1 Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu'il dit à ses disciples: |
2 " La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. " |
3 Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le palais du Grand Prêtre, qui s'appelait Caïphe, |
4 et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le tuer. |
5 Ils disaient toutefois : " Pas en pleine fête ; il faut éviter un tumulte parmi le peuple. " |
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, |
7 une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table. |
8 A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ; |
9 cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. " |
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi. |
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. |
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait. |
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. " |
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? " |
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". " |
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque. |
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze. |
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. " |
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? " |
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer ! |
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! " |
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus. |
26 Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. " |
27 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ; |
28 car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. |
29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père. " |
Symboliquement oint de parfums avant même Sa mise au tombeau, le Seigneur, la nuit précédant Sa mort, lors du repas pascal, Se donne Lui-même en nourriture à Ses disciples dans le pain et le vin. Il leur montre ainsi, et nous montre à nous aussi, que Sa mort n'est ni fortuite ni vaine. Au cours de Son ministère public, Il avait déjà adressé aux disciples des paroles terribles, qui avaient troublé beaucoup de ceux qui Le suivaient : « Celui qui mange (littéralement : ronge, mâche — le verbe est très expressif) Ma chair et boit Mon sang demeure en Moi et Moi en lui. » Son incarnation, Son existence corporelle, est devenue le lien indissoluble entre Dieu et l'homme. En cette dernière nuit, les disciples deviennent participants de ce lien en recevant, dans le pain et le vin, la divinité et l'humanité nouvelle du Christ.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu'il dit à ses disciples: |
2 " La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. " |
3 Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le palais du Grand Prêtre, qui s'appelait Caïphe, |
4 et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le tuer. |
5 Ils disaient toutefois : " Pas en pleine fête ; il faut éviter un tumulte parmi le peuple. " |
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, |
7 une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table. |
8 A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ; |
9 cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. " |
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi. |
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. |
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait. |
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. " |
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? " |
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". " |
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque. |
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze. |
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. " |
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? " |
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer ! |
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! " |
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus. |
26 Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. " |
27 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ; |
28 car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. |
29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père. " |
À partir de ce moment, le récit de l'Évangile commence à se diriger sans dévier vers son centre de sens: l'histoire de la mort et de la Résurrection de Jésus. Ces événements ont toujours été compris par les chrétiens comme l'accomplissement d'un nouveau sacrifice que le Christ offre pour le monde entier. Le mot « sacrifice » est depuis longtemps sorti de l'usage quotidien dans son sens premier, religieux. Pourtant la difficulté ne tient pas seulement aux réalités religieuses anciennes, mais aussi au caractère même de ce don de soi. Le Christ se donne comme en réponse au geste de la disciple qui a versé sur lui une huile parfumée précieuse.
Pour l'observateur extérieur, représenté ici par Judas, donner ce que l'on a de plus précieux pour un autre est absurdité et sauvagerie. Il serait davantage satisfait par le « sacrifice » de l'aumône aux pauvres, lorsque l'on donne une part insignifiante de ce que l'on possède. Donner tout, se donner soi-même, voilà une réalité « au-delà » de Judas et, sans doute, de beaucoup d'entre nous.
Mais un mystère encore plus grand est que le Christ souffrant et mourant devient pour les disciples pain et vin, nourriture qui nourrit leur vie, désormais indissolublement liée au Maître.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu'il dit à ses disciples: |
2 " La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. " |
3 Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le palais du Grand Prêtre, qui s'appelait Caïphe, |
4 et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le tuer. |
5 Ils disaient toutefois : " Pas en pleine fête ; il faut éviter un tumulte parmi le peuple. " |
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, |
7 une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table. |
8 A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ; |
9 cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. " |
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi. |
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. |
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait. |
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. " |
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? " |
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". " |
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque. |
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze. |
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. " |
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? " |
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer ! |
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! " |
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus. |
26 Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. " |
27 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ; |
28 car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. |
29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père. " |
Symboliquement oint de parfums avant même Sa sépulture, le Seigneur, dans la nuit précédant Sa mort, au repas pascal, Se donne Lui-même en nourriture à Ses disciples dans le pain et le vin. Ainsi leur montre-t-Il, et nous montre-t-Il, que Sa mort n’est ni accidentelle ni vaine. Déjà pendant Son ministère public, Il dit aux disciples des paroles terribles qui troublèrent beaucoup de ceux qui Le suivaient: « Celui qui mange (littéralement: ronge, mâche, un verbe très expressif) Ma chair et boit Mon sang demeure en Moi, et Moi en lui ». Son incarnation, Sa corporéité, est devenue le lien indissoluble de Dieu et de l’homme, et en cette dernière nuit les disciples deviennent participants de ce lien, recevant dans le pain et le vin la divinité et l’humanité nouvelle du Christ.
