Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Rm 15:3-4

Car le Christ n'a pas recherché ce qui lui plaisait; mais comme il est écrit: Les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi.
En effet, tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l'espérance.
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L'apôtre ne se lasse pas de nous rappeler que, pour le chrétien, il n'est jamais question de ses propres succès, réalisations ou, au contraire, échecs. Bien sûr, la vie chrétienne est un chemin spirituel qu'il faut parcourir. Mais l'essentiel sur ce chemin n'est pas le perfectionnement de soi, mais la manifestation du Royaume au monde. Le chrétien ne vit pas pour lui-même, mais pour les autres. Non pas, il est vrai, au sens de cet altruisme que les gens autour attendent parfois des chrétiens, mais au sens de sa participation au Royaume.

Le service du chrétien, c'est sa vie même, pourvu qu'elle soit réellement chrétienne. Car, dans ce cas, à travers sa vie apparaît, de plus en plus lumineusement et nettement, la vie du Royaume, à laquelle toute personne qui entre en relation avec le chrétien peut participer. Mais une telle vie n'est possible que si, dès le commencement, l'homme renonce à l'idée de vivre par lui-même. Non pas pour lui-même, ou pour les autres, mais par lui-même.

La vie du chrétien cesse de lui appartenir ; elle devient celle de Dieu, celle du Christ, en se déversant dans le courant de la vie du Royaume, qui dépasse tout ce que l'homme pourrait imaginer. Mais le courant de cette vie doit couler librement. Il est impossible de le retenir pour soi, de l'arrêter, d'en détacher quelques filets afin qu'ils appartiennent de manière garantie à quelqu'un de précis. Ici, c'est le libre mouvement ou rien. Il faudra donc renoncer à l'absolutisation de toutes les formes, de toutes les manières et de toutes les images de la vie chrétienne, y compris les siennes propres.

Reconnaître comme un fait que la vie de tous les chrétiens, s'ils sont vraiment chrétiens, est une, tandis que les formes, organisationnelles, liturgiques, religieuses en général, sont secondaires. Et aucune d'elles n'est meilleure qu'une autre : chacune est bonne lorsqu'elle est à sa place, lorsqu'elle est adéquate à l'existence dans le Royaume de telles personnes ou de telles communautés. S'il en est ainsi, le renoncement à l'absolutisation de sa propre forme n'est pas seulement une concession au prochain, mais une condition nécessaire pour demeurer dans le Royaume.

En effet, même les formes, y compris religieuses, que nous considérons comme les nôtres, familières, organiques, sont en réalité relatives, et à un certain moment il nous faudra sans doute y renoncer. Alors le Juif orthodoxe peut très bien découvrir que ce dont il était si fier et à quoi il tenait si fortement, sa propre religiosité, ne lui donne en réalité aucun avantage dans l'essentiel sur le païen qui n'avait rien de tel. C'est pourquoi l'apôtre conseille de n'absolutiser aucune forme : car l'absolutisation suppose une identification de soi qui, dans la vie spirituelle, gênera plutôt qu'elle n'aidera.

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