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RÉFLEXIONS pour Is 45:11-17; Gn 22:1-18

11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
1 Après ces événements, il arriva que Dieu éprouva Abraham et lui dit : « Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
2 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. »
3 Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l’holocauste et se mit en route pour l’endroit que Dieu lui avait dit.
4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.
5 Abraham dit à ses serviteurs : « Demeurez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque là-bas, nous adorerons et nous reviendrons vers vous. »
6 Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
7 Isaac s’adressa à son père Abraham et dit : « Mon père ! » Il lui répondit : « Me voici, mon fils ! » Il reprit : « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
8 Abraham répondit : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils », et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
9 Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
11 Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
12 L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
14 À ce lieu, Abraham donna le nom de « Yahvé pourvoit », en sorte qu’on dit aujourd’hui : « Sur la montagne, Yahvé apparaît. »
15 L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel
16 et dit : « Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
17 je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis.
18 Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi. »
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Aujourd'hui, nous lisons les paroles du Seigneur qui nous sont adressées par Isaïe : « Je l'ai suscité dans la justice et J'aplanirai tous ses chemins. Il bâtira Ma ville et libérera Mes captifs, sans rançon ni présents, dit le Seigneur des armées. » La ville dont parle le Seigneur est la Jérusalem du Christ. C'est la ville de la Résurrection d'entre les morts. Les captifs sont les personnes qui n'ont pas entendu la prédication de l'Évangile. Le Seigneur dit « Mes captifs », soulignant encore et toujours la valeur de chaque personne, indépendamment de sa couleur de peau, de ses capacités et de sa santé. Aujourd'hui encore, nous lisons le serment du Seigneur à Abraham, par lequel Il promet que la descendance d'Abraham subsistera toujours. Dans l'Évangile, nous lisons les paroles de Jean le Baptiste affirmant que le Seigneur peut, de ces pierres, faire des enfants à Abraham. C'est un rappel adressé à tous : ni le sang ni l'appartenance à une tribu, à un État ou à une loi ne déterminent la relation avec Dieu. Le Seigneur a arrêté la main d'Abraham pour manifester clairement Sa miséricorde envers les hommes. Et le Christ dit : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. Il rappelle ainsi à tous ceux qui L'écoutaient alors que le Seigneur désire toujours l'obéissance de l'homme, mais ne lui fait jamais de mal. Jean le Baptiste reprend les paroles du Seigneur sur l'aplanissement de tous les chemins lorsqu'il dit, à propos de la venue du Christ : « Rendez droits Ses chemins. » Ces chemins droits sont l'accomplissement de la loi, la mise en œuvre du repentir et de la correction de nos péchés. C'est renoncer à ce que nous pensons et imaginons de Dieu pour nous préparer à rencontrer le Christ vivant, à L'accueillir personnellement, et non à travers l'histoire et l'observance formelle des lois. Car, venu dans notre monde et ayant accompli toute la loi, le Christ nous a donné dans Son Corps et Son Sang une Alliance nouvelle et une loi nouvelle qui a établi l'égalité de tous les hommes et nous a donné à tous le chemin du Salut.

Autres réflexions

 
Pour Is 45:11-17
11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
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Notre faiblesse spirituelle est telle que, même au coeur de l'action salvifique de Dieu, nous murmurons parce que le salut donné n'est pas tel que nous l'attendions. Cela est propre aux hommes de toutes les époques...  Lire la suite

Notre faiblesse spirituelle est telle que, même au coeur de l'action salvifique de Dieu, nous murmurons parce que le salut donné n'est pas tel que nous l'attendions. Cela est propre aux hommes de toutes les époques ; à nos contemporains pas moins qu'aux Juifs du temps de la vie terrestre du Seigneur Jésus-Christ. Les Juifs de la seconde moitié du VIe siècle avant J.-C., auxquels le Seigneur s'adresse par le prophète Isaïe, ne faisaient pas exception en ce sens. En dénonçant ceux qui refusent de voir dans les événements en cours l'intervention du Créateur, le Seigneur parle de Sa toute-puissance et de Son autorité sur tout ce qui existe dans ce monde. Les hommes méfiants, concentrés sur les problèmes terrestres du moment, sont appelés à croire à cette autorité et à cette puissance du Créateur, et à s'appuyer sur elles. C'est seulement ainsi qu'Israël peut entrer dans le salut que Dieu édifie.

Dieu dit que c'est Lui qui a voulu accomplir la délivrance des Juifs captifs par le roi Cyrus, lequel, sans s'en douter lui-même, est devenu la préfiguration de l'Oint de Dieu accomplissant sur la terre l'oeuvre du salut. C'est pourquoi personne ne peut donner des ordres à Dieu dans l'oeuvre de Ses mains, dans la manière dont doit s'accomplir le salut d'Israël. À ceux qui suivront avec confiance la volonté du Créateur, le Seigneur promet un salut éternel, c'est-à-dire quelque chose qui dépasse de loin nos représentations terrestres étroites.

En outre, le passage lu aujourd'hui est important parce qu'en lui nous est révélé, presque pour la première fois dans l'histoire, un nom nouveau et d'une importance exceptionnelle de Dieu : Dieu caché, Sauveur.

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Pour Is 45:11-17
11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
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«J'ai fait la terre et j'ai créé l'homme sur elle; moi, mes mains ont déployé les cieux, et j'ai donné mes ordres à toute leur armée.» À ces paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui par la lecture ordinaire, le souffle se coupe et...  Lire la suite

«J'ai fait la terre et j'ai créé l'homme sur elle; moi, mes mains ont déployé les cieux, et j'ai donné mes ordres à toute leur armée» (Is 45:11-17). À ces paroles que le Seigneur nous adresse aujourd'hui par la lecture ordinaire, le souffle se coupe, et l'on devient comme muet dans une sainte crainte. «Quand je contemple tes cieux, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as établies, qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme, pour que tu le visites? (Ps 8:4-5)».

