1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
Il semble que, pour que les promesses de Dieu commencent à s’accomplir dans notre vie, nous devions revoir notre attitude... envers nous-mêmes. Qui sommes-nous ? Des êtres sages, forts, adultes, justes, connaissant le bien et le mal ? Alors à quoi Dieu nous sert-Il ? Et Dieu ne nous impose ni Sa communion ni Sa présence dans notre vie. Mais si nous voulons nous tenir devant Lui comme des enfants devant leur Père, comme des brebis égarées devant leur Berger, alors Il marchera réellement devant nous et ne nous abandonnera pas.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
Lorsque le Seigneur nous donne un enfant en exemple, Il dit que notre tâche pour atteindre le Royaume est de nous convertir et d'être comme des enfants. Quelle est donc la principale différence entre l'adulte et l'enfant ? Entre autres, le fait que l'enfant fait confiance à ses parents sans conditions ni réserves. Sans comprendre la nécessité, sans voir le sens des paroles, des interdictions et des demandes, il fait pourtant confiance. Le chemin de maturation de tout homme passe le plus souvent par le renforcement progressif de la désobéissance, le refus de l'expérience des parents et l'accumulation de la sienne propre.
Dans nos relations avec Dieu, nous nous trouvons aussi souvent devant des choses incompréhensibles, que le Seigneur considère comme données et n'explique même pas beaucoup. Nous devons préserver la vie, nous ne pouvons pas tuer, mentir, trahir, nous devons nous aimer les uns les autres ; et plus une situation concrète de la vie est complexe, moins nous sommes prêts à faire confiance à Dieu, plus souvent nous disons : « mais au nom de quoi, au juste ? » Dans de telles situations, le comportement vraiment enfantin consiste à se tourner vers le Père et à accepter ce qu'Il propose de faire ou de ne pas faire.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
Il est si difficile d'assimiler que le Royaume des Cieux ne ressemble en rien aux royaumes terrestres. C'est pourquoi la question « qui est le plus grand ? », posée par les disciples, montre vivement non seulement leur niveau, car malgré leur proximité avec le Maître ils se laissent encore guider par des notions terrestres. Cette question reflète l'état de toute notre nature déchue, avec les représentations de domination et de soumission qui lui sont propres et qui sont devenues si familières au fil de tant de millénaires.
Chaque fois que quelqu'un cherche à fonder le principe de domination, il n'est pas difficile de remarquer l'espérance de celui qui le fonde : que ce soit justement lui qui dominera. Mais le Christ, comme en bien d'autres cas, nous donne ici un regard tout différent sur le problème. À des adultes, sérieux, habitués à se respecter eux-mêmes, Il propose de devenir comme des enfants. Il nous est recommandé de rejeter ce que nous avons l'habitude de tenir pour une valeur, non seulement le statut social, mais aussi, dans une certaine mesure, l'expérience. Mais si cette expérience est celle d'une vie imprégnée de péché, elle peut ne pas avoir la valeur d'une véritable expérience de vie. Le Christ nous propose de nous ouvrir au Père comme un enfant qui reçoit avec confiance des plus âgés tout ce qui est nouveau. Seulement, à la différence des adultes, le Père n'abusera jamais de la confiance enfantine.
Et ce n'est pas un hasard si, aussitôt après ces paroles, le Christ parle des scandales. Comme il est facile de traumatiser pour toute la vie un enfant confiant, et comme il est amer que des personnes sincèrement attirées vers la lumière se heurtent à des pharisiens et à de faux docteurs. Les paroles sévères sur le retranchement des membres peuvent sembler un appel à se mutiler, mais en réalité nous avons ici, exprimé sous une forme extrême, un appel à être exigeants envers nous-mêmes, à surmonter le mal qui niche en nous. Ce mal ne nous détruit pas seulement nous-mêmes, il menace aussi ceux qui sont près de nous. Et tout particulièrement ceux qui ont su devenir ouverts comme des enfants.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
Depuis longtemps, la question de l'origine et de la nature du mal dans le monde occupe et tourmente l'homme. Et personne n'aurait sans doute pu en dire davantage que Jésus, qui devait affronter le mal du monde. Pourtant, il parle peu à ses disciples du diable et du mal du monde; il leur dit seulement que le diable est vaincu et qu'un jour viendra où cela deviendra clairement visible pour tous.
