9 c'est que le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux et garder les hommes impies pour les châtier au jour du Jugement,
10 surtout ceux qui, par convoitise impure, suivent la chair et méprisent la Seigneurie. Audacieux, arrogants, ils ne craignent pas de blasphémer les Gloires,
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Pierre parle ici de ceux qui s'égarent eux-mêmes du chemin de la justice et qui égarent les autres. Pourtant l'apôtre ne cite aucun nom : les destinataires de sa lettre savaient sans doute déjà de qui il s'agissait. En décrivant ces hommes, Pierre les caractérise comme des gens qui suivent les convoitises de leur chair, méprisent l'autorité (il s'agit du pouvoir de Dieu, et non des « autorités » de la traduction synodale) et ne craignent pas d'outrager la gloire (il s'agit clairement de la gloire de Dieu, et non des « dignités » de la traduction synodale).
On le voit, ce qui distingue avant tout les faux docteurs, c'est l'absence de ce saint tremblement que la Bible appelle la crainte de Dieu. De telles personnes ne peuvent être que de faux docteurs : si la gloire de Dieu (dans les livres bibliques, ce mot désigne la présence de Dieu) n'est rien pour eux, ils ne peuvent pas non plus voir le Royaume par définition. Naturellement, un tel homme ne peut en aucune manière être un maître chrétien.
En fait, Pierre donne ici le principal signe du faux docteur : un tel homme ne reconnaît jamais personne au-dessus de lui, pas même Dieu. Théoriquement, un faux docteur peut, bien sûr, invoquer Dieu comme autorité suprême, mais au fond de lui il ne reconnaît tout de même aucune autorité hormis la sienne, et souvent même l'expérience d'une rencontre avec Dieu face à face ne le convainc de rien.
Il ne faut pas nécessairement penser que, lorsqu'il parle de convoitises, l'apôtre vise forcément une débauche grossière. Extérieurement, tout peut paraître tout à fait convenable et même pieux, mais au fond le faux docteur se complaît en lui-même, dans son ego, et le fait que cette complaisance prenne une forme très raffinée, voire religieusement recherchée, ne change rien à l'affaire. Mais l'apôtre ne précipite pas les événements : il sait que les points sur les i ne seront mis qu'au jour du retour du Sauveur et du triomphe définitif du Royaume. Pierre, semble-t-il, a bien retenu la parabole de son Maître sur le blé et l'ivraie. C'est pourquoi il n'appelle pas à arracher le champ. Il avertit seulement ceux qui se sont engagés sur le chemin de ne pas suivre ceux qui peuvent les en détourner. Quant au chemin à prendre, chacun le choisit lui-même.
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