8 Nous devons accueillir de tels hommes, afin de collaborer à leurs travaux pour la Vérité.
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En parlant des frères fidèles, Jean souligne particulièrement la nécessité de les soutenir, y compris, selon ses paroles, ceux qui ne sont pas d’ici, ceux qui vivent loin. Le verbe «recevoir» de la traduction synodale correspond à un mot grec désignant le soutien, y compris matériel si le besoin se présente. Il n’est pas étonnant qu’une personne arrivée en lieu inconnu cherche d’abord un soutien auprès de ses coreligionnaires et de ceux qui partagent sa pensée. Mais aux premiers temps chrétiens, ce soutien était aussi une manifestation visible de l’unité de l’Église.
En ce temps-là, il n’existait pas encore d’organisation ecclésiale complexe, ni ces structures d’Église qui, plus tard, pouvaient soutenir les pèlerins ou les missionnaires. L’Église était alors un mouvement communautaire dirigé par un conseil d’anciens. Et le chrétien qui se retrouvait en terres étrangères pouvait compter d’abord sur le soutien de la communauté chrétienne locale, de l’église locale. Bien sûr, tout étranger ne pouvait pas être apôtre ou missionnaire. Mais en ce temps-là, la vie spirituelle du chrétien était généralement plus tendue et plus riche qu’elle ne l’est souvent aujourd’hui.
Aujourd’hui, d’un côté, les chrétiens constituent une majorité nominale dans de nombreux pays; de l’autre, ils regardent souvent leur christianisme comme un système de convictions religieuses et morales qu’ils professent, mais qui n’influence pas particulièrement leur vie quotidienne. Aux premiers temps chrétiens, le christianisme n’était pas encore devenu une religion; il était ressenti et vécu par la plupart des chrétiens, qui étaient bien sûr beaucoup moins nombreux qu’aujourd’hui, comme une vie nouvelle, la vie dans le Royaume de Dieu.
La vie du Royaume les débordait et faisait de chacun, dans une certaine mesure, un missionnaire, et en tout cas un témoin de cette vie nouvelle. Et les chrétiens de cette époque cherchaient des coreligionnaires dans une ville ou un village inconnu non seulement pour recevoir d’eux aide et soutien, mais aussi pour partager avec eux cette vie nouvelle commune, la vie du Royaume. Et s’il le fallait, pour devenir aussi témoins devant les païens du lieu. Car, à la différence des opinions et des convictions, il est assez difficile de cacher sa vie à ceux qui vous entourent. Surtout lorsqu’il s’agit de la vie du Royaume.
Autres réflexions
Pour 3Jn 1:5-8
5 Très cher, tu agis fidèlement en te dépensant pour les frères, bien que ce soient des étrangers.
6 Ils ont rendu témoignage à ta charité, devant l'Église. Tu feras une bonne action en pourvoyant à leur voyage, d'une manière digne de Dieu.
7 C'est pour le Nom qu'ils se sont mis en route, sans rien recevoir des païens.
8 Nous devons accueillir de tels hommes, afin de collaborer à leurs travaux pour la Vérité.
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Aujourd’hui, l’apôtre Jean parle de la vertu d’hospitalité—il appelle Gaïus, et avec lui chacun de nous, à accueillir frères et étrangers au nom de Dieu...
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Aujourd’hui, l’apôtre Jean parle de la vertu d’hospitalité—il appelle Gaïus, et avec lui chacun de nous, à accueillir frères et étrangers au nom de Dieu. Il est ici question de ceux qui prennent la route pour Son nom ; mais, au fond, accueillir toute personne à cause du Christ, c’est accueillir le Christ Lui-même. Pourquoi, à proprement parler, est-ce important ? S’agit-il simplement de « donner à manger et à boire, puis un lit pour dormir » ? Sans doute pas uniquement. Accueillir au nom de Dieu signifie ouvrir non seulement sa maison, mais aussi son cœur. Et cela est particulièrement important pour l’hôte comme pour celui qui est reçu. Ainsi se créent des relations particulières et importantes, et ainsi également s’édifie l’unité de l’Église.
