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RÉFLEXIONS pour 2Co 3:6

qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit; car la lettre tue, l'Esprit vivifie.
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Le prophète Jérémie a parlé pour la première fois dans l’histoire du peuple de Dieu d’une nouvelle union-alliance, de la rénovation des relations avec Dieu, et l'expression même «nouvelle union» (ou «une nouvelle alliance») lui appartient notamment. Jérémie a parlé d’une nouvelle alliance, comme d’une alliance messianique, étant sûr que l'arrivée du Messie changera qualitativement les relations entre Dieu et Son peuple, de la même façon que les relations entre Dieu et l’individu. Et pour Paul la nouvelle alliance devient non seulement l’alliance messianique, mais l’alliance du Royaume. En effet, l'union avec le Christ est possible seulement dans le cas où l’homme devient un habitant du Royaume. Est exacte et l'inverse : tu ne deviendras pas habitant du Royaume, n'ayant pas d’abord conclu l'union avec le Christ. Mais qu’est-ce que signifient donc dans ce contexte les mots de l'apôtre que les ministres de cette nouvelle union-alliance — les ministres non de la lettre qui tue, mais les ministres de l'esprit qui vivifie? Bien sûr, tout le Royaume est imprégné par le souffle de Dieu. Ce souffle a fait irruption dans le monde le jour de la Pentecôte, lorsque y est entré le Royaume et quand en lui est née l'Église. Mais, en parlant de l'union-alliance, tous les prophètes et tous les enseignants mentionnaient toujours également la Torah, sans laquelle il n’y a pas d’alliance. Et Paul, parlant de la nouvelle alliance, ne refuse pas la Torah, que lui, comme et Jérémie, considère non comme un texte, mais comme l'état intérieur spirituel de l’homme. Selon les mots du prophète, la Torah ne sera plus déjà gravée sur la pierre, mais écrite sur le coeur humain. Et l'apôtre appelle aussi les chrétiens « messager de Christ», qui est écrit non sur les tables de pierre, mais sur les tables du coeur. Mais cela est possible seulement dans le cas où la Torah cessera d'être juste un texte, qui, comme tout texte, peut être étudié et commenté, et deviendra ce qu'au temps de Paul dans le milieu rabbinique, d’où venait l'apôtre, s'appelait la Torah intérieure. Il s'agissait de ce pivot intérieur spirituel, qui définissait la qualité de la vie spirituelle de l’homme, ses relations avec Dieu, avec Christ, avec les prochains. Une telle approche de la Torah contrastait rudement avec le très répandu à cette époque dans certaines écoles rabbinique littéralisme, même s'il s'agissait d'une approche purement judaïque. Pour Paul, qui pour quoi qu'il s’agisse, parlait toujours du Christ et du Royaume, le contraste se trouvait encore plus frappant : car si l’homme pouvait prendre avec soi au Royaume la Torah intérieure, le littéralisme n’en avait pas place là. Il éloignait seulement du Royaume celui qui s’y passionnait. La lettre, devenue l’objet d'adoration tuait spirituellement ceux qui l'adorait, en fermant à l’adorant la voie au Royaume. Et le souffle du Royaume transformait l’homme à «la lettre Christique», le faisant ce qu'à cette époque au milieu rabbinique était appelé «la Torah vivante» — la réalisation vivante de cette plénitude de la justice, qui n’est possible que dans le Royaume.

Autres réflexions

 
Pour 2Co 3:6
qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit; car la lettre tue, l'Esprit vivifie.
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Ces mots de l'apôtre sont très largement connus. L'apôtre juxtapose l’Ancien et le Nouveau Testament, et la lettre parait dans le cas présent comme symbole de la loi écrite à l’Ancien testament. Pourquoi l'apôtre affirme que la loi écrite est une chose horrible?...  Lire la suite

Ces mots de l'apôtre sont très largement connus. L'apôtre juxtapose l’Ancien et le Nouveau Testament, et la lettre parait dans le cas présent comme symbole de la loi écrite à l’Ancien testament. Pourquoi l'apôtre affirme que la loi écrite est une chose horrible? Et si la loi était correcte et juste ? Au propre, la législation de l'Ancien Testament contient des lois bonnes, nécessaires et justes. Mais, étant déjà écrite, la loi devient en quelque sorte une réalité objective séparée de l'exécuteur, et tout comme le plus important, du législateur.

Ce n’est pas qu'aucune loi écrite ne peut épuiser toutes les diversités de la vie réelle, bien que ce soit évident. Mais c'est une chose impersonnelle dirigeant la vie de ceux que Dieu a doué l'image et la ressemblance de Sa personnalité et, c'est pourquoi, il y a une humiliation de cette image.

Ce n’est pas par hasard qu’à la veille de l’époque du Nouveau Testament, surgit en Israël une représentation sur la Sagesse Divine – c’est la personnification de la loi, faisant son sens vivant, son esprit. Les mots sur la Sagesse dans la Bible s’avèrent les prophéties sur le Christ, puisqu’ils reflètent la volonté de Dieu d’être directement le Seigneur de Son Royaume.

Au contraire, l'Esprit éternel du Nouveau Testament donne la possibilité aux participants d'être non sous l'emprise des tables de pierre, mais sous l'emprise du Législateur Lui-même.

