Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Jl 2:1

Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche!
Masquer

Le Jour du Seigneur, dont le prophète Joël discerne l'approche dans le malheur qui a frappé Israël, fut depuis la plus haute antiquité le thème principal de la prédication des prophètes. Les paroles de Joël, comme celles des prophètes qui l'ont précédé, au sujet du Jour du Seigneur parlent en même temps de deux choses essentiellement importantes : la terreur et l'espérance. Ces deux expériences sont également liées, pour les prophètes, à la venue prochaine de Dieu dans le monde, et elles sont inséparables l'une de l'autre.

« Que tremblent tous les habitants du pays ! » s'écrie Joël, et il dit que ce jour est un jour de ténèbres et d'obscurité, terrible pour tout être vivant. Le contact de Dieu avec ce monde apparaît aux yeux du prophète comme un feu dévorant auquel personne n'échappe. Joël voit une catastrophe globale où la terre est ébranlée, les luminaires célestes s'assombrissent et tout le monde visible qui nous est familier s'effondre. « Qui soutiendra ce jour ? » s'écrie le prophète dans le tremblement.

Cette terreur est une expérience très juste et importante, enracinée dans la conscience profonde qu'a le prophète de la nature pécheresse du monde et de son inadéquation aux desseins du Tout-Puissant. Le prophète Isaïe l'exprime avec une grande force lorsqu'il décrit la vision de Dieu qui lui fut donnée dans le Temple : « Malheur à moi ! je suis perdu ! car je suis un homme aux lèvres impures, et j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des armées » (És. 6:5). Seule la créature intacte, libre de résistance à Dieu, peut subsister devant Sa face, car tout ce qui est sans vie disparaît, incapable de rencontrer la manifestation de la Vie divine. La conscience de l'indignité des hommes et la terreur devant la venue inévitable de Dieu sont, pour les prophètes, indissolublement liées.

Bien sûr, on peut tenir les paroles du prophète pour exagérées et les rapporter au Dernier Jour de l'existence du monde, lorsque seront créés « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (Apoc. 21:1). On peut penser que, par la description d'une terrible destruction, le prophète paie son tribut à l'émotivité humaine. Pourtant, ce n'est pas le cas. Lorsque nous pensons à la venue de Dieu, nous avons d'abord en vue Noël et les anges glorifiant Dieu et annonçant la paix aux hommes de bonne volonté. C'est pourquoi le désespoir de Joël nous paraît étrange. Mais le prophète pressent tout autre chose. Toute la tension de la prophétie de Joël se révèle absolument adéquate au moment du Sacrifice de la Croix, lorsque le Seigneur Lui-même meurt pour nous. La parole de Joël sur l'assombrissement des luminaires et le tremblement de terre s'est accomplie exactement au Jour de la Croix, et ce n'est qu'en raison de notre engourdissement spirituel que nous ne sommes pas capables de partager ses sentiments. Pour le monde, il n'y a rien de plus terrible que ce sacrifice, lorsque « pend au bois Celui qui suspendit la terre au-dessus des eaux », et c'est cela même que le prophète tente de nous transmettre. Tout ce qui est créé, la nature et les hommes, perd son sens et devient fantôme lorsque les hommes n'accueillent pas Dieu et Le tuent. Voilà en quoi consiste la catastrophe entrevue par Joël.

Mais, comme aux autres prophètes, le Seigneur révèle à Joël que, dans cette mort inévitable et juste du monde, il existe pour les hommes une espérance inattendue et incompréhensible. « Revenez à Moi de tout votre cœur... revenez à Dieu, car Il est bon et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et Il se repent du malheur ». Malgré tout le pessimisme du prophète au sujet du destin du monde et toute la limitation de ses représentations humaines, cette parole fait irruption, parce que le prophète voit de son cœur l'Invisible. Cette mystérieuse compassion du Créateur lui est révélée, celle qu'avait annoncée le prophète Osée : « Mon cœur se retourne en Moi, toute Ma compassion s'enflamme ! ». Cette compassion de Dieu est notre unique espérance, la seule chose qui nous donne une chance de survivre à la rencontre avec Dieu. Mais pour cela, il faut se tourner vers Dieu de tout son cœur, de toute la profondeur de sa personne.

Il est important que ce soit précisément Joël, pour qui le Temple, le rite et l'accomplissement détaillé de la Loi signifient tant, qui dise que le culte extérieur n'est pas la conversion de tout le cœur. « Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements ! » dit-il de la part du Seigneur. Avec quelle douleur résonnent ces paroles, dont le sens est que Dieu a besoin de nous-mêmes, non de ce que nous faisons ni de ce que nous possédons. Et pourtant, elles seules nous indiquent le chemin pour être sauvés du feu à venir. Cette parole du prophète anticipe l'appel du Christ : « Repentez-vous, car le Royaume des cieux s'est approché ».