Nous sommes habitués à ces paroles, nous les connaissons bien, notre perception s'en est émoussée; et pourtant elles sont vraiment très saisissantes. En nous prosternant, après avoir prié ce psaume jusqu'à l'accueillir pleinement dans notre cœur, imaginons que le Seigneur me dise soudain: je t'ai choisi. Je ne te visite pas seulement quand tu sens mon souffle léger, silencieux et à peine perceptible, qui ne fait que passer et laisse l'esprit sceptique se demander si c'est bien Dieu qui m'a parlé. Non. J'entrerai dans ta chair avec toute ma plénitude. Avec un poids que tu sentiras très bientôt.

Qu'arrivera-t-il alors à notre tremblement déjà poussé à la limite? Il semble que nous ayons atteint la limite de l'adoration et du mutisme, mais ce n'est pas encore la limite. D'ailleurs, seule la Mère de Dieu pouvait supporter une tension plus haute que la plus haute tension. Rappelons le poème d'Averintsev, «L'Annonciation». «Mais qui supportera, demandait le prophète, l'embrasement du feu? Qui supportera la chaleur de la concentration? L'innocent, dit le prophète. Mais l'innocence elle-même ne monte cette pente escarpée qu'avec effort. L'attention à ce qui est inaccessible à la chair est pour la chair comme une image de la mort. La pensée est clouée, et l'intelligence terrestre crucifiée; telle est la croix de l'attention. Toute la vie est enfermée en un seul point, comme dans une étincelle brûlante; tout est rassemblé dans le cœur, et la vie a reflué vers lui. Des doigts blanchis, de toute la composition corporelle, la vie s'est retirée et est passée dans la prière.»

«Ne crains pas, vermisseau de Jacob», nous dit aujourd'hui le Seigneur. Vermisseau... poussière. Mais tu visites. Et un jour il est venu pour toujours chez la Vierge. Et grâce au fait qu'elle n'a pas eu peur, chez nous.

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Pour Gn 22:1-18
1 Après ces événements, il arriva que Dieu éprouva Abraham et lui dit : « Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
2 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. »
3 Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l’holocauste et se mit en route pour l’endroit que Dieu lui avait dit.
4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.
5 Abraham dit à ses serviteurs : « Demeurez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque là-bas, nous adorerons et nous reviendrons vers vous. »
6 Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
7 Isaac s’adressa à son père Abraham et dit : « Mon père ! » Il lui répondit : « Me voici, mon fils ! » Il reprit : « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
8 Abraham répondit : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils », et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
9 Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
11 Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
12 L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
14 À ce lieu, Abraham donna le nom de « Yahvé pourvoit », en sorte qu’on dit aujourd’hui : « Sur la montagne, Yahvé apparaît. »
15 L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel
16 et dit : « Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
17 je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis.
18 Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi. »
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Nous tendons vers Dieu avec une force irrésistible. Et il nous semble que nous accomplissons quelque chose sur ce chemin. Nous comprenons quelque chose, quelque chose nous est donné...  Lire la suite

Nous tendons vers Dieu avec une force irrésistible. Et il nous semble que nous accomplissons quelque chose sur ce chemin. Nous comprenons quelque chose, quelque chose nous est donné, nous nous rapprochons de nos frères et sœurs et de notre père spirituel. Et il nous semble que c'est là ce qu'il y a de plus pur et de meilleur en moi, dans ma vie, que c'est ma forteresse et mon rocher. Je connais par cœur des dizaines de prières, mon chapelet préféré m'accompagne toujours, personne ne peut me l'enlever. Et nous opposons tout cela au monde sombre et déchaîné, y voyant un refuge lumineux et chaleureux. S'il en est ainsi, nous devons être prêts à ce qu'un beau jour le Seigneur nous demande de renoncer à tout cela. Car Il comprendra que notre « vie spirituelle » est devenue pour nous plus importante que Lui-même. Et si nous ne comprenons pas correctement cette épreuve, notre fin peut être très triste. Rien sur la terre—pas même les êtres qui nous sont les plus proches, pas même la seule personne qui ait été témoin de tes confessions devant Dieu—ne peut nous être plus cher que Dieu Lui-même. Cette pensée nous effraie, mais seulement parce que notre foi est faible.

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Pour Gn 22:10-13
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
11 Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
12 L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
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Toute la première moitié du Livre de la Genèse, à l’exception du Prologue formé de ses onze premiers chapitres, est consacrée...  Lire la suite

Toute la première moitié du Livre de la Genèse, à l’exception du Prologue formé de ses onze premiers chapitres, est consacrée à décrire comment Abraham, progressivement et pas à pas, fait connaissance avec le Dieu qui l’a appelé à Le suivre en Palestine, et apprend à Le connaître toujours mieux. Le sacrifice d’Isaac est la dernière étape, dramatique, de cette rencontre.

Pourquoi, pourrait-on demander, Dieu éprouverait-Il un homme sur quelque chose qu’il n’aura jamais à faire ? Dieu n’a pas besoin de sacrifices humains ; ils sont pour Lui une abomination, comme la Bible le dit à plusieurs reprises. Il est vrai que la Bible ne distingue pas toujours clairement la volonté de Dieu de ce qu’Il permet ; parfois, ce qu’Il permet est considéré comme l’intention de Dieu Lui-même et Lui est directement attribué. Mais même cette approche ne peut être tenue pour complètement erronée : si Dieu n’empêche pas quelque chose de manière décisive, c’est qu’Il a un certain projet lié à ce qui se produit.

