12 " A l'Ange de l'Église de Pergame, écris : Ainsi parle celui qui possède l'épée acérée à double tranchant.
13 Je sais où tu demeures: là est le trône de Satan. Mais tu tiens ferme à mon nom et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui fut mis à mort chez vous, là où demeure Satan.
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La situation dans la communauté ecclésiale de Pergame était, semble-t-il, assez complexe. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit qu'elle demeure « près du trône de Satan ». Le fait est qu'à Pergame se trouvait l'un des plus anciens et très vénérés sanctuaires païens, le célèbre autel de Pergame, et le culte local était assez sombre. Bien sûr, on n'y offrait plus de sacrifices humains comme aux temps anciens, mais ce lieu avait une triste réputation parmi les chrétiens. Cependant, à en juger par les paroles du Sauveur, il ne s'agissait pas seulement du lieu comme tel.
Le problème était à l'intérieur de l'Église, dans cet enseignement des nicolaïtes mentionné plus d'une fois dans les lettres aux Églises. Ici, Jésus le compare au péché de Balaam, qui voulait rendre les Juifs semblables aux païens qu'étaient tous leurs voisins. Les soumettre à son dieu. Nous ne savons presque rien des nicolaïtes ; il ne nous reste qu'à deviner de qui et de quoi il s'agit.
À en juger par les bribes d'information qu'il est possible de rassembler à partir de mentions et d'allusions rares dans différentes sources, on peut supposer que l'enseignement des nicolaïtes se réduisait à ceci : le chrétien ne peut pas pécher par définition, et donc tous les efforts spirituels et ascétiques visant à observer la Torah, extérieure ou intérieure, sont absurdes. Fais ce que tu veux : la grâce reçue au baptême ne te quittera de toute façon pas, et donc, d'une manière ou d'une autre, tu seras finalement sauvé. La morale n'était pas complètement niée, mais elle n'était pas considérée comme le fondement de la vie spirituelle.
De plus, sans être spiritualistes au sens traditionnel, les nicolaïtes étaient pourtant, semble-t-il, convaincus que les composantes spirituelle et naturelle de la personne humaine n'étaient pas liées au point que les états naturels de l'homme influencent sérieusement sa vie spirituelle ; c'est pourquoi ils considéraient tous les prétendus « péchés de la chair » comme sans importance, ou de peu d'importance. Dans la pratique, bien sûr, une telle approche de l'homme détruisait la vie spirituelle et détournait du chemin du salut, ce que Jésus dit à Jean.
Et il ne pouvait certainement pas être question ici de renouvellement et de transfiguration spirituels, auxquels est manifestement lié le « nom nouveau » mentionné par le Sauveur. Le changement de nom supposait toujours telle ou telle initiation, un changement de la qualité de vie de l'homme. Et le christianisme comme vie dans le Royaume implique un tel changement. Or le chemin proposé par les nicolaïtes ne supposait rien de tel et ne pouvait pas mener au Royaume. C'est pourquoi ce mouvement reçoit de Jésus une appréciation si sévère : c'était une impasse spirituelle, un chemin vers nulle part, ce qu'il fallait dire clairement et sans équivoque.
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