12 et l'Ange de Yahvé lui apparut : " Yahvé avec toi, lui dit-il, vaillant guerrier! "
13 Gédéon lui répondit : " Je t'en prie mon Seigneur! Si Yahvé est avec nous, d'où vient tout ce qui nous arrive ? Où sont tous ces prodiges que nous racontent nos pères quand ils disent : "Yahvé ne nous a-t-il pas fait monter d'Égypte ?" Et maintenant Yahvé nous a abandonnés, il nous a livrés au pouvoir de Madiân... "
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Comment comprendre la volonté de Dieu ? La réponse à cette question est à la fois simple et difficile. Simple, parce qu'au fond ce n'est pas si compliqué : il suffit de poser la question à Dieu et de recevoir la réponse. Difficile, parce que nous avons d'ordinaire tendance à parler à Dieu plus qu'à L'écouter. Nous agissons souvent de même avec les hommes, avec cette différence toutefois que l'homme que nous ne sommes pas prêts à entendre ne disparaît pas de lui-même de notre champ de vision, tandis que Dieu agit le plus souvent précisément ainsi : Il disparaît si l'on ne veut pas ou si l'on n'est pas prêt à L'entendre. Ou bien Il n'apparaît pas du tout. Et l'homme, pendant ce temps, poursuit souvent son monologue, y insérant des plaintes sur le silence de Dieu et sur Son refus de répondre.
Au temps des juges, ce sont les prophètes qui entendaient Dieu ; ils savaient écouter et savaient entendre. Mais Dieu s'adressait parfois à ceux qui n'étaient pas prophètes, désirant faire de Son chef un homme qui, en apparence, y était le moins préparé. Il en fut ainsi avec Gédéon. Gédéon n'était pas prophète, c'était un homme tout ordinaire, mais la situation de sa tribu ne lui était pas indifférente. Il voyait trop bien que les temps héroïques des grandes victoires appartenaient au passé, et que le présent, tant du peuple dans son ensemble que de sa tribu natale, n'inspirait aucun optimisme. Il n'avait pas l'expérience de l'écoute de Dieu, mais il avait au moins la disposition à entendre. Quand le messager de Dieu se présente devant lui, il ne s'étonne pas de l'apparition elle-même, mais du fait que Dieu envoie Son ange précisément vers lui : il paraissait le moins capable de faire quelque chose d'important, et encore moins d'héroïque ; son clan n'était pas parmi les premiers de sa tribu, et sa tribu n'était pas la plus grande.
Dieu, cependant, a Son propre plan ; Il ne regarde pas selon les mesures humaines. Il fait de Gédéon Son chef. Gédéon, lui, est perplexe. Ce n'est pas exactement qu'il ne croit pas ; il est plutôt dans l'embarras, le choix de Dieu lui paraît être une sorte de malentendu, et une question naturelle surgit : et si je L'avais mal compris ? Ici, il ne s'agit plus d'une quelconque méfiance ni d'un refus d'entendre, mais de la simple prudence d'un homme dont l'expérience de la communion avec Dieu est faible, tandis que sa conscience de la responsabilité devant Dieu correspond pleinement à la tâche que Dieu lui a confiée.
Gédéon demande un signe évident, qui sera un véritable miracle de Dieu : car il n'arrive pas que la rosée se dépose partout en excluant seulement un petit morceau de terrain, de même que l'inverse est pratiquement impossible. L'impossibilité de ce qui se produit devient ici un signe évident de l'action de Dieu. Dieu consent rarement à donner un tel signe à l'homme, mais ici c'était un cas particulier. Le signe était réellement nécessaire : il ne s'agissait pas d'une curiosité oiseuse, mais de la prise d'une décision importante par un homme qui était prêt à la prendre.
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