En revanche, il parle longuement et en détail à ses disciples et à ceux qui le suivent de la manière de résister au mal dans la vie quotidienne. L'une des tentations les plus sérieuses de cette vie, en ce qui concerne les actes mauvais, est celle de l'impuissance imaginaire de l'homme devant le mal qui s'accomplit. Il ne s'agit même pas de la possibilité d'arrêter ceux qui font le mal, mais de la prétendue absurdité de s'en abstenir. La logique du mal suggère: ta participation ou ta non-participation ne changera rien; si ce n'est pas toi, ce sera un autre. Et en essayant de résister au mal, même sous la forme d'un refus d'y participer, tu ne fais que compliquer ta vie sans rien obtenir du tout, car il n'y a pas moins de mal dans le monde pour autant.
Cette logique paraît d'une simplicité séduisante, et elle serait exhaustive si le monde non transfiguré était l'unique et l'ultime réalité. Mais, heureusement, il n'en est pas ainsi. L'homme qui refuse de participer au mal a une bonne raison d'agir comme il le fait. Il s'agit ici non seulement, ni même principalement, du monde qui gît au pouvoir du mal, mais de l'homme et de son destin spirituel: pourra-t-il entrer dans le Royaume ou demeurera-t-il dans les « ténèbres extérieures »? Même si la situation dans le monde déchu échappe souvent réellement au pouvoir de l'homme — « il faut que les scandales arrivent » —, son propre choix reste toujours en son pouvoir. Jésus ne tient manifestement aucun compte de ce que l'on appelle l'influence du milieu, le déterminisme social et les autres justifications semblables du mal commis par l'homme.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne tienne pas compte de la situation dans laquelle l'homme doit faire son choix. Il dit seulement que l'on ne doit pas consentir au mal ni capituler intérieurement devant lui en l'acceptant comme norme simplement parce qu'il est la norme du monde déchu. La norme du monde déchu n'est pas une norme, mais une perversion, et quiconque accepte de devenir le conducteur des forces du mal doit s'en souvenir, car « malheur à l'homme par qui le scandale arrive ». Il peut certes se produire que, même en refusant de participer au mal, l'homme ne puisse empêcher ce mal. Mais il pourra l'empêcher de pénétrer dans son propre cœur et ainsi préserver ce cœur pour le Royaume.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
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La question de ce que signifie être comme des enfants préoccupe les chrétiens depuis de nombreux siècles. Cela se comprend: c'est bien la condition indispensable pour entrer dans le Royaume. Le plus souvent, on mentionne ici l'innocence enfantine et la naïveté enfantine. En réalité, cependant, les choses ne sont pas si simples avec la naïveté et l'innocence.
Déjà Augustin avait remarqué que les enfants ne sont nullement innocents; ils n'ont simplement pas encore assez de force ni d'habileté pour pécher «comme des adultes», mais il n'est pas possible de parler de leur absence de péché, ni même d'une moindre culpabilité par rapport aux adultes, car tous les grands pécheurs grandissent naturellement à partir de petits, s'ils ne tentent pas de résister à leur péché. Avec la naïveté non plus, tout n'est pas simple: les enfants comprennent d'habitude beaucoup plus qu'ils ne disent aux adultes, bien que, en règle générale, ils le fassent à leur manière, dans le cadre de leur propre logique et de leurs propres représentations du monde.
Il existe cependant une différence essentielle entre les enfants et les adultes, du moins jusqu'à un certain âge: ils se soucient d'habitude assez peu de l'image qu'ils donnent aux autres et de la place qu'ils occupent dans le monde «adulte». Pendant cette période de leur vie, les enfants ignorent simplement les repères du monde «adulte», tout en comprenant qu'il est une réalité objective. Les adultes perçoivent généralement cette existence de l'enfant comme un jeu permanent, plus important pour lui que la vie que les adultes considèrent comme «réelle».
