Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Rm 13:1-2

Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu.
Si bien que celui qui résiste à l'autorité se rebelle contre l'ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner.
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Pris isolément du contexte de toute la lettre, les mots de l'apôtre selon lesquels il n'y a pas d'autorités qui ne viennent de Dieu provoquent non pas seulement de la perplexité, mais une protestation immédiate. Nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, liés à l'histoire monstrueuse du XXe siècle, siècle où furent inventées les armes de destruction massive, siècle de persécutions contre les chrétiens de différentes confessions, siècle des camps de la mort et d'Hiroshima. On a envie de dire aussitôt : l'apôtre ne pouvait tout simplement pas imaginer cela ! C'est là que nous nous trompons. Il ne faut pas oublier que Paul vivait à une époque où confesser ouvertement le Christ signifiait s'attirer la colère des autorités, où que l'on vive, en Palestine ou à Rome. Plus encore, il écrit à une communauté qui se trouve, de ce point de vue, dans les conditions les plus difficiles : à Rome, cœur de l'Empire, à un moment où celui-ci détruit ouvertement les chrétiens, et de la manière la plus terrible. Souvenons-nous aussi du sort de Paul lui-même, enchaîné et n'ayant échappé à la mort sur place que parce qu'il était citoyen romain. (voir Actes, ch. 21 et suivants) Que veut-il donc dire lorsqu'il affirme : « celui qui résiste à l'autorité résiste à l'ordre établi par Dieu » ?

Mais lisons attentivement : Paul ne dit nulle part que le pouvoir est bon, qu'il est juste, il ne justifie nulle part les actes des détenteurs du pouvoir. L'essentiel pour lui est que le pouvoir, fût-il cent fois horrible et inhumain, est établi pour nous par Dieu ; ce sont les conditions qui nous sont données pour notre salut.

Mais que faire lorsque les actes des autorités sont monstrueux et inhumains, lorsque tout en nous proteste, lorsque nous voyons l'injustice et en devenons nous-mêmes victimes ? Il faut alors se rappeler tout ce que Paul écrit au chapitre précédent, et surtout la manière dont il se termine : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. »

Nous avons entre les mains l'arme la plus puissante, et surtout la seule, contre le mal : manifester à ce monde l'amour et la miséricorde de Dieu, donner à boire à celui qui a faim et consoler celui qui pleure. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons tourner ce monde du mal vers le bien.

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