1 Et maintenant, écoute, Jacob mon serviteur, Israël que j’ai choisi. |
2 Ainsi parle Yahvé, qui t’a fait, qui t’a modelé dès le sein maternel, qui te soutient. Sois sans crainte, Jacob mon serviteur, Yeshurûn que j’ai choisi. |
3 Car je vais répandre de l’eau sur le sol assoiffé et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes descendants. |
4 Ils germeront comme parmi les herbages, comme les saules au bord de l’eau. |
5 Celui-ci dira : Je suis à Yahvé, et cet autre se réclamera du nom de Jacob. Celui-là écrira sur sa main : « à Yahvé », et on lui donnera le nom d’Israël. |
6 Ainsi parle Yahvé, roi d’Israël, Yahvé Sabaot, son rédempteur : Je suis le premier et je suis le dernier, à part moi, il n’y a pas de dieu. |
7 Qui est comme moi ? qu’il crie, qu’il le proclame et me l’expose ; depuis que j’ai constitué un peuple éternel, ce qui va se passer, qu’il le dise, et ce qui doit arriver, qu’il le leur annonce. |
8 Ne vous effrayez pas, soyez sans crainte, dès longtemps ne vous l’ai-je pas annoncé et révélé ? Vous êtes mes témoins. Y aurait-il un dieu à part moi ? Il n’y a pas de Rocher, je n’en connais pas ! |
9 Néant, tous ceux qui modèlent des idoles, leurs meilleures œuvres ne servent à rien ! Elles sont leurs témoins, qui ne voient ni ne savent rien, en sorte qu’ils seront couverts de honte. |
10 Qui a façonné un dieu et fondu une idole qui ne peuvent servir à rien ? |
11 Voici que tous ses fidèles seront couverts de honte, ainsi que ses artisans qui ne sont que des hommes. Qu’ils se rassemblent tous, qu’ils comparaissent ; qu’ils soient remplis à la fois d’épouvante et de honte ! |
12 Le forgeron fabrique une hache sur des braises, il la façonne au marteau, il la travaille à la force de son bras. Et puis il a faim et perd sa force, n’ayant pas bu d’eau il est épuisé. |
13 Le sculpteur sur bois tend le cordeau, trace l’image à la craie, l’exécute au ciseau et la dessine au compas, il l’exécute à l’image de l’homme, selon la beauté humaine, pour qu’elle habite une maison. |
14 Il a coupé des cèdres, il a choisi un chêne et un térébinthe qu’il a laissés croître pour lui parmi les arbres de la forêt. Il a planté un pin que la pluie a fait grandir. |
15 Les hommes le destinent au feu : il en a pris pour se chauffer, il l’a allumé et a cuit du pain. Mais aussi il a fait un dieu pour l’adorer, il a fabriqué une idole pour se prosterner devant elle. |
16 Il en avait brûlé la moitié au feu, sur cette moitié il fait rôtir de la viande, la mange et se rassasie ; en même temps il se chauffe et dit : « Ah ! je me suis bien chauffé et j’ai vu la flamme. » |
17 Avec le reste il fait un dieu, son idole, et il se prosterne devant lui, l’adore et le prie et dit : « Sauve-moi, car tu es mon dieu. » |
18 Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir. |
19 Pas un ne rentre en lui-même, pas un n’a la connaissance et l’intelligence de se dire : « J’en ai brûlé la moitié au feu et j’ai cuit du pain sur ses braises, je rôtis de la viande et je la mange ; avec le reste je ferais une chose abominable, me prosterner devant un bout de bois ! » |
20 Il est attaché à de la cendre, son cœur abusé l’a égaré, il ne sauvera pas sa vie, il ne dira pas : « Ce que j’ai dans la main, n’est-ce pas un leurre ? » |
21 Souviens-toi de cela, Jacob, et toi Israël, car tu es mon serviteur. Je t’ai modelé, tu es pour moi un serviteur, Israël, je ne t’oublierai pas. |
22 J’ai dissipé tes crimes comme un nuage et tes péchés comme une nuée ; reviens à moi, car je t’ai racheté. |