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, |
7 une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table. |
8 A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ; |
9 cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. " |
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi. |
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. |
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait. |
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. " |
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
Monseigneur Antoine, métropolite de Sourozh, prononça au printemps 1977 une homélie le Grand Mercredi, et dans cette homélie retentit cette parabole: «On demanda à un ascète comment il pouvait vivre avec tant de joie dans l'âme, avec tant d'espérance, alors qu'il se savait pécheur. Il répondit: Quand je me tiendrai devant Dieu, il me demandera: As-tu su m'aimer de toute ton âme, de toute ta pensée, de toute ta force, de toute ta vie?.. Et je répondrai: Non, Seigneur!.. Et il me demandera: Mais as-tu étudié ce qui pouvait te sauver, as-tu lu ma parole, as-tu écouté les enseignements des saints?.. Et je lui répondrai: Non, Seigneur!.. Alors il me demandera: Mais as-tu au moins essayé de vivre dignement de ta vocation, ne serait-ce qu'humaine?.. Et je répondrai: Non, Seigneur!.. Alors le Seigneur regardera avec pitié mon visage affligé, sondera la contrition de mon cœur et dira: En une chose tu as été bon: tu es resté véridique jusqu'au bout; entre dans mon repos!..»
Pensons aujourd'hui à Judas. Pensons à nous-mêmes. Nous ne valons pas mieux que lui. Nous avons tant de fois trahi le Seigneur. Soyons au moins aujourd'hui véridiques, véridiques jusqu'au bout. Le fait que nous vivions dans la chaleur et le confort, tandis que dans les rues il y a des gens qui n'ont rien à manger, des gens au comble de la détresse, n'est-ce pas une trahison? Et même pas pour trente pièces d'argent. Éprouvons pour Judas de la pitié, sinon de la tendresse et de l'amour. Partageons la tragédie de ce pauvre petit homme. Comprenons jusqu'où nous sommes tombés. Non pas devant le monde, non. Car nous sommes appelés au nombre des disciples les plus proches, et le monde n'est déjà plus notre mesure. C'est devant Lui que nous sommes tombés; nous sommes indignes de Lui, et pourtant il nous aime encore et espère jusqu'au bout nous sauver, comme il voulait sauver Judas!
Oui, c'est ainsi que certains théologiens contemporains interprètent le morceau donné à Judas. Et ce morceau nous est donné à nous aussi comme un appel de l'amour prêt à tout pardonner; il nous suffit de revenir à nous tant qu'il est encore temps…
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, |
7 une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table. |
8 A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ; |
9 cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. " |
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi. |
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. |
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait. |
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. " |
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
Les paroles de Jésus sur les pauvres, qui existeront toujours, donnent à réfléchir. Aujourd'hui, lorsque la lutte contre la pauvreté devient, au moins en paroles, l'une des priorités principales, elles peuvent bien sûr déconcerter quelque peu. Mais Jésus ne les dit pas simplement ainsi; il les dit dans le contexte d'une situation concrète, lorsque se font entendre des voix qui appellent à préférer à lui ces pauvres qui, selon sa parole, «sont toujours avec nous». Et là se pose la question du choix, la question des priorités qui déterminent notre vie.
Historiquement, le christianisme a toujours soutenu de toutes les manières tous les types de service social: l'aide aux pauvres, aux malades, aux rejetés, la charité, individuelle comme collective, en un mot tout ce qui peut alléger un tant soit peu la condition de ceux pour qui la vie est difficile. Et là, tôt ou tard, tant pour les personnes particulières qui portent de tels services que pour des communautés entières, se posera inévitablement la question: qui est pour nous à la première place? Le Christ ou les pauvres?
Il semblerait qu'il n'y ait pas besoin de choisir: le service social, à première vue, ne peut en aucun cas faire obstacle à la vie spirituelle. Mais cela n'est vrai qu'à première vue: car le service social est un service comme tout autre. Le Royaume est venu dans le monde non avec les pauvres, mais avec le Christ, et il existe dans le monde parce que l'Église est, selon la parole de l'apôtre, le Corps du Christ, et non parce qu'elle est une organisation caritative. Or le service social, comme toute activité extérieure, devient autonome et tend à absorber l'homme tout entier. Et si on le lui permet, cette personne peut facilement oublier le Royaume en se consacrant entièrement aux pauvres. Alors elle ne pourra déjà plus aider ceux auxquels elle se consacre: car l'homme, selon la parole du Sauveur, ne vit pas seulement de pain.
