1 Qui est comme le sage et qui sait expliquer cette parole :« La sagesse de l’homme illumine son visage et son air austère est changé » ? |
2 Moi ! Observe l’ordre du roi, et à cause du serment divin, |
3 ne te presse pas de t’en écarter ; ne t’obstine pas dans un mauvais cas, car il fait ce qui lui plaît : |
4 la parole du roi est souveraine, et qui lui dira : « Que fais-tu ? » |
5 « Celui qui observe le commandement ne connaîtra aucun mal ; le cœur du sage connaît le temps et le jugement. » |
6 Oui, il y a un temps et un jugement pour chaque chose, mais il y a un grand malheur pour l’homme : |
7 il ne sait pas ce qui arrivera, qui pourrait lui annoncer comment ce sera ? |
8 Aucun homme n’est maître du souffle pour retenir ce souffle ; personne n’est maître du jour de la mort. Il n’y a pas de relâche dans le combat et la méchanceté ne sauve pas son homme. |
9 Tout cela je l’ai vu, en mettant tout mon cœur à tout ce qui se fait sous le soleil, au temps où l’homme est maître de l’homme, pour son malheur. |
10 Et ainsi j’ai vu des méchants mis au tombeau ; on allait et venait depuis le lieu saint, et on oubliait dans la ville comment ils avaient agi.Cela aussi est vanité. |
11 Parce que la sentence contre celui qui fait le mal n’est pas vite exécutée, le cœur des fils d’Adam est plein de l’envie de mal faire. |
12 Que le pécheur fasse cent fois le mal, il survit. Mais moi, je sais aussi qu’il arrive du bien à ceux qui craignent Dieu parce qu’ils éprouvent de la crainte devant lui, |
13 mais qu’il n’arrive pas de bien au méchant et que, comme l’ombre, il ne prolongera pas ses jours, parce qu’il est sans crainte devant Dieu. |
14 Il y a une vanité qui se fait sur la terre : il y a des justes qui sont traités selon la conduite des méchants et des méchants qui sont traités selon la conduite des justes. Je dis que cela aussi est vanité. |
15 Et je fais l’éloge de la joie, car il n’y a de bonheur pour l’homme sous le soleil que dans le manger, le boire et le plaisir qu’il prend ; c’est cela qui accompagne son travail aux jours de la vie que Dieu lui donne sous le soleil. |
16 Après avoir mis tout mon cœur à connaître la sagesse et à observer la tâche qu’on exerce sur la terre — car ni jour ni nuit on ne voit de ses yeux le repos — |
17 j’ai observé toute l’œuvre de Dieu : l’homme ne peut découvrir toute l’œuvre qui se fait sous le soleil ; quoique l’homme se fatigue à chercher, il ne trouve pas. Et même si un sage dit qu’il sait, il ne peut trouver. |
Au chapitre 8, l'Ecclésiaste se tourne vers la dimension sociale de la vie et formule plusieurs conclusions très importantes. La première, qui concerne l'attitude envers le pouvoir, est capitale. L'Ecclésiaste dit qu'il faut obéir aux ordres du roi non pour le roi ni pour son autorité, mais par fidélité à Dieu, de même que le Ps 15:4 dit : « Qui peut demeurer sur ta montagne sainte… celui qui jure, même à ses dépens, et ne se dédit pas. » Aux yeux de l'Ecclésiaste, le roi est dépourvu de toute auréole héroïque : il est puissant et ne rend de comptes à personne, mais son pouvoir ne touche pas à l'esprit. La conclusion principale se trouve toutefois au verset 9, que les traductions rendent différemment. La traduction synodale russe, à la suite de la Vulgate et des traductions européennes, s'exprime avec modération : « Il est un temps où l'homme domine sur l'homme pour son malheur. » La traduction slavonne est bien plus catégorique : « Dans tous les cas où l'homme domine sur l'homme, c'est pour lui faire du mal. » C'est une traduction exacte de la Septante, où la phrase se lit : « ta hosa exousiato ho antropos en antropo tou kakosai auton », « dans la mesure où l'homme domine sur l'homme, il lui nuit ». Pour l'Ecclésiaste, l'idée de théocratie est bien vivante et significative, mais il ne reconnaît pas dans le pouvoir de l'homme sur l'homme une préfiguration de cette théocratie ni une manière de s'en approcher. Sur ce point, bien des théoriciens et praticiens des relations entre religion et État à l'époque du Nouveau Testament s'écartent de lui. L'approche fonctionnelle du pouvoir politique, caractéristique des épîtres apostoliques, ne coïncide pas non plus avec ce point de vue. Sans tenir le pouvoir pour une image de la théocratie, celles-ci lui reconnaissent néanmoins une utilité pour maintenir l'ordre dans la société. Mais l'Ecclésiaste parle de la responsabilité de l'homme devant Dieu, et le pouvoir humain lui paraît, dans ce cas, uniquement nuisible.
