11 Voyez quels gros caractères ma main trace à votre intention. |
12 Des gens désireux de faire bonne figure dans la chair, voilà ceux qui vous imposent la circoncision, à seule fin d'éviter la persécution pour la croix du Christ. |
13 Car ceux qui se font circoncire n'observent pas eux-mêmes la Loi; ils veulent seulement que vous soyez circoncis, pour se glorifier dans votre chair. |
14 Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. |
15 Car la circoncision n'est rien, ni l'incirconcision; il s'agit d'être une créature nouvelle. |
16 Et à tous ceux qui suivront cette règle, paix et miséricorde, ainsi qu'à l'Israël de Dieu. |
17 Dorénavant que personne ne me suscite d'ennuis: je porte dans mon corps les marques de Jésus. |
18 Frères, la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen. |
Que voyons-nous lorsque nous nous regardons les uns les autres ? Que voyons-nous lorsque nous nous regardons nous-mêmes ? Sans aucun doute, d'abord les choses extérieures. Il est déjà très difficile de comprendre les motivations de nos propres actes, que dire alors des actes de notre prochain... Et sur quoi nous appuyer, vers quoi nous orienter, sinon vers les signes extérieurs et visibles ? « Toi et moi sommes du même sang » : nous cherchons des gens semblables à nous, ou du moins très proches de nous. Lorsque nous découvrons chez quelqu'un une différence très marquée, nous sommes déconcertés... et souvent nous cherchons à remodeler cette personne à notre image. Sinon, comment communiquer avec elle ? Comment l'accepter si elle n'est « pas de notre sang », si elle est différente ? La réponse est simple. Devant Dieu, nos ressemblances et nos différences humaines ne sont rien. Dans le Christ, un seul Sang compte : le Sang du Fils de Dieu qui nous lave. Et la seule chose que nous puissions faire est de sortir des limites étroites de notre compréhension et d'accepter chaque autre personne telle qu'elle est, au nom du Christ qui nous renouvelle.
11 Voyez quels gros caractères ma main trace à votre intention. |
12 Des gens désireux de faire bonne figure dans la chair, voilà ceux qui vous imposent la circoncision, à seule fin d'éviter la persécution pour la croix du Christ. |
13 Car ceux qui se font circoncire n'observent pas eux-mêmes la Loi; ils veulent seulement que vous soyez circoncis, pour se glorifier dans votre chair. |
14 Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. |
15 Car la circoncision n'est rien, ni l'incirconcision; il s'agit d'être une créature nouvelle. |
16 Et à tous ceux qui suivront cette règle, paix et miséricorde, ainsi qu'à l'Israël de Dieu. |
17 Dorénavant que personne ne me suscite d'ennuis: je porte dans mon corps les marques de Jésus. |
18 Frères, la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit ! Amen. |
Paul dit directement que les docteurs qui exigent des chrétiens de Galatie la circoncision obligatoire veulent, d'une part, éviter des ennuis inutiles et même des persécutions, et, d'autre part, se glorifier des membres de la communauté ecclésiale circoncis à leur appel comme d'une réalisation personnelle. Le premier point était lié au fait que la circoncision était le signe d'appartenance à la communauté juive.
Être circoncis, cela voulait dire être Juif. La synagogue existait de façon tout à fait légale sur tout le territoire de l'Empire romain, et bien qu'un certain antisémitisme fût propre aussi bien à la société romaine qu'au pouvoir romain, il n'était pas question de persécutions systématiques. Les non-circoncis se trouvaient automatiquement hors de la Synagogue, et donc hors du champ juridique romain : les communautés séparées de la Synagogue n'avaient aucun autre fondement pour une activité légale. On pouvait alors s'attendre à des problèmes, jusqu'au conflit direct avec les autorités.
En ce sens, il était plus sûr de se faire circoncire que de rester incirconcis : alors toute assemblée chrétienne d'Église pouvait passer pour une assemblée synagogale, d'autant que les autorités n'étaient généralement pas portées à entrer dans les subtilités de la vie synagogale. Mais il y avait aussi autre chose : le désir de montrer ses propres « réussites » comme docteurs et guides. En effet, le travail spirituel est une affaire lente et souvent peu visible ; les changements spirituels chez l'homme se produisent d'ordinaire lentement, et de l'extérieur on ne les voit pas. Plus encore : le véritable travail spirituel est presque toujours, pour ainsi dire, « fait pièce par pièce » ; il n'y a généralement pas de place ici pour l'effet de masse, si voyant et donc tant aimé par beaucoup.
Il en va tout autrement de la propagande religieuse et de l'appel à observer telles ou telles normes et prescriptions religieuses, ne serait-ce que la même circoncision : l'appel est ici tout à fait concret, la réponse aussi, le résultat est visible par tous et immédiatement, et il peut même être massif si le prédicateur se montre assez actif. C'est sans doute précisément pour cela que la prédication religieuse, dans toutes les communautés et à toutes les époques, a attiré les prédicateurs, surtout débutants, bien davantage que le travail proprement spirituel. Mais la religion ne remplace pas la vie spirituelle, même si parfois elle peut s'y substituer. Et Paul s'oppose vivement à une telle substitution, car elle coupe l'homme du Royaume et de sa vie.
