21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
Une fois encore, l'Évangile reprend le récit où Jésus distribue du pain au peuple, et désormais le sens intérieur de ce qui se passe est clairement indiqué. Entre les deux descriptions de repas, nous rencontrons une personne pour qui recevoir de Jésus ne serait-ce que les restes de ce pain signifie recevoir une vie renouvelée. C'est une femme païenne qui demande la vie non pour elle-même, mais pour sa fille mourante. Extérieurement, son dialogue avec Jésus ressemble à un concours d'esprit : Jésus esquisse une petite scène parabolique (les chiens et les enfants), et la femme s'insère habilement dans Ses images, prouvant ainsi son droit aux « miettes de pain ». Mais, en réalité, le Christ ne la loue pas pour une réponse ingénieuse, mais pour sa foi, car ce qui lui arrive est précisément un acte de foi : elle reconnaît en Jésus Celui Qui donne le pain de vie. Dans sa douleur et son besoin, les paroles du Christ sur le pain céleste, que les disciples comprenaient si difficilement (cf. Jn 6), deviennent pour elle parfaitement claires, et elle touche au mystère du salut, au mystère du pain de vie, le Christ.
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
Quand nous lisons dans l'Évangile que cette femme était cananéenne, cela ne signifie pas qu'elle était « de seconde catégorie », ou d'une origine mauvaise, ou qu'elle avait encore déplu à Jésus par quelque chose. Nous savons, pour l'avoir lu dans l'Évangile et simplement senti dans notre coeur, que Jésus est toujours prêt à aider et à guérir les pauvres, les pécheurs et les rejetés. Pour les premiers auditeurs de l'évangéliste, il était parfaitement clair qu'elle était une païenne authentique, c'est-à-dire qu'elle croyait aux dieux païens, les adorait et leur offrait des sacrifices. C'est précisément pourquoi le Seigneur soumet sa foi à une telle épreuve : pour l'aider elle-même à comprendre pourquoi elle s'adresse à Lui pour demander de l'aide, et non à ses dieux.
Ici, une ligne est comme tracée entre les représentations païennes de l'homme et le recours à Jésus, c'est-à-dire la prière. La prière au Christ, et au Père dans le Christ, est incompatible avec le paganisme. Or le paganisme lui-même n'est pas nécessairement la foi en d'autres dieux ; c'est aussi, chez les chrétiens, l'espérance tout à fait ordinaire placée non dans le Dieu unique, mais dans quelque chose d'autre : l'argent, ses propres capacités, son parti politique, le « on verra bien », etc. Le paganisme, c'est quand nous ne vivons pas pour Dieu, mais pour quelqu'un d'autre, le plus souvent simplement pour nous-mêmes. Si donc, étant de tels païens, nous voulons demander quelque chose au Christ, nous adresser à Lui dans la prière, il nous faudra, avec cette femme cananéenne, passer par une réévaluation complète de notre foi et comprendre pourquoi nous nous sommes tournés vers le Christ, et non vers nos idoles...
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan. |
La lecture d’aujourd’hui nous propose de nouveau deux épisodes qui, à première vue, ne sont pas directement liés entre eux : la guérison de la fille de la Samaritaine (v. 22–28) et le miracle de la multiplication des pains, semblable à celui décrit au chapitre précédent (v. 29–38 ; cf. Mt 14:13–21). Pourtant, il existe un lien entre eux. Et ce lien passe par le Royaume, dont la manifestation est à la base des événements décrits dans les deux épisodes. Car les miracles comme les guérisons mentionnés dans les récits évangéliques parlent toujours, au fond, d’une seule chose : du Royaume qui, selon la parole du Sauveur, « s’est approché ».
