14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
Jésus fut sans aucun doute très populaire pendant Son ministère terrestre. Mais Lui-même, à ce que l’on voit, n’était guère réjoui par cette popularité. Il dit clairement : vous avez besoin de Moi pour que Je vous nourrisse de pain, mais le pain n’est pas l’essentiel ; l’essentiel est le Royaume que Je pourrais vous donner si vous le vouliez. Une question naturelle se pose alors : pourquoi, dans ce cas, organiser ces grands repas que Jésus Lui-même offrit plus d’une fois à Ses auditeurs ? On pourrait bien sûr tout expliquer par le simple désir d’aider des personnes affamées. Mais était-ce seulement cela ? La tâche principale de Jésus était de montrer à tous ce qu’est le Royaume. Le miracle de la multiplication des pains, par exemple, devient lui aussi une telle démonstration, tout comme la marche sur les eaux. Ni l’un ni l’autre ne sont des tours de magie, ni même une démonstration de toute-puissance ; ce sont des exemples de la nature du Royaume qui pénètre dans notre monde. Cette nature est absolument plastique et entièrement soumise à l’influence spirituelle de la volonté humaine ; on pourrait même dire qu’elle est déterminée par cette volonté. Avec une telle plasticité, l’eau peut devenir un appui solide sans cesser d’être de l’eau, et il peut y avoir autant de nourriture qu’il en faut pour tous, avec même du surplus. Mais pour vivre dans un tel monde, il faut être soi-même parfait dans ses intentions. Il semble seulement qu’il serait merveilleux que tout ce à quoi nous pensons se réalise aussitôt. Il suffit d’imaginer qu’une nature entièrement docile nous présenterait immédiatement les incarnations de toutes nos peurs, de tous nos désirs et de tous nos complexes inconscients pour comprendre que nous ne sommes pas encore vraiment prêts à vivre dans le Royaume. Jésus nous appelle pourtant à commencer le chemin vers le Royaume, en commençant par l’ordre juste des priorités dont Il a parlé plus d’une fois : d’abord le Royaume, et ensuite seulement tout le reste.
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
En refusant la possibilité de prendre la tête d'un mouvement politique, le Christ rejette une tentation qui rappelle comment Satan L'a tenté dans le désert par le mirage du pouvoir terrestre. Pour sauver les hommes, raison même de Sa venue parmi eux, il Lui a fallu rejeter leurs espoirs et leurs idées. Mais l'amour peut se manifester non seulement par l'approbation, mais aussi par l'opposition. Si le Seigneur ne répond pas à certaines de nos demandes, Son amour peut s'y manifester plus fortement que s'Il les exauçait...
Le Christ marche à la surface de la mer sans s'enfoncer dans l'eau, comme Il a marché parmi les hommes sans s'enliser dans les passions terrestres. Les paroles qu'Il adresse aux disciples stupéfaits — « N'ayez pas peur ! » — paraissent tout à fait naturelles dans une telle situation. Mais elles renferment davantage que le simple désir de les rassurer. La Bible les présente à maintes reprises comme prononcées par Dieu ou par des anges parlant en Son Nom. Ainsi, au milieu de la mer de Génésareth, le Christ a une nouvelle fois rendu témoignage à Lui-même en tant que Dieu.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
Chaque croyant voudrait sans doute faire quelque chose pour Dieu. Quelque chose de bon, quelque chose qui Lui ferait plaisir... Certains considèrent cela comme tout simplement impossible, d'autres travaillent avec zèle, essayant de faire quelque chose pour Lui.
L'erreur est dans la formulation même de la question. Quand nous faisons quelque chose pour Dieu, c'est NOTRE affaire, c'est nous qui le faisons nous-mêmes.