Pour l'enfant, en ce temps-là, ce qui importe est ce qu'il considère lui-même comme réel et véritable, et non ce qu'il est convenu de considérer comme tel selon des règles admises par tous, auxquelles les adultes eux-mêmes ne croient souvent pas beaucoup. Une telle attitude enfantine devant la vie est un trésor inestimable pour quiconque aspire à une vie spirituelle normale et plénière. Car une vie spirituelle normale est impossible si l'on ne vit pas de ce que l'on reconnaît soi-même comme vrai, authentique, réel.
En grandissant, nous apprenons plus ou moins à renoncer à ce que nous-mêmes considérons comme vrai et authentique au profit de ce qu'il est convenu de considérer comme tel, et nous passons de la réalité à l'illusion, dont nous nous efforçons de toutes nos forces de convaincre nous-mêmes et les autres qu'elle est réelle. Être comme des enfants signifie renoncer à cette tromperie de soi. Ce n'est bien sûr que le premier pas sur le chemin du Royaume, vers la vie spirituelle authentique, mais sans le premier pas il n'y aura pas les suivants, et donc il n'y aura pas non plus de chemin.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Les paroles sur les enfants qu’il faut devenir pour entrer dans le Royaume des Cieux sont reliées par l’évangéliste à une petite parabole sur le berger et la brebis perdue, et cela remet aussitôt tout à sa place. Il ne s’agit pas seulement de devenir faibles, sans défense et dépendants, même s’il nous est parfois vraiment nécessaire de nous sentir enfants devant Dieu ; le Christ parle clairement ici d’une « nouvelle enfance », c’est-à-dire d’une seconde naissance : non seulement de nous sentir enfants par rapport à Dieu, mais de devenir réellement enfants du Père céleste, et ici aucune infantilité n’a sa place, tant cet appel est élevé.
Dans cette compréhension, le commandement habituel « soyez comme des enfants » devient un appel insondable à participer à la vie de Dieu, à devenir des fils et des filles bien-aimés dans le Fils unique bien-aimé : le chemin qui s’ouvre devant nous dans la Résurrection du Christ...
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Comment comprendre les paroles selon lesquelles il faut devenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume des Cieux ? Sans doute chacun de ceux qui connaissent un peu les petits enfants sait qu’ils ne sont nullement des anges (bien que leurs anges se tiennent devant le trône du Très-Haut dans les cieux). Peut-être l’essentiel est-il justement dans leur petitesse, leur absence de défense, leur dépendance à l’égard des parents — car le Seigneur parle précisément d’abaissement (v. 4). Ils sont les plus exposés au danger du scandale, de la tromperie, de l’action du mal du monde ; c’est pourquoi ils ont tant besoin de l’amour et de la protection de Dieu. Apparemment, ce sont précisément de telles relations avec Dieu qui constituent la réalisation du Royaume des Cieux.
24 Comme ils étaient venus à Capharnaüm, les collecteurs du didrachme s'approchèrent de Pierre et lui dirent : " Est-ce que votre maître ne paie pas le didrachme ? " - |
25 " Mais si ", dit-il. Quand il fut arrivé à la maison, Jésus devança ses paroles en lui disant : " Qu'en penses-tu, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils taxes ou impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? " |
26 Et comme il répondait : " Des étrangers ", Jésus lui dit : " Par conséquent, les fils sont exempts. |
27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l'hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche : tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. " |
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
Que veut dire Jésus lorsqu’il parle des enfants comme des habitants idéaux du Royaume ? Et que manque-t-il, en ce sens, aux adultes ? Bien sûr, lorsque nous pensons ou parlons des enfants, nous nous souvenons avant tout de ce qu’on appelle d’ordinaire « la spontanéité enfantine », ainsi que « l’innocence enfantine ». Mais à y regarder de plus près, le tableau n’est pas si simple : la psychologie enfantine n’est pas plus simple que celle des adultes, et quiconque a rencontré ne serait-ce qu’une fois des manifestations de cruauté enfantine peut facilement douter de cette innocence.