Dans les versets suivants, nous trouvons une manifestation étonnante de la foi de l'Ecclésiaste, qui semblait pourtant si cachée. Comme beaucoup d'auteurs bibliques, il réfléchit au sort du juste et de l'impie. Il constate que « le jugement des mauvaises actions ne s'accomplit pas rapidement ; c'est pourquoi le cœur des fils des hommes ne craint pas de faire le mal ». À la différence du prophète Habacuc, qui avait un besoin passionné d'expliquer ce fait, l'Ecclésiaste l'accepte comme une chose triste mais naturelle. Pourtant, comme Habacuc qui entendit en réponse à sa question que « le juste vivra par la foi », l'Ecclésiaste s'appuie sur la foi. « Bien que le pécheur fasse cent fois le mal… je sais pourtant que le bien sera pour ceux qui craignent Dieu. » Ici, la foi biblique contredit la vie, et l'Ecclésiaste, sceptique et pessimiste, manifeste néanmoins son enracinement dans la tradition prophétique et la foi des pères. Derrière ses mots « je sais » se cachent un profond respect devant le mystère de Dieu et la foi en la bonté de ses desseins.
Le huitième chapitre s'achève sur les œuvres de Dieu que l'homme « ne peut comprendre… quelque peine qu'il se donne à les rechercher ». La pensée de l'Ecclésiaste s'arrête devant une limite qu'elle ne peut franchir. La connaissance de Dieu, centrale dans la théologie biblique, est inaccessible par la voie rationnelle. Le fait que l'Ecclésiaste le comprenne clairement et entoure cette question d'un silence respectueux rend sa vision du monde d'une extrême justesse et d'une grande chasteté. Pour lui, il est évident que la réponse à ce qui peut « rassasier l'âme » se trouve dans le domaine de la révélation ; mais Dieu ne révèle pas à l'homme des réponses à ses questions : il se révèle lui-même, et uniquement de sa propre initiative.
De plus, l'affirmation du caractère insondable de ce qu'il y a de plus profond et de plus important au monde — le mystère du Créateur — fait du livre de l'Ecclésiaste un « livre de l'attente », semblable à ceux des grands prophètes. Avec eux, qui attendent de tout leur cœur la manifestation de la gloire du Tout-Puissant, l'Ecclésiaste est lui aussi de ceux qui « attendent la consolation d'Israël ». On peut dire qu'après la naissance du Fils de Dieu, le juste Syméon prononce « Maintenant, tu laisses ton serviteur s'en aller » également au nom de l'Ecclésiaste et des penseurs et des justes de l'Ancien Testament qui lui sont proches.