Dans la lecture évangélique d'aujourd'hui se pose la question fondamentale : que faire pour accomplir les oeuvres de Dieu ? Non pas des oeuvres pour Dieu, mais les oeuvres de Dieu. Et Jésus explique que tout est très simple : l'oeuvre de Dieu, c'est de croire au Fils de Dieu. Non pas simplement croire qu'Il a existé, qu'Il existe, qu'Il est vraiment le Fils de Dieu, mais croire en Lui : Lui ouvrir son coeur, L'accueillir comme son unique Sauveur. Non en théorie, mais en pratique. Et lorsque nous Lui ouvrirons vraiment notre coeur, nous pourrons accomplir les oeuvres de Dieu.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
Dans les derniers versets du passage d’aujourd’hui de l’Évangile selon Jean, Jésus s’adresse à chacun de nous. Il répond à une question qui résonne dans bien des cœurs : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » (Jn 6:28) En effet, lorsque tu rencontres le Christ et que tu veux Le suivre, il est si important de comprendre ce qu’il faut faire. Tu vois la Lumière, l’Amour, tu sens Son regard aimant posé sur toi et tu ne sais pas comment répondre à tout cela. Dans l’Évangile, Jésus donne une réponse, ce qui nous permet d’être certains qu’au moment où cette question résonnera dans le cœur de n’importe quel homme, Il lui répondra aussi. Que ce soit par les mots de ces lignes ou d’une autre manière, Il répondra ! Et que dira-t-Il ? Non, ce ne sera pas un fardeau effrayant et pesant ; ce ne sera pas l’ordre d’abandonner tous ses amis et ses proches et d’aller à l’église vingt fois par semaine. Il appellera cet homme à continuer de Le suivre et à demander encore Sa présence, en croyant en Lui. Ces paroles s’adresseront à celui qui crie vers Lui : « Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en Moi » (Jn 14:1).
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
Les gens se sont précipités à la recherche du Christ parce qu'ils avaient mangé du pain et en voulaient davantage plutôt que des miracles. Mais beaucoup d'entre eux considèrent aussi les miracles moins comme des signes témoignant d'une vérité supérieure que comme des spectacles impressionnants. C'est pourquoi les paroles sur le pain de vie qui descend du ciel et qui, contrairement à la manne, ne rassasie pas seulement le corps restent incomprises.
Les auditeurs ont du mal à comprendre le Christ, mais Il continue de leur parler. S'il en est ainsi, pourquoi prêche-t-Il ? Ne sème-t-Il pas au vent ?
Non, pas au vent. Il sème pour l'avenir, et des jours viendront où ce qui a été semé commencera à germer dans ces mêmes cœurs qui semblent encore réfractaires. À l'éternelle question : « Que faire ? », le Christ donne une réponse inattendue que beaucoup ont encore du mal à concevoir : croire. Non pas parce qu'Il rejetterait les œuvres, mais parce qu'au milieu de notre agitation et de nos efforts pour mettre en pratique des projets artificiels conçus selon notre propre jugement, il est trop facile de perdre de vue s'il faut ou non construire ce que nous avons imaginé.
La foi, elle, donne un point de repère qui nous aide à agir.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
Le Seigneur doit très souvent élever notre regard plus haut que nous n'avons l'habitude de regarder. Même lorsque nous entendons ses paroles, nous les comprenons encore de travers, d'une manière plus terre à terre, moins « absolue » que lui. Dans le passage de l'Évangile selon Jean que nous lisons aujourd'hui, les auditeurs demandent de nouveau au Christ des preuves qu'il est le Messie. Le Seigneur leur explique en réponse que l'essentiel n'est pas dans les signes. Ailleurs, nous trouvons même une réponse plus tranchante de sa part dans une situation semblable (voir Mt 12:38–42). Mais dans les deux passages, le fond de ses paroles est qu'il est plus grand que les signes. Que Dieu en tant que Personne importe davantage. Que le chemin du salut est en lui-même, et non dans ce qu'il a le pouvoir d'accomplir. Les Juifs lui parlent de pain, tandis qu'il leur parle de Celui qui peut véritablement rassasier, de Celui qui « descend du ciel et donne la vie au monde » (Jn 6:33) : de l'Esprit Saint. Avant tout, comme le disait saint Séraphim, il faut acquérir l'Esprit. Il faut chercher le Royaume. Ensuite, « tout cela vous sera donné par surcroît », car « votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela » (voir Mt 6:32–33). Il sait que, pour croire, nous avons parfois besoin de miracles, de signes et de manifestations de la puissance de Dieu. Et il nous les donne. Par exemple, par le diacre Philippe, venu en Samarie (voir Ac 8:27–40). Mais la suite des événements nous montre que croire à cause des signes ne suffit pas pour Dieu. Il faut accueillir en soi l'Esprit Saint, non pour ses dons, mais accueillir le don premier de Dieu : lui-même.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
Les auditeurs de Jésus ne Le comprennent pas toujours correctement : dans des mots familiers, depuis longtemps habituels, Il met souvent un sens tout à fait nouveau. Et souvent le sens nouveau qu'Il y met se révèle tout à fait inattendu, changeant ce qu'aujourd'hui nous appellerions le paradigme de la pensée.