Joël lui-même a encore peur de croire au mystère d'espérance qui lui a été ouvert, et il comprend clairement combien cette espérance est imméritée. « Qui sait, dit-il, s'Il n'aura pas compassion ? ». Ces paroles expriment très exactement la tension qu'exige la confiance en la bonté de Dieu, et combien Le suivre est réellement semblable à marcher sur les eaux. Et le prophète termine cette partie du livre par un appel à faire tout ce qui est en notre pouvoir : décréter un jeûne, rassembler le peuple, les nourrissons et les prêtres, les époux et les épouses, et pleurer dans l'espérance afin d'accomplir sincèrement l'effort salvateur de la confiance.

Autres réflexions

 
Pour Jl 2:1-2
Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche!
Jour d'obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres! Comme l'aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n'y en eut, tel qu'il n'en sera plus après lui, de génération en génération.
Masquer
Question simple : faut-il ou non appliquer directement les textes bibliques ? Rapporter ou non les paroles qui y sont écrites à ce qui se passe dans le monde ?...  Lire la suite

Question simple : faut-il ou non appliquer directement les textes bibliques ? Rapporter ou non les paroles qui y sont écrites à ce qui se passe dans le monde ?

En lisant le début du livre du prophète Joël, on a envie de dire que les manières d'y réagir à ce qui arrive doivent être mises en pratique. Après tout, l'homme, en perfectionnant les moyens de lutter contre ses semblables pour défendre sa propre opinion, perfectionne les moyens, mais ses buts ne changent pas. Ainsi ne changent pas non plus les manières de réagir au mal dans le monde que propose la Bible. Le jeûne, la prière et la foi en Celui qui seul a vaincu la mort. La maison de l'homme fort est déjà renversée, les démons sont déjà chassés.

En regardant le monde même du point de vue de la logique humaine, il est clair qu'aucune force humaine ne permet de se protéger du mal. On peut le combattre par une foi qui devient certitude : Jésus, qui chasse les démons, nous donnera aussi la force de leur résister.

Masquer
 
Pour Jl 2:1-17
Sonnez du cor à Sion, donnez l'alarme sur ma montagne sainte! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche!
Jour d'obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres! Comme l'aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n'y en eut, tel qu'il n'en sera plus après lui, de génération en génération.
Devant lui, le feu dévore, derrière lui, la flamme consume. Le pays est comme un jardin d'Éden devant lui, derrière lui, c'est une lande désolée! Aussi rien ne lui échappe.
Son aspect est celui des chevaux; comme des coursiers, tels ils s'élancent.
On dirait un fracas de chars bondissant sur les sommets des monts, le crépitement de la flamme ardente qui dévore le chaume, un peuple fort rangé en bataille.
À sa vue, les peuples sont dans les transes, tous les visages perdent leur couleur.
Ils s'élancent comme des braves, tels des guerriers, ils escaladent les murailles. Chacun va droit sa route, sans s'écarter de sa voie.
Nul ne bouscule son voisin, chacun va son chemin; à travers les traits ils foncent sans rompre leurs rangs.
Ils se ruent sur la ville, s'élancent sur les murailles, escaladent les maisons, pénètrent par les fenêtres comme des voleurs.
10 Devant lui la terre frémit, les cieux tremblent! Le soleil et la lune s'assombrissent, les étoiles perdent leur éclat!
11 Yahvé fait entendre sa voix à la tête de ses troupes! Car ses bataillons sont sans nombre, car il est puissant, l'exécuteur de ses ordres, car il est grand, le jour de Yahvé, très redoutable - et qui peut l'affronter?
12 " Mais encore à présent - oracle de Yahvé - revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. "
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal.
14 Qui sait? S'il revenait? S'il regrettait? S'il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu?
15 Sonnez du cor à Sion! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité,
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu'on allaite au sein! Que le jeune époux quitte sa chambre et l'épousée son alcôve!
17 Qu'entre l'autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé! Qu'ils disent: " Pitié, Yahvé, pour ton peuple! Ne livre pas ton héritage à l'opprobre, au persiflage des nations! Pourquoi dirait-on parmi les peuples: Où est leur Dieu? "
Masquer
Pourquoi l'invasion de conquérants impitoyables et irrésistibles est-elle appelée le jour du Seigneur ? Le Seigneur n'est-Il pas bon ? Pourquoi...  Lire la suite

Pourquoi l'invasion de conquérants impitoyables et irrésistibles est-elle appelée le jour du Seigneur ? Le Seigneur n'est-Il pas bon ? Pourquoi la prophétie emploie-t-elle une comparaison si étrange ?

C'est difficile à comprendre, même si nous ne sommes pas surpris lorsque le mal reçoit sa rétribution : tout en espérant y échapper et en demandant pardon, nous comprenons malgré tout que nous méritons un châtiment. Mais rappelons-nous qu'outre le danger de devenir ouvertement l'instrument du mal, il existe aussi celui de nous habituer au bien, au point qu'il cesse, comme l'air, d'être remarqué et apprécié ; alors nous pouvons nous éloigner à la fois du bien et de Celui qui le donne sans même nous en apercevoir.

Et si nous adoptons à l'égard de Dieu un regard détaché, si nous L'imaginons loin de nous, « quelque part là-haut dans le ciel », Il peut nous donner de sentir que le monde est entre Ses mains et que, même au milieu de toutes les horreurs, Il est proche et ne nous abandonnera pas au pouvoir de l'absurde.

Masquer

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.