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu'une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : " Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. " |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient : " Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. " |
24 A quoi il répondit : " Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. " |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : " Seigneur, viens à mon secours ! " |
26 Il lui répondit : " Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. " - |
27 " Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! " |
28 Alors Jésus lui répondit : " O femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! " Et de ce moment sa fille fut guérie. |
Qu'est-ce qui fait la grandeur de la foi de cette Cananéenne ? Après tout, toute mère est prête à tout, à toute humiliation, pour la santé de sa fille. Peut-être que, pour Jésus, l'important n'est pas ce qui motive la demande de cette femme ni le point de départ de son chemin de foi, mais la distance qu'elle parcourt sur ce chemin. La Cananéenne est païenne, et les Juifs ne fréquentent pas les païens ; Jésus garde donc le silence. Lorsque les disciples s'adressent à Lui, Il sort de Son silence et rappelle que Dieu vient en aide à Son propre peuple. La femme l'entend et demande néanmoins de l'aide. Ce faisant, elle se détache de son peuple pour entrer en relation avec le Dieu d'Israël. Par Sa phrase suivante, Jésus montre qu'on ne peut contraindre Dieu à aider : Il n'accepte pas l'approche magique des relations avec Lui qui caractérise les païens. La réponse de la femme signifie qu'elle consent à recevoir la miséricorde de ce Dieu nouveau pour elle. Ainsi, en quelques minutes, elle passe d'une païenne qui exige sans relâche de Jésus ce dont elle a besoin à une femme qui fait confiance au Dieu d'Israël et accepte humblement Sa miséricorde.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
Les nombreuses guérisons que le Seigneur accomplit deviennent comme une illustration de la prophétie d'Isaïe: «Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet chantera» (Is. 35:5-6). Nous voyons s'accomplir ce dont parle le prophète; nous voyons le Christ vaincre des maladies terribles, incurables selon notre compréhension. Mais le Seigneur ne le fait pas seulement pour montrer qu'Il est venu accomplir ce dont parlaient les prophètes; Il guérit les malades parce qu'Il aime chacun de ceux qu'on Lui apporte. Aux yeux du Seigneur, la vie de chacun de nous est précieuse. Nous voyons que le Seigneur ne donne pas seulement, le Seigneur donne avec abondance. Non seulement Il accomplit tout ce dont parlaient les prophètes, non seulement Il guérit les malades, mais Il prend encore soin que tous ces hommes soient nourris. Il s'inquiète que le difficile chemin du retour leur enlève leurs forces, leur enlève la joie de la guérison. Et le fait que les disciples n'aient avec eux que très peu de chose ne L'arrête pas. Et voilà que, par la miséricorde de Dieu, toute la foule de quatre mille personnes est nourrie, et il reste encore beaucoup.
Nous aussi, nous n'avons pas tant que cela à offrir à Dieu; parfois nous n'avons presque rien du tout, et chacun de nous est infiniment petit auprès du Seigneur. Alors nous avons honte: en vérité, que pouvons-nous Te donner, Seigneur? Mais le Seigneur nous montre comment notre petitesse peut devenir une source de nourriture, d'aide pour nos frères et sœurs. Seulement, ce ne sera déjà plus notre force, ni notre puissance: ce sera la force de Son amour, de Sa miséricorde et de Son Esprit.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
34 Jésus leur dit : " Combien de pains avez-vous ? " - " Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. " |
35 Alors il ordonna à la foule de s'étendre à terre; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles! |
Comme ce qu'écrit Isaïe ressemble peu à ce qui se passe chez Matthieu... La guérison des malades et la multiplication des pains au désert semblent si éloignées de la vision du prophète. Quel que soit le verset que l'on prenne, tout est différent ! Et pourtant, ce qui se passe au désert, lorsque les aveugles voient, que les lépreux sont purifiés et que le Sauveur rassasie tous ceux qui sont dans le besoin, est précisément l'accomplissement des prophéties dans la vie. Quand les mots peinent à exprimer l'inexprimable, l'homme essaie de les faire entrer tant bien que mal dans sa propre compréhension. Ensuite, il lui devient difficile d'admettre qu'ils prennent vie autrement qu'il ne l'avait imaginé. Mais cela n'empêche pas Dieu d'accomplir Ses promesses et d'essuyer les larmes de tous les visages.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
Aujourd'hui, nous avons l'une des lectures évangéliques les plus courtes, trois versets seulement. Mais ils nous permettent de voir ce qui se passe. Les pharisiens ont été scandalisés par les paroles du Christ que nous avons lues hier et avant-hier, et il s'est retiré de Palestine dans la région de Tyr et de Sidon. Enfin il en revint sur les rives du lac de Tibériade, et les foules l'entourèrent. Ces gens avaient parcouru un long chemin pour se rassembler autour de Jésus. Ils portaient et conduisaient avec eux de nombreux malades et infirmes afin, comme le dit l'évangéliste, de les jeter à ses pieds. Le verbe grec employé ici, ρίπτω, signifie « jeter, lancer, précipiter, poser ». Il était très pénible de porter ces malades, et, arrivés sur place et montés sur la montagne où Jésus était assis, les gens déposaient véritablement ce lourd fardeau.
Comme lors de la guérison du paralytique, lorsque ses amis ont défait le toit pour le descendre aux pieds de Jésus, ici encore la persévérance et le labeur des hommes sont nécessaires pour que Dieu accomplisse son œuvre de guérison. Porter le poids de la maladie d'autrui est une condition importante pour pouvoir demander au Christ son aide.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
31 Et les foules de s'émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël. |
On regarde les paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui, et l'on se souvient que, ces jours-ci, un courriel est arrivé avec la demande de prier pour la jeune Marie, nouvellement défunte. Elle est morte de la mucoviscidose. Et pour sa mère Marina, qui reste maintenant seule, parce que sa deuxième fille est morte de la même maladie. Comment cela se peut-il ? Tant de personnes ont prié pour elles ! Et que nous importe que, pour un bref instant, le Christ ait visité la terre et guéri un certain nombre de malades... Si l'on plaçait ces personnes à côté de tous les enfants morts au fil des siècles, on ne les remarquerait tout simplement pas. Alors quoi, faut-il se réjouir ?