Ainsi, on L'interroge sur les oeuvres de Dieu, en ayant en vue à peu près ce qu'aujourd'hui nous appellerions des obligations religieuses. On Lui pose une question sur les oeuvres de Dieu dans le sens où les maîtres de la Torah et les rabbins savants en parlaient souvent : pour observer la Torah jusqu'au bout, il faut accomplir les commandements et, en outre, faire encore ceci et cela. Mais Jésus parle de confiance, de relations avec Lui-même comme de l'oeuvre principale de Dieu. Et ce n'est pas étonnant : beaucoup de maîtres d'Israël eux-mêmes regardaient toutes les obligations religieuses comme un moyen d'établir et d'affermir les relations avec Dieu, considérant précisément cela comme l'oeuvre principale et unique de Dieu.
Et voici que maintenant est venu dans le monde Celui des relations avec qui dépend la possibilité non seulement d'établir des relations avec Dieu (cela était possible auparavant aussi), mais de participer à la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et on Lui demande quelles autres obligations religieuses il faut assumer afin que, lorsque le Messie viendra, on soit sûrement parmi ce reste qui L'accueillera.
Il en va de même pour le pain dont parle Jésus. Il leur parle de ce souffle de vie dont le Royaume est imprégné, et ils Lui répondent : eh bien, il y eut autrefois des temps où Dieu donnait à nos pères la manne dans le désert ; et Toi, que nous donneras-Tu ? Peux-Tu nous montrer quelque chose qui serait pour nous une preuve convaincante de Tes paroles ?
On voit que le problème principal ici est que ceux qui interrogent ne parviennent pas à voir l'essentiel pour lequel Jésus est venu dans le monde : le Royaume. C'est pourquoi ils L'interrogent sur beaucoup de choses qui n'ont pas de rapport direct avec le Royaume. Lui, encore et encore, tente de les ramener à l'essentiel : car le sens de Sa mission consiste précisément à faire participer à la vie du Royaume le plus grand nombre possible de personnes, afin que l'histoire du Royaume dans le monde ne s'achève pas avec Son ministère terrestre.
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
La multiplication des pains est un grand miracle en soi. Mais pour les chrétiens, le plus important est bien sûr que ce miracle devient la préfiguration d'un miracle bien plus grand : le sacrement de l'Eucharistie. Au long des siècles et jusqu'à la fin du monde, le Seigneur, sous l'apparence du Pain, nous donne en nourriture Lui-même, et, comme lors de la multiplication des pains, cette nourriture suffit pour tous.
Du fait que le Fils de Dieu devient Lui-même nourriture pour les hommes, la vie non seulement ne diminue pas, mais augmente dans le monde. C'est précisément pourquoi la Croix, sur laquelle le Seigneur nous donne Sa vie, est devenue pour les chrétiens synonyme de cet Arbre de vie que le Seigneur planta au milieu du paradis.
Et nous voyons encore dans ce miracle qu'il ne s'accomplit pas sans la participation des disciples : d'une manière ou d'une autre, chacun selon sa vocation, nous devenons tous participants et acteurs du sacrement. Les ministres ordonnés participent à l'Eucharistie d'une manière, les laïcs d'une autre, mais la place de chacun de nous dans l'Église du Christ dépend de façon essentielle de cette participation. Car, pour la multiplication des pains, il fallait aussi le garçon qui remit son pain au Christ, les apôtres, et ceux qui mangèrent ce pain béni.