6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, |
7 une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table. |
8 A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ; |
9 cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. " |
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi. |
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. |
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait. |
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. " |
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
Il est tout à fait évident que l’essentiel dans le texte évangélique que nous lisons ces jours-ci — ce sont les événements mêmes dont parlent les évangélistes. Ils nous les racontent non pour que nous goûtions un style littéraire ou que nous pénétrions la profondeur des pensées et des jugements. Les événements de la Semaine sainte, plus que tous les autres, doivent précisément être vus.
Le Symbole de la foi, plein de profondeur et exprimant les mystères inexprimables de Dieu, donne, en parlant de la Passion, une indication quelque peu inattendue et très concrète : « crucifié pour nous sous Ponce Pilate ». Pourquoi ? Quel rapport avec Pilate ? Cette mention est nécessaire pour que nous nous souvenions que la Passion du Seigneur Jésus-Christ pour nous n’est pas une catégorie théologique abstraite, mais des événements réels survenus en un temps déterminé et en un lieu déterminé.
Lorsque nous rappelons la trahison de Judas, l’onction de parfum pendant le repas à Béthanie et la prophétie involontaire de Caïphe, nous devenons nous-mêmes, dans une certaine mesure, non seulement spectateurs, mais aussi participants de ces événements. Car en voyant le Chemin de croix du Christ, on ne peut pas ne pas penser que tout cela, le Seigneur le subit à cause de nous, à notre place et pour nous.
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres |
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent. |
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer. |
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? " |
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". " |
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque. |
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze. |
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. " |
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? " |
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer ! |
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! " |
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus. |
Dans le passage d'aujourd'hui de l'Évangile selon Matthieu, deux choses frappent. D'abord, le fait que Judas Iscariote, qui avait conçu le projet de livrer Jésus, soit allé vers les grands prêtres sans savoir quelle récompense ils lui donneraient. Il n'était pas mû seulement par le désir d'argent, ou plus exactement d'une somme déterminée, mais aussi par quelque chose d'autre.
Qui sait ce que c'était? Le refus de l'enseignement du Christ et la conscience que son propre coeur était fermé au Maître? Peut-être le dépit devant le fait que le Messie ne voulait pas conquérir le pouvoir par la force, et donc devant le fait que Judas lui-même ne pouvait pas combattre en le soutenant? Il ne nous reste qu'à conjecturer, mais une chose est claire: à ce moment-là tout s'était rassemblé en une grosse masse qu'il suffisait de pousser légèrement... Et la somme assez importante, trente pièces d'argent (avec lesquelles on acheta ensuite un champ, voir Mt 27:3-7), joue le rôle de cette poussée.
Et la seconde chose qui étonne dans le récit de la Cène, c'est que Jésus dit presque directement qui le livrera. N'importe qui, aurait-on dit, pouvait regarder quelle main était alors dans le plat et essayer d'arrêter le malfaiteur. Judas lui-même, comprenant que Jésus savait tout, aurait pu s'arrêter. Mais la masse ne roule déjà plus simplement: elle dévale la montagne, accomplissant ce qui a été écrit par les prophètes.
36 Quant à la date de ce jour, et à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
37 " Comme les jours de Noé, ainsi sera l'avènement du Fils de l'homme. |
38 En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, |
39 et les gens ne se doutèrent de rien jusqu'à l'arrivée du déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. |
40 Alors deux hommes seront aux champs: l'un est pris, l'autre laissé; |
41 deux femmes en train de moudre; l'une est prise, l'autre laissée. |
42 " Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître. |
43 Comprenez-le bien: si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur devait venir, il aurait veillé et n'aurait pas permis qu'on perçât le mur de sa demeure. |
44 Ainsi donc, vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'heure que vous ne pensez pas que le Fils de l'homme va venir. |
45 " Quel est donc le serviteur fidèle et avisé que le maître a établi sur les gens de sa maison pour leur donner la nourriture en temps voulu ? |
46 Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte! |
47 En vérité je vous le dis, il l'établira sur tous ses biens. |
48 Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : "Mon maître tarde" |
49 et qu'il se mette à frapper ses compagnons, à manger et à boire en compagnie des ivrognes, |
50 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu'il n'attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas; |
51 il le retranchera et lui assignera sa part parmi les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents. |
1 " Alors il en sera du Royaume des Cieux comme de dix vierges qui s'en allèrent, munies de leurs lampes, à la rencontre de l'époux. |
2 Or cinq d'entre elles étaient sottes et cinq étaient sensées. |
3 Les sottes, en effet, prirent leurs lampes, mais sans se munir d'huile; |
4 tandis que les sensées, en même temps que leurs lampes, prirent de l'huile dans les fioles. |
