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RÉFLEXIONS pour Mc 14:32-52

32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Restez ici tandis que je prierai. "
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : " Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. "
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s'il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : " Abba Père ! tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! "
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : " Simon, tu dors ? Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. "
39 Puis il s'en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : " Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C'en est fait. L'heure est venue : voici que le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. "
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l'un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : " Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. "
45 Et aussitôt arrivé, il s'approcha de lui en disant : " Rabbi ", et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l'arrêtèrent.
47 Alors l'un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l'oreille.
48 S'adressant à eux, Jésus leur dit : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j'étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est pour que les Écritures s'accomplissent. "
50 Et, l'abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n'ayant pour tout vêtement qu'un drap, et on le saisit;
52 mais lui, lâchant le drap, s'enfuit tout nu.
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Après le repas pascal, Jésus se rendit avec Ses disciples au village de Gethsémani. Là, Il demanda aux disciples d’attendre pendant qu’Il priait. Jésus se retirait souvent pour prier, mais cette fois, pour Le soutenir, Il prit avec Lui Ses disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean. Sur la montagne de la Transfiguration, ils avaient été témoins de la gloire divine du Maître (Mc 9:3-8). Cette fois leur est pleinement révélée la nature humaine du Sauveur ; pour la première fois, le Maître leur apparaît comme ayant besoin d’un soutien humain ordinaire. Mais ils furent incapables de le Lui donner : la somnolence les enchaîna.

Jésus savait ce qui L’attendait. Son heure approchait, et tout ce qui était humain se révolta. Tombé à genoux, Il pria pour que, si possible, cette heure s’éloigne de Lui. Le poids du combat vécu par le Sauveur entre les sentiments humains et la volonté divine restera pour toujours un mystère. « Cependant, non pas ce que Je veux, mais ce que Tu veux », put dire Jésus. Revenant vers les trois disciples, Il les trouve endormis et dit : « Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». S’éloignant des disciples, Il pria de nouveau, prononçant les mêmes paroles, jusqu’à ce que l’amour du Père Le fortifie.

Ensuite, l’Évangile raconte comment l’un des Douze trahit le Maître par un baiser, comment, en disant « mais que les Écritures s’accomplissent », Jésus Se livra aux mains des soldats venus L’arrêter, et comment tous les disciples s’enfuirent dans une confusion totale. Mais d’une manière particulière nous parviennent les paroles du Christ, dites aussi pour nous : « Veillez et priez, l’esprit est ardent, mais la chair est faible ». Ce n’est qu’en veillant et en priant que nous pourrons, en surmontant toutes nos peurs devant l’avenir et devant l’incompréhensible, dire avec le Christ à notre Père céleste : « Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux ».

Autres réflexions

 
Pour Mc 14:32-52
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Restez ici tandis que je prierai. "
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : " Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. "
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s'il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : " Abba Père ! tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! "
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : " Simon, tu dors ? Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. "
39 Puis il s'en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : " Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C'en est fait. L'heure est venue : voici que le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. "
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l'un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : " Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. "
45 Et aussitôt arrivé, il s'approcha de lui en disant : " Rabbi ", et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l'arrêtèrent.
47 Alors l'un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l'oreille.
48 S'adressant à eux, Jésus leur dit : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j'étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est pour que les Écritures s'accomplissent. "
50 Et, l'abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n'ayant pour tout vêtement qu'un drap, et on le saisit;
52 mais lui, lâchant le drap, s'enfuit tout nu.
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Le passage d'aujourd'hui est consacré à ce à quoi il ne nous est d'ordinaire pas du tout joyeux de penser et qu'il n'est nullement agréable de rappeler...  Lire la suite

Le passage d'aujourd'hui est consacré à ce à quoi il ne nous est d'ordinaire pas du tout joyeux de penser et qu'il n'est nullement agréable de rappeler: la faiblesse humaine. Car la prière de Jésus à Gethsémani a révélé non seulement les souffrances de l'âme de Jésus lui-même, mais aussi la faiblesse de ses disciples, qui se sont trouvés tout à fait incapables de le soutenir (v. 33-41). Il est remarquable qu'à la fin ils se soient tous dispersés (v. 50-52), alors que tout récemment encore ils exprimaient unanimement leur disposition à mourir avec leur Maître (v. 27-31).