Mais il y a aussi quelque chose qui appartient sans aucun doute aux enfants : il s’agit de la confiance. Même des enfants rusés et méchants manifestent parfois une confiance étonnante, même si, bien sûr, on peut les en désaccoutumer si on le veut. Et pourtant, pour désapprendre à un enfant à faire confiance, surtout à ses propres parents, il faut vraiment s’y employer avec beaucoup d’efforts. Et voilà, semble-t-il, précisément la confiance dont parle Jésus lorsqu’il donne les enfants en exemple aux adultes.
Bien sûr, ce n’est encore qu’une parabole : car la confiance enfantine, surtout lorsqu’il s’agit des relations avec les parents, appartient encore à l’ordre non transfiguré des choses ; c’est un attachement purement naturel. Et si elle demeure telle quelle, avec le temps elle disparaîtra inévitablement. Alors, bien sûr, les parents se demanderont avec perplexité pourquoi leur enfant, si confiant et affectueux dans l’enfance, s’est soudain éloigné d’eux. Jésus, lui, utilise évidemment l’image de la confiance enfantine, qui est en règle générale tout à fait organique chez l’enfant, pour décrire le but que doit se fixer tout homme qui cherche le Royaume.
Il ne s’agit évidemment pas de retourner à l’enfance sous la forme d’un infantilisme religieux naïf ou d’une « obéissance » « spirituelle » exaltée envers ceux dont une personne normale préférerait se tenir éloignée. Il s’agit d’apprendre à faire confiance à Dieu et au Sauveur aussi naturellement et organiquement qu’un enfant fait confiance, dans le cas normal, à ses parents.
Bien sûr, au niveau purement naturel, qu’il s’agisse de physiologie ou de psychologie, de telles relations sont impossibles pour un adulte : l’homme déchu est égoïste par nature. Elles ne peuvent devenir possibles que dans le processus de transfiguration de la nature humaine, qui commence au moment du premier contact avec le Royaume et s’achève par le renouvellement complet et définitif de la nature humaine à la fin des temps. Et une telle transfiguration est importante non seulement pour l’homme lui-même, mais aussi pour le Royaume : car le Royaume est fondé sur des relations, celles de ses habitants entre eux, de chacun d’eux avec le Christ, du Christ lui-même avec son Père céleste. Et plus ces relations seront fortes, plus le Royaume sera plein.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
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12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Les paroles qui recommandent de ne pas mépriser ces petits sont prononcées aussitôt après l'avertissement sur le danger des scandales. Mais seuls les enfants font-ils partie des petits mentionnés? Car si le Christ propose à des adultes de devenir comme des enfants, cela signifie que les petits peuvent être des personnes très diverses, de toute catégorie d'âge.
En conseillant de ne mépriser personne, Il nous donne un commandement très difficile. Beaucoup d'entre nous sont habitués à traiter avec mépris ceux qui ne nous conviennent pas. Il est très commode de se rendre compte qu'on est meilleur que les autres, ces gens si désagréables. Bien plus, beaucoup d'entre nous ont l'habitude de “se perfectionner moralement” en se comparant à de “mauvaises personnes” et en se mettant en valeur sur leur fond.
Mais le Seigneur, ici aussi, regarde et agit autrement. Ceux que nous avons l'habitude de placer plus bas que nous peuvent se révéler beaucoup plus précieux pour Lui que certains “corrects”, précisément parce que nous avons renforcé la douleur des rejetés par nos coups “corrects”.
