1 Jonas en eut un grand dépit, et il se fâcha. |
2 Il fit une prière à Yahvé: " Ah! Yahvé, dit-il, n'est-ce point là ce que je disais lorsque j'étais encore dans mon pays? C'est pourquoi je m'étais d'abord enfui à Tarsis; je savais en effet que tu es un Dieu de pitié et de tendresse, lent à la colère, riche en grâce et te repentant du mal. |
L’homme s’avère assez souvent plus rancunier que Dieu. C’est décrit ainsi dans le livre de Jonas. Il a déjà oublié que lui-même ne s’est pas du tout avéré un servant idéal de Dieu, de telle sorte qu’il soit arrivé à Dieu de l’emmener à l’endroit du sermon non pas sans scandale, en outre d’une manière quelque peu extraordinaire. Et voici maintenant, lorsqu’il a tout de même accompli l’ordre de Dieu, il ne lui restait qu’un seul désir: que la tâche qui lui a été confiée s’avère… un échec. Comment aurait-on encore pu évaluer la situation, lorsque dans la ville après le sermon de Jonas il ne se trouva aucun converti, alors il resterait seulement à détruire Ninive, effacer de la surface de la terre ensemble avec tous ses habitants, ayant montré un manque de volonté complet à la correction ?
Heureusement, tout ne s’est pas du tout produit ainsi, Ninive s'est notamment repentie et s'est convertie, en outre s'est convertie selon le récit du Livre de Jonas la plupart de ses habitants. Un succès assourdissant! La ville est sauvée! Mais cela ne réjouit pas du tout Jonas. Mais pourquoi ainsi? Qu'est-ce qui empêche le prophète de se réjouir avec Dieu d’un ordre bien exécuté? Probablement, ces opinions préconçues et préjugés, qui étaient propres à ses compatriotes. Le livre de Jonas était écrit, approximativement, au milieu ou au début du VIII s. avant J.C., quand Ninive était considérée l’endroit le plus pire au monde et le centre du mal mondial : en effet, elle était la capitale de l'empire Assyrien, que détestait tout le monde, y compris les Juifs.
Une telle ville, du point de vue de Jonas, ne pouvait mériter qu’une chose : la destruction. Et il ne veut pas aller là-bas notamment pour cela : Jonas connaît que, si un prophète apparaît dans une ville, cette ville reçoit la chance, même si petit, au salut. Jonas ne veut pas que Ninive soit sauvée, même s'elle s’est convertie à Dieu, il veut qu'elle périsse, parce qu’à son avis, elle ne mérite rien d'autre. Jonas est un Juif, un habitant de la Judée, il a, comme plusieurs de ses compatriotes, des comptes personnels avec l’Assyrie.
Même si les habitants de Ninive se sont repentis, Jonas n'est pas prêt à voir en eux des frères, même s’ils se sont maintenant convertis à son Dieu. Il n’a pas besoin de tels frères, il ne veut pas que de tels admirateurs apparaissent à son Dieu. Il le dit directement à Dieu : je connais Ta miséricorde et craignait dès le début que Tu te montreras tendre envers ceux, avec qui je ne voudrais pas partager Ta miséricorde. Mais Dieu n’est pas un homme. À la différence de Jonas, Il est prêt à accepter chaque repenti et converti. Même un ninivéen.
1 Jonas en eut un grand dépit, et il se fâcha. |
Le livre de Jonas est probablement l’une des paraboles les plus remarquables sur le prophète de tous les temps et tous les peuples. Le prophète, qui ne veut pas aller où il est envoyé par Dieu; qui tente de s'enfuir et dont Dieu livre avec le scandale à l’endroit, où il doit témoigner; le prophète obtenant, en dépit de ses propres attentes, un succès énorme (est-ce une plaisanterie, convertir Ninive; c'était presque équivalent à la conversion de cette Babylone, qu'est mentionné par le livre de la Révélation) et est très bouleversé de son succès. Après une telle chose, il n’apparaîtra plus chez personne la pensée que les prophètes, comme les gens, sont principalement meilleurs que les autres.
Mais tout de même: de quoi Jonas est si bouleversé? En effet, la ville s'est convertie, ses habitants se sont repentis de tous les péchés, et Dieu les a pardonné et a empêché la perdition de ceux qui, semblait-il, étaient condamnés. Est-ce que le prophète n'a pas atteint l'objectif alors, est-ce qu'il ne s'est pas acquitté de la commission de Dieu? Et s’il a accompli, pour quoi la tristesse, pourquoi Jonas est si bouleversé et affligé?