En tout cas, une chose est évidente : Abraham résiste à l’épreuve, et Dieu le confirme. Quel est donc le sens de cette épreuve ? Abraham pouvait-il penser que son Dieu exigerait de lui un sacrifice humain ? Peut-être. Dieu S’était auparavant désigné par le nom El Shaddaï, « Dieu de puissance », et les païens de l’Antiquité avaient tendance à chercher les dieux portant de tels noms dans le monde inférieur plutôt que dans le monde supérieur, dans le royaume des morts sous la terre plutôt qu’aux cieux.

Quoi qu’il en soit, ils situaient la source de la puissance qu’implique le nom révélé par Dieu à Abraham non pas dans les cieux, mais dans le monde inférieur. On pouvait attendre du maître du monde inférieur, du monde des ombres et du royaume des morts, qu’il exige un sacrifice humain. Mais comment le Dieu d’Abraham pouvait-Il lui demander de sacrifier son fils ? N’avait-Il pas dit Lui-même auparavant que toutes les promesses déjà données seraient précisément liées à ce fils venu au monde d’une manière miraculeuse ?

Que pouvait donc signifier l’ordre de le sacrifier ? Tout avait-il été tromperie depuis le début ? Mais le fils promis était réellement venu au monde, et cela à un moment où il était déjà tout à fait impossible de l’espérer ! C’était une véritable épreuve, une épreuve par l’absurde, que l’on ne pouvait traverser qu’en s’appuyant sur une confiance totale en Dieu, dans une situation où la raison refuse de comprendre l’horreur qui arrive à l’homme.

Abraham traverse cette épreuve : il espère jusqu’au bout. Et, à la fin, la situation se dénoue miraculeusement, car Dieu n’a réellement pas besoin de sacrifices humains. Il a besoin de notre confiance. Parfois contre l’évidence.

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Pour Is 45:1-25
1 Ainsi parle Yahvé à son oint,
à Cyrus dont j’ai saisi la main droite,
pour faire plier devant lui les nations
et désarmer les rois,
pour ouvrir devant lui les vantaux,
pour que les portes ne soient plus fermées.
2 C’est moi qui vais marcher devant toi, j’aplanirai les hauteurs,
je briserai les vantaux de bronze,
je ferai céder les verrous de fer
3 et je te donnerai des trésors secrets,
des richesses cachées,
afin que tu saches que je suis Yahvé,
celui qui t’appelle par ton nom,
le Dieu d’Israël.
4 C’est à cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu
que je t’ai appelé par ton nom,
je te donne un titre, sans que tu me connaisses.
5 Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre,
moi excepté, il n’y a pas de Dieu.
Je te ceins, sans que tu me connaisses,
6 afin que l’on sache du levant au couchant
qu’il n’y a personne sauf moi :
je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
7 Je façonne la lumière et je crée les ténèbres,
je fais le bonheur et je crée le malheur,
c’est moi, Yahvé, qui fais tout cela.
8 Cieux, épanchez-vous là-haut,
et que les nuages déversent la justice,
que la terre s’ouvre et produise le salut,
qu’elle fasse germer en même temps la justice.
C’est moi, Yahvé, qui ai créé cela.
9 Malheur à qui discute avec celui qui l’a modelé,
vase parmi les vases de terre !
L’argile dit-elle à son potier : « Que fais-tu ?
ton œuvre n’a pas de mains ! »
10 Malheur à qui dit à un père : « Pourquoi engendres-tu ? »
et à une femme : « Pourquoi mets-tu au monde ? »
11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
18 Car ainsi parle Yahvé, le créateur des cieux :
C’est lui qui est Dieu, qui a modelé la terre et l’a faite,
c’est lui qui l’a fondée ;
il ne l’a pas créée vide,
il l’a modelée pour être habitée.
Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
19 Je n’ai pas parlé en secret, en quelque coin d’un obscur pays,
je n’ai pas dit à la race de Jacob :
Cherchez-moi dans le chaos !
je suis Yahvé qui proclame la justice,
qui annonce des choses vraies.
20 Rassemblez-vous et venez ! Approchez tous ensemble,
survivants des nations !
Ils sont inconscients ceux qui transportent
leurs idoles de bois,
qui prient un dieu qui ne sauve pas.
21 Annoncez, produisez vos preuves,
que même ils se concertent !
Qui avait proclamé cela dans le passé,
qui l’avait annoncé jadis,
n’est-ce pas moi, Yahvé ?
Il n’y a pas d’autre dieu que moi.
Un dieu juste et sauveur, il n’y en a pas excepté moi.
22 Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés,
tous les confins de la terre,
car je suis Dieu, il n’y en a pas d’autre.
23 Je le jure par moi-même,
ce qui sort de ma bouche est la vérité,
c’est une parole irrévocable :
Oui, devant moi tout genou fléchira,
par moi jurera toute langue
24 en disant : En Yahvé seul
sont la justice et la force.
Jusqu’à lui viendront, couverts de honte,
tous ceux qui s’enflammaient contre lui.
25 C’est en Yahvé qu’elle obtiendra le triomphe et la gloire,
toute la race d’Israël.
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Les prophètes, et pas seulement eux, ont souvent proclamé la souveraineté absolue de Dieu dans le monde qu'Il a créé, non seulement comme Créateur, mais aussi comme Souverain. Cela semble aller de soi. En réalité, pourtant, tout n'est pas si simple. L'homme déchu a tendance à oublier la souveraineté de Dieu...  Lire la suite

Les prophètes, et pas seulement eux, ont souvent proclamé la souveraineté absolue de Dieu dans le monde qu'Il a créé, non seulement comme Créateur, mais aussi comme Souverain. Cela semble aller de soi. En réalité, pourtant, tout n'est pas si simple. L'homme déchu a tendance à oublier la souveraineté de Dieu. Même les membres des tribus primitives où se conserve encore la mémoire de l'Un préfèrent généralement s'adresser à d'autres esprits et à d'autres puissances, bien qu'ils sachent que ceux-ci sont inférieurs à l'Un et moins puissants que Lui. Et la formule courante « Eh bien, maintenant, il ne reste plus qu'à prier », habituellement prononcée quand tout le reste a déjà été essayé, montre que nous ne sommes pas non plus si différents des hommes primitifs. Ceux qui savent qu'il vaut mieux commencer par la prière sont une minorité.