Et à ces gens bien installés qui ne comprennent pas la statistique du Christ, selon laquelle, pour sauver une seule brebis égarée, on peut laisser tout l'immense troupeau, rappelons que personne n'est assuré de ne jamais devenir une telle brebis. Et alors le Bon Pasteur, laissant tout, ira le sauver lui aussi. Car Il veut que tous soient sauvés jusqu'au dernier.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Aujourd'hui, l'Église orthodoxe célèbre le jour du Saint-Esprit. L'Épître aux Éphésiens nous rappelle que « le fruit de l'Esprit consiste en toute bonté, justice et vérité » (v. 9) et nous appelle à « être remplis de l'Esprit » (v. 18). Ce nouvel état de l'homme, l'apôtre Paul l'appelle « lumière dans le Seigneur »; l'apôtre Jean recourt lui aussi à cette image de la lumière lorsqu'il parle de l'amour fraternel entre les croyants (1 Jn 2:10). Dans l'esprit de l'amour, nous sommes appelés à « chercher ceux qui se sont égarés » (Mt 18:10-14), à résoudre les problèmes de nos relations (Mt 18:15-18) et enfin à recevoir la grâce de Dieu dans la prière unanime au nom du Christ et en sa présence, comme cela nous a été promis.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Il est très important qu'aujourd'hui précisément, jour du Saint-Esprit, l'Église nous rappelle la promesse du Seigneur d'être au milieu de nous lorsque nous nous réunissons en Son nom à deux ou trois. Au moment où le Christ prononçait ces paroles, les apôtres comprenaient difficilement comment le Maître pourrait toujours être présent avec tous ceux qui se réuniraient «en Son nom». Tant qu'ils ne l'avaient pas appris et vérifié de leurs propres yeux, par leur propre expérience, ces paroles demeuraient pour eux une énigme. Le Christ, le prévoyant, envoya tout de même aux apôtres ce «paquet» qui atteint son destinataire avec le temps.
Et c'est précisément le jour de la Pentecôte que ce paquet fut livré: «Mais le Défenseur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en Mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit» (Jn 14:26). Ce jour-là, l'Esprit donna aux apôtres le sentiment de la présence vivante de leur Maître au milieu d'eux, aussi réelle que lorsqu'ils marchaient ensemble sur les routes de Palestine. Et peut-être même plus réelle encore: l'Esprit «assurait» Sa présence à la fois au milieu d'eux et en chacun d'eux. Parce qu'ils étaient réellement réunis en Son nom.
Il est possible que les apôtres, en attendant la descente de l'Esprit, se soient occupés précisément de ce que Paul énumère dans l'épître aux Éphésiens (Ép 5:9-19). Car c'est là une incarnation tout à fait concrète des paroles «en Son nom», c'est vraiment ce qu'il convient de faire dans l'attente de l'Esprit. Mais en tout cas, les apôtres ont véritablement écouté les paroles du Christ et sont demeurés ensemble. Et cette disposition commune, cette attente fidèle pendant les dix jours depuis l'Ascension, était ce que le Seigneur voulait d'eux. Ce seul pas en réponse auquel Il fait beaucoup plus: Il répand sur nous Sa grâce.
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
Pour ce jour du Saint-Esprit, citons des paroles de l'office composées par saint Théophane le Marqué, qui vécut dans la première moitié du IXe siècle.
Source de vie en qui nous croyons, flot de bonté, Saint-Esprit de Dieu, rends la vie à mon intelligence morte et, par Ton action, relève-la pour chanter Ta divinité.
Ô Esprit de sagesse et de crainte de Dieu, Esprit de vérité, de conseil et d'intelligence, Toi qui donnes la paix, demeure en nous, afin que, sanctifiés par Ta présence, nous chantions sans cesse dans la nuit : nous Te glorifions, Ami des hommes.
Tout-Puissant et Seigneur de tous, Toi qui préserves toute la création de la corruption, accorde-nous la sanctification et l'illumination, afin que, rassasiés de Ta lumière, nous chantions sans cesse dans la nuit : nous Te glorifions, Ami des hommes.