Évidemment, tout juste notamment le fait que son sermon s'est avéré si fructueux. Il espérait tout à fait, comme on voit, sur un autre succès, il serait content de se faire un signe avant-coureur et l'annonciateur de la colère de Dieu, qui tombe sur la tête des pécheurs. Il avait probablement déjà mentalement vu comment cette colère s'écroule sur la tête des habitants de Ninive. Et soudain tout en vain! Le peuple s'est repenti, les tonnerres et les éclairs sur les têtes des impurs sont supprimés. Le prophète oublie en quelque sorte comment lui-même, à peine serait devenu un apostat, que seuls les efforts de Dieu lui ont permis de devenir celui qu’il est devenu — celui qui reproche les péchés de toute une ville entière.
Mais ce n’est pas bien sûr ici seulement le désir de regarder la punition des méchants. Ici il y a tout à fait un désir naturel, profondément et sincèrement religieux, mais l’homme déchu voit puni non seulement le péché, mais aussi le pécheur. Seul le souffle de Dieu, le souffle du Royaume peut faire en sorte que l’homme continue à détester le péché (le sien comme pour l’autre équitablement), aimant en plus son prochain pécheur tout comme il s'aime pécheur. Pour Jonas c’est encore en avant : Dieu lui fera sentir, qu'est-ce que c'est la vie sans amour, à l'exemple du désert brûlé par le soleil, où il n’y a pas un bout d'ombre. Et alors, Jonas comprendra tout. Et ne sera plus bouleversé parce que les pécheurs n'ont pas péri, mais se sont repentis, se sont convertis et sont restés en vie.
1 Jonas en eut un grand dépit, et il se fâcha. |
2 Il fit une prière à Yahvé: " Ah! Yahvé, dit-il, n'est-ce point là ce que je disais lorsque j'étais encore dans mon pays? C'est pourquoi je m'étais d'abord enfui à Tarsis; je savais en effet que tu es un Dieu de pitié et de tendresse, lent à la colère, riche en grâce et te repentant du mal. |
3 Maintenant, Yahvé, prends donc ma vie, car mieux vaut pour moi mourir que vivre. " |
4 Yahvé répondit: " As-tu raison de te fâcher? " |
5 Jonas sortit de la ville et s'assit à l'orient de la ville; il se fit là une hutte et s'assit dessous, à l'ombre, pour voir ce qui arriverait dans la ville. |
6 Alors Yahvé Dieu fit qu'il y eut un ricin qui grandit au-dessus de Jonas, afin de donner de l'ombre à sa tête et de le délivrer ainsi de son mal. Jonas éprouva une grande joie à cause du ricin. |
7 Mais, à la pointe de l'aube, le lendemain, Dieu fit qu'il y eut un ver qui piqua le ricin; celui-ci sécha. |
8 Puis, quand le soleil se leva, Dieu fit qu'il y eut un vent d'est brûlant; le soleil darda ses rayons sur la tête de Jonas qui fut accablé. Il demanda la mort et dit: " Mieux vaut pour moi mourir que vivre. " |
9 Dieu dit à Jonas: " As-tu raison de te fâcher pour ce ricin? " Il répondit: " Oui, j'ai bien raison d'être fâché à mort. " |
10 Yahvé repartit: " Toi, tu as de la peine pour ce ricin, qui ne t'a coûté aucun travail et que tu n'as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit et en une nuit a péri. |
11 Et moi, je ne serais pas en peine pour Ninive, la grande ville, où il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas leur droite de leur gauche, ainsi qu'une foule d'animaux! " |
« Pourquoi m'as-Tu fait courir si loin ? Ne pouvais-Tu pas tout faire Toi-même ? Pourquoi m'as-Tu donc envoyé là-bas ? Tu m'as fait accomplir un travail absolument inutile... » Telle est la réaction humaine devant l'une des évolutions possibles des événements. Si tout tourne autrement, on sort de la ville, on la regarde périr et, en agitant le doigt, on dit : « Je les avais prévenus ! Il fallait m'écouter », ou bien on continue à maugréer : « Pourquoi m'as-Tu envoyé si loin ? Même cela ne les a pas aidés, ils n'ont quand même pas cessé... » Mais cela signifie seulement qu'il ne faut pas nous prendre trop au sérieux. Dans certains cas, nous ne sommes que des facteurs. Le facteur qui apporte un message ne peut ni ne doit avoir sa propre opinion sur le sens de la lettre, car il doit la remettre, tandis que c'est à un autre de la lire et d'en prendre connaissance. Et ce n'est pas au facteur de reprocher quoi que ce soit à l'Expéditeur. Car, selon la législation postale, c'est précisément l'Expéditeur qui paie la subsistance du facteur.
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