Or c'est précisément ainsi que l'on amoindrit la souveraineté de Dieu. Nous sommes prêts à nous adresser à n'importe qui, sauf à Dieu, dans l'espoir de pouvoir accomplir quelque chose dans le monde sans Son autorisation directe ni Sa participation. Nous nous appuyons sur d'autres esprits, d'autres puissances, sur des hommes, bref, sur n'importe quoi, mais pas sur Dieu Lui-même. Et nous oublions que, sans la participation directe de Dieu, on ne peut faire que le mal. Bien sûr, Dieu connaît aussi le mal. Mais Il n'y participe pas directement.

Le mal est toujours une concession de Dieu à une volonté humaine, ou à quelque autre volonté, qui s'oppose à Lui. Une concession faite par respect pour la liberté de la volonté des êtres qu'Il a Lui-même créés. Mais on ne peut rien faire de cette manière, hormis le mal. Et pourtant, nous essayons sans cesse d'organiser notre vie de façon que Dieu n'y jette pas un regard, ou du moins qu'Il le fasse plus rarement. Nous accueillons souvent Sa venue dans notre vie comme la visite d'un inspecteur hostile dont nous sommes certains de n'avoir rien de bon à attendre.

Qu'est-ce donc ? La conséquence, sinon de la conscience, du moins du sentiment de notre état de pécheurs ? Sans doute. Mais pas seulement. Il y a aussi une défiance envers l'amour de Dieu. Certes, un pouvoir absolu sans un amour tout aussi absolu est une chose infiniment terrifiante. Mais, en Dieu, la plénitude du pouvoir et celle de l'amour se complètent. Or nous, hommes déchus, nous voyons le pouvoir et ne voyons pas l'amour. Cela se comprend : le mal dans lequel gît le monde existe, pour une large part, précisément comme un pouvoir sans amour.

Le pouvoir nous est familier et compréhensible ; pour l'amour, les choses vont moins bien dans le monde déchu. Et nous n'arrivons pas à imaginer que l'un puisse s'unir à l'autre. Seule une confiance entière en Dieu, la volonté de L'accueillir tel qu'Il Se révèle à nous, peut changer cette situation. Nous comprendrons alors que la souveraineté absolue de Dieu n'est pas un cauchemar à fuir de toutes nos forces, mais le fondement du Royaume de Dieu, vers lequel nous devons tendre de toutes nos forces.

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Pour Is 45:1-25
1 Ainsi parle Yahvé à son oint,
à Cyrus dont j’ai saisi la main droite,
pour faire plier devant lui les nations
et désarmer les rois,
pour ouvrir devant lui les vantaux,
pour que les portes ne soient plus fermées.
2 C’est moi qui vais marcher devant toi, j’aplanirai les hauteurs,
je briserai les vantaux de bronze,
je ferai céder les verrous de fer
3 et je te donnerai des trésors secrets,
des richesses cachées,
afin que tu saches que je suis Yahvé,
celui qui t’appelle par ton nom,
le Dieu d’Israël.
4 C’est à cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu
que je t’ai appelé par ton nom,
je te donne un titre, sans que tu me connaisses.
5 Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre,
moi excepté, il n’y a pas de Dieu.
Je te ceins, sans que tu me connaisses,
6 afin que l’on sache du levant au couchant
qu’il n’y a personne sauf moi :
je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
7 Je façonne la lumière et je crée les ténèbres,
je fais le bonheur et je crée le malheur,
c’est moi, Yahvé, qui fais tout cela.
8 Cieux, épanchez-vous là-haut,
et que les nuages déversent la justice,
que la terre s’ouvre et produise le salut,
qu’elle fasse germer en même temps la justice.
C’est moi, Yahvé, qui ai créé cela.
9 Malheur à qui discute avec celui qui l’a modelé,
vase parmi les vases de terre !
L’argile dit-elle à son potier : « Que fais-tu ?
ton œuvre n’a pas de mains ! »
10 Malheur à qui dit à un père : « Pourquoi engendres-tu ? »
et à une femme : « Pourquoi mets-tu au monde ? »
11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
18 Car ainsi parle Yahvé, le créateur des cieux :
C’est lui qui est Dieu, qui a modelé la terre et l’a faite,
c’est lui qui l’a fondée ;
il ne l’a pas créée vide,
il l’a modelée pour être habitée.
Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
19 Je n’ai pas parlé en secret, en quelque coin d’un obscur pays,
je n’ai pas dit à la race de Jacob :
Cherchez-moi dans le chaos !
je suis Yahvé qui proclame la justice,
qui annonce des choses vraies.
20 Rassemblez-vous et venez ! Approchez tous ensemble,
survivants des nations !
Ils sont inconscients ceux qui transportent
leurs idoles de bois,
qui prient un dieu qui ne sauve pas.
21 Annoncez, produisez vos preuves,
que même ils se concertent !
Qui avait proclamé cela dans le passé,
qui l’avait annoncé jadis,
n’est-ce pas moi, Yahvé ?
Il n’y a pas d’autre dieu que moi.
Un dieu juste et sauveur, il n’y en a pas excepté moi.
22 Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés,
tous les confins de la terre,
car je suis Dieu, il n’y en a pas d’autre.
23 Je le jure par moi-même,
ce qui sort de ma bouche est la vérité,
c’est une parole irrévocable :
Oui, devant moi tout genou fléchira,
par moi jurera toute langue
24 en disant : En Yahvé seul
sont la justice et la force.
Jusqu’à lui viendront, couverts de honte,
tous ceux qui s’enflammaient contre lui.
25 C’est en Yahvé qu’elle obtiendra le triomphe et la gloire,
toute la race d’Israël.
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Le roi perse Cyrus, après avoir conquis Babylone, autorise bientôt les Juifs captifs à retourner dans leur patrie, en Palestine. Ainsi...  Lire la suite