Les théologiens orthodoxes du XXe siècle, principalement en émigration, ont créé tout un courant théologique, nouveau et assez original, qui a reçu le nom d'ecclésiologie eucharistique. Parmi ces penseurs figurent les pères Nicolas Afanassieff et Alexandre Schmemann, Jean Meyendorff et Cyprien Kern, et beaucoup d'autres. Grâce à leurs travaux, dans les discussions théologiques entre chrétiens, nous avons peut-être vu apparaître pour la première fois les arguments et les positions dont nous avions tant besoin depuis des siècles. L'essentiel pour nous dans leur héritage est l'idée que l'Église n'est pas simplement une institution hiérarchique au goût latin, ni simplement une communauté de croyants dans l'esprit du protestantisme. L'Église est davantage un événement qu'une structure, davantage une action qu'un état. Et cet événement, c'est l'Eucharistie.
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
Le texte sur la multiplication des pains est pour nous d'une importance incomparable, important liturgiquement, important théologiquement, important ecclésiologiquement. Nous ne cessons de le répéter. Il est simplement important, car c'est un lien vivant avec le Seigneur, qui s'accomplit pendant chaque liturgie. Cet événement est mentionné six fois dans l'Évangile, comme aucun autre. Nous comprenons que c'est une sorte de pont entre la Cène mystique et chaque liturgie.
Mais maintenant, nous voudrions regarder ce texte d'un autre côté. Le Christ dit : Je suis le pain de vie (Jn 6:48). Mais Il est aussi le Verbe incarné, car en Lui « le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1:14). Le Verbe et le pain... Guigues II le Chartreux terminait la lecture priante par cette prière : « Tu romps pour moi le pain de la Sainte Écriture, et, en rompant ce pain, Tu me donnes de Te connaître... » (D'après le livre d'E. Bianchi « La lecture priante de la Sainte Écriture »).
L'Évangile est un livre si petit par son volume, comme cinq pains sont peu nombreux, mais il rassasie quiconque y communie, et chacun y trouvera son sens propre, particulier, précieux et compréhensible pour lui seul, comme chacun reçoit son morceau de pain ; mais en même temps ce sera un sens en rapport avec le sens universel, comme chaque morceau est pris d'un seul pain.
Et non pas seulement un sens, mais des sens, qui se multiplient sans cesse, semblables aux pains. Ils se multiplient afin que nous ne défaillions pas et, finalement, ne mourions pas. Cela n'arrive avec aucun livre humain. Entre un livre humain et l'Évangile, il y a la même différence qu'entre le pain ordinaire que nous mangeons et cette prosphore qui, à elle seule, rassasie toute la paroisse.
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
Jésus utilise manifestement chaque occasion pour montrer aux gens qui L’écoutent ce qu’est le Royaume. Et souvent ces occasions se trouvent liées au repas, à la nourriture, au rassasiement. Pour certains d’entre nous aujourd’hui, de telles manifestations du Royaume peuvent paraître « basses » et « dépourvues de spiritualité ». Mais il importe de se rappeler qu’un repas, en ce temps-là, n’était jamais une simple absorption de nourriture. Il commençait toujours par la bénédiction du pain et, s’il y avait du vin sur la table, du vin aussi. Sans une telle bénédiction, on ne se mettait pas à table. Et avec une telle approche, tout repas devenait sacré, car Dieu Lui-même était toujours invité à y prendre part. Et la fraction du pain, s’il y avait du pain sur la table, en était aussi une partie indispensable : car le pain, comme le vin, était en tout cas béni séparément. Avec une telle attitude envers le repas, celui-ci devenait une forme de communion avec Dieu, à laquelle participaient tous ceux qui étaient rassemblés à table.
Et Jésus, comme on le voit, s’en sert pour faire participer Ses auditeurs au Royaume, pour leur montrer ce que peut être la vie nouvelle dans le monde renouvelé. Bien sûr, les gens assis par terre dans l’attente du repas savaient parfaitement comment on bénissait le pain et le vin. Mais ils ne s’attendaient guère à ce que la bénédiction produise un tel effet. Et l’effet était manifeste : la nourriture qui semblait tout à fait insuffisante suffit pour tous.