23 Criez de joie, cieux, car Yahvé a agi, hurlez, profondeurs de la terre, poussez, montagnes, des cris de joie, forêt, et tous les arbres qu’elle contient ! car Yahvé a racheté Jacob, il s’est glorifié en Israël. |
24 Ainsi parle Yahvé, ton rédempteur, celui qui t’a modelé dès le sein maternel, c’est moi, Yahvé, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux, affermi la terre, sans personne avec moi ; |
25 qui réduis à néant les signes des augures et fais délirer les devins, qui fais reculer les sages et tourne leur science en folie ; |
26 qui confirme la parole de mon serviteur et fais réussir les desseins de mes envoyés ; qui dis à Jérusalem : « Tu seras habitée », et aux villes de Juda : « Vous serez rebâties »; (et ses ruines, je les relèverai) ; |
27 qui dis à l’abîme : « Dessèche-toi, je vais tarir tes fleuves »; |
28 qui dis à Cyrus : « Mon berger. » Il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : « Tu seras reconstruite », et au Temple : « Tu seras rétabli. » |
Les prophètes d'avant comme d'après l'Exil menaient souvent une véritable polémique contre le paganisme, en soulignant l'absurdité d'une religion dont les dieux sont fabriqués par les hommes. À première vue, cette polémique peut sembler quelque peu superficielle. En effet, quiconque connaît les cultes païens anciens, ou même contemporains, sait parfaitement que le païen, même peu soucieux de la vie spirituelle, voit dans les statues sacrées autre chose que du bois ou du métal.
Pour lui, derrière le bois et le métal se tient encore quelque chose, et c'est à ce quelque chose qu'il confie son âme et son cœur. Pourtant, derrière les paroles du prophète, il y a plus qu'une simple propagande contre le paganisme. Ce quelque chose de plus, c'est la révélation de Dieu comme Celui qui seul est véritablement. L'essentiel de la prédication d'Isaïe revient à dire que seul Yahvé est véritablement.
Ou plutôt : Il Est, avec une majuscule. Tout le reste, y compris la réalité à laquelle se rattachent les cultes païens, s'il est, ne l'est qu'avec une minuscule. Du point de vue de Dieu, Lui seul est. Il semblerait que même un païen n'ait rien à contester ici. En effet, toute tradition spirituelle sérieuse est toujours monothéiste en son fondement, que ce soit en Égypte, en Grèce ou en Inde. Il en était ainsi dans l'Antiquité et il en va de même aujourd'hui. La multitude des dieux est pour la majorité.
Mais même un hindou, par exemple, pour peu qu'il prenne la vie spirituelle au sérieux, sait parfaitement que Dieu est un. Et c'est Lui qu'il adore, non la multitude des divinités païennes. Il ne considère cette multitude que comme des manifestations de l'Un, des émanations ou des théophanies, selon l'école religieuse à laquelle il appartient. Qu'y a-t-il donc de si terrible dans le paganisme pour que le prophète le rejette si vivement ? Si Dieu n'était qu'un Absolu impersonnel, l'Être pur, ce rejet n'aurait probablement pas lieu. Mais justement, Il n'est pas simplement l'être : Il est une Personne. Et l'existence de toute personne est déterminée par sa volonté.
On pourrait dire que la personne est volonté. Dès lors, on ne peut adorer Dieu sous aucune autre forme que celle qu'Il a Lui-même choisie pour Lui. Dieu est certes présent dans le monde ; Il Se cache derrière chacune de Ses créatures. Mais précisément, Il S'y cache. Or tout le sens et tout l'élan spirituel du yahvisme, du judaïsme et du christianisme résident dans le fait que Dieu ne Se cache pas, mais Se manifeste. Il vient à la rencontre de l'homme, sans avoir besoin d'aucun voile, même des plus somptueux que les hommes inventent pour Lui.