Le roi perse Cyrus, après avoir conquis Babylone, autorise bientôt les Juifs captifs à retourner dans leur patrie, en Palestine. Ainsi s'achève l'une des périodes les plus importantes de l'Histoire sainte : l'Exil à Babylone. Mais derrière les bouleversements historiques se révèle au prophète la force agissante dans l'histoire du véritable Roi de l'univers : le Seigneur, Dieu d'Israël. C'est Lui-même qui conduit Son peuple vers le salut, vers la vie divine. Pour atteindre ce but ultime, Il permet les catastrophes et les malheurs ; pour cette même fin, ensuite, Il guérit, pardonne et ramène le peuple de l'Exil.

En voyant la présence et l'action des forces du mal dans notre monde, dans notre histoire, nous devons, en prenant exemple sur le prophète, comprendre que le Maître de l'histoire est Dieu, que le pouvoir sur le temps et sur le monde Lui appartient, et qu'en traversant toutes les épreuves, nous avançons vers le but qu'Il a fixé, un but que le prophète comme nous-mêmes pouvons à peine imaginer et décrire.

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Pour Is 45:1-25
1 Ainsi parle Yahvé à son oint,
à Cyrus dont j’ai saisi la main droite,
pour faire plier devant lui les nations
et désarmer les rois,
pour ouvrir devant lui les vantaux,
pour que les portes ne soient plus fermées.
2 C’est moi qui vais marcher devant toi, j’aplanirai les hauteurs,
je briserai les vantaux de bronze,
je ferai céder les verrous de fer
3 et je te donnerai des trésors secrets,
des richesses cachées,
afin que tu saches que je suis Yahvé,
celui qui t’appelle par ton nom,
le Dieu d’Israël.
4 C’est à cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu
que je t’ai appelé par ton nom,
je te donne un titre, sans que tu me connaisses.
5 Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre,
moi excepté, il n’y a pas de Dieu.
Je te ceins, sans que tu me connaisses,
6 afin que l’on sache du levant au couchant
qu’il n’y a personne sauf moi :
je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
7 Je façonne la lumière et je crée les ténèbres,
je fais le bonheur et je crée le malheur,
c’est moi, Yahvé, qui fais tout cela.
8 Cieux, épanchez-vous là-haut,
et que les nuages déversent la justice,
que la terre s’ouvre et produise le salut,
qu’elle fasse germer en même temps la justice.
C’est moi, Yahvé, qui ai créé cela.
9 Malheur à qui discute avec celui qui l’a modelé,
vase parmi les vases de terre !
L’argile dit-elle à son potier : « Que fais-tu ?
ton œuvre n’a pas de mains ! »
10 Malheur à qui dit à un père : « Pourquoi engendres-tu ? »
et à une femme : « Pourquoi mets-tu au monde ? »
11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
18 Car ainsi parle Yahvé, le créateur des cieux :
C’est lui qui est Dieu, qui a modelé la terre et l’a faite,
c’est lui qui l’a fondée ;
il ne l’a pas créée vide,
il l’a modelée pour être habitée.
Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
19 Je n’ai pas parlé en secret, en quelque coin d’un obscur pays,
je n’ai pas dit à la race de Jacob :
Cherchez-moi dans le chaos !
je suis Yahvé qui proclame la justice,
qui annonce des choses vraies.
20 Rassemblez-vous et venez ! Approchez tous ensemble,
survivants des nations !
Ils sont inconscients ceux qui transportent
leurs idoles de bois,
qui prient un dieu qui ne sauve pas.
21 Annoncez, produisez vos preuves,
que même ils se concertent !
Qui avait proclamé cela dans le passé,
qui l’avait annoncé jadis,
n’est-ce pas moi, Yahvé ?
Il n’y a pas d’autre dieu que moi.
Un dieu juste et sauveur, il n’y en a pas excepté moi.
22 Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés,
tous les confins de la terre,
car je suis Dieu, il n’y en a pas d’autre.
23 Je le jure par moi-même,
ce qui sort de ma bouche est la vérité,
c’est une parole irrévocable :
Oui, devant moi tout genou fléchira,
par moi jurera toute langue
24 en disant : En Yahvé seul
sont la justice et la force.
Jusqu’à lui viendront, couverts de honte,
tous ceux qui s’enflammaient contre lui.
25 C’est en Yahvé qu’elle obtiendra le triomphe et la gloire,
toute la race d’Israël.
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Le roi a atteint le sommet de la grandeur et de la puissance ; l'armée de son empire conquiert un État après l'autre. Il se croit le centre de l'univers et l'auteur de ses propres victoires, alors que les paroles prophétiques ont déjà retenti pour déclarer que...  Lire la suite

Le roi a atteint le sommet de la grandeur et de la puissance ; l'armée de son empire conquiert un État après l'autre. Il se croit le centre de l'univers et l'auteur de ses propres victoires, alors que les paroles prophétiques ont déjà retenti pour déclarer que tout ce que Cyrus a reçu, le Seigneur ne lui a permis de le prendre que pour qu'il joue un rôle dans la destinée historique d'un peuple qu'il connaît à peine. Cyrus ne soupçonne pas qu'en libérant les captifs de l'esclavage, il donne à son propre pays comme aux pays qu'il cherche à conquérir la possibilité d'entendre parler du Dieu qui s'exprime à son sujet par un prophète qu'il ignore. Les siècles passeront, l'empire créé par Cyrus subira plus d'une défaite, et parmi les nombreuses actions des souverains perses, les plus durables resteront celles qui auront été accomplies pour un faible groupe d'hommes qui suivent le Seigneur.