1 Qui est comme le sage et qui sait expliquer cette parole :« La sagesse de l’homme illumine son visage et son air austère est changé » ? |
2 Moi ! Observe l’ordre du roi, et à cause du serment divin, |
3 ne te presse pas de t’en écarter ; ne t’obstine pas dans un mauvais cas, car il fait ce qui lui plaît : |
4 la parole du roi est souveraine, et qui lui dira : « Que fais-tu ? » |
5 « Celui qui observe le commandement ne connaîtra aucun mal ; le cœur du sage connaît le temps et le jugement. » |
6 Oui, il y a un temps et un jugement pour chaque chose, mais il y a un grand malheur pour l’homme : |
7 il ne sait pas ce qui arrivera, qui pourrait lui annoncer comment ce sera ? |
8 Aucun homme n’est maître du souffle pour retenir ce souffle ; personne n’est maître du jour de la mort. Il n’y a pas de relâche dans le combat et la méchanceté ne sauve pas son homme. |
9 Tout cela je l’ai vu, en mettant tout mon cœur à tout ce qui se fait sous le soleil, au temps où l’homme est maître de l’homme, pour son malheur. |
10 Et ainsi j’ai vu des méchants mis au tombeau ; on allait et venait depuis le lieu saint, et on oubliait dans la ville comment ils avaient agi.Cela aussi est vanité. |
11 Parce que la sentence contre celui qui fait le mal n’est pas vite exécutée, le cœur des fils d’Adam est plein de l’envie de mal faire. |
12 Que le pécheur fasse cent fois le mal, il survit. Mais moi, je sais aussi qu’il arrive du bien à ceux qui craignent Dieu parce qu’ils éprouvent de la crainte devant lui, |
13 mais qu’il n’arrive pas de bien au méchant et que, comme l’ombre, il ne prolongera pas ses jours, parce qu’il est sans crainte devant Dieu. |
14 Il y a une vanité qui se fait sur la terre : il y a des justes qui sont traités selon la conduite des méchants et des méchants qui sont traités selon la conduite des justes. Je dis que cela aussi est vanité. |
15 Et je fais l’éloge de la joie, car il n’y a de bonheur pour l’homme sous le soleil que dans le manger, le boire et le plaisir qu’il prend ; c’est cela qui accompagne son travail aux jours de la vie que Dieu lui donne sous le soleil. |
16 Après avoir mis tout mon cœur à connaître la sagesse et à observer la tâche qu’on exerce sur la terre — car ni jour ni nuit on ne voit de ses yeux le repos — |
17 j’ai observé toute l’œuvre de Dieu : l’homme ne peut découvrir toute l’œuvre qui se fait sous le soleil ; quoique l’homme se fatigue à chercher, il ne trouve pas. Et même si un sage dit qu’il sait, il ne peut trouver. |
De longues réflexions ont finalement conduit l'Ecclésiaste, comme on le voit, à la conclusion qu'il est impossible de comprendre le sens des événements qui se produisent dans le monde, qu'il n'est clair qu'à Dieu, mais non à l'homme (v. 16-17). La valeur de la sagesse ne tient pas au fait qu'elle explique tout ce qui existe, mais au fait qu'elle change l'homme lui-même (v. 1). Et la seule chose pour laquelle il vaille la peine de vivre est la joie (« l'allégresse »), cette joie que peut donner la communion à table dans le cercle des proches et en présence de Dieu (le mot hébreu correspondant employé dans le texte désigne précisément la joie éprouvée par l'homme en présence de Dieu).
Bien sûr, l'homme y est pour peu de chose, car une telle joie est donnée par Dieu ; elle a peu de rapport avec l'allégresse des insensés condamnée par les sages de l'antiquité, la ressemblance n'étant ici qu'extérieure. Mais la joie en Dieu n'est possible que si l'homme est prêt à observer la Torah et à garder la sagesse. C'est en ce sens que l'Ecclésiaste dit du sage qu'il ne connaîtra aucun mal (v. 5). Un tel homme est prêt à tous les tournants du destin, et, bien que personne n'ait pouvoir sur sa propre vie ni ne puisse rien y changer (v. 6-8), le sage ne craint pas les surprises.