14 Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. |
L'apôtre Paul parle rarement de la Croix, et lorsqu'il en parle, il s'efforce d'être bref. Mais dans ses paroles, on sent que pour lui la manifestation de l'amour crucifié du Fils de Dieu est précisément ce qu'il y a de plus important, ce qui nourrit sa foi. Il n'y a rien de plus important, rien de plus digne, rien que l'apôtre veuille partager avec les hommes sinon sa connaissance que Dieu est mort pour nous. En venant vers les hommes, l'apôtre leur porte précisément cette nouvelle: « Le Christ m'a envoyé non pour baptiser, mais pour annoncer l'Évangile, sans la sagesse du discours, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine. Car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieu... car je n'ai pas jugé bon de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié », écrit-il au début de la Première épître aux Corinthiens. Pourtant, pour l'apôtre, la Croix est beaucoup plus qu'un signe d'amour; pour lui, elle est un événement à la fois de l'histoire et de sa propre vie.
À la fin de l'épître aux Galates, comme nous le lisons aujourd'hui, l'apôtre parle de ce dont, à ses yeux, les hommes se glorifient. Se glorifier, ou se vanter dans une traduction plus directe, signifie précisément exposer aux yeux des autres quelque chose de bon qui a un rapport direct avec soi. Les prédicateurs judaïsants avec lesquels l'apôtre Paul polémique essaient de se glorifier du fait qu'ils convertissent les hommes à une vie correcte sous la Loi; d'autres se glorifient de leurs talents ou de leurs connaissances, de leur richesse spirituelle ou matérielle, de la force de leur corps ou de leur caractère. La psychologie moderne appelle cela le besoin d'une estime de soi positive. Chacun y parvient à sa manière, chacun trouve lui-même dans sa vie ce pour quoi, lui semble-t-il, il devrait être aimé. En réalité, nous cherchons tous ainsi des justifications à notre propre existence.
Et c'est ici que l'apôtre dit que notre être ne demande aucune autre justification, ni même explication, que la Croix sur laquelle Dieu nous donne sa vie. C'est le fait fondamental dans notre relation à nous-mêmes et aux autres.
15 Car la circoncision n'est rien, ni l'incirconcision; il s'agit d'être une créature nouvelle. |
La Torah appelle la circoncision « signe de l'union », « signe de l'alliance ». Paul dit que, dans le Christ, ni la circoncision ni son absence ne signifient rien. Que veut-il dire par là ? La première chose qui vient à l'esprit est celle-ci : maintenant que le Royaume est entré dans le monde par le Christ, les anciens signes cessent de jouer leur rôle, car on témoigne du Christ et du Royaume non par des signes particuliers, même traditionnels et remplis d'un sens profond, mais par la vie elle-même, par la parole et par l'acte.
Cependant, lorsque Paul parle de la circoncision, il a en général en vue le judaïsme, et le judaïsme devient pour lui le modèle de la religion comme telle. Il oppose les circoncis aux incirconcis au même sens où nous opposons aujourd'hui les personnes religieuses aux personnes séculières. Par incirconcis, l'apôtre entend les païens, mais il importe de garder à l'esprit que les païens du temps de Paul n'étaient pas particulièrement religieux. Ils se souvenaient certes parfois de leurs dieux, mais ils n'y croyaient pas vraiment. Lors des fêtes, on leur offrait encore des sacrifices par tradition, et même publiquement, mais dans la vie quotidienne les païens de ce temps se souvenaient rarement de leurs dieux.
L'apôtre, lui, ne s'en inquiète nullement : il considère que, dans la vie chrétienne, la religiosité n'est pas l'essentiel, que le sens du christianisme est ailleurs, qu'il n'est pas une religion. L'essentiel dans la vie chrétienne est le renouvellement spirituel ; il importe ici de devenir ce que Paul appelle une « création nouvelle ». La vie du Royaume, pénétrée du souffle de Dieu, renouvelle l'homme s'il participe à cette vie, changeant sa nature même, physique et psychique. L'homme devient tout à fait réellement autre ; et si cela ne se voit pas, cela signifie que l'homme n'est pas encore devenu chrétien au sens strict du terme, ou que les changements en lui ne sont pas encore devenus visibles.
La religion peut ici aider comme elle peut gêner, comme tout ce qui est présent dans la vie de l'homme. En elle-même, elle n'est ni bonne ni mauvaise ; elle peut devenir un instrument qui aide l'homme sur son chemin vers le Royaume, mais elle peut aussi se révéler un obstacle sur ce chemin. L'apôtre avait devant les yeux des exemples de l'un et de l'autre ; c'est pourquoi il n'idéalise pas la religion, mais ne la diabolise pas non plus, lui laissant la place qu'elle mérite : celle d'un instrument dont chacun dispose soit pour son bien, soit pour son dommage.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||