7 Souviens-toi, Yahvé, contre les fils d'Edom, du Jour de Jérusalem, quand ils disaient : "A bas! Rasez jusqu'aux assises!"
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La rancune vengeresse, bien sûr, n'a jamais compté parmi les vertus. Certes, la Torah admet parfois la vengeance (« œil pour œil, dent pour dent »), mais plutôt comme une concession à la nature humaine déchue que comme une norme, et ce n'est pas par hasard que Jésus interdit clairement à Ses disciples de se venger. Quant à notre psaume, il est bien sûr traversé par la vengeance, il la respire littéralement. Et il ne vaut guère la peine de prendre les malédictions qu'il contient pour des allégories. On peut plutôt les considérer comme le tribut rendu à l'histoire, comme une description véridique et réaliste des sentiments qui remplissaient les habitants déportés de Jérusalem dans les premières années après la catastrophe qui avait frappé leur pays et leur ville. Mais il y a ici encore quelque chose dont les prophètes d'avant l'exil ont parlé plus d'une fois, à commencer par Amos. Il s'agit de ce que l'on appelle parfois dans la vie courante une « juste rétribution », en ajoutant : « il y a quand même une justice dans le monde ! ». En réalité, bien sûr, il n'est pas question de justice dans ce cas. Ce sont justement les paroles des prophètes, et des hymnographes aussi, qui permettent de conclure qu'il n'y a pas et ne peut pas y avoir de justice dans le monde déchu. En revanche, il y existe une sorte de « balançoire » historique, et elle se balance sans cesse, de sorte que le vainqueur d'aujourd'hui sera demain vaincu par ses ennemis d'hier, lesquels, à leur tour, prendront pleinement leur revanche sur leurs anciens vainqueurs. Il n'est pas si facile de dire exactement ce que l'auteur du psaume a en vue : simplement la vengeance ou cette étrange « justice ». Quoi qu'il en soit, l'une n'est pas très loin de l'autre, car ni la vengeance ni cette sorte de « loi de rétribution historique » sur laquelle l'hymnographe a peut-être compté n'ont de rapport avec la providence de Dieu. Telle est la première réaction, très naturelle, de l'homme déchu devant le malheur qui lui arrive, qu'il soit personnel ou national : s'il se souvient de Dieu, ce n'est pas tout de suite ; instinctivement, il commence à chercher la possibilité de trouver un coupable et de se venger de lui par tous les moyens dont il dispose. Et le peuple de Dieu, sur ce point, ne semble pas avoir fait exception : dans les premières années après la catastrophe, il était agité des mêmes sentiments qui auraient agité n'importe quel autre peuple dans une telle situation. Il manifeste ses qualités de peuple de Dieu non au moment de cette première réaction, mais plus tard, quand lui succèdent la réflexion sur ce qui est arrivé, le repentir des péchés commis et une nouvelle conversion. Celle-là même qui ouvrit au peuple la possibilité, des décennies plus tard, de revenir sur la terre des pères que Dieu lui avait jadis promise.
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