1 Du maître de chant. "Ne détruis pas." De David. A mi-voix.
2 Est-il vrai, êtres divins, que vous disiez la justice, que vous jugiez selon le droit les fils d'Adam?
3 Mais non! de cœur vous fabriquez le faux, de vos mains, sur terre, vous pesez l'arbitraire.
4 Ils sont dévoyés dès le sein, les impies, égarés dès le ventre, ceux qui disent l'erreur;
5 ils ont du venin comme un venin de serpent, sourds comme l'aspic qui se bouche l'oreille
6 de peur d'entendre la voix des enchanteurs, du charmeur expert en charmes.
7 O Dieu, brise en leur bouche leurs dents, arrache les crocs des lionceaux, Yahvé.
8 Qu'ils s'écoulent comme les eaux qui s'en vont, comme l'herbe qu'on piétine, qu'ils se fanent!
9 Comme la limace qui s'en va fondant ou l'avorton de la femme qui ne voit pas le soleil!
10 Avant qu'ils ne poussent en épines comme la ronce verte ou brûlée, que la Colère en tempête l'emporte!
11 Joie pour le juste de voir la vengeance il lavera ses pieds dans le sang de l'impie.
12 Et l'on dira : oui, il est un fruit pour le juste; oui, il est un Dieu qui juge sur terre.
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Les reproches adressés aux juges injustes sont sévères. Bien sûr, ils ne concernent pas seulement les juges qui prononcent des sentences en vertu de leur fonction, mais aussi chacun de nous, si prompt à porter des jugements. Bien que nous nous rappelions souvent les célèbres paroles : « Et qui sont les juges ? », elles ne conviennent pas ici. Le personnage du « Malheur d’avoir trop d’esprit » demandait si certaines personnes avaient ou non le droit de juger ; le psalmiste, sans mettre en cause des personnes particulières, parle du problème même du jugement injuste.
Le psalmiste est mû par l’espérance que la justice se réalisera. Mais nous rencontrons ici une nouvelle fois un passage difficile : la soif de justice se manifeste dans le désir de vengeance, dans le rêve de se baigner dans le sang de ses ennemis. Cela s’accorde difficilement avec les commandements évangéliques d’amour et de pardon ; de nos jours, de tels rêves risquent plutôt de repousser beaucoup de personnes.
C’est vrai. Mais le chemin vers la Bonne Nouvelle n’a pas encore été parcouru ; on ne fait encore que poser les fondations qui permettront de la recevoir. Les hommes de cette époque étaient bien plus habitués à voir le triomphe sanglant de l’injustice. C’est pourquoi l’espérance du triomphe de la justice, même exprimée de manière si belliqueuse, affermissait la certitude de la défaite inévitable du mal.
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1 Du maître de chant. "Ne détruis pas." De David. A mi-voix.
2 Est-il vrai, êtres divins, que vous disiez la justice, que vous jugiez selon le droit les fils d'Adam?
3 Mais non! de cœur vous fabriquez le faux, de vos mains, sur terre, vous pesez l'arbitraire.
4 Ils sont dévoyés dès le sein, les impies, égarés dès le ventre, ceux qui disent l'erreur;
5 ils ont du venin comme un venin de serpent, sourds comme l'aspic qui se bouche l'oreille
6 de peur d'entendre la voix des enchanteurs, du charmeur expert en charmes.
7 O Dieu, brise en leur bouche leurs dents, arrache les crocs des lionceaux, Yahvé.
8 Qu'ils s'écoulent comme les eaux qui s'en vont, comme l'herbe qu'on piétine, qu'ils se fanent!
9 Comme la limace qui s'en va fondant ou l'avorton de la femme qui ne voit pas le soleil!
10 Avant qu'ils ne poussent en épines comme la ronce verte ou brûlée, que la Colère en tempête l'emporte!
11 Joie pour le juste de voir la vengeance il lavera ses pieds dans le sang de l'impie.
12 Et l'on dira : oui, il est un fruit pour le juste; oui, il est un Dieu qui juge sur terre.
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Traqué, harcelé et poursuivi par ses ennemis, un homme appelle Dieu à le protéger et à punir les impies. Nous avons rencontré...
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Traqué, harcelé et poursuivi par ses ennemis, un homme appelle Dieu à le protéger et à punir les impies. Nous avons rencontré bien des fois un tel cri de désespoir, et il pourrait sembler qu'ici encore nous voyons quelque chose de semblable. Pourtant, nous voyons ici des traits nouveaux percer à travers ce qui est déjà devenu habituel.
Tout d'abord, le psalmiste ne demande pas que les ennemis soient exterminés ; il demande seulement qu'ils soient dispersés. Certes, dans ses rêves d'ennemis errant affamés, le désir de vengeance se manifeste avec autant de force, mais même une telle disposition constitue un pas vers l'adoucissement de la manière alors établie de traiter les ennemis. Bien plus, en appelant le Seigneur à visiter toutes les nations et à détruire parmi elles les impies, le psalmiste—habitué à regarder les païens comme des ennemis—ne réclame pourtant pas l'extermination totale des peuples eux-mêmes.
Les païens sont encore puissants, et le psalmiste ne l'oublie pas, mais leur force terrestre n'est rien auprès de la force accordée par le Seigneur. C'est Lui qui rend forts ceux qui cherchent refuge auprès de Lui.
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