Pour l'Ecclésiaste, l'impiété, comme on le voit, est d'abord liée au désir d'éviter quelque chose que les impies perçoivent comme un mal (v. 8), mais il comprend évidemment la stérilité finale de telles tentatives (v. 12-13). C'est pourquoi, semble-t-il, l'Ecclésiaste insiste sur la conscience professionnelle et l'honnêteté dans les affaires du service de l'État : il ne s'agit pas seulement du fait qu'une autre conduite serait imprudente et dangereuse, mais aussi du fait qu'en agissant autrement, l'homme viole les serments prêtés devant Dieu, trompant non seulement le roi, mais aussi Dieu (v. 2-4). Bien sûr, puisque le châtiment du péché ne s'abat pas immédiatement sur le pécheur, beaucoup ont l'impression qu'on peut l'éviter tout à fait (v. 11). Mais, selon l'Ecclésiaste, il est tout de même inévitable (v. 12-13).
Il reste cependant assez difficile de comprendre en quoi consiste précisément, dans ce cas, cette inévitabilité. Les impies et leurs oeuvres, selon l'Ecclésiaste, sont vite oubliés (v. 10). Mais il avait dit un peu plus tôt la même chose des bonnes oeuvres qui méritent mémoire (Eccl. 4:15-16). Quant aux récompenses et aux châtiments en ce monde, l'Ecclésiaste ne se fait pas d'illusions au sujet de la justice : trop souvent les justes reçoivent ce que méritent les impies, et inversement (v. 14). Apparemment, le seul châtiment de l'impie est l'impossibilité de cette joie en Dieu qui est accessible au juste. Dans ce cas, la justice, comme la sagesse, se révèle être une récompense en elle-même, et l'acquisition de la sagesse, comme la vie juste, devient une fin en soi.
2 Moi ! Observe l’ordre du roi, et à cause du serment divin, |
3 ne te presse pas de t’en écarter ; ne t’obstine pas dans un mauvais cas, car il fait ce qui lui plaît : |
4 la parole du roi est souveraine, et qui lui dira : « Que fais-tu ? » |
On dirait que les paroles de l'Ecclésiaste affirment la grandeur du pouvoir royal, auquel, semble-t-il, personne n'a la force de résister. Mais le pouvoir du roi se révèle lui aussi une composante de l'interminable vanité des vanités, non seulement parce que le pouvoir de l'homme sur l'homme s'exerce souvent pour le mal, mais surtout à cause de l'absence chez le roi d'un véritable pouvoir sur le monde. Car aucun homme n'a pouvoir sur l'esprit pour retenir l'esprit, et il n'a pas de pouvoir sur le jour de la mort.
16 Après avoir mis tout mon cœur à connaître la sagesse et à observer la tâche qu’on exerce sur la terre — car ni jour ni nuit on ne voit de ses yeux le repos — |
17 j’ai observé toute l’œuvre de Dieu : l’homme ne peut découvrir toute l’œuvre qui se fait sous le soleil ; quoique l’homme se fatigue à chercher, il ne trouve pas. Et même si un sage dit qu’il sait, il ne peut trouver. |
Alors, qu'est-ce que la sagesse? A-t-elle au moins un sens quelconque? Il s'avère qu'elle en a un: elle permet à l'homme de s'orienter dans ce qui se passe. Ce n'est pas le sens suprême, qui demeure le mystère de Dieu, mais un sens terrestre, accessible à l'homme. Tout sur la terre a son temps; tout recevra en son temps une évaluation adéquate, et le jugement de Dieu est pleinement réel; la question est seulement de savoir quand viendra le jour de Son jugement. Ce sont justement ces temps et ces moments que la sagesse terrestre permet de connaître. La vie sur la terre suit son cours; toutes les formes du monde et tous ses événements naissent de ce flot et, à leur tour, y retournent, tandis que Dieu observe tout d'en haut.
Pourquoi ce flot? À quoi sert-il? Pourquoi la vie est-elle ainsi, pourquoi n'est-elle pas autre, pourquoi y a-t-il tant de mal en elle? Pourquoi y avait-il moins de mal autrefois, et y en avait-il vraiment moins? Dieu seul connaît les réponses à toutes ces questions, et la sagesse humaine est ici impuissante. Mais savoir quand et quoi attendre du flot de la vie, ce qui peut en apparaître et quand, et ce qui est destiné à y disparaître de nouveau bientôt, voilà ce que la sagesse terrestre et humaine peut dire. C'est précisément à cela qu'elle sert. Approche de la sagesse un peu étrange au premier regard, mais il s'agit bien ici de la sagesse de ce monde.