Le sens véritable de l'histoire échappe souvent à l'attention des contemporains, tandis que l'histoire elle-même s'accomplit sans bruit. Mais ce qui n'était pas visible se révèle souvent plus authentique et plus durable que ce qui était sous tous les regards et sur toutes les lèvres.

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Pour Is 45:1-25
1 Ainsi parle Yahvé à son oint,
à Cyrus dont j’ai saisi la main droite,
pour faire plier devant lui les nations
et désarmer les rois,
pour ouvrir devant lui les vantaux,
pour que les portes ne soient plus fermées.
2 C’est moi qui vais marcher devant toi, j’aplanirai les hauteurs,
je briserai les vantaux de bronze,
je ferai céder les verrous de fer
3 et je te donnerai des trésors secrets,
des richesses cachées,
afin que tu saches que je suis Yahvé,
celui qui t’appelle par ton nom,
le Dieu d’Israël.
4 C’est à cause de mon serviteur Jacob et d’Israël mon élu
que je t’ai appelé par ton nom,
je te donne un titre, sans que tu me connaisses.
5 Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre,
moi excepté, il n’y a pas de Dieu.
Je te ceins, sans que tu me connaisses,
6 afin que l’on sache du levant au couchant
qu’il n’y a personne sauf moi :
je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
7 Je façonne la lumière et je crée les ténèbres,
je fais le bonheur et je crée le malheur,
c’est moi, Yahvé, qui fais tout cela.
8 Cieux, épanchez-vous là-haut,
et que les nuages déversent la justice,
que la terre s’ouvre et produise le salut,
qu’elle fasse germer en même temps la justice.
C’est moi, Yahvé, qui ai créé cela.
9 Malheur à qui discute avec celui qui l’a modelé,
vase parmi les vases de terre !
L’argile dit-elle à son potier : « Que fais-tu ?
ton œuvre n’a pas de mains ! »
10 Malheur à qui dit à un père : « Pourquoi engendres-tu ? »
et à une femme : « Pourquoi mets-tu au monde ? »
11 Ainsi parle Yahvé,
le Saint d’Israël, son créateur :
On me demande ce qui va se passer pour mes enfants,
au sujet de l’œuvre de mes mains, on me donne des ordres.
12 C’est moi qui ai fait la terre
et créé l’homme qui l’habite,
c’est moi qui de mes mains ai déployé les cieux,
et qui ai donné des ordres à toute leur armée.
13 C’est moi qui l’ai suscité dans la justice,
et qui vais aplanir toutes ses voies.
C’est lui qui reconstruira ma ville,
qui rapatriera mes déportés, sans rançon ni indemnité,
dit Yahvé Sabaot.
14 Ainsi parle Yahvé :
Les productions de l’Égypte, le commerce de Kush
et les Sébaïtes, ces gens de haute taille,
passeront chez toi et t’appartiendront.
Ils marcheront derrière toi, ils iront chargés de chaînes,
ils se prosterneront devant toi, ils te prieront :
« Il n’y a de Dieu que chez toi !
il n’y en a pas d’autres, pas d’autre dieu. »
15 En vérité tu es un dieu qui se cache,
Dieu d’Israël, sauveur.
16 Ils sont honteux et humiliés, tous ensemble,
ils marchent dans l’humiliation, les fabricants d’idoles.
17 Israël sera sauvé par Yahvé, sauvé pour toujours,
vous ne serez ni honteux ni humiliés,
pour toujours et à jamais.
18 Car ainsi parle Yahvé, le créateur des cieux :
C’est lui qui est Dieu, qui a modelé la terre et l’a faite,
c’est lui qui l’a fondée ;
il ne l’a pas créée vide,
il l’a modelée pour être habitée.
Je suis Yahvé, il n’y en a pas d’autre.
19 Je n’ai pas parlé en secret, en quelque coin d’un obscur pays,
je n’ai pas dit à la race de Jacob :
Cherchez-moi dans le chaos !
je suis Yahvé qui proclame la justice,
qui annonce des choses vraies.
20 Rassemblez-vous et venez ! Approchez tous ensemble,
survivants des nations !
Ils sont inconscients ceux qui transportent
leurs idoles de bois,
qui prient un dieu qui ne sauve pas.
21 Annoncez, produisez vos preuves,
que même ils se concertent !
Qui avait proclamé cela dans le passé,
qui l’avait annoncé jadis,
n’est-ce pas moi, Yahvé ?
Il n’y a pas d’autre dieu que moi.
Un dieu juste et sauveur, il n’y en a pas excepté moi.
22 Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés,
tous les confins de la terre,
car je suis Dieu, il n’y en a pas d’autre.
23 Je le jure par moi-même,
ce qui sort de ma bouche est la vérité,
c’est une parole irrévocable :
Oui, devant moi tout genou fléchira,
par moi jurera toute langue
24 en disant : En Yahvé seul
sont la justice et la force.
Jusqu’à lui viendront, couverts de honte,
tous ceux qui s’enflammaient contre lui.
25 C’est en Yahvé qu’elle obtiendra le triomphe et la gloire,
toute la race d’Israël.
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La lecture d'aujourd'hui est assez inhabituelle par son sens et son contenu. Elle commence de façon plutôt inattendue : le prophète appelle Cyrus le Grand, souverain de l'Empire perse, l'oint de Dieu. Cyrus a bien sûr joué un rôle essentiel dans le destin historique du peuple juif : sa victoire sur Babylone a ouvert...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui est assez inhabituelle par son sens et son contenu. Elle commence de façon plutôt inattendue : le prophète appelle Cyrus le Grand, souverain de l'Empire perse, l'oint de Dieu (v. 1). Cyrus a bien sûr joué un rôle essentiel dans le destin historique du peuple juif : sa victoire sur Babylone a ouvert aux exilés le chemin de la terre de leurs pères, et c'est précisément l'édit de Cyrus qui a lancé le rapatriement des Juifs de Babylone en Judée. Il n'est pas étonnant qu'Isaïe considère la victoire du roi perse comme un événement providentiel et voie le sens principal des changements militaires et politiques qui se produisaient alors au Proche-Orient dans la possibilité qu'ils donnaient aux Juifs de revenir et de rebâtir la ville et le Temple (v. 2-10).

