Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Rm 14:22

22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide.
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Dans ses lettres, Paul consacre beaucoup de place à réfléchir au rôle et à la place de la religion dans la vie de l'Église. Dans l'Église primitive, on trouvait souvent dans une même communauté des Juifs religieux (« circoncis », « Juifs ») et des représentants non religieux des autres peuples qui habitaient l'Empire romain (« incirconcis », « païens »). À cette époque, le paganisme ne signifiait déjà plus l'appartenance à telle ou telle religion ; on appelait alors païens ceux que nous appellerions aujourd'hui des gens séculiers. Il n'est pas étonnant qu'un conflit mûrît entre ces deux groupes à l'intérieur de l'Église : ils étaient trop différents. Pour un Juif, suivre toutes les normes et règles du judaïsme allait de soi ; ils ne s'imaginaient pas dans une même communauté avec des gens pour qui la religion était indifférente. Or la majorité des anciens païens convertis au Christ étaient précisément ainsi : il leur fallait le Christ, non le judaïsme. Les Juifs, eux, insistaient souvent sur l'obligation pour tous d'observer les règles de leur propre religion, affirmant souvent qu'il était impossible d'être sauvé sans les observer : pour eux, elles étaient associées à la Torah comme telle, sans laquelle on n'entre pas dans le Royaume. Que faire ? Les anciens païens étaient aussi sincères et francs dans leur refus du judaïsme, qui leur était réellement étranger, que les Juifs l'étaient dans leur fidélité à celui-ci, sans quoi ils ne pouvaient imaginer leur vie ni dans le siècle présent ni dans le siècle à venir. Comment concilier ces deux approches ? Paul lui-même était convaincu que la religion en tant que telle n'est pas nécessaire au salut : ni la circoncision ni les « œuvres de la Loi » ne sauvent par elles-mêmes. Mais que faire si, sans tout cela, pour un homme, la Torah n'est plus la Torah et le Royaume n'est plus le Royaume ? Il était vraiment inutile de dire à un tel homme que la religion n'est pas nécessaire ; il fallait lui donner la possibilité d'emporter sa religion avec lui dans le Royaume. Quant à celui qui pouvait s'en passer, il ne fallait pas la lui imposer. La décision revenait à l'homme lui-même. Mais elle devait être consciente et sans équivoque : ni jouer à la religion, ni y renoncer arbitrairement ne convenaient à une vie spirituelle pleine. Et l'apôtre propose un critère simple : si la conscience de l'homme est en paix, alors tout va bien dans sa vie spirituelle. Peu importe alors qu'il soit religieux ou non. Ni la religiosité sincère ni le refus sincère de la religion ne nuisent à la vie spirituelle. Ce qui nuit, c'est cette indétermination qui pousse l'homme à s'agiter, le privant de la paix spirituelle. Et Paul appelle chacun à choisir le mode de vie qui lui est le plus proche, sans rien imposer aux autres. À choisir sincèrement et sans équivoque.

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