Pour les Juifs, la sagesse n'a jamais été quelque chose d'abstrait, de théorique ou de contemplatif; elle a toujours été associée à une capacité, à une habileté, à une pratique. Chez l'Ecclésiaste, elle se révèle pleinement pratique. Il est vrai que la sagesse pratique était d'ordinaire toujours liée à la possibilité de construire d'une façon ou d'une autre la vie de l'homme, extérieure ou intérieure. Ici, il n'est pas question de construire la vie: l'Ecclésiaste est pleinement convaincu que cela est impossible et dépourvu de sens.
L'homme ne peut pas diriger le flot de la vie dans la direction voulue; ici, la sagesse est impuissante. En revanche, elle permet de s'orienter dans ce flot, demeurant pratique plus que théorie, mais pratique non de la construction ni du changement de la vie, plutôt une navigation vitale, l'art de nager dans le flot de la vie. Il est bien sûr nécessaire de savoir nager dans la mer de la vie. Mais est-ce la sagesse que cherchait l'Ecclésiaste?
17 j’ai observé toute l’œuvre de Dieu : l’homme ne peut découvrir toute l’œuvre qui se fait sous le soleil ; quoique l’homme se fatigue à chercher, il ne trouve pas. Et même si un sage dit qu’il sait, il ne peut trouver. |
En parlant des oeuvres qui « se font sous le soleil », l'Ecclésiaste les appelle « incompréhensibles ». Que veut-il dire? La science ne vaut-elle donc rien? Bien sûr, à son époque, la science savait beaucoup moins qu'aujourd'hui, mais la science est toujours restée la science; dans ses traits essentiels, la connaissance scientifique était alors la même qu'aujourd'hui.
Il ne s'agit pas ici de la science comme telle, mais de ce qu'on appelait sagesse au temps de l'Ecclésiaste. Or on appelait alors sagesse non pas la connaissance scientifique en elle-même, ni même la connaissance comme telle. On disait sage non pas le connaisseur intellectuel, mais l'homme qui comprend qui il est, d'où il vient et pourquoi il est venu au monde, où il va. La sagesse consistait à répondre non pas à la question « comment », mais à la question « pourquoi ».
C'était cette même vieille question, toujours actuelle jusqu'à aujourd'hui, du sens de la vie. Et l'Ecclésiaste a visiblement compris que la connaissance comme telle n'y répond pas. La science peut étudier beaucoup de choses; la raison humaine n'est pas du tout aussi faible que certains croyants le disent parfois, mais l'essentiel ne se comprend pas par la raison seule.
En effet, la question du sens, la question « pourquoi » et « pour quoi » n'est pas scientifique; la raison seule ne suffit pas ici. En fin de compte, la réponse à cette question n'est connue que de Dieu. Dans la nature créée par Dieu, que la science étudie, il n'y a pas de réponse: ni les pierres, ni les arbres, ni les animaux ne la connaissent; ils ne se posent même pas cette question. Dieu Lui-même répond pour les pierres, les arbres et les animaux à la question du sens de leur existence, mais ni les pierres, ni les arbres, ni les animaux ne sont capables de comprendre ni même d'entendre ses réponses.
À l'homme, il est donné davantage: il peut et doit comprendre pourquoi et pour quoi il vit dans le monde, tout comme il doit comprendre à quelle fin lui est donné ce monde où Dieu l'a placé. Mais pour répondre, il faut s'adresser non au monde, mais à Dieu. Ici passent au premier plan non pas l'intellect ni la raison, mais la foi, la foi comme confiance en Dieu d'abord, comme capacité de Lui poser une question et d'entendre la réponse.
De Dieu on peut apprendre le sens de tout ce qui existe, pourvu qu'Il juge nécessaire de le dire. Alors, ayant reçu la réponse aux questions principales, l'homme devient vraiment sage: sa vie reçoit un but et un sens pour lesquels seuls il vaut la peine de vivre.
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