1 Et maintenant, écoute, Jacob mon serviteur, Israël que j’ai choisi. |
2 Ainsi parle Yahvé, qui t’a fait, qui t’a modelé dès le sein maternel, qui te soutient. Sois sans crainte, Jacob mon serviteur, Yeshurûn que j’ai choisi. |
3 Car je vais répandre de l’eau sur le sol assoiffé et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes descendants. |
4 Ils germeront comme parmi les herbages, comme les saules au bord de l’eau. |
5 Celui-ci dira : Je suis à Yahvé, et cet autre se réclamera du nom de Jacob. Celui-là écrira sur sa main : « à Yahvé », et on lui donnera le nom d’Israël. |
6 Ainsi parle Yahvé, roi d’Israël, Yahvé Sabaot, son rédempteur : Je suis le premier et je suis le dernier, à part moi, il n’y a pas de dieu. |
7 Qui est comme moi ? qu’il crie, qu’il le proclame et me l’expose ; depuis que j’ai constitué un peuple éternel, ce qui va se passer, qu’il le dise, et ce qui doit arriver, qu’il le leur annonce. |
8 Ne vous effrayez pas, soyez sans crainte, dès longtemps ne vous l’ai-je pas annoncé et révélé ? Vous êtes mes témoins. Y aurait-il un dieu à part moi ? Il n’y a pas de Rocher, je n’en connais pas ! |
9 Néant, tous ceux qui modèlent des idoles, leurs meilleures œuvres ne servent à rien ! Elles sont leurs témoins, qui ne voient ni ne savent rien, en sorte qu’ils seront couverts de honte. |
10 Qui a façonné un dieu et fondu une idole qui ne peuvent servir à rien ? |
11 Voici que tous ses fidèles seront couverts de honte, ainsi que ses artisans qui ne sont que des hommes. Qu’ils se rassemblent tous, qu’ils comparaissent ; qu’ils soient remplis à la fois d’épouvante et de honte ! |
12 Le forgeron fabrique une hache sur des braises, il la façonne au marteau, il la travaille à la force de son bras. Et puis il a faim et perd sa force, n’ayant pas bu d’eau il est épuisé. |
13 Le sculpteur sur bois tend le cordeau, trace l’image à la craie, l’exécute au ciseau et la dessine au compas, il l’exécute à l’image de l’homme, selon la beauté humaine, pour qu’elle habite une maison. |
14 Il a coupé des cèdres, il a choisi un chêne et un térébinthe qu’il a laissés croître pour lui parmi les arbres de la forêt. Il a planté un pin que la pluie a fait grandir. |
15 Les hommes le destinent au feu : il en a pris pour se chauffer, il l’a allumé et a cuit du pain. Mais aussi il a fait un dieu pour l’adorer, il a fabriqué une idole pour se prosterner devant elle. |
16 Il en avait brûlé la moitié au feu, sur cette moitié il fait rôtir de la viande, la mange et se rassasie ; en même temps il se chauffe et dit : « Ah ! je me suis bien chauffé et j’ai vu la flamme. » |
17 Avec le reste il fait un dieu, son idole, et il se prosterne devant lui, l’adore et le prie et dit : « Sauve-moi, car tu es mon dieu. » |
18 Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir. |
19 Pas un ne rentre en lui-même, pas un n’a la connaissance et l’intelligence de se dire : « J’en ai brûlé la moitié au feu et j’ai cuit du pain sur ses braises, je rôtis de la viande et je la mange ; avec le reste je ferais une chose abominable, me prosterner devant un bout de bois ! » |
20 Il est attaché à de la cendre, son cœur abusé l’a égaré, il ne sauvera pas sa vie, il ne dira pas : « Ce que j’ai dans la main, n’est-ce pas un leurre ? » |
21 Souviens-toi de cela, Jacob, et toi Israël, car tu es mon serviteur. Je t’ai modelé, tu es pour moi un serviteur, Israël, je ne t’oublierai pas. |
22 J’ai dissipé tes crimes comme un nuage et tes péchés comme une nuée ; reviens à moi, car je t’ai racheté. |
23 Criez de joie, cieux, car Yahvé a agi, hurlez, profondeurs de la terre, poussez, montagnes, des cris de joie, forêt, et tous les arbres qu’elle contient ! car Yahvé a racheté Jacob, il s’est glorifié en Israël. |