Telle est la nature du Royaume, où la matière est entièrement soumise à l’esprit. Les auditeurs de Jésus ont commencé leur repas dans notre monde, encore non transfiguré, selon ses lois, et ils l’ont achevé dans le Royaume, selon les lois du Royaume. Il ne pouvait y avoir meilleur témoignage : il vaut toujours mieux voir une fois qu’entendre cent fois, et cela s’applique au Royaume plus qu’à toute autre chose. Bien sûr, il est peu vraisemblable que les gens qui écoutaient Jésus aient compris jusqu’au bout ce qui s’était passé. Mais ils ont reçu l’expérience de demeurer dans le Royaume, et une telle expérience ne s’oublie pas.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et de Ses disciples? Est-ce pour cela qu'Il est venu? Pourtant, le miracle de la multiplication des pains pour cinq mille personnes est le seul miracle décrit par tous les évangélistes, et il est donc particulièrement important. C'est lui qui sert de point de départ à la conversation sur le vrai pain dont l'homme vit véritablement, le pain de vie.
Nous avons entendu depuis l'enfance que l'homme ne vit pas seulement de pain. Mais si nous essayons de comprendre ce qui compose notre régime spirituel, y trouverons-nous ce qui peut réellement rassasier le cœur, et non un substitut qui ne laisse qu'une gueule de bois et de la nausée?
Le Seigneur nous propose un tel pain. Ce n'est pas un enseignement, ni des commandements, ni la foi en Dieu: tout cela existait déjà chez les Juifs et existe dans beaucoup d'écoles spirituelles et de religions. Jésus parle du pain qui descend réellement des cieux et donne la vraie vie, la vie éternelle. Ce pain, c'est Lui-même.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer, |
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, Jésus n’était pas encore venu les rejoindre ; |
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait. |
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s’approcher du bateau. Ils eurent peur. |
20 Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez pas peur. » |
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient. |
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l’autre côté de la mer vit qu’il n’y avait eu là qu’une barque et que Jésus n’était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s’en étaient allés. |
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l’on avait mangé le pain. |
24 Quand donc la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s’embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus. |
25 L’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » |
26 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. |
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » |
28 Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » |
29 Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » |
30 Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? |
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit :Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. »
|
32 Jésus leur répondit :« En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous donne le pain qui vient du ciel, le vrai ; |
33 car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » |
34 Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » |
35 Jésus leur dit :« Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif. |
36 Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. |
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors ; |
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. |
39 Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. |
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » |
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu’il avait dit : « Moi, je suis le pain descendu du ciel. » |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène au miracle de la multiplication des pains (v. 1-14). La réaction à ce miracle fut manifestement une tentative de proclamer Jésus « roi », de faire de lui le chef d'un nouveau mouvement messianique (v. 15). Et ce n'est pas étonnant: selon les représentations généralement admises à cette époque, le Messie devait justement devenir roi, rétablir un État juif indépendant et y introduire des lois conformes à la Torah. Jésus, bien sûr, n'avait aucune intention de devenir le chef de quelque mouvement politico-religieux que ce soit.
Mais Jésus avait aussi une autre raison, plus importante, de cacher sa messianité. Il la dit lui-même directement à ceux qui étaient partis le chercher en Galilée: la plupart des hommes qui cherchaient à le rencontrer ne le faisaient pas parce qu'ils avaient soif du Royaume, mais parce qu'ils voulaient, en cas de besoin, toujours pouvoir recevoir gratuitement du pain (v. 26). Jésus, lui, leur parle de la vie éternelle et de l'essentiel sans lequel on ne peut y participer: la confiance en Celui que Dieu a envoyé dans le monde pour donner le Royaume aux hommes (v. 27-29).
Mais ils ne le comprennent pas. Ils lui demandent: où sont les preuves de la vérité de tes paroles (v. 30)? Et ils donnent aussitôt un exemple des preuves qui les convaincraient: la manne venue du ciel, comme au temps de Moïse dans le désert (v. 31). Jésus, de nouveau, leur dit que le Royaume est plus grand que n'importe quel miracle, et que le pain du Royaume est plus important que la manne (v. 32-33). Et de nouveau, ils ne le comprennent pas.
Ses auditeurs ne parviennent pas à saisir qu'avec la venue du Sauveur dans le monde une nouvelle époque a commencé, et que ce qui leur est arrivé sur la rive du lac de Génésareth n'était pas un miracle au sens où la manne en était un. Simplement, en étant avec Jésus, ils se sont trouvés dans le Royaume et ont vécu un certain temps selon ses lois; mais, manifestement, ils n'ont pas compris jusqu'au bout ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi ils demandent du pain à Jésus et s'attendent à le recevoir comme autrefois leurs pères recevaient de Dieu la manne (v. 34). Et Jésus tente encore et encore de leur expliquer qu'il ne s'agit pas du pain, mais du Royaume et de cette plénitude de la vie divine qui y est donnée à chacun, de sorte que là aucune manne ne sera plus nécessaire.