Bien sûr, le plus simple serait d'expliquer tout cela par l'emportement et peut-être par un maximalisme juvénile, qui trahit souvent celui qui en est possédé au moment le plus inopportun. Mais parmi les apôtres il y avait des hommes d'âges et de tempéraments divers, et beaucoup d'entre eux n'étaient déjà plus des garçons. De toute évidence, la résolution exprimée par les apôtres de suivre Jésus, si nécessaire jusqu'à la mort, n'était pas le fruit des seules émotions. Et pourtant, au moment où le Maître avait tant besoin de soutien, les disciples, même les plus proches, n'ont pas tenu et se sont endormis.

Mais à quoi n'ont-ils pas résisté? À la tension de l'attente? À une nuit sans sommeil? Sans doute aussi à cela. Mais il y avait autre chose: ici, au jardin de Gethsémani, ils ont vu pour la première fois leur Maître ainsi: souffrant, épuisé par l'angoisse, suppliant le Père d'avoir pitié, demandant que la coupe préparée pour lui s'éloigne de lui d'une manière ou d'une autre, par quelque miracle invraisemblable. Ils avaient toujours et partout vu le Maître fort; et soudain, de façon tout à fait inattendue, ils le virent faible. Ils étaient habitués à toujours espérer en lui, à s'appuyer sur lui dans toutes les vicissitudes qui leur étaient arrivées jusque-là; et voilà que maintenant le Maître lui-même leur demande de l'aide et cherche auprès d'eux un appui.

À cela les apôtres n'étaient manifestement pas préparés. Ils étaient certes prêts à mourir près de lui, mais ils pensaient sans doute que ce serait une mort héroïque dans la lutte pour le triomphe de ce Royaume dont le Maître avait tant et si souvent parlé, et non une perte absurde dans une guerre qui n'avait même pas encore commencé. Il n'est pas étonnant que la seule réaction de l'un des disciples à l'apparition de ceux qui venaient arrêter Jésus ait été un coup d'épée (v. 47): s'il faut périr, que ce soit tout de même au combat. Et lorsqu'il s'avéra qu'il n'y aurait pas de combat, tous se dispersèrent aussitôt, ne voyant plus de sens à rester là, sur le lieu de ce qui leur semblait alors une catastrophe totale et définitive.

Et c'est maintenant, lorsque les apôtres se dispersent, que devient compréhensible la raison pour laquelle aucun des trois n'a pu tenir sans s'endormir pendant la prière du Maître: ils ont évidemment compris, pas moins que Jésus lui-même, que ce qui les attendait n'était pas du tout ce qu'ils avaient attendu. C'était impossible à supporter, et, comme il arrive souvent en de telles minutes, leur conscience s'est simplement éteinte, incapable de soutenir la tension. Les apôtres ont peut-être même fui d'une manière tout à fait inattendue pour eux-mêmes, comme cela arrive parfois à un homme en état de choc, lorsqu'il ne sait tout simplement pas comment réagir à une situation survenue de façon absolument inattendue.

Et nous avons ici devant nous un exemple très instructif, qui révèle la cause principale de toute faiblesse humaine: l'absence de préparation spirituelle à accepter la situation telle qu'elle est. En règle générale, nous sommes prêts à ce que nous attendons, et tout à fait démunis devant l'inattendu. Or la disponibilité à l'inattendu suppose précisément une préparation spirituelle, et non seulement psychologique. À ce que nous attendons, nous nous préparons d'avance: nous élaborons des modèles de conduite possibles, nous préparons des réponses aux questions possibles. Parfois cela fonctionne, mais il importe de se souvenir que notre psychisme est une partie de la nature au même titre que notre corps. Et notre «moi» spirituel, le centre véritable de notre personnalité, ce que la Bible appelle le coeur, se manifeste lorsque toutes les préparations domestiques, tous les plans et toutes les attentes se révèlent inconsistants et inutiles.

Et c'est ici que commence pour nous l'essentiel: car ce n'est que lorsque la décision est prise par notre «moi» spirituel qu'elle peut être juste dans n'importe quelle situation, même la plus inattendue. Alors deviennent impossibles les situations de trahison «accidentelle» et de perfidie irréfléchie, «automatique».