24 Ainsi parle Yahvé, ton rédempteur, celui qui t’a modelé dès le sein maternel, c’est moi, Yahvé, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux, affermi la terre, sans personne avec moi ; |
25 qui réduis à néant les signes des augures et fais délirer les devins, qui fais reculer les sages et tourne leur science en folie ; |
26 qui confirme la parole de mon serviteur et fais réussir les desseins de mes envoyés ; qui dis à Jérusalem : « Tu seras habitée », et aux villes de Juda : « Vous serez rebâties »; (et ses ruines, je les relèverai) ; |
27 qui dis à l’abîme : « Dessèche-toi, je vais tarir tes fleuves »; |
28 qui dis à Cyrus : « Mon berger. » Il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : « Tu seras reconstruite », et au Temple : « Tu seras rétabli. » |
Il n'est pas difficile de renoncer à l'idolâtrie déclarée une fois qu'elle a été condamnée ; il est bien plus difficile, en revanche, de cesser d'adorer des réalités du monde créé qui ne sont pas des statues de dieux païens, mais qui deviennent en substance des idoles, depuis les appareils ménagers et les cosmétiques, dont l'usage modéré n'est pas un péché, jusqu'aux « principes élevés » qui absorbent tout et dans lesquels un fragment de la vérité se substitue à sa plénitude. La plénitude du monde nous est inaccessible ; nous risquons donc constamment de prendre nos propres limites pour la sagesse et la vérité ultime. Plus dangereux encore, nous pouvons céder à la tentation d'attribuer les conclusions de notre intelligence limitée à Celui dont l'intelligence est insondable. Dans ce cas, nous aurons beau assurer à nous-mêmes et aux autres que nous croyons au Dieu unique, nos constructions mentales deviennent l'équivalent d'idoles faites de main d'homme.
Mais la confiance dans le Créateur peut non seulement nous sauver de la présomption qui déforme notre perception de la réalité ; elle nous rend aussi ouverts à l'écoute de Sa voix, qui révèle de nouveaux horizons et de nouvelles possibilités.
1 Et maintenant, écoute, Jacob mon serviteur, Israël que j’ai choisi. |
2 Ainsi parle Yahvé, qui t’a fait, qui t’a modelé dès le sein maternel, qui te soutient. Sois sans crainte, Jacob mon serviteur, Yeshurûn que j’ai choisi. |
3 Car je vais répandre de l’eau sur le sol assoiffé et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes descendants. |
4 Ils germeront comme parmi les herbages, comme les saules au bord de l’eau. |
5 Celui-ci dira : Je suis à Yahvé, et cet autre se réclamera du nom de Jacob. Celui-là écrira sur sa main : « à Yahvé », et on lui donnera le nom d’Israël. |
6 Ainsi parle Yahvé, roi d’Israël, Yahvé Sabaot, son rédempteur : Je suis le premier et je suis le dernier, à part moi, il n’y a pas de dieu. |
7 Qui est comme moi ? qu’il crie, qu’il le proclame et me l’expose ; depuis que j’ai constitué un peuple éternel, ce qui va se passer, qu’il le dise, et ce qui doit arriver, qu’il le leur annonce. |
8 Ne vous effrayez pas, soyez sans crainte, dès longtemps ne vous l’ai-je pas annoncé et révélé ? Vous êtes mes témoins. Y aurait-il un dieu à part moi ? Il n’y a pas de Rocher, je n’en connais pas ! |
9 Néant, tous ceux qui modèlent des idoles, leurs meilleures œuvres ne servent à rien ! Elles sont leurs témoins, qui ne voient ni ne savent rien, en sorte qu’ils seront couverts de honte. |
10 Qui a façonné un dieu et fondu une idole qui ne peuvent servir à rien ? |
11 Voici que tous ses fidèles seront couverts de honte, ainsi que ses artisans qui ne sont que des hommes. Qu’ils se rassemblent tous, qu’ils comparaissent ; qu’ils soient remplis à la fois d’épouvante et de honte ! |
