1 Mes frères, ne mêlez pas à des considérations de personnes la foi en notre Seigneur Jésus Christ glorifié. |
2 Supposez qu'il entre dans votre assemblée un homme à bague d'or, en habit resplendissant, et qu'il entre aussi un pauvre en habit malpropre. |
3 Vous tournez vos regards vers celui qui porte l'habit resplendissant et vous lui dites : " Toi, assieds-toi ici à la place d'honneur. " Quant au pauvre, vous lui dites : " Toi, tiens-toi là debout ", ou bien : " Assieds-toi au bas de mon escabeau. " |
4 Ne portez-vous pas en vous-mêmes un jugement, ne devenez-vous pas des juges aux pensées perverses? |
5 Écoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde comme riches dans la foi et héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment? |
6 Mais vous, vous méprisez le pauvre! N'est-ce pas les riches qui vous oppriment? N'est-ce pas eux qui vous traînent devant les tribunaux? |
7 N'est-ce pas eux qui blasphèment le beau Nom qu'on a invoqué sur vous? |
8 Si donc vous accomplissez la Loi royale suivant l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien ; |
9 mais si vous considérez les personnes, vous commettez un péché et la Loi vous condamne comme transgresseurs. |
10 Aurait-on observé la Loi tout entière, si l'on commet un écart sur un seul point, c'est du tout qu'on devient justiciable. |
11 Car celui qui a dit : Tu ne commettras pas d'adultère, a dit aussi : Tu ne commettras pas de meurtre. Si donc tu évites l'adultère, mais que tu commettes un meurtre, te voilà devenu transgresseur de la Loi. |
12 Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté. |
13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. |
Les athées militants, qui présentaient sciemment de manière mensongère l’essence du christianisme à des personnes confiantes, n’aimaient pas citer ces paroles, qui réfutent leurs affirmations selon lesquelles le christianisme défend exclusivement les intérêts des riches. On pouvait s’y attendre de la part d’athées ; mais pourquoi les chrétiens eux-mêmes ne se sont-ils pas toujours laissé guider par ces paroles apostoliques ? L’appel à l’égalité a très souvent été oublié et, avec le temps, même dans l’assemblée ecclésiale, on a commencé à accorder la préférence aux nobles et aux riches.
Cela signifie-t-il que la parole de l’apôtre s’est révélée impuissante ? Non. Cela signifie que tous les phénomènes malsains introduits dans l’Église par le péché humain sont incompatibles avec elle et seront inévitablement rejetés. Quant à nous, nous devons sans cesse confronter notre vie à l’Écriture.
1 Mes frères, ne mêlez pas à des considérations de personnes la foi en notre Seigneur Jésus Christ glorifié. |
2 Supposez qu'il entre dans votre assemblée un homme à bague d'or, en habit resplendissant, et qu'il entre aussi un pauvre en habit malpropre. |
3 Vous tournez vos regards vers celui qui porte l'habit resplendissant et vous lui dites : " Toi, assieds-toi ici à la place d'honneur. " Quant au pauvre, vous lui dites : " Toi, tiens-toi là debout ", ou bien : " Assieds-toi au bas de mon escabeau. " |
4 Ne portez-vous pas en vous-mêmes un jugement, ne devenez-vous pas des juges aux pensées perverses? |
5 Écoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde comme riches dans la foi et héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment? |
6 Mais vous, vous méprisez le pauvre! N'est-ce pas les riches qui vous oppriment? N'est-ce pas eux qui vous traînent devant les tribunaux? |
7 N'est-ce pas eux qui blasphèment le beau Nom qu'on a invoqué sur vous? |
8 Si donc vous accomplissez la Loi royale suivant l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien ; |
9 mais si vous considérez les personnes, vous commettez un péché et la Loi vous condamne comme transgresseurs. |
10 Aurait-on observé la Loi tout entière, si l'on commet un écart sur un seul point, c'est du tout qu'on devient justiciable. |
11 Car celui qui a dit : Tu ne commettras pas d'adultère, a dit aussi : Tu ne commettras pas de meurtre. Si donc tu évites l'adultère, mais que tu commettes un meurtre, te voilà devenu transgresseur de la Loi. |
12 Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté. |
13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. |
Dans le passage d'aujourd'hui de son épître catholique, l'apôtre Jacques parle de favoritisme; pour lui, c'est une manifestation inadmissible et douloureuse du péché humain dans l'Église. En développant sa pensée, il aborde le péché et la loi comme tels, thème auquel l'apôtre Paul revient constamment. Jacques nous dit ici plusieurs choses très importantes dans la pratique. À partir du favoritisme humain, il conclut que celui qui observe toute la loi mais pèche sur un seul point devient coupable envers toute la loi. Il rejette ainsi l'idée courante selon laquelle la Loi de Dieu serait un ensemble d'interdictions et de prescriptions à accomplir une par une, le plus possible. La Loi n'est pas seulement la volonté de Dieu sur ce que nous devons faire ou éviter.