Oui, se réjouir. Parce que le Christ n'est pas simplement venu pour guérir ; Il est venu et a transformé leurs maladies en Ses propres plaies, Il est mort et ressuscité. Il n'est pas seulement Guérisseur ni Thaumaturge, bien qu'Il soit l'un et l'autre. Il nous a montré le Chemin de la vie. Il a éclairé la route dans les ténèbres.
Aucun des miracles de Jésus ne se limite à un sens local, dans le temps et l'espace, pour une seule personne. C'est pourquoi on ne peut pas lire les récits évangéliques de miracles hors du contexte de tout l'Évangile. Sinon, nous risquons de tomber dans une erreur très terrible, si caractéristique de nos contemporains aujourd'hui : percevoir l'Église en consommateurs. Tu paies pour une intention de prière pour la santé, la santé augmentera. Et le Temple devient un magasin. C'est effrayant.
Le Christ guérit, mais par Ses plaies. Il ne faut pas l'oublier. Par Ses plaies jusqu'à la mort. Jusqu'à la mort la plus réelle, la plus douloureuse. Une mort qui ne Lui fut en rien plus facile qu'à chacun de nous. Au contraire, c'est plus facile pour nous : nous mourons en général sous narcotiques, et Lui a refusé ; nous mourons sur des draps propres, et Lui était couvert de sang coagulé et de poussière ; nous sommes entourés de proches aimants, et Lui était sous les moqueries et les injures. On pourrait continuer cette liste, mais ce n'est sans doute pas nécessaire. Que notre coeur se remplisse simplement de gratitude envers Lui, d'amour et de tendresse. Et que nous n'ayons peur de rien, car « mon Dieu a souffert davantage et la Mère de Dieu a souffert plus douloureusement » (N. S. Goumilev)
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s'assit. |
30 Et des foules nombreuses s'approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d'autres encore, qu'ils déposèrent à ses pieds; et il les guérit. |
Parfois, en lisant l'Évangile, on peut penser que la seule tâche de Jésus pendant Son ministère terrestre était de guérir. Pourtant Lui-même parlait d'abord du Royaume qui, selon Ses paroles, «s'est approché». À première vue, il n'y a pas ici de lien direct, et les guérisons ressemblent simplement à des actes de miséricorde envers des malades qui avaient réellement besoin d'être guéris. Parfois, des prédicateurs chrétiens soulignent même que Jésus, dit-on, aidait toujours les hommes en les délivrant de la maladie, en leur faisant sentir ce qu'est la vie pleine d'un homme en bonne santé, et qu'ensuite seulement Il leur parlait du Royaume. Mais en est-il ainsi? Extérieurement, tout ressemble bien à cela. À condition, bien sûr, de considérer les guérisons seulement comme une délivrance de la maladie et un retour à la santé physique. Beaucoup de ceux qui virent Jésus pendant Son ministère terrestre pensaient justement ainsi, considérant les guérisons qu'Il accomplissait comme la conséquence de l'action de la puissance de Dieu, de même que tous les autres miracles accomplis par Dieu grâce aux prières de Ses serviteurs. Mais en est-il ainsi en réalité? Bien sûr, toute guérison est toujours action de la puissance de Dieu. Mais dans le cas de Jésus, ce qui frappe, c'est la manière dont les guérisons ont lieu: Jésus guérit souvent ceux qui L'entourent par Sa seule présence. Nous avons ici, à l'évidence, non de simples guérisons, mais l'action de ce même souffle du Royaume qui accompagne Jésus partout. Jésus ne soigne pas les maladies, fût-ce d'une manière surnaturelle. Il fait simplement participer les hommes qui Lui font confiance au Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Et dans le Royaume, ce qui n'étonne pas, il n'y a pas de place pour le mal, le péché, les maladies ni la mort. Bien sûr, la guérison en elle-même ne signifie pas encore la plénitude de la transfiguration. Les hommes guéris, même après la guérison, restent une part du monde non transfiguré. Mais, ayant participé à la plénitude du Royaume, ils reçoivent la plénitude de vie possible dans le monde non transfiguré. Ainsi les guérisons accomplies par Jésus deviennent témoignage du Royaume.
