Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Lc 24:36-38

36 Tandis qu'ils disaient cela, lui se tint au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "
37 Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit.
38 Mais il leur dit : " Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils en votre cœur ?
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La réaction des apôtres à l'apparition de Jésus ressuscité au milieu d'eux s'explique bien si l'on admet qu'à ce moment-là ils connaissaient encore le Royaume et sa vie davantage par ouï-dire que par leur propre expérience. Il ne pouvait en être autrement : l'expérience de la vie du Royaume devait commencer à s'ouvrir à eux le jour de la Pentecôte, qui était encore devant eux. Pour l'instant, ils demeuraient encore pleinement des habitants de ce monde, sachant de la mort et de l'après-mort autant que tout contemporain en savait alors.

Or les hommes de cette époque reliaient l'après-mort au monde des ombres, au royaume des morts, où tous aboutissent et où il n'est question d'aucune rétribution. Il y avait, certes, d'autres variantes, chez les Égyptiens par exemple ou chez les Grecs, qui enseignaient différents états de l'existence après la mort et une rétribution post mortem ; mais elles n'étaient pas très répandues, ne dépassant généralement pas les limites de la tradition culturelle et religieuse dans laquelle elles s'étaient formées.

Chez les Juifs, il n'y avait pas de doctrine développée de l'après-mort ; les représentations yahvistes à ce sujet ne différaient pas de celles de la plupart des autres peuples. Que pouvaient donc penser les disciples en voyant devant eux le Maître vivant ? Leur première pensée fut : c'est un fantôme, une ombre sortie du tombeau. Le mot grec correspondant peut désigner ici aussi bien le « souffle » que l'« esprit » au sens de l'Esprit de Dieu, mais aussi un « esprit » au sens d'ombre, de spectre ou d'apparition.

Dans le shéol, nom hébreu du royaume des morts, il ne pouvait rien y avoir d'autre que des ombres, des spectres, des esprits. Le shéol n'est pas seulement un lieu de mort ; c'est le lieu d'un mourir sans fin, qui ne peut pas s'achever. La représentation biblique de l'âme voit en elle un flux de vie, qui peut être plus ou moins intense selon la quantité de Dieu, de Sa présence, de Son souffle, qu'il y a dans la vie de l'homme. Ce flux peut être pleinement abondant, telle est la vie du Royaume ; ou il peut à peine couler, presque tari, telle est l'existence des ombres dans le shéol.

Dans le Royaume, la vie déborde comme le vin d'une coupe pendant le shabbat ; dans le shéol, l'homme tente fiévreusement de retenir les pauvres restes de vie qu'il a réussi à emporter avec lui du monde des vivants. Dans le monde déchu avant la venue du Christ, le shéol était l'unique après-mort réel ; on parlait de la résurrection, on l'attendait, on y croyait, mais personne ne savait vraiment comment elle serait. Voici donc que le Sauveur ressuscité est pris pour une ombre sortie du tombeau, avant que les disciples ne se convainquent très vite qu'en réalité Il est bien plus vivant que quiconque se croit vivant.

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