Elle est la volonté du Créateur pour que nous soyons vivants et saints devant Lui. C'est en cela qu'elle diffère des lois humaines. Pour l'apôtre, l'essentiel n'est donc pas ce qui est interdit ou permis, mais Celui qui interdit et permet.
Les derniers versets du passage d'aujourd'hui contiennent une révélation exceptionnelle. L'apôtre parle de nous comme de personnes appelées à être jugées selon la loi de la liberté. À première vue, cela paraît contradictoire. Nous opposons d'ordinaire loi et liberté, car nous pensons que la liberté signifie désobéir à la loi ou être sans limites juridiques à notre arbitraire. L'apôtre vise autre chose. La loi de la liberté est la loi de la responsabilité pour ses choix et ses actes devant Celui qui est la Vérité même. Cette loi donne à la personne et à la liberté humaines une dignité étonnante. Et son cœur est de ressembler au Législateur, dont la miséricorde dépasse toute frontière. La miséricorde, dit l'apôtre, triomphe du jugement. Quelle espérance inattendue, lumineuse et belle résonne pour nous tous dans ces mots. Sans cela, nous serions tous voués à la perte.
13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. |
L'apôtre Jacques nous révèle dans ces paroles le grand mystère de la miséricorde de Dieu. La justice et la rétribution selon les œuvres sont des choses importantes ; le juste jugement sur nos actes est inévitable, comme toutes les lois du monde. Une brique jetée en l'air retombe sur la tête selon la loi de la gravitation universelle. Le péché entraîne la disparition de la vie... Mais le destin du monde et de l'homme ne se limite pas à ce juste jugement. Il y a la miséricorde de Dieu, et elle est plus haute et plus importante que le jugement. La traduction synodale rend ici très exactement le sens du mot grec : la miséricorde triomphe du jugement. Cette révélation est incroyable, et elle a un rapport tout à fait direct avec notre espérance ; et c'est précisément par ce triomphe de la miséricorde que le monde est beau.
Mais il est important pour l'apôtre Jacques que nous comprenions correctement sa pensée. Le triomphe de la miséricorde de Dieu ne signifie pas que nous puissions nous « permettre » le péché en comptant sur le fait que le Seigneur aura « de toute façon » pitié. Une telle manière de voir est apparue dès l'époque apostolique et fut alors même rejetée. L'apôtre souligne que la miséricorde est efficace dans la mesure où nous-mêmes nous nous laissons guider par elle dans notre vie. Non « pratiquée », elle nous demeure inaccessible. Voilà, au fond, pourquoi le Seigneur désigne comme l'essentiel pour l'homme le fait d'aimer Dieu et le prochain.
13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. |
Parlons d'abord un peu de la deuxième moitié du verset. Car, comme on fait dans les cas judiciaires: on adonne au criminel une sentence quelque sorte correspondante à la grandeur du crime, et puis est probable un certain allégement de son sort – par amnistie ou par grâce. Ou encore une autre variante: le crime est accompli, mais la partie lésée pardonne le coupable, et l'affaire n'arrive même pas à la cour. Dans les deux situations nous voyons que la miséricorde est plus efficace, «plus importante» que le jugement. C’est ce que veut dire l’apôtre Jacques.
Mais de là découle alors ce qu'est dit dans la première moitié du verset. Si quelqu’un ne reconnaît pas dans sa propre vie (pas en paroles, mais par des actes) la suprématie de la miséricorde sur le jugement (justice), alors on ne lui appliquera pas aussi en cas de sa culpabilité (et nous sommes tous coupables devant Dieu) le principe de la justice : un jugement sans miséricorde, selon toute la sévérité de la loi. Ne devrons-nous pas ici nous rappeler que le Christ dit «heureux les miséricordieux», et non «heureux les juste».