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Pour Mc 14:43-51
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l'un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : " Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. "
45 Et aussitôt arrivé, il s'approcha de lui en disant : " Rabbi ", et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l'arrêtèrent.
47 Alors l'un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l'oreille.
48 S'adressant à eux, Jésus leur dit : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j'étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est pour que les Écritures s'accomplissent. "
50 Et, l'abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n'ayant pour tout vêtement qu'un drap, et on le saisit;
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La trahison a eu lieu; contre Jésus, comme contre un brigand, une battue est organisée. La tentative de l'un des disciples de défendre...  Lire la suite

La trahison a eu lieu; contre Jésus, comme contre un brigand, une battue est organisée. La tentative de l'un des disciples de défendre le Christ selon les règles de ce monde est arrêtée par Lui-même.

Ceux qui L'arrêtaient ne croyaient pas que le Christ commencerait à résister activement. Mais les mesures de précaution trahissent une autre peur: la peur de l'inconnu, la peur d'une autre vie apportée par ce prédicateur incompréhensible, enfin la peur de regarder en soi et d'y voir la conscience de son propre tort. Une peur qui pousse à attribuer à sa victime les absurdités les plus monstrueuses, pourvu que soit étouffée la voix de la conscience.

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Pour Mc 14:50
50 Et, l'abandonnant, ils prirent tous la fuite.
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On explique d’ordinaire la fuite des apôtres lors de l’arrestation de Jésus par la peur et la lâcheté. Pourtant, nous n’avons pas de raisons de penser qu’ils étaient tous à ce point lâches, du moins...  Lire la suite

On explique d’ordinaire la fuite des apôtres lors de l’arrestation de Jésus par la peur et la lâcheté. Pourtant, nous n’avons pas de raisons de penser qu’ils étaient tous à ce point lâches, du moins les récits évangéliques n’en témoignent pas. Bien au contraire: certains d’entre eux, et d’abord Pierre, étaient disposés de manière très résolue; ce même Pierre, par exemple, au moment de l’arrestation du Maître, saisit une épée, et si Jésus l’avait approuvé, il est tout à fait possible que, sinon tous, du moins la plupart des disciples auraient soutenu Pierre d’une manière ou d’une autre. Les apôtres étaient prêts à l’insurrection et à la guerre; ils étaient prêts à combattre pour défendre leur Maître, et dans cette guerre ils étaient prêts à mourir pour Lui.

Le problème était qu’aucune guerre ne se profilait. Jésus n’allait pas faire la guerre; Il n’allait même pas se défendre contre les hommes venus L’arrêter. La guerre messianique à laquelle les apôtres se préparaient intérieurement n’existait que dans leur imagination, et c’était le principal problème. Ils se préparaient à une chose, et en réalité il leur est arrivé tout autre chose; dans une telle situation, une rupture spirituelle est non seulement possible, mais presque inévitable.

Plus précisément, elle est inévitable dans la mesure où l’homme est plongé dans sa réalité imaginaire, dans la mesure où il dépense beaucoup, ou au contraire relativement peu, d’efforts spirituels pour y exister. Pour les disciples, l’image de la guerre messianique qu’ils avaient peinte était si réelle qu’ils ne pouvaient même pas imaginer un autre développement des événements. Pierre saisit l’épée précisément parce que son image de la réalité, dans la situation donnée, ne supposait qu’une seule option d’action possible. Pourtant, Jésus agit tout autrement, non comme les apôtres l’attendent.

C’est alors qu’ils se perdent: que reste-t-il à faire aux soldats lorsque leur commandant non seulement ne tente pas de résister, mais se livre lui-même, absolument volontairement, comme prisonnier? Se livrer avec lui? C’est absurde, cela ne tient pas dans la conscience. La réalité construite par les apôtres s’effondre sous leurs yeux, et ils fuient, parce qu’en une telle situation il ne leur reste rien d’autre. Jésus, voyant leur état spirituel, ne doutait pas dès la Cène que tout se passerait exactement ainsi; car dans le monde déchu, tout cela est si compréhensible, si humain.