À première vue, une telle manière d'envisager de grands événements historiques peut sembler quelque peu rétrécir la perspective. Mais le prophète l'élargit aussitôt aux dimensions de l'univers : dès la prophétie suivante (v. 11-25), cette perspective devient messianique. Isaïe comprend parfaitement que le retour des Juifs sur la terre de leurs pères n'est pas une fin en soi et que même la restauration de Jérusalem et du Temple ne peut encore être tenue pour l'accomplissement des anciennes prophéties. Elles s'accompliront lorsque viendra le Messie promis par Dieu et annoncé par les prophètes. Dans cette perspective, tous les événements historiques, même les plus grands, ne sont vraiment que le prélude à la réalité essentielle pour laquelle existe toute l'histoire du monde.

Cyrus devait sans aucun doute y jouer un rôle très important, en mettant en route les processus qui inaugurèrent une nouvelle étape de l'histoire du peuple de Dieu. Lui-même, bien sûr, n'en savait rien ; mais il comprenait apparemment l'essentiel : si un peuple avait réussi, pendant plusieurs décennies, à conserver sa foi malgré la perte non seulement de sa terre, mais aussi de ses autels, ce peuple méritait le respect et méritait donc qu'on lui rende l'une et les autres.

Comprise ainsi, la décision de Cyrus était à la fois raisonnable et juste, et elle devint une partie du dessein de Dieu. Le prophète est donc pleinement fondé à l'appeler un oint, un homme de Dieu. Cyrus n'appartenait pas au peuple de Dieu et connaissait probablement peu de choses sur le Dieu d'Israël ; pourtant, il a accompli Sa volonté.

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Pour Gn 22:1-24
1 Après ces événements, il arriva que Dieu éprouva Abraham et lui dit : « Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
2 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. »
3 Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l’holocauste et se mit en route pour l’endroit que Dieu lui avait dit.
4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.
5 Abraham dit à ses serviteurs : « Demeurez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque là-bas, nous adorerons et nous reviendrons vers vous. »
6 Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
7 Isaac s’adressa à son père Abraham et dit : « Mon père ! » Il lui répondit : « Me voici, mon fils ! » Il reprit : « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
8 Abraham répondit : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils », et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
9 Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
11 Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
12 L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
14 À ce lieu, Abraham donna le nom de « Yahvé pourvoit », en sorte qu’on dit aujourd’hui : « Sur la montagne, Yahvé apparaît. »
15 L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel
16 et dit : « Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
17 je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis.
18 Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi. »
19 Abraham revint vers ses serviteurs et ils se mirent en route ensemble pour Bersabée. Abraham résida à Bersabée.
20 Après ces événements, on annonça à Abraham que Milka elle aussi avait enfanté des fils à son frère Nahor :
21 son premier-né Uç, Buz, le frère de celui-ci, Qemuel, père d’Aram,
22 Késed, Hazo, Pildash, Yidlaph, Bétuel
23 (et Bétuel engendra Rébecca). Ce sont les huit enfants que Milka donna à Nahor, le frère d’Abraham.
24 Il avait une concubine, nommée Réuma, qui eut aussi des enfants : Tébah, Gaham, Tahash et Maaka.
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L'événement que nous appelons le sacrifice d'Isaac s'appelle en hébreu l'Aqedah. Ce mot signifie littéralement « ligature » : en effet, on n'en arriva pas au sacrifice, mais seulement...  Lire la suite

L'événement que nous appelons le sacrifice d'Isaac s'appelle en hébreu l'Aqedah. Ce mot signifie littéralement « ligature » : en effet, on n'en arriva pas au sacrifice, mais seulement à la ligature d'Isaac et à sa mise sur l'autel. Dieu arrêta Abraham, et le meurtre n'eut pas lieu. Un meurtre, précisément : il est peu vraisemblable qu'aujourd'hui quelqu'un ait des doutes sur l'attitude de Dieu envers les sacrifices humains ; la Bible en parle de manière tout à fait univoque.

Que s'est-il donc passé alors avec Abraham ? On interprète traditionnellement ce qui s'est produit comme une sorte d'épreuve d'Abraham : épreuve de fidélité à Dieu, de confiance en lui, de disponibilité à faire tout ce que Dieu ne demanderait pas. Tout cela serait juste s'il n'y avait un point d'une importance essentielle : pourquoi Dieu aurait-il dû éprouver Abraham sur sa disponibilité à accomplir ce qui, aux yeux de Dieu, est un double péché, celui d'apostasie et celui de meurtre ? Apostasie, parce qu'à cette époque les sacrifices humains n'étaient offerts qu'aux dieux souterrains, aux dieux du monde inférieur, aux maîtres du monde des ombres ; meurtre, pour une raison tout à fait compréhensible : Dieu n'a pas besoin de sacrifices humains par définition, si bien que, de son point de vue, il s'agit précisément d'un meurtre et de rien d'autre. Mais comment alors comprendre la voix qu'Abraham entendit ? Si ce n'était pas Dieu, qui était-ce ? Et où était Dieu, si ce n'était pas sa voix ?