Cela ne signifie du tout pas, pour ainsi dire, qu’on les impose des exigences morales autres qu'aux participants de l’alliance de Sinaï. «je ne suis pas venu abolir, mais accomplir» dit le Seigneur Lui-même. Mais ce ne sont pas ces exigences qui font l'essentiel de la vie humaine. Leur exécution devient une fonction, la démonstration des relations personnelles avec le Législateur.

Après les mots sur la lettre qui tue et l'effet vivifiant de l'Esprit l'apôtre parle en détail de la gloire de l’Ancien et Nouveau testament. Hélas, notre triste histoire a considérablement altéré la compréhension de ce mot, c'est pourquoi ce mot à besoin d’explication. Il ne s’agit du tout pas de ce que sous-entendent les slogans.

Nous nous rappelons de la gloire des rois et des dominateurs terrestre. Nos frères-chrétiens dans l’Ancienne Rome appelaient cela très exactement «pompa diaboli». Le sens biblique du mot «gloire» (en grec. δόξα, en latin gloria) est manifesté le plus vivement dans la vision d’Isaïe:« la la gloire du Seigneur remplissait le temple».

C'est la forme d'une telle présence du Dieu, lorsque l’homme connaît et bénit cette présence. Et c’est notamment pourquoi la plénitude d'une telle gloire dans le Nouveau Testament s’avère qualitativement supérieure aux lettres de la loi de l’Ancien testament.

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Pour 2Co 3:1-11
Recommençons-nous à nous recommander nous-mêmes? Ou bien aurions-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation pour vous ou de vous?
Notre lettre, c'est vous, une lettre écrite en nos cœurs, connue et lue par tous les hommes.
Vous êtes manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs.
Telle est la conviction que nous avons par le Christ auprès de Dieu.
Ce n'est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous; non, notre capacité vient de Dieu,
qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit; car la lettre tue, l'Esprit vivifie.
Or, si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d'une telle gloire que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère,
comment le ministère de l'Esprit n'en aurait-il pas davantage?
Si en effet le ministère de la condamnation fut glorieux, combien plus le ministère de la justice l'emporte-t-il en gloire!
10 Non, si de ce point de vue, on la compare à cette gloire suréminente, la gloire de ce premier ministère n'en fut pas une.
11 Car, si ce qui était passager s'est manifesté dans la gloire, combien plus ce qui demeure sera-t-il glorieux!
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Poursuivant son propos sur le témoignage et sur les fruits qu'il porte, Paul recourt à l'image de la nouvelle alliance...  Lire la suite

Poursuivant son propos sur le témoignage et sur les fruits qu'il porte, Paul recourt à l'image de la nouvelle alliance (« testament »), apparue pour la première fois chez Jérémie (Jr 31:31–34). C'est à elle qu'était liée la représentation d'une Torah intérieure, qui se répandit largement par la suite dans le milieu rabbinique. En un certain sens, elle était opposée à la Torah extérieure, selon la parole du prophète, « gravée sur la pierre », comme étant « déposée au dedans » et « écrite dans le coeur » (Jr 31:33). Et l'apôtre, suivant la tradition, parle de l'ancienne Torah, « gravée sur des pierres », en l'opposant à la « Torah de l'Esprit » comme à une Torah qui conduit au Royaume (v. 7–8).

Paul n'oublie pas pour autant la dualité de la Torah dont il parle dans sa lettre à l'Église de Rome. La lettre de la Torah tue, son souffle (« esprit ») donne la vie (v. 6). Il ne s'agit pas ici de quelque interprétation « spirituelle » particulière des commandements connus de tous. Il s'agit du côté par lequel la Torah se tourne vers l'homme. Si l'on suit la « lettre », si l'on tente simplement d'accomplir tous les commandements et toutes les prescriptions contenues dans le texte de la Torah, et de les accomplir consciencieusement, sans tenir compte de sa propre faiblesse, la Torah, comme le dit l'apôtre dans la lettre aux chrétiens de Rome, tuera tout simplement l'homme : car l'homme déchu ne peut se débarrasser du péché, et la Torah ne lui permettra pas de vivre dans le péché. Mais la Torah n'est pas seulement une norme à suivre (« lettre »), elle est aussi une révélation vivante, elle donne la possibilité de sentir le souffle (« esprit ») de Dieu, le souffle du Royaume, devenant pour celui qui la suit une source de vie. Mais il n'est devenu possible de ressentir pleinement ce souffle de vie qu'après la venue du Sauveur, quand le Royaume, selon Sa propre parole, s'est « approché » de l'homme.

Au temps de Moïse, lorsque le Royaume ne se révélait encore que de loin, son souffle était presque imperceptible, et la Torah devenait donc bien davantage un moyen de s'opposer au péché qu'une forme de participation à la plénitude de la vie. Voilà pourquoi Paul parle de l'observance de la Torah aux temps préchrétiens comme d'un service des « lettres mortifères » et d'un « ministère de condamnation », n'y voyant que la préfiguration de cette observance de la Torah dans sa plénitude, devenue possible seulement après la venue du Christ dans Son Royaume (v. 7–11). L'histoire de la Torah devient pour l'apôtre l'histoire du Royaume, et toute l'expérience de son observance depuis le temps de Moïse, il la considère comme la préfiguration de cette vie dans le Royaume qui s'est ouverte à ceux qui cherchent la justice après la venue du Sauveur dans le monde. Et l'Église de Corinthe apparaît pour Paul comme l'exemple d'une telle vie, le fruit de ce témoignage auquel l'apôtre avait un rapport tout à fait direct (v. 1–3).

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