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Pour Mc 14:43-15:1
43 Et aussitôt, comme il parlait encore, survient Judas, l'un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens.
44 Or, le traître leur avait donné ce signe convenu : " Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. "
45 Et aussitôt arrivé, il s'approcha de lui en disant : " Rabbi ", et il lui donna un baiser.
46 Les autres mirent la main sur lui et l'arrêtèrent.
47 Alors l'un des assistants, dégainant son glaive, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l'oreille.
48 S'adressant à eux, Jésus leur dit : " Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir !
49 Chaque jour j'étais auprès de vous dans le Temple, à enseigner, et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est pour que les Écritures s'accomplissent. "
50 Et, l'abandonnant, ils prirent tous la fuite.
51 Un jeune homme le suivait, n'ayant pour tout vêtement qu'un drap, et on le saisit;
52 mais lui, lâchant le drap, s'enfuit tout nu.
53 Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre, et tous les grands prêtres, les anciens et les scribes se rassemblent.
54 Pierre l'avait suivi de loin jusqu'à l'intérieur du palais du Grand Prêtre et, assis avec les valets, il se chauffait à la flambée.
55 Or, les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mourir et ils n'en trouvaient pas.
56 Car plusieurs déposaient faussement contre lui et leurs témoignages ne concordaient pas.
57 Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage:
58 " Nous l'avons entendu qui disait : Je détruirai ce Sanctuaire fait de main d'homme et en trois jours j'en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d'homme. "
59 Et sur cela même leurs dépositions n'étaient pas d'accord.
60 Se levant alors au milieu, le Grand Prêtre interrogea Jésus : " Tu ne réponds rien ? Qu'est-ce que ces gens attestent contre toi ? "
61 Mais lui se taisait et ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l'interrogeait, et il lui dit : " Tu es le Christ, le Fils du Béni ? " -
62 " Je le suis, dit Jésus, et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. "
63 Alors le Grand Prêtre déchira ses tuniques et dit : " Qu'avons-nous encore besoin de témoins ?
64 Vous avez entendu le blasphème ; que vous en semble ? " Tous prononcèrent qu'il était passible de mort.
65 Et quelques-uns se mirent à lui cracher au visage, à le gifler et à lui dire : " Fais le prophète ! " Et les valets le bourrèrent de coups.
66 Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.
67 Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : " Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. "
68 Mais lui nia en disant : " Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. " Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta.
69 La servante, l'ayant vu, recommença à dire aux assistants : " Celui-là en est ! "
70 Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : " Vraiment tu en es ; et d'ailleurs tu es Galiléen. "
71 Mais il se mit à jurer avec force imprécations : " Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. "
72 Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : " Avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. " Et il éclata en sanglots.
Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes, et tout le Sanhédrin; puis, après avoir ligoté Jésus, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
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Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car...  Lire la suite

Dans notre méditation sur la lecture évangélique d'aujourd'hui, concentrons-nous sur le reniement de Pierre. Essayons de vivre cet événement avec Pierre. Ne nous hâtons pas de dire qu'il ne nous serait même pas venu à l'esprit de renier le Christ, car nous l'aimons plus que tout au monde. En parlant ainsi, nous montrons que nous ne savons pas ce qu'est l'amour. Il semble que, si quelqu'un veut comprendre les paroles de la première épître de Jean (1 Jn 4,8), selon lesquelles Dieu est amour, il lui faut d'abord réfléchir à ce que Pierre a ressenti et vécu aux minutes du reniement et durant les trois jours qui ont suivi. Pourquoi en est-il ainsi ?

Qu'y a-t-il de plus terrible pour nous lorsque nous aimons ? Le plus terrible, c'est que la personne aimée meure. Et lorsqu'elle meurt, littéralement aussitôt après que sa vie s'est éteinte, nous commençons à comprendre combien de choses nous n'avons pas faites pour elle, que nous aurions pu faire, mais qu'il est désormais impossible de faire, car elle n'est plus là. On ne peut plus aller vers elle, l'embrasser et implorer son pardon pour tout le mal qui a existé, et pour tout le bien qui n'a pas existé.

Qu'a vécu Pierre, qui ne sait pas encore la Résurrection ? Une douleur sauvage du repentir et l'impossibilité de demander pardon. Et, si l'on y pense, son reniement n'est guère meilleur que la trahison de Judas. Mais Judas ne supporte pas le sentiment de culpabilité, tandis que Pierre le supporte. Quelle est la différence ? Peut-être qu'en comprenant cette différence, nous comprendrons ce qu'est l'amour.