12 Le forgeron fabrique une hache sur des braises, il la façonne au marteau, il la travaille à la force de son bras. Et puis il a faim et perd sa force, n’ayant pas bu d’eau il est épuisé. |
13 Le sculpteur sur bois tend le cordeau, trace l’image à la craie, l’exécute au ciseau et la dessine au compas, il l’exécute à l’image de l’homme, selon la beauté humaine, pour qu’elle habite une maison. |
14 Il a coupé des cèdres, il a choisi un chêne et un térébinthe qu’il a laissés croître pour lui parmi les arbres de la forêt. Il a planté un pin que la pluie a fait grandir. |
15 Les hommes le destinent au feu : il en a pris pour se chauffer, il l’a allumé et a cuit du pain. Mais aussi il a fait un dieu pour l’adorer, il a fabriqué une idole pour se prosterner devant elle. |
16 Il en avait brûlé la moitié au feu, sur cette moitié il fait rôtir de la viande, la mange et se rassasie ; en même temps il se chauffe et dit : « Ah ! je me suis bien chauffé et j’ai vu la flamme. » |
17 Avec le reste il fait un dieu, son idole, et il se prosterne devant lui, l’adore et le prie et dit : « Sauve-moi, car tu es mon dieu. » |
18 Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir. |
19 Pas un ne rentre en lui-même, pas un n’a la connaissance et l’intelligence de se dire : « J’en ai brûlé la moitié au feu et j’ai cuit du pain sur ses braises, je rôtis de la viande et je la mange ; avec le reste je ferais une chose abominable, me prosterner devant un bout de bois ! » |
20 Il est attaché à de la cendre, son cœur abusé l’a égaré, il ne sauvera pas sa vie, il ne dira pas : « Ce que j’ai dans la main, n’est-ce pas un leurre ? » |
21 Souviens-toi de cela, Jacob, et toi Israël, car tu es mon serviteur. Je t’ai modelé, tu es pour moi un serviteur, Israël, je ne t’oublierai pas. |
22 J’ai dissipé tes crimes comme un nuage et tes péchés comme une nuée ; reviens à moi, car je t’ai racheté. |
23 Criez de joie, cieux, car Yahvé a agi, hurlez, profondeurs de la terre, poussez, montagnes, des cris de joie, forêt, et tous les arbres qu’elle contient ! car Yahvé a racheté Jacob, il s’est glorifié en Israël. |
24 Ainsi parle Yahvé, ton rédempteur, celui qui t’a modelé dès le sein maternel, c’est moi, Yahvé, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux, affermi la terre, sans personne avec moi ; |
25 qui réduis à néant les signes des augures et fais délirer les devins, qui fais reculer les sages et tourne leur science en folie ; |
26 qui confirme la parole de mon serviteur et fais réussir les desseins de mes envoyés ; qui dis à Jérusalem : « Tu seras habitée », et aux villes de Juda : « Vous serez rebâties »; (et ses ruines, je les relèverai) ; |
27 qui dis à l’abîme : « Dessèche-toi, je vais tarir tes fleuves »; |
28 qui dis à Cyrus : « Mon berger. » Il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : « Tu seras reconstruite », et au Temple : « Tu seras rétabli. » |
La lecture d'aujourd'hui poursuit le thème des mérites et des accomplissements dans le contexte des relations de Dieu avec Son peuple. Une pensée la traverse comme un fil rouge : dès l'origine, le peuple juif est entièrement et exclusivement la création de Dieu, qu'il soit question du temps de Moïse ou d'Isaïe de Babylone, des individus ou du peuple dans son ensemble (versets 2, 21, 24). C'est précisément ce qui rend possibles aussi bien l'existence même du peuple (versets 3–5) que sa rédemption (verset 22). Sur ce fond, la polémique contre le paganisme paraît quelque peu exagérée (versets 9–20), surtout si l'on se rappelle qu'au temps d'Isaïe de Babylone il n'était déjà plus question de paganisme au sein même du peuple juif.
