Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Ap 3:15-17

15 Je connais ta conduite: tu n'es ni froid ni chaud - que n'es-tu l'un ou l'autre! -
16 ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche.
17 Tu t'imagines: me voilà riche, je me suis enrichi et je n'ai besoin de rien; mais tu ne le vois donc pas: c'est toi qui es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu!
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Au premier regard, ces paroles paraissent excessivement sévères : le Seigneur, au fond, rejette entièrement toute une communauté. Et la cause de ce rejet est un péché qui, semble-t-il, ne mène à aucune conséquence particulièrement terrible : il s'agit de l'indifférence, de ceux qu'on appelle les « tièdes », qui ne seraient peut-être pas contre faire quelque chose pour l'Église, ou pour le prochain, ou au moins pour approfondir leur propre vie spirituelle, mais dont le désir d'agir est trop faible pour se réaliser. Et l'homme, comme on dit d'ordinaire, « au fond pas mauvais », reste ainsi dans l'inaction, sans avoir rien fait de bon. Il semblerait qu'un tel homme ne fasse rien de mauvais non plus. Tout lui est indifférent : le bien comme le mal. Souvent cette indifférence est liée à l'autosatisfaction, qui engendre le sentiment de sa propre richesse, pas nécessairement matérielle. Et pourtant cette indifférence autosatisfaite et « inoffensive » a mérité dans la bouche du Sauveur l'évaluation la plus sévère. Il ne s'agit manifestement pas seulement du fait que, comme on le dit parfois, au jour du Jugement on nous demandera compte non seulement du mal que nous avons fait, mais aussi du bien que nous n'avons pas fait alors que nous pouvions le faire. Il s'agit aussi du fait que l'indifférence autosatisfaite paralyse complètement la volonté, prive l'homme de cette force spirituelle qui lui permet de faire un choix vital, y compris le choix entre le bien et le mal. Et une telle paralysie, à son tour, prive effectivement l'indifférent de la possibilité de vivre une vie spirituelle.

On pourrait croire qu'il existe des péchés bien plus terribles que le manque de volonté. Mais tout péché, même le plus terrible, suppose un choix, une résolution, un acte derrière lesquels se tient nécessairement la volonté, souvent très forte, que l'on peut toujours utiliser aussi pour les œuvres de justice, pourvu seulement qu'on l'oriente correctement. L'indifférence autosatisfaite, elle, est le signe de l'absence de volonté, où même la conversion devient impossible : car la conversion aussi suppose un choix, le choix entre Dieu et quelque chose qui empêche de Le suivre. Si l'on n'a rien avec quoi choisir, il est impossible de se convertir, impossible de suivre le Christ, impossible de vivre de la vie du Royaume. Il ne reste qu'une seule possibilité : se laisser porter par le courant vers où va le monde corrompu par le péché. Dans la direction opposée au Royaume.

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