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. " |
33 Les disciples lui disent : " Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? " |
Pourquoi le Seigneur, qui répète si souvent lorsqu’Il accomplit des miracles « va et ne le dis à personne », accomplit-Il un miracle aussi manifeste, qui deviendra certainement connu de tous, et même une seconde fois ? Car pour manifester le pouvoir du Fils de Dieu sur la création, il aurait suffi de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains…
La question posée est très certainement mal formulée, et c’est important. Il n’est pas du tout évident que le Seigneur ait consciemment prévu cette situation. Le verbe grec du verset 29, à la différence du russe « s’assit », exprime une action non achevée : « étant monté sur la montagne, Il y était assis ». Et les foules vinrent à Lui… Ce que le Seigneur ne pouvait certainement pas faire, c’était leur refuser la guérison et la parole de vie ; ainsi, après la prédication, le soir arriva sans qu’on s’en aperçoive. Il n’a pas créé exprès la situation pour un miracle ; mais puisqu’elle s’est présentée, le miracle lui-même devient la suite naturelle de l’abondante miséricorde du Christ.
Il est également important pour nous que l’évangéliste conserve le récit de la seconde multiplication des pains pour la foule, nous donnant la possibilité de voir les traits essentiels de ressemblance dans la manière dont le miracle s’accomplit. À la différence de la première fois, les disciples ne disent plus avec scepticisme que deux cents unités romaines conventionnelles ne suffiraient pas pour une telle foule ; ils demandent au Maître : d’où aurions-nous assez de pain ? Et le Christ prend ce qui est là et rend grâce.
C’est précisément là, sans doute, le mot clé de tout le récit de ce miracle : l’action de grâce à Dieu. C’est elle qui se révèle être l’acte qui introduit le miracle dans le monde et efface la frontière entre la terre et le ciel.
12 Alors s'approchant, les disciples lui disent : " Sais-tu que les Pharisiens se sont choqués de t'entendre parler ainsi ? " |
13 Il répondit : " Tout plant que n'a point planté mon Père céleste sera arraché. |
14 Laissez-les : ce sont des aveugles qui guident des aveugles ! Or si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou. " |
15 Pierre, prenant la parole, lui dit : " Explique-nous la parabole. " |
16 Il dit : " Vous aussi, maintenant encore, vous êtes sans intelligence ? |
17 Ne comprenez-vous pas que tout ce qui pénètre dans la bouche passe dans le ventre, puis s'évacue aux lieux d'aisance, |
18 tandis que ce qui sort de la bouche procède du cœur, et c'est cela qui souille l'homme? |
19 Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. |
20 Voilà les choses qui souillent l'homme ; mais manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille pas l'homme. " |
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
Tous les systèmes religieux les plus marquants — qui, notons-le, se sont formés dans des régions chaudes — comportent une notion de pureté rituelle et, inversement, de souillure. On entend habituellement par là, à vrai dire, la saleté: la sueur, la poussière qui s'y colle, la suie, et ainsi de suite. Tout cela donne à l'homme une apparence telle qu'il est indécent de se présenter non seulement devant le Très-Haut, mais même devant les autres. L'Ancien Testament ne fait pas exception, bien que l'accent de la notion biblique de souillure se déplace sensiblement vers le domaine moral.
Le Christ ne rejette pas les notions mêmes de souillure et de purification. Mais, dit-il, ce ne sont pas des choses extérieures et accidentelles qui te rendent indigne du regard du Tout-Puissant, mais ce qui s'accomplit dans ton propre cœur. À l'hygiène de la chair, il oppose une sorte d'hygiène de l'esprit: ce ne sont ni la saleté ni la suie qui souillent l'homme — l'homme lui-même, selon la parole d'Abraham, n'est que poussière et cendre —, mais le fait de pratiquer activement le mal. C'est cela qui altère le dessein de Dieu sur le monde, c'est cela qui défigure la créature.
Il est naturel que nous en soyons scandalisés, comme les pharisiens, car il nous est bien plus commode d'établir une propreté extérieure que de nous libérer du mal dans notre propre cœur. C'est un point de contrôle essentiel de la vie spirituelle: ne préfères-tu pas l'apparence à la réalité?
Mais, entre autres choses, les paroles de Jésus-Christ dans l'Évangile d'aujourd'hui sont une révélation importante sur le Père. Jésus explique aux disciples et à nous-mêmes que le Tout-Puissant regarde l'essence des choses. Si tu essaies sincèrement d'aider ton prochain, c'est ce désir lui-même qui compte aux yeux de Dieu, et non la faiblesse de sa réalisation, car dans ce cas il supplée lui-même à ta faiblesse. Mais si tu commets une vilenie, elle demeure une vilenie aux yeux de Dieu, si respectable que puisse être sa forme extérieure.
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