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Pour Mc 14:10-42
10 Judas Iscariote, l'un des Douze, s'en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer.
11 A cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l'argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
12 Le premier jour des Azymes, où l'on immolait la Pâque, ses disciples lui disent : " Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? "
13 Il envoie alors deux de ses disciples, en leur disant : " Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau. Suivez-le,
14 et là où il entrera, dites au propriétaire : "Le Maître te fait dire : Où est ma salle, où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?"
15 Et il vous montrera, à l'étage, une grande pièce garnie de coussins, toute prête ; faites-y pour nous les préparatifs. "
16 Les disciples partirent et vinrent à la ville, et ils trouvèrent comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
17 Le soir venu, il arrive avec les Douze.
18 Et tandis qu'ils étaient à table et qu'ils mangeaient, Jésus dit : " En vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera, un qui mange avec moi. "
19 Ils devinrent tout tristes et se mirent à lui dire l'un après l'autre : " Serait-ce moi ? "
20 Il leur dit : " C'est l'un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le même plat.
21 Oui, le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! "
22 Et tandis qu'ils mangeaient, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : " Prenez, ceci est mon corps. "
23 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna, et ils en burent tous.
24 Et il leur dit : " Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude.
25 En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai le vin nouveau dans le Royaume de Dieu. "
26 Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
27 Et Jésus leur dit : " Tous vous allez succomber, car il est écrit : Je frapperai le pasteur et les brebis seront dispersées.
28 Mais après ma résurrection, je vous précéderai en Galilée. "
29 Pierre lui dit : " Même si tous succombent, du moins pas moi ! "
30 Jésus lui dit : " En vérité, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. "
31 Mais lui reprenait de plus belle : " Dussé-je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas. " Et tous disaient de même.
32 Ils parviennent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : " Restez ici tandis que je prierai. "
33 Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse.
34 Et il leur dit : " Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez. "
35 Étant allé un peu plus loin, il tombait à terre, et il priait pour que, s'il était possible, cette heure passât loin de lui.
36 Et il disait : " Abba Père ! tout t'est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! "
37 Il vient et les trouve en train de dormir ; et il dit à Pierre : " Simon, tu dors ? Tu n'as pas eu la force de veiller une heure ?
38 Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. "
39 Puis il s'en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles.
40 De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis; et ils ne savaient que lui répondre.
41 Une troisième fois il vient et leur dit : " Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C'en est fait. L'heure est venue : voici que le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.
42 Levez-vous ! Allons ! Voici que celui qui me livre est tout proche. "
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En lisant les récits évangéliques de la Cène et de tout ce qui suivit, on se demande malgré soi...  Lire la suite

En lisant les récits évangéliques de la Cène et de tout ce qui suivit, on se demande malgré soi: pouvait-il en être autrement? Et si cela ne pouvait pas être autrement, si «le Fils de l’homme s’en va selon ce qui est écrit de Lui», cela ne signifie-t-il pas que personne n’est coupable de rien, que tous les participants à ces événements ne faisaient que jouer un drame écrit non par eux, prédéterminé d’avance, de sorte qu’aucun d’eux ne pouvait rien y changer? Mais pourquoi alors Jésus Lui-même, parlant de l’inévitabilité de ce qui arrive, ajoute-t-Il aussitôt: «mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré»? Peut-être existe-t-il tout de même inévitabilité et inévitabilité? En effet, après la chute, le chemin terrestre du Messie ne pouvait être sans obstacle; d’une manière ou d’une autre, il devait se terminer par la souffrance et la mort. Et pourtant, même dans une telle situation, chacun reste libre de prendre la décision qu’il estime juste. Oui, dans le monde déchu, il se trouve inévitablement dans chaque communauté son Judas; mais cela ne prédétermine pas le choix concret d’une personne concrète, qui, précisément pour cette raison, n’est pas déchargée de sa responsabilité pour le choix qu’elle a fait. De plus, aucun des participants à ce drame, de toute évidence, ne pensait à quelque prédestination que ce soit; les beaux récits à la manière de Léonid Andreïev sont ici déplacés, et cela est peut-être le plus terrible. Jésus gênait simplement beaucoup de gens, pour des raisons différentes, mais très terrestres. Et s’il en est ainsi, aussi triste que ce soit de le reconnaître, chacun de nous aurait potentiellement pu se trouver à la place de Ses persécuteurs. Le choix demeure toujours. L’essentiel est qu’il soit le bon.

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