5 Comme l'époux se faisait attendre, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. |
6 Mais à minuit un cri retentit : "Voici l'époux ! sortez à sa rencontre ! " |
7 Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. |
8 Et les sottes de dire aux sensées : "Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. " |
9 Mais celles-ci leur répondirent : "Il n'y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. " |
10 Elles étaient parties en acheter quand arriva l'époux: celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte se referma. |
11 Finalement les autres vierges arrivèrent aussi et dirent : "Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! " |
12 Mais il répondit : "En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas ! " |
13 Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. |
14 " C'est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune. |
15 À l'un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit. Aussitôt |
16 celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire produire et en gagna cinq autres. |
17 De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. |
18 Mais celui qui n'en avait reçu qu'un s'en alla faire un trou en terre et enfouit l'argent de son maître. |
19 Après un long temps, le maître de ces serviteurs arrive et il règle ses comptes avec eux. |
20 Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança et présenta cinq autres talents : "Seigneur, dit-il, tu m'a remis cinq talents : voici cinq autres talents que j'ai gagnés. " - |
21 "C'est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton seigneur". |
22 Vint ensuite celui qui avait reçu deux talents : "Seigneur, dit-il, tu m'as remis deux talents : voici deux autres talents que j'ai gagnés. " - |
23 "C'est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t'établirai ; entre dans la joie de ton seigneur". |
24 Vint enfin celui qui détenait un seul talent : "Seigneur, dit-il, j'ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain : tu moissonnes où tu n'as point semé, et tu ramasses où tu n'as rien répandu. |
25 Aussi, pris de peur, je suis allé enfouir ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien. " |
26 Mais son maître lui répondit : "Serviteur mauvais et paresseux ! tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que je ramasse où je n'ai rien répandu ? |
27 Eh bien! tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers, et à mon retour j'aurais recouvré mon bien avec un intérêt. |
28 Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. |
29 Car à tout homme qui a, l'on donnera et il aura du surplus; mais à celui qui n'a pas, on enlèvera ce qu'il a. |
30 Et ce propre à rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. " |
31 " Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire. |
32 Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs. |
33 Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. |
34 Alors le Roi dira à ceux de droite : "Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. |
35 Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, |
36 nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. " |
37 Alors les justes lui répondront : "Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, |
38 étranger et de t'accueillir, nu et de te vêtir, |
39 malade ou prisonnier et de venir te voir ?" |
40 Et le Roi leur fera cette réponse : "En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. " |
41 Alors il dira encore à ceux de gauche : "Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. |
42 Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, |
43 j'étais un étranger et vous ne m'avez pas accueilli, nu et vous ne m'avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m'avez pas visité. " |
44 Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : "Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir ?" |
45 Alors il leur répondra : "En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. " |
46 Et ils s'en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à une vie éternelle. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu'il dit à ses disciples: |
2 " La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. " |
Les paraboles du Seigneur Jésus-Christ que nous lisons aujourd’hui nous donnent une espérance incroyable, que nous n’avons nullement méritée. Deux jours avant la Pâque, lorsque le Fils de l’homme fut livré pour être crucifié, Il montre à Ses disciples, sous différents angles, ce qu’est le Royaume des Cieux auquel Il nous a appelés.
Le Seigneur dit à Ses disciples qu’ils doivent veiller et se tenir prêts à rencontrer le Jour du Seigneur. Dans la parabole des dix vierges, Il dit que le Royaume des Cieux lui-même est semblable à des personnes qui attendent de rencontrer Dieu. L’essentiel de cette parabole est l’appel à attendre cette rencontre et à la désirer de tout son cœur.
La parabole des talents parle du don de Dieu accordé à chacun de nous. Ce don est comparé à une immense richesse : un talent représentait plus de vingt-cinq kilogrammes d’argent ! Et le Seigneur nous appelle à faire fructifier ce trésor inestimable. À en juger par la suite du texte, les talents ne désignent pas tant les aptitudes et les dispositions naturelles (ce sens appartient à un usage bien plus tardif, formé sous l’influence du Nouveau Testament). La parabole du Jugement dernier nous montre clairement que la principale richesse des hommes est leur capacité à se faire miséricorde les uns aux autres, comme Dieu Lui-même nous fait miséricorde. C’est là Son argent, qu’Il nous a confié pour le faire fructifier.
Et, bien sûr, la place centrale du passage que nous lisons revient à la parabole du Jugement dernier. Nous l’avons lue avant le Carême, et aujourd’hui ce texte nous révèle de nouveau ce qui compte le plus dans notre vie, ce que le Seigneur attend de nous et, surtout, où Il nous a donné rendez-vous.
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