11 N’allez pas vous fier à la violence, vous essoufflant en rapines ; aux richesses quand elles s’accroissent n’attachez pas votre cœur !
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En parlant de la force, l'auteur du psaume mentionne qu'elle « est à Dieu ». Il dit qu'il a entendu plus d'une fois quelque chose de semblable de la part de Dieu : l'expression poétique « Dieu a parlé une fois, et deux fois j'ai entendu » ne doit pas induire en erreur, car cette formule signifie que Dieu a dit au psalmiste quelque chose de semblable plus d'une fois.
Il semblerait que ce soit une affirmation évidente, à laquelle tout croyant consentira. Pourtant, en réalité, tout n'est pas si simple. L'homme déchu s'est habitué à se sentir sinon autosuffisant, du moins comme un être autonome. Il s'est habitué à compter d'abord sur lui-même, puis sur les autres, s'il y a quelqu'un pour l'aider, et seulement ensuite sur Dieu. Quand il n'y a plus personne ni rien sur qui compter. Il faut reconnaître que cette perception de soi et de Dieu est assez universelle.
Les représentants de ces tribus primitives où se conserve encore un monothéisme résiduel ne cherchent pas non plus à s'adresser à Dieu à chaque occasion. Ils préfèrent communiquer avec d'autres dieux et esprits, et se tournent vers Dieu quand il n'y a pas d'autre issue. Leur prière ressemble alors à ceci : ô Grand Esprit, nous nous sommes adressés à tous, et personne ne nous a aidés ; maintenant nous nous adressons à Toi, parce qu'il n'y a plus personne d'autre.
Une telle prière pourrait paraître amusante si nous-mêmes ne nous adressions pas à Dieu exactement de cette manière, même sans le formuler en paroles. Cela se comprend : reconnaître que toute force, absolument toute, est à Dieu signifie reconnaître aussi notre dépendance à Son égard. Et une dépendance totale et inconditionnelle. Or l'homme déchu a peur de reconnaître une telle dépendance. Envers qui que ce soit. Même envers Dieu. L'expérience négative liée à la notion même de dépendance est trop riche et trop vaste chez l'homme déchu. Il nous est difficile d'imaginer que celui dont nous dépendons complètement n'en profitera pas. Qu'il ne commencera pas à nous manipuler. Théoriquement, bien sûr, nous savons parfaitement que Dieu n'est pas ainsi et ne fera jamais rien de tel.
Mais comprendre cela, et plus encore en prendre pleinement conscience, nous est très difficile : toute l'expérience de la vie dans le monde déchu contredit une telle prise de conscience. C'est pourquoi nous n'avons pas envie de reconnaître l'évidence : notre existence même comme êtres humains, et non simplement comme une espèce de primates de plus, dépend entièrement et totalement de la présence de Dieu. De ce souffle de vie qu'Il nous a donné et sans lequel nous ne serions pas des hommes. De Sa proximité, qui se manifeste aussi comme force. De cette proximité qui nous est donnée gratuitement. Qui ne demande rien en échange, sinon l'amour. Un amour salutaire d'abord pour nous-mêmes.
Autres réflexions
Pour Ps 62:1-11
1 Du maître de chant... Yedutûn. Psaume. De David.
2 En Dieu seul le repos pour mon âme, de lui mon salut ;
3 lui seul mon rocher, mon salut, ma citadelle, je ne chancelle pas.
4 Jusques à quand vous ruer sur un homme et l’abattre, vous tous, comme une muraille qui penche, une clôture qui croule ?
5 Ils ne pensent qu’à lui faire perdre sa dignité. Ils prennent plaisir au mensonge ; de la bouche, ils bénissent, au-dedans ils maudissent.Pause.
6 En Dieu seul repose-toi, mon âme, de lui vient mon espoir ;
7 lui seul mon rocher, mon salut, ma citadelle, je ne chancelle pas ;
8 en Dieu mon salut et ma gloire, le rocher de ma force.
9 En Dieu mon abri, fiez-vous à lui, peuple, en tout temps, devant lui épanchez votre cœur, Dieu nous est un abri !Pause.
10 Un souffle seulement, les fils d’Adam, un mensonge, les fils d’homme ; sur la balance s’ils montaient ensemble, ils seraient moins qu’un souffle.
11 N’allez pas vous fier à la violence, vous essoufflant en rapines ; aux richesses quand elles s’accroissent n’attachez pas votre cœur !
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La vie sans Dieu ressemble à un désert desséché. Le désert où se sont déroulés nombre des événements décrits dans la Bible et...
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La vie sans Dieu ressemble à un désert desséché. Le désert où se sont déroulés nombre des événements décrits dans la Bible et où furent composées les paroles du psaume exprime bien ce qui se passe dans l'âme d'un homme séparé de la Source de la vie et du Donateur de l'eau vive. Non seulement l'âme, mais aussi la chair languit chez celui qui est coupé de l'être véritable. Ce n'est pas seulement une image poétique, mais l'expression d'une importante vérité biblique sur la valeur de nos corps et l'attitude juste envers eux. Ce n'est pas par hasard que le Créateur nous a donné nos corps ; ils ne sont pas la prison de l'âme, et dans nos corps nous pouvons nous aussi Le glorifier.
Pour le psalmiste, la miséricorde du Seigneur est plus précieuse que la vie. Certains verront dans ces paroles une belle formule, un procédé d'éloquence détaché de la réalité. Mais l'amère expérience de nombreuses générations a montré à maintes reprises que la vie loin du Seigneur devient une lente agonie.
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