Mais l'exemple de la religiosité païenne permet de voir avec une netteté particulière ce qui, dans une religiosité monothéiste, passe au second plan ou prend des formes voilées et n'est donc pas toujours perceptible. Et avant tout ce qui frappe immédiatement quiconque a vu des artisans fabriquer des statues ou des images sacrées : le paganisme suppose toujours que c'est l'homme lui-même qui se crée des dieux, et précisément tels qu'il veut les voir. L'inverse est également vrai : chaque fois que l'homme veut se créer des dieux ou Dieu tel qu'il veut les voir—ou Le voir—il tombe dans le paganisme, même s'il continue formellement à être monothéiste. Car un tel homme, tout en étant absolument convaincu d'adorer l'Unique, commence en réalité à adorer sa propre représentation de Lui, qui devient pour lui une idole.
Cela se produit, à ce qu'il semble, parce que l'homme considère sa religion comme l'une des multiples parties qui composent sa vie. Ce n'est pas un hasard si le prophète rappelle que le bois que l'on jette au feu pour y préparer la nourriture sert ensuite à fabriquer une idole (versets 14–17). L'homme a besoin de la religion comme il a besoin de nourriture et de chaleur, ni plus ni moins. Et il cherche à satisfaire ce besoin comme tous les autres, en utilisant tous les moyens dont il dispose.
Il importe alors peu que ce besoin se manifeste sous une forme païenne ou monothéiste : l'une et l'autre sont également éloignées de Dieu. Il ne s'agit pas de dire que Dieu n'a ni la possibilité ni le désir de satisfaire n'importe quel besoin humain, pourvu qu'il ne comporte pas de péché. Il s'agit du fait que demeurer dans le Royaume ne peut en aucun cas se réduire à la satisfaction des besoins. Le Royaume est avant tout relation : relation avec Dieu et avec les hommes, relations que l'homme ne pourra jamais bâtir sans Son aide.
1 Et maintenant, écoute, Jacob mon serviteur, Israël que j’ai choisi. |
2 Ainsi parle Yahvé, qui t’a fait, qui t’a modelé dès le sein maternel, qui te soutient. Sois sans crainte, Jacob mon serviteur, Yeshurûn que j’ai choisi. |
3 Car je vais répandre de l’eau sur le sol assoiffé et des ruisseaux sur la terre desséchée ; je répandrai mon esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes descendants. |
4 Ils germeront comme parmi les herbages, comme les saules au bord de l’eau. |
5 Celui-ci dira : Je suis à Yahvé, et cet autre se réclamera du nom de Jacob. Celui-là écrira sur sa main : « à Yahvé », et on lui donnera le nom d’Israël. |
6 Ainsi parle Yahvé, roi d’Israël, Yahvé Sabaot, son rédempteur : Je suis le premier et je suis le dernier, à part moi, il n’y a pas de dieu. |
7 Qui est comme moi ? qu’il crie, qu’il le proclame et me l’expose ; depuis que j’ai constitué un peuple éternel, ce qui va se passer, qu’il le dise, et ce qui doit arriver, qu’il le leur annonce. |
8 Ne vous effrayez pas, soyez sans crainte, dès longtemps ne vous l’ai-je pas annoncé et révélé ? Vous êtes mes témoins. Y aurait-il un dieu à part moi ? Il n’y a pas de Rocher, je n’en connais pas ! |
9 Néant, tous ceux qui modèlent des idoles, leurs meilleures œuvres ne servent à rien ! Elles sont leurs témoins, qui ne voient ni ne savent rien, en sorte qu’ils seront couverts de honte. |
10 Qui a façonné un dieu et fondu une idole qui ne peuvent servir à rien ? |
11 Voici que tous ses fidèles seront couverts de honte, ainsi que ses artisans qui ne sont que des hommes. Qu’ils se rassemblent tous, qu’ils comparaissent ; qu’ils soient remplis à la fois d’épouvante et de honte ! |
12 Le forgeron fabrique une hache sur des braises, il la façonne au marteau, il la travaille à la force de son bras. Et puis il a faim et perd sa force, n’ayant pas bu d’eau il est épuisé. |