Le miracle, c'est l'irruption du Royaume dans notre monde, la manifestation de ses lois là où, d'ordinaire, règnent des règles tout autres. Mais maintenant le Royaume entre dans le monde en le transformant, et le temps des miracles passe. Vient le temps du Royaume, ouvert à quiconque le cherche et veut y entrer.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
15 Alors Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. |
Quelle situation intéressante : Jésus passe sur l’autre rive du lac, et une foule Le suit. Pour parler simplement, ces gens Lui ont emboîté le pas afin de voir quelque chose d’intéressant. On pourrait se dire : ils L’ont suivi de leur propre initiative, Jésus ne les a pas appelés, alors pourquoi devrait-Il Se préoccuper de les nourrir ? Qu’ils aillent dans les villages voisins ou, après tout, qu’ils se débrouillent comme ils veulent. Il fallait réfléchir avant de partir on ne sait où ; ils auraient pu s’occuper eux-mêmes de leur nourriture. Mais Jésus, semble-t-il, ne pose absolument pas la question ainsi. Il voit des personnes qui L’ont suivi et, pour une raison ou une autre, estime nécessaire de pourvoir à leur nourriture. Pourquoi ? Les a-t-Il appelées ? Lui ont-elles demandé de leur donner à manger ? Non. Mais elles L’ont suivi, et pour Lui, c’est la raison principale de prendre soin d’elles... D’un côté, c’est pour nous une leçon—une leçon de responsabilité envers ceux « que nous avons apprivoisés ». De l’autre, c’est une immense consolation : s’Il est miséricordieux à ce point, cela signifie qu’Il est tout aussi ouvert à nos besoins lorsque nous nous tournons vers Lui pour demander Son aide.
1 Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. |
2 Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu’il opérait sur les malades. |
3 Jésus gravit la montagne et là, il s’assit avec ses disciples. |
4 Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. |
5 Levant alors les yeux et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : « D’où nous procurerons-nous des pains pour que mangent ces gens ? » |
6 Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car lui-même savait ce qu’il allait faire. |
7 Philippe lui répondit : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » |
8 Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : |
9 « Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d’orge et deux poissons ; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » |
10 Jésus leur dit : « Faites s’étendre les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu. Ils s’étendirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. |
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu’ils en voulaient. |
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. » |
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé. |
14 À la vue du signe qu’il venait de faire, les gens disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. » |
Les gens suivent le Christ parce qu’ils ont vu les miracles qu’Il accomplissait pour les malades. Le Christ ne rejette pas de telles personnes, non seulement en raison de Sa miséricorde, mais sans doute aussi parce que, pour beaucoup d’entre elles, l’intérêt pratique peut devenir la première étape d’un chemin spirituel. Les miracles ne sont pas pour le Christ une fin en soi, ni même un moyen d’attirer le peuple vers Sa prédication. Mais celui qui a reconnu à Jésus le pouvoir de guérir peut aussi recevoir de Lui les paroles sur la vie éternelle.
Il peut aussi ne pas les recevoir et continuer à exiger de Lui qu’Il satisfasse exclusivement ses besoins terrestres « toujours croissants ».
Pour nourrir ceux qui se sont rassemblés, le Christ ne crée pas la nourriture à partir de rien, mais offre aux disciples la possibilité de participer à sa multiplication. Il prend le pain et les poissons dans leurs provisions et, après les avoir bénis, les distribue aux disciples ; la quantité de nourriture se multiplie pendant la distribution. Ce soir-là, le Christ fit de Ses disciples non seulement Ses collaborateurs, mais aussi les participants du miracle qu’Il accomplissait.
Les gens comprirent qu’un miracle s’était produit non pas pendant qu’ils mangeaient, mais après le repas, lorsqu’ils virent les corbeilles de restes. Alors ils appelèrent Jésus le Prophète qui devait venir dans le monde. Hélas, ils ne l’avaient pas fait lorsqu’Il les enseignait.
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