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RÉFLEXIONS pour He 10:34

34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable.
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L’un des principes les plus importants de la vie spirituelle chrétienne, dans la langue de la tradition monastique orientale, s’appelle le non-attachement aux possessions. La tradition occidentale appelle ce non-attachement pauvreté, et le limite en le réduisant à un certain état matériel. Pourtant, si l’on comprend la pauvreté comme la comprenait, par exemple, Isaïe de Jérusalem, on pourrait très bien l’appeler aussi non-attachement aux possessions.

D’ailleurs, le destin d’Isaïe peut servir d’illustration aux paroles de l’auteur de l’épître, bien que ce prophète ait vécu huit siècles avant la venue du Sauveur: aristocrate et homme riche, il se disait pauvre, et à la fin de sa vie, pendant les persécutions, il perdit réellement tout. Il existe même des indications peu claires selon lesquelles le prophète aurait terminé sa vie en martyr. Ce sentiment d’être pauvre indépendamment de la taille de ses biens, voilà ce qu’on appelle le non-attachement aux possessions. Dans un tel état spirituel, la perte même de ces biens n’est effectivement pas perçue comme une catastrophe.

L’homme comprend alors réellement que l’essentiel pour lui n’est pas la propriété, ou du moins pas celle qu’il possède sur la terre. Et ce n’est pas un renoncement, une auto-limitation, une pauvreté au nom de la liberté ou quelque chose de semblable. Il s’agit simplement de la vie dans le Royaume comme telle. Dans une réalité organisée autrement que notre monde non transfiguré. Et c’est précisément cette réalité qui devient pour l’homme authentique et absolue. Bien sûr, il n’est pas nécessaire que l’homme perde tout dans ce cas: la pratique monastique, en Orient comme en Occident, ne fait qu’extérioriser ce qui peut demeurer intérieur.

Il s’agit précisément de l’attitude envers ses propres biens. Lorsqu’ils sont perçus non comme une partie plus ou moins inséparable de soi-même, ce «moi bien-aimé», mais comme un instrument donné par Dieu pour accomplir les tâches fixées par Dieu. Un instrument que l’on ne possède pas, mais dont on se sert. Et même si cet instrument t’est enlevé et que Dieu n’intervient pas, cela signifie que Son plan ne suppose pas d’intervention. Peut-être ces instruments ne seront-ils plus nécessaires. Ou Dieu en a préparé d’autres. Quoi qu’il en soit, Il sait mieux que nous. Et Ses serviteurs peuvent ne pas s’inquiéter: c’est Son monde et Son plan.

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