RÉFLEXIONS pour Ga 5:13-14
Pour Paul, l'expression « vie spirituelle » a un sens très concret. Dès le commencement, l'homme a été destiné par Dieu à la vie spirituelle. Et le gage de cette destination fut ce « souffle de vie » que Dieu « insuffla » à l'homme lors de la création. Pour le reste, l'homme est une nature comme toute autre; sa physiologie et son psychisme ne diffèrent pas, en principe, de ceux des animaux supérieurs, par exemple des primates. Mais le « souffle de vie » change tout: car il n'est rien d'autre que la présence de Dieu ouverte à l'homme.
Et par le Christ, quelque chose de bien plus grand encore peut être ouvert à l'homme: le Royaume et son souffle, qui peut s'unir au « souffle de vie ». Tout cela est la vie spirituelle au sens propre du terme, l'action en l'homme du souffle de Dieu et du souffle du Royaume. Mais la mesure dans laquelle le « souffle de vie » déterminera la vie humaine, et la mesure dans laquelle le souffle du Royaume y sera présent, dépendent de l'homme lui-même. Selon le dessein de Dieu, tout cela devait dominer dans la vie de l'homme, en déterminer la qualité, la qualité de ce courant d'existence que la Bible appelle « âme ». Mais après la chute, la situation a changé: dans le courant de la vie humaine, la nature a pris le dessus sur l'esprit.
Et la tâche principale de tous ceux qui ont cherché la vie spirituelle après la chute est devenue le retour à cet état où le souffle de Dieu déterminerait de nouveau le cours de la vie humaine. Pour le chrétien, il ne doit déjà plus être question seulement du « souffle de vie » de Dieu, mais aussi du souffle du Royaume dont vit tout chrétien, si bien sûr il n'est pas chrétien seulement de nom. C'est précisément à atteindre ce but que sert la Torah, avant tout, bien entendu, comme Torah intérieure, comme impératif spirituel et moral qui détermine la vie de l'homme de l'intérieur, et non comme système de prescriptions qui la règle de l'extérieur.
Le même impératif pousse l'homme à construire ses relations avec Dieu et avec ses proches: des relations d'amour, les seules compatibles avec une véritable vie spirituelle. Alors le péché devient tout simplement impensable; il ne peut avoir de place dans la vie de l'homme si celle-ci est déterminée par le souffle du Royaume. Alors aucune prescription religieuse, aucune règle extérieure ne lui est plus nécessaire. Autrement, elles n'aideront quand même pas: car l'observation même des prescriptions les plus justes ne change rien en soi si l'homme ne change pas intérieurement. C'est ce que l'apôtre rappelle à ses lecteurs.