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Pour 3Jn 1:1-15
1 Moi, l'Ancien, au très cher Gaïus, que j'aime en vérité.
2 Très cher, je souhaite que tu te portes bien sous tous les rapports et que ton corps soit en aussi bonne santé que ton âme.
3 Je me suis beaucoup réjoui des frères qui sont venus et qui ont rendu témoignage à ta vérité, je veux dire à la façon dont tu vis dans la vérité.
4 Apprendre que mes enfants vivent dans la vérité, rien ne m'est un plus grand sujet de joie.
5 Très cher, tu agis fidèlement en te dépensant pour les frères, bien que ce soient des étrangers.
6 Ils ont rendu témoignage à ta charité, devant l'Église. Tu feras une bonne action en pourvoyant à leur voyage, d'une manière digne de Dieu.
7 C'est pour le Nom qu'ils se sont mis en route, sans rien recevoir des païens.
8 Nous devons accueillir de tels hommes, afin de collaborer à leurs travaux pour la Vérité.
9 J'ai écrit un mot à l'Église. Mais Diotréphès, qui est avide d'y occuper la première place, ne nous reçoit pas.
10 C'est pourquoi je ne manquerai pas, si je viens, de rappeler sa conduite. Il se répand en mauvais propos contre nous. Non satisfait de cela, il refuse lui-même de recevoir les frères, et ceux qui voudraient les recevoir, il les en empêche et les expulse de l'Église.
11 Très cher, imite non le mal mais le bien. Qui fait le bien est de Dieu. Qui fait le mal n'a pas vu Dieu. .
12 Quant à Démétrius, tout le monde lui rend témoignage, y compris la Vérité elle-même. Nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai.
13 J'aurais beaucoup de choses à te dire. Mais je ne veux pas le faire avec de l'encre et un calame.
14 J'espère en effet te voir sous peu, et nous nous entretiendrons de vive voix.
15 Que la paix soit avec toi ! Tes amis te saluent. Salue les nôtres, chacun par son nom.
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Bien que la lettre de Jean soit personnellement adressée à un individu précis, elle présente, à travers des exemples concrets...
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Bien que la lettre de Jean soit personnellement adressée à un individu précis, elle présente, à travers des exemples concrets donnés pour l’édification de toute la communauté, des problèmes importants pour l’Église entière ; c’est pourquoi elle est justement appelée épître catholique. Gaïus est félicité pour sa fidélité à la vérité, qui s’est manifestée de manière très concrète par l’accueil des frères itinérants. Cela pourrait sembler une circonstance particulière, mais elle devient une question de principe, car tous les frères ne sont pas capables de faire preuve d’amour fraternel.
Le problème ne se limite pas à Diotréphès, qui aime occuper la première place. Les actes de cet homme précis mettent à nu un immense problème : les désaccords et les querelles s’intensifient parmi les frères, et des ambitions personnelles se mêlent aux divergences inévitables. Cela paraît même étrange : l’Église primitive est persécutée, et il semble impossible d’utiliser les relations ecclésiales pour faire carrière. Mais la vanité humaine est si puissante que, même dans les difficiles conditions de la persécution, la passion de s’affirmer aux dépens de son entourage reste à l’œuvre. Elle est si forte qu’elle se traduit par le désir d’écraser ceux qui sont entrés plus tôt dans l’Église, y compris l’un des premiers apôtres.
La persécution de la part de faux frères est une réalité qui a maintes fois empoisonné la vie des chrétiens. Mais ne nous laissons pas troubler : tôt ou tard, la vérité triomphe. Les efforts de Diotréphès se sont eux aussi révélés vains, et si nous nous souvenons de lui, c’est uniquement parce que son nom a été mentionné par l’apôtre même que Diotréphès ne voulait pas accueillir, mais que l’Église reconnaîtra toujours.
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