Viens à nous, Esprit Saint, rends-nous participants de Ta sainteté, de la Lumière sans déclin, de la vie divine et de Tes dons parfumés, car Tu es le flot de la Divinité, procédant du Père par le Fils.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Comment comprendre les paroles selon lesquelles il faut devenir comme des enfants pour entrer dans le Royaume des Cieux ? Sans doute chacun de ceux qui connaissent un peu les petits enfants sait qu’ils ne sont nullement des anges (bien que leurs anges se tiennent devant le trône du Très-Haut dans les cieux). Peut-être l’essentiel est-il justement dans leur petitesse, leur absence de défense, leur dépendance à l’égard des parents — car le Seigneur parle précisément d’abaissement (v. 4). Ils sont les plus exposés au danger du scandale, de la tromperie, de l’action du mal du monde ; c’est pourquoi ils ont tant besoin de l’amour et de la protection de Dieu. Apparemment, ce sont précisément de telles relations avec Dieu qui constituent la réalisation du Royaume des Cieux.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
12 " A votre avis, si un homme possède cent brebis et qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s'en aller à la recherche de l'égarée ? |
13 Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d'elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. |
14 Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu'un seul de ces petits se perde. |
Les paroles sur les enfants qu’il faut devenir pour entrer dans le Royaume des Cieux sont reliées par l’évangéliste à une petite parabole sur le berger et la brebis perdue, et cela remet aussitôt tout à sa place. Il ne s’agit pas seulement de devenir faibles, sans défense et dépendants, même s’il nous est parfois vraiment nécessaire de nous sentir enfants devant Dieu ; le Christ parle clairement ici d’une « nouvelle enfance », c’est-à-dire d’une seconde naissance : non seulement de nous sentir enfants par rapport à Dieu, mais de devenir réellement enfants du Père céleste, et ici aucune infantilité n’a sa place, tant cet appel est élevé.
Dans cette compréhension, le commandement habituel « soyez comme des enfants » devient un appel insondable à participer à la vie de Dieu, à devenir des fils et des filles bien-aimés dans le Fils unique bien-aimé : le chemin qui s’ouvre devant nous dans la Résurrection du Christ...
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
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La question de ce que signifie être comme des enfants préoccupe les chrétiens depuis de nombreux siècles. Cela se comprend: c'est bien la condition indispensable pour entrer dans le Royaume. Le plus souvent, on mentionne ici l'innocence enfantine et la naïveté enfantine. En réalité, cependant, les choses ne sont pas si simples avec la naïveté et l'innocence.
Déjà Augustin avait remarqué que les enfants ne sont nullement innocents; ils n'ont simplement pas encore assez de force ni d'habileté pour pécher «comme des adultes», mais il n'est pas possible de parler de leur absence de péché, ni même d'une moindre culpabilité par rapport aux adultes, car tous les grands pécheurs grandissent naturellement à partir de petits, s'ils ne tentent pas de résister à leur péché. Avec la naïveté non plus, tout n'est pas simple: les enfants comprennent d'habitude beaucoup plus qu'ils ne disent aux adultes, bien que, en règle générale, ils le fassent à leur manière, dans le cadre de leur propre logique et de leurs propres représentations du monde.
Il existe cependant une différence essentielle entre les enfants et les adultes, du moins jusqu'à un certain âge: ils se soucient d'habitude assez peu de l'image qu'ils donnent aux autres et de la place qu'ils occupent dans le monde «adulte». Pendant cette période de leur vie, les enfants ignorent simplement les repères du monde «adulte», tout en comprenant qu'il est une réalité objective. Les adultes perçoivent généralement cette existence de l'enfant comme un jeu permanent, plus important pour lui que la vie que les adultes considèrent comme «réelle».
Pour l'enfant, en ce temps-là, ce qui importe est ce qu'il considère lui-même comme réel et véritable, et non ce qu'il est convenu de considérer comme tel selon des règles admises par tous, auxquelles les adultes eux-mêmes ne croient souvent pas beaucoup. Une telle attitude enfantine devant la vie est un trésor inestimable pour quiconque aspire à une vie spirituelle normale et plénière. Car une vie spirituelle normale est impossible si l'on ne vit pas de ce que l'on reconnaît soi-même comme vrai, authentique, réel.
