12 Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, n'usez d'aucun autre serment. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement.
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Qu'était le serment pour un croyant yahviste, puis plus tard pour un Juif ? Avant tout, il était bien sûr une sorte d'engagement que l'homme prenait sur lui. En cette qualité, il ne différait au fond en rien des engagements que nous prenons aujourd'hui lors de la conclusion de n'importe quel accord. En fait, chez les Juifs de l'Antiquité, lors de la conclusion de l'accord le plus ordinaire, on prêtait serment en présence de témoins, après quoi l'accord était considéré comme conclu. Alors quoi : l'apôtre, à la suite de Jésus, interdit-il ce genre de pratique ? Encourage-t-il ainsi l'irresponsabilité, puisqu'il s'agit d'engagements sans lesquels aucune relation entre les hommes n'est possible ? Sans doute pas. Et il ne s'agit pas ici, peut-on penser, des engagements en eux-mêmes. Il s'agit du fait qu'en concluant les accords les plus ordinaires, les hommes juraient par le nom sacré, le nom de Dieu. Et ils Le mêlaient ainsi à leurs affaires sans même Lui demander d'abord si ces affaires Lui étaient nécessaires et s'Il comptait y participer. Alors faut-il ne jamais jurer par le nom de Dieu ? Même lorsqu'il ne s'agit pas d'affaires profanes, qui souvent ne concernent vraiment pas Dieu et auxquelles Il est, au mieux, indifférent, mais d'affaires religieuses ou même spirituelles, où l'on peut non seulement compter sur Son soutien, mais où il est directement nécessaire, sans quoi rien ne réussira ? Apparemment oui. Car il ne s'agit pas seulement de ce dont nous nous occupons. Il s'agit du fait qu'en jurant par Dieu ou par le nom sacré, ce qui revient au fond au même, nous mêlons Dieu à nos affaires sans Lui demander Son avis ni Son accord. Et nous prenons sur nous une responsabilité que nous ne sommes pas capables de porter. En effet, le serment par le nom de Dieu exige une exécution absolue ; sinon, n'accomplissant pas ce que nous avons promis, nous nous trouvons coupables sans réserve non seulement devant les hommes à qui nous avons juré, mais aussi devant Dieu, par le nom duquel nous avons juré. Sans aucune remise pour les circonstances. Bien sûr, dans la pratique, la Torah aussi tient compte de certaines circonstances extérieures qui peuvent, par exemple, empêcher l'exécution des obligations d'un contrat conclu. Mais dans ce cas, il vaut mieux laisser Dieu à l'écart, sans L'impliquer dans l'accord et sans prendre sur soi ce que, sans Lui, nous ne pourrons certainement pas accomplir. Que notre « oui » ou notre « non » reste aussi univoque et obligatoire qu'il est possible aux forces humaines. Et à nos efforts humains, Dieu, s'Il veut intervenir, ajoutera les Siens. Il n'a pas besoin de nos serments pour cela.
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