13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. |
L'apôtre Jacques nous ouvre à travers ces mots le grand secret de la miséricorde de Dieu. La justice et la récompense pour les faits sont d'importantes choses; le juste jugement de nos actes est inéluctable, tout comme toutes les lois du monde. La brique lancée en haut, tombe sur la tête selon la loi de la gravitation universelle. Le péché occasionne la disparition de la vie... Mais ce juste jugement ne se limite pas par le destin du monde et de l’homme. Il y a la miséricorde de Dieu, et elle est supérieure et plus importante que le jugement. La traduction de la Version Louis Segond transmet très exactement le sens du mot grec : la miséricorde triomphe du jugement. Cette révélation est fantastique, et elle a une relation plus directe avec notre espoir; et c’est justement par ce triomphe de la miséricorde que le monde est magnifique.
Mais pour l'apôtre Jacques, il est important que nous comprenions correctement sa pensée. Le triomphe de la miséricorde de Dieu ne signifie pas que nous pouvons «nous permettre» le péché, en comptant que Dieu fera «en tout cas» grâce. Une telle opinion est apparue encore à l'époque apostolique et fut rejetée à l'instant même. L'apôtre souligne que la miséricorde est efficace autant que nous nous laissons guider par elle dans notre vie. Ne "pratiquant pas", elle reste inaccessible à nous. Voici au juste, pourquoi Dieu met en relief comme essentiel pour l’homme - aimer Dieu et son prochain.
1 Mes frères, ne mêlez pas à des considérations de personnes la foi en notre Seigneur Jésus Christ glorifié. |
2 Supposez qu'il entre dans votre assemblée un homme à bague d'or, en habit resplendissant, et qu'il entre aussi un pauvre en habit malpropre. |
3 Vous tournez vos regards vers celui qui porte l'habit resplendissant et vous lui dites : " Toi, assieds-toi ici à la place d'honneur. " Quant au pauvre, vous lui dites : " Toi, tiens-toi là debout ", ou bien : " Assieds-toi au bas de mon escabeau. " |
4 Ne portez-vous pas en vous-mêmes un jugement, ne devenez-vous pas des juges aux pensées perverses? |
5 Écoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres selon le monde comme riches dans la foi et héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment? |
6 Mais vous, vous méprisez le pauvre! N'est-ce pas les riches qui vous oppriment? N'est-ce pas eux qui vous traînent devant les tribunaux? |
7 N'est-ce pas eux qui blasphèment le beau Nom qu'on a invoqué sur vous? |
8 Si donc vous accomplissez la Loi royale suivant l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien ; |
9 mais si vous considérez les personnes, vous commettez un péché et la Loi vous condamne comme transgresseurs. |
10 Aurait-on observé la Loi tout entière, si l'on commet un écart sur un seul point, c'est du tout qu'on devient justiciable. |
11 Car celui qui a dit : Tu ne commettras pas d'adultère, a dit aussi : Tu ne commettras pas de meurtre. Si donc tu évites l'adultère, mais que tu commettes un meurtre, te voilà devenu transgresseur de la Loi. |
12 Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté. |
13 Car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se rit du jugement. |
14 A quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu'un dise : " J'ai la foi ", s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? |
15 Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, |
16 et que l'un d'entre vous leur dise : " Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous ", sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? |
17 Ainsi en est-il de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. |
18 Au contraire, on dira : " Toi, tu as la foi, et moi, j'ai les œuvres ? Montre-moi ta foi sans les œuvres ; moi, c'est par les œuvres que je te montrerai ma foi. |
19 Toi, tu crois qu'il y a un seul Dieu? Tu fais bien. Les démons le croient aussi, et ils tremblent. |
La partialité dont nous parle aujourd’hui l’apôtre Jacques dans son épître introduit dans la vie une soumission aux critères purement terrestres et humains de l’honneur et du prestige. Pourtant, l’assemblée des fidèles n’appartient pas à ce monde ; elle est une manifestation du monde d’en haut, celui du siècle à venir. Ainsi, si nous agissons avec partialité dans l’Église, nous violons sa nature même. Dans l’existence historique de l’Église, bien sûr, les principes d’économie et d’acrivie se conjuguent toujours : les chrétiens doivent à la fois s’efforcer de préserver la paix et la tranquillité et, au contraire, ne juger que selon les lois du Royaume des Cieux. Il existe toutefois un chemin qui nous permet de sortir des cadres étroits et contradictoires de la partialité et de l’impartialité. L’apôtre Jacques le qualifie de royal, de souverain. C’est le chemin de la miséricorde envers le prochain, dont les riches et les pauvres, les honorés et les méprisés, les purs et les impurs ont besoin de façons différentes, mais à égalité. Il est à la fois étonnant et important que la « loi » de la miséricorde détermine nos relations avec chaque personne particulière et unique, au lieu de fournir un instrument pour les « trier » selon une respectabilité terrestre ou non terrestre.
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