En grandissant, nous apprenons plus ou moins à renoncer à ce que nous-mêmes considérons comme vrai et authentique au profit de ce qu'il est convenu de considérer comme tel, et nous passons de la réalité à l'illusion, dont nous nous efforçons de toutes nos forces de convaincre nous-mêmes et les autres qu'elle est réelle. Être comme des enfants signifie renoncer à cette tromperie de soi. Ce n'est bien sûr que le premier pas sur le chemin du Royaume, vers la vie spirituelle authentique, mais sans le premier pas il n'y aura pas les suivants, et donc il n'y aura pas non plus de chemin.
1 A ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent : " Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? " |
2 Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d'eux |
3 et dit : " En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. |
4 Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. |
5 " Quiconque accueille un petit enfant tel que lui à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille. |
6 Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer. |
7 Malheur au monde à cause des scandales! Il est fatal, certes, qu'il arrive des scandales, mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! |
8 " Si ta main ou ton pied sont pour toi une occasion de péché, coupe-les et jette-les loin de toi : mieux vaut pour toi entrer dans la Vie manchot ou estropié que d'être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel. |
9 Et si ton œil est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi: mieux vaut pour toi entrer borgne dans la Vie que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu. |
10 " Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux [ |
11 ]. |
Depuis longtemps, la question de l'origine et de la nature du mal dans le monde occupe et tourmente l'homme. Et personne n'aurait sans doute pu en dire davantage que Jésus, qui devait affronter le mal du monde. Pourtant, il parle peu à ses disciples du diable et du mal du monde; il leur dit seulement que le diable est vaincu et qu'un jour viendra où cela deviendra clairement visible pour tous.
En revanche, il parle longuement et en détail à ses disciples et à ceux qui le suivent de la manière de résister au mal dans la vie quotidienne. L'une des tentations les plus sérieuses de cette vie, en ce qui concerne les actes mauvais, est celle de l'impuissance imaginaire de l'homme devant le mal qui s'accomplit. Il ne s'agit même pas de la possibilité d'arrêter ceux qui font le mal, mais de la prétendue absurdité de s'en abstenir. La logique du mal suggère: ta participation ou ta non-participation ne changera rien; si ce n'est pas toi, ce sera un autre. Et en essayant de résister au mal, même sous la forme d'un refus d'y participer, tu ne fais que compliquer ta vie sans rien obtenir du tout, car il n'y a pas moins de mal dans le monde pour autant.
Cette logique paraît d'une simplicité séduisante, et elle serait exhaustive si le monde non transfiguré était l'unique et l'ultime réalité. Mais, heureusement, il n'en est pas ainsi. L'homme qui refuse de participer au mal a une bonne raison d'agir comme il le fait. Il s'agit ici non seulement, ni même principalement, du monde qui gît au pouvoir du mal, mais de l'homme et de son destin spirituel: pourra-t-il entrer dans le Royaume ou demeurera-t-il dans les « ténèbres extérieures »? Même si la situation dans le monde déchu échappe souvent réellement au pouvoir de l'homme — « il faut que les scandales arrivent » —, son propre choix reste toujours en son pouvoir. Jésus ne tient manifestement aucun compte de ce que l'on appelle l'influence du milieu, le déterminisme social et les autres justifications semblables du mal commis par l'homme.
Cela ne signifie évidemment pas qu'il ne tienne pas compte de la situation dans laquelle l'homme doit faire son choix. Il dit seulement que l'on ne doit pas consentir au mal ni capituler intérieurement devant lui en l'acceptant comme norme simplement parce qu'il est la norme du monde déchu. La norme du monde déchu n'est pas une norme, mais une perversion, et quiconque accepte de devenir le conducteur des forces du mal doit s'en souvenir, car « malheur à l'homme par qui le scandale arrive ». Il peut certes se produire que, même en refusant de participer au mal, l'homme ne puisse empêcher ce mal. Mais il pourra l'empêcher de pénétrer dans son propre cœur et ainsi préserver ce cœur pour le Royaume.
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