13 Le sculpteur sur bois tend le cordeau, trace l’image à la craie, l’exécute au ciseau et la dessine au compas, il l’exécute à l’image de l’homme, selon la beauté humaine, pour qu’elle habite une maison. |
14 Il a coupé des cèdres, il a choisi un chêne et un térébinthe qu’il a laissés croître pour lui parmi les arbres de la forêt. Il a planté un pin que la pluie a fait grandir. |
15 Les hommes le destinent au feu : il en a pris pour se chauffer, il l’a allumé et a cuit du pain. Mais aussi il a fait un dieu pour l’adorer, il a fabriqué une idole pour se prosterner devant elle. |
16 Il en avait brûlé la moitié au feu, sur cette moitié il fait rôtir de la viande, la mange et se rassasie ; en même temps il se chauffe et dit : « Ah ! je me suis bien chauffé et j’ai vu la flamme. » |
17 Avec le reste il fait un dieu, son idole, et il se prosterne devant lui, l’adore et le prie et dit : « Sauve-moi, car tu es mon dieu. » |
18 Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir. |
19 Pas un ne rentre en lui-même, pas un n’a la connaissance et l’intelligence de se dire : « J’en ai brûlé la moitié au feu et j’ai cuit du pain sur ses braises, je rôtis de la viande et je la mange ; avec le reste je ferais une chose abominable, me prosterner devant un bout de bois ! » |
20 Il est attaché à de la cendre, son cœur abusé l’a égaré, il ne sauvera pas sa vie, il ne dira pas : « Ce que j’ai dans la main, n’est-ce pas un leurre ? » |
21 Souviens-toi de cela, Jacob, et toi Israël, car tu es mon serviteur. Je t’ai modelé, tu es pour moi un serviteur, Israël, je ne t’oublierai pas. |
22 J’ai dissipé tes crimes comme un nuage et tes péchés comme une nuée ; reviens à moi, car je t’ai racheté. |
23 Criez de joie, cieux, car Yahvé a agi, hurlez, profondeurs de la terre, poussez, montagnes, des cris de joie, forêt, et tous les arbres qu’elle contient ! car Yahvé a racheté Jacob, il s’est glorifié en Israël. |
24 Ainsi parle Yahvé, ton rédempteur, celui qui t’a modelé dès le sein maternel, c’est moi, Yahvé, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux, affermi la terre, sans personne avec moi ; |
25 qui réduis à néant les signes des augures et fais délirer les devins, qui fais reculer les sages et tourne leur science en folie ; |
26 qui confirme la parole de mon serviteur et fais réussir les desseins de mes envoyés ; qui dis à Jérusalem : « Tu seras habitée », et aux villes de Juda : « Vous serez rebâties »; (et ses ruines, je les relèverai) ; |
27 qui dis à l’abîme : « Dessèche-toi, je vais tarir tes fleuves »; |
28 qui dis à Cyrus : « Mon berger. » Il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : « Tu seras reconstruite », et au Temple : « Tu seras rétabli. » |
Ce n'est pas que nous priions des idoles, mais souvent nous pensons à Dieu comme si ce n'était pas Lui qui nous avait créés, mais nous qui L'avions fait. L'idolâtrie est terrible et absurde non parce que de malheureux hommes adorent le mauvais dieu ou, par ignorance, ont de Lui des représentations erronées, mais parce que l'essence de telles relations religieuses est le pouvoir exercé sur son dieu. Au lieu de chercher la volonté de Celui qui EST véritablement, les hommes cherchent à s'inventer des dieux à leur image et à leur ressemblance, afin d'accomplir avec leur aide leur propre volonté.
Un tel paganisme ne se limite pas au monde antique ou à des pays lointains ; il s'entrelace aussi à notre foi, à notre prière, dans laquelle nous demandons l'accomplissement de notre volonté, demandons la santé, le bonheur et le confort pour nous-mêmes et pour nos proches, sans réfléchir le moins du monde au fait que Celui que nous prions peut vouloir quelque chose de nous, simplement parce que c'est Lui qui nous a créés, et non l'inverse.
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