Dans le récit biblique de l'Aqedah, Dieu n'est pas nommé par son nom ; il y est simplement Dieu, et le mot utilisé dans le texte pour désigner Dieu n'était pas employé au temps d'Abraham. Nous avons manifestement devant nous une histoire racontée de nouveau, racontée, à en juger par les particularités du texte, par quelqu'un du milieu sacerdotal. Dans ce milieu, et plus généralement aux temps préexiliques, les yahvistes croyants ne distinguaient pas la volonté de Dieu et sa permission comme nous les distinguons aujourd'hui, du moins au niveau des termes. Si Dieu a permis à Abraham d'entendre une voix, alors cette voix vient de lui.

Que pouvait donc penser Abraham lui-même ? Il savait que son Dieu était El-Shaddaï, le Dieu de la force, comme il s'était lui-même nommé lors de la seconde des théophanies à Abraham décrites dans le Livre de la Genèse. Les anciens étaient plus portés à chercher la source de la force dans le monde inférieur, sous la terre, que dans le monde supérieur, dans les cieux. Et si le Dieu d'Abraham était le maître du monde inférieur ? Alors il peut exiger un sacrifice humain... mais alors qu'en est-il des promesses liées à Isaac ? Qu'en est-il de l'alliance conclue avec Dieu ?

L'épreuve par l'absurde est la plus terrible. Parce que l'absurde paralyse l'âme, et qu'une âme paralysée est beaucoup plus terrible qu'un corps paralysé. Or Abraham conserve tout de même sa confiance en son Dieu : à la question d'Isaac sur l'agneau, il répond que Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau. Et Dieu le trouve réellement, libérant l'âme d'Abraham du pouvoir de cette force à laquelle il avait permis de s'emparer d'elle.

Il loue Abraham pour sa fidélité. Parce qu'il n'a pas reculé, ne s'est pas retiré. Et Abraham, même sous le pouvoir de la force obscure permise par Dieu, comprend qu'il n'a pas de chemin de retour. Là, derrière lui, il n'y a pas de salut contre l'absurde mauvais dans lequel il s'est trouvé. Pour être sauvé, il faut seulement aller de l'avant, à la rencontre de Dieu. Abraham va de l'avant, et il rencontre réellement Dieu, qui l'accueille, le libère du pouvoir des ténèbres et le loue pour sa fidélité.

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Pour Gn 22:1-24
1 Après ces événements, il arriva que Dieu éprouva Abraham et lui dit : « Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
2 Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. »
3 Abraham se leva tôt, sella son âne et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois de l’holocauste et se mit en route pour l’endroit que Dieu lui avait dit.
4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin.
5 Abraham dit à ses serviteurs : « Demeurez ici avec l’âne. Moi et l’enfant nous irons jusque là-bas, nous adorerons et nous reviendrons vers vous. »
6 Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
7 Isaac s’adressa à son père Abraham et dit : « Mon père ! » Il lui répondit : « Me voici, mon fils ! » Il reprit : « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
8 Abraham répondit : « C’est Dieu qui pourvoira à l’agneau pour l’holocauste, mon fils », et ils s’en allèrent tous deux ensemble.
9 Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.
11 Mais l’Ange de Yahvé l’appela du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! »
12 L’Ange dit : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s’était pris par les cornes dans un buisson, et Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
14 À ce lieu, Abraham donna le nom de « Yahvé pourvoit », en sorte qu’on dit aujourd’hui : « Sur la montagne, Yahvé apparaît. »
15 L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel
16 et dit : « Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
17 je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis.
18 Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi. »
19 Abraham revint vers ses serviteurs et ils se mirent en route ensemble pour Bersabée. Abraham résida à Bersabée.
20 Après ces événements, on annonça à Abraham que Milka elle aussi avait enfanté des fils à son frère Nahor :
21 son premier-né Uç, Buz, le frère de celui-ci, Qemuel, père d’Aram,
22 Késed, Hazo, Pildash, Yidlaph, Bétuel
23 (et Bétuel engendra Rébecca). Ce sont les huit enfants que Milka donna à Nahor, le frère d’Abraham.
24 Il avait une concubine, nommée Réuma, qui eut aussi des enfants : Tébah, Gaham, Tahash et Maaka.
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Après avoir lu les chapitres précédents de la Genèse, nous ne pouvons douter qu'Abraham aime son fils. Dans la vie réelle...  Lire la suite

Après avoir lu les chapitres précédents de la Genèse, nous ne pouvons douter qu'Abraham aime son fils. Dans la vie réelle, un enfant tardif et unique attire souvent un océan si immense d'amour parental qu'il devient parfois un monstre d'égoïsme. Et pourtant nous lisons aujourd'hui comment un père prend son fils unique, le conduit sur la montagne et s'apprête à l'offrir en sacrifice. Toute l'horreur tient à ce que ces gestes semblent n'avoir aucun sens. Abraham est sorti d'Ur des Chaldéens, ville connue pour ses terribles rites de sacrifices humains. Il est parti à l'appel du Dieu unique et saint, qui lui avait promis de faire naître de lui un grand peuple. Longtemps et sans murmurer, il a attendu l'accomplissement de la promesse; enfin un fils lui est né. On aurait pu croire que tout était désormais juste et accompli. Et au moment même où le garçon a grandi, quand les craintes de perdre un enfant petit et fragile sont passées, ce même Dieu saint et miséricordieux demande d'offrir Isaac en sacrifice. Cela nous paraît une cruauté absurde, mais Abraham est juste par la foi. Sa foi est déraisonnable, et c'est en cela qu'il demeure pour nous un exemple inaccessible de sainteté, c'est-à-dire de don à Dieu. Pour nous, le raisonnement et la certitude que certaines paroles de Dieu n'ont pas de sens deviennent un motif de refus. Pour Abraham, cette possibilité n'existe pas. Il obéit sans réserve à Dieu; là est sa grande force, et c'est pourquoi de lui est né le grand peuple qui a donné au monde le Sauveur. Car la volonté de Dieu et son accomplissement sont au-dessus de nos idées sur ce que Dieu peut nous demander.

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