-Dieu.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
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29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
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37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
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38 Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. |
39 Nicodème — celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus — vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. |
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. |
41 Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis. |
42 À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. |
La crucifixion et la mort de Jésus ne sont pas seulement un moment de sa biographie; leur récit n'est donc pas seulement un épisode de sa vie. C'est un témoignage. L'évangéliste désigne plusieurs fois les témoins de l'exécution: le disciple bien-aimé, Marie, les autres femmes, ceux qui ont «rendu témoignage», dont le «témoignage est vrai». Jean veut nous transporter au lieu de la crucifixion, afin que nous puissions, avec lui, nous tenir auprès de la croix et confirmer aux autres disciples la véracité de son récit.
Pourquoi ce témoignage est-il nécessaire, pourquoi ces citations de la Loi et des prophètes? Douterions-nous qu'un Homme qui a vécu il y a deux mille ans soit mort? Bien sûr que non. Le témoignage de Jean n'est donc pas un témoignage sur la mort, mais le témoignage d'une victoire accomplie...
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
31 Comme c’était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat — car ce sabbat était un grand jour —, demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on les enlevât. |
32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. |
33 Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, |
34 mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. |
35 Celui qui a vu rend témoignage — son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai — pour que vous aussi vous croyiez. |
36 Car cela est arrivé afin que l’Écriture fût accomplie :Pas un os ne lui sera brisé.
|
37 Et une autre Écriture dit encore :Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé.
|
38 Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. |
39 Nicodème — celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus — vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres. |
40 Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. |
41 Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n’avait encore été mis. |
42 À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. |
Dans le récit que Jean fait de la crucifixion, la solitude du Sauveur sur la croix retient l'attention. L'évangéliste ne mentionne pas les apôtres qui se tiennent à distance ; il ne décrit en général rien d'autre que la croix elle-même et ce qui se passe à son pied, peut-être parce qu'il s'y tenait lui-même à ce moment-là (v. 25–27 ; de nombreux commentateurs pensent qu'en mentionnant le disciple qui n'est pas nommé, Jean parle de lui-même). Mais l'apôtre ne dit rien non plus de la conversion de l'un des brigands crucifiés avec Jésus, ni des paroles du Sauveur rapportées par les autres évangélistes. À en juger par le témoignage de Jean, Jésus ne prononça sur la croix que deux paroles : « J'ai soif ! » (v. 28) et « Tout est accompli ! » (v. 30). Auparavant encore, en deux brèves phrases, Il avait confié l'un à l'autre Sa Mère et le disciple qui se tenait près de la croix, probablement Jean lui-même (v. 26–27). De toute évidence, Jean ne retient dans les paroles du Sauveur que ce qui le concerne lui-même et ce qui lui paraît le plus important. Il semble que l'évangéliste voie dans ces deux paroles de Jésus le sens de tout ce qui se passe.
La scène décrite par Jean n'était probablement pas seulement un souvenir des événements survenus près de la croix, mais le fruit de longues années de réflexion à leur sujet. Pour l'évangéliste, semble-t-il, « Tout est accompli ! » ne signifiait pas simplement que le Sauveur avait achevé Sa mission terrestre, bien qu'en se tenant au pied de la croix l'apôtre ait probablement dû comprendre Ses paroles précisément ainsi. Mais plus tard, après avoir rencontré le Ressuscité et reçu la révélation qu'il décrivit dans le Livre du même nom, Jean comprit apparemment que Jésus parlait aussi de la fin de l'histoire, de cette fin des temps que beaucoup attendaient et que très peu remarquèrent. Jean ne mentionne pas les signes décrits par les autres évangélistes : la tempête qui transforma le jour en nuit, le tremblement de terre, le voile déchiré du Temple. Pour lui, tout tenait en une seule parole, « Tout est accompli ! », prononcée par Jésus au moment de Sa mort sur la croix.
Mais quelque chose d'autre encore frappa l'apôtre. Jésus mourait sur la croix comme un homme tout à fait ordinaire. Celui Qui, durant Son ministère terrestre, pouvait nourrir des milliers de personnes avec quelques pains souffrait de la soif, de la même soif ordinaire que chacun aurait éprouvée à Sa place, et ne pouvait rien y faire. Il ne le pouvait pas, non parce qu'Il avait cessé d'être Celui qu'Il était né parmi les hommes pour être, mais parce qu'une mort humaine ordinaire faisait elle aussi partie de Son ministère terrestre, au même titre que les miracles et les manifestations du Royaume, impossibles dans le monde pour quiconque sauf Lui.
Jean ne mentionne pas les appels moqueurs adressés à Jésus pour qu'Il descende de la croix, dont témoignent les autres évangélistes. Peut-être ne les avait-il pas entendus, car de tous les apôtres il était le seul à se trouver aussi près du Maître crucifié, et il est fort possible qu'il n'ait prêté aucune attention à la foule qui se tenait à une certaine distance. Mais il comprit sans aucun doute l'essentiel : tout ce qui se passait n'était devenu possible que par la libre volonté du Sauveur du monde, Qui avait tout accepté pour ceux qu'Il voulait sauver. Tel était le prix du salut et le prix du Royaume.
17 Et il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne — ce qui se dit en hébreu Golgotha — |
18 où ils le crucifièrent et avec lui deux autres : un de chaque côté et, au milieu, Jésus. |
19 Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : « Jésus le Nazôréen, le roi des Juifs. » |
20 Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix était proche de la ville, et c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. |
21 Les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : « Le roi des Juifs », mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs. » » |
22 Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » |
23 Lorsque les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était sans couture, tissée d’une pièce à partir du haut ; |
24 ils se dirent donc entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort qui l’aura » : afin que l’Écriture fût accomplie :Ils se sont partagé mes habits, et mon vêtement, ils l’ont tiré au sort. Voilà donc ce que firent les soldats. |
25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. |
26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » |
27 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. |
28 Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l’Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit :« J’ai soif. »
|
29 Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. |
30 Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. |
Que cache le refus de Pilate de modifier l’inscription ? Est-ce seulement le désir de contrarier les grands prêtres, aux exigences desquels Pilate venait de céder et sur lesquels il voulait maintenant reprendre au moins un peu l’avantage ? Ou bien avait-il réellement senti quelque chose et voulait-il, sous cette forme certes quelque peu déformée, témoigner au moins un peu de respect à Jésus ? Quoi qu’il en soit, Pilate dit soudain la vérité : c’était le véritable Roi que l’on envoyait à la crucifixion...
Jean, le disciple bien-aimé du Christ, se tenait près de Lui pendant l’exécution, et c’est précisément lui qui omet dans son récit de nombreux détails rapportés par les autres évangélistes, lesquels écrivirent d’après les paroles de témoins. Jean raconte le partage des vêtements, comment Jésus lui confia Sa Mère, et énumère les noms de ceux qui se tenaient près de la Croix ; mais il décrit plus brièvement que les autres les tourments du Seigneur sur la Croix, et seul le moment de la mort est raconté par Jean avec davantage de détails. Bien que l’Évangile de Jean omette de nombreux éléments déjà mentionnés par les autres évangélistes qui écrivirent avant lui, il semble que Jean n’ait pas gardé le silence simplement parce qu’il ne voulait pas reprendre des détails consignés auparavant. Il devait être trop douloureux pour lui de revenir à ces souvenirs insoutenables...
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