11 Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. |
12 Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de faire la loi à l'homme. Qu'elle garde le silence. |
Les paroles de Paul interdisant aux femmes « d'enseigner » ont suscité des questions en tout temps. En effet, Dieu peut donner un don particulier aussi bien à un homme qu'à une femme, et l'expérience de communion avec Dieu vécue par les femmes est souvent plus vive et plus profonde que celle vécue par les hommes.
Pourtant, l'apôtre ne dit nullement qu'une femme doit se taire sur son expérience de communion avec Dieu ou sur les vécus qui lui sont liés. Il dit que les femmes ne devraient pas devenir enseignantes au sens où ce mot était compris dans l'Église primitive. L'enseignement était alors avant tout un ministère lié à l'expérience de la prise de conscience et de la compréhension de la Tora intérieure, ainsi qu'à l'apprentissage de ce chemin de la Tora intérieure par d'autres. Les maîtres rabbins jouaient au fond le même rôle dans les synagogues traditionnelles.
Dans les synagogues chrétiennes, car à cette époque l'Église existait précisément sous la forme d'une synagogue chrétienne, il ne s'agissait déjà plus seulement de l'expérience de la Tora intérieure, mais aussi de l'expérience du devenir de l'homme en Christ comme Tora vivante, et en ce sens de l'expérience de la ressemblance de l'homme au Christ, comme du disciple au Maître. Cela supposait une vie spirituelle très intense et un travail ascétique très tendu, non pas au sens, bien sûr, de mortification de la chair comme on comprend souvent l'ascèse aujourd'hui, mais au sens de la construction spirituelle de sa vie, intérieure comme extérieure, et de la croissance en soi de ce noyau spirituel sans lequel on ne peut parler ni de Tora intérieure ni du devenir de l'homme en Christ comme Tora vivante.
Un tel chemin est très difficile en général; il exige de l'homme une tension sérieuse, souvent extrême, de ses forces physiques et surtout psychiques, même en lui-même. Et si, en plus, il faut enseigner et guider d'autres personnes, et le faire comme il convient, en conservant à chaque fois, dans tout échange, avec une personne ou avec plusieurs, l'état qui permet aux paroles de ne pas être spirituellement vides, la tension peut parfois devenir tout simplement au-delà des limites.
Les femmes supportent mieux que les hommes les charges longues et constantes, mais dans une situation de stress bref, elles cèdent généralement aux hommes. Or dans le ministère de l'enseignant, de telles situations sont nombreuses; toute sa vie, en un certain sens, consiste surtout en situations stressantes, même si extérieurement elle peut parfois paraître plus ou moins réglée. Pour une femme, un tel régime peut devenir insupportable plus tôt que pour un homme; on peut donc attendre plus tôt d'une femme une rupture psychique plus ou moins grave si elle veut être une véritable enseignante, et pas seulement en porter le nom.
L'alternative, puisque personne n'a aboli l'instinct de conservation, peut facilement devenir la profanation du ministère, lorsque l'homme demeure enseignant extérieurement tout en ayant cessé de l'être intérieurement; ce qui n'est pas meilleur, et à bien des égards pire, qu'une rupture. Bien sûr, un homme qui porte le ministère d'enseignant n'est pas garanti contre l'un ni contre l'autre, mais il a tout de même davantage de chances d'une issue favorable. C'est visiblement de là que part l'apôtre lorsqu'il interdit aux femmes de porter dans l'Église le ministère d'enseignantes.
8 Ainsi donc je veux que les hommes prient en tout lieu, élevant vers le ciel des mains pieuses, sans colère ni dispute. |
9 Que les femmes, de même, aient une tenue décente; que leur parure, modeste et réservée, ne soit pas faite de cheveux tressés, d'or, de pierreries, de somptueuses toilettes, |
10 mais bien plutôt de bonnes œuvres, ainsi qu'il convient à des femmes qui font profession de piété. |
11 Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. |
12 Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de faire la loi à l'homme. Qu'elle garde le silence. |
13 C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. |
14 Et ce n'est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. |
15 Néanmoins elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté. |
L'apôtre Paul est l'une de ces personnes précises auxquelles les féministes adressent leurs reproches. « Comment est-ce possible ? Ce qu'il dit est tout simplement humiliant. » Le problème est que, dans son propre langage, l'apôtre explique une chose simple : l'homme et la femme diffèrent profondément par leur constitution et leur vocation divine. On peut réagir à cela de diverses manières. On peut s'indigner et se révolter. On peut refuser de croire en Dieu à cause de cela. Mais les différences entre l'homme et la femme sont un fait dont il faut tenir compte, ne serait-ce que parce que les chemins par lesquels nous allons vers Dieu et les vocations qu'Il nous confie dépendent de ce que nous sommes.
8 Ainsi donc je veux que les hommes prient en tout lieu, élevant vers le ciel des mains pieuses, sans colère ni dispute. |
9 Que les femmes, de même, aient une tenue décente; que leur parure, modeste et réservée, ne soit pas faite de cheveux tressés, d'or, de pierreries, de somptueuses toilettes, |
10 mais bien plutôt de bonnes œuvres, ainsi qu'il convient à des femmes qui font profession de piété. |
11 Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence, en toute soumission. |
12 Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de faire la loi à l'homme. Qu'elle garde le silence. |
13 C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. |
14 Et ce n'est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. |
15 Néanmoins elle sera sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté. |
Poursuivant le thème d'une « vie paisible et tranquille », Paul parle de ce dont elle doit être remplie : de prière et de bonnes oeuvres (v. 8-10). Un tel mode de vie serait tout à fait acceptable pour tout homme religieux, quelle que soit la religion qu'il professe. La seule exception pourrait être ceux qui portent l'esprit d'une religiosité militante, qui n'acceptent personne en dehors d'eux-mêmes et considèrent comme leur devoir une guerre sainte contre le monde entier jusqu'au triomphe complet de leur religion. Mais il ne s'agit pas seulement du fait que l'esprit d'une religiosité paisible était personnellement plus proche de Paul que celui d'une religiosité militante ; en tout cas, l'image de Paul lorsqu'il n'était encore ni Paul ni apôtre témoigne plutôt du contraire : il n'avait hérité ni de la paix spirituelle ni de la largeur religieuse de son maître Gamaliel (le Gamaliel du livre des Actes). Mais, après la rencontre sur le chemin de Damas, quand Paul comprit ce qu'est le Royaume, il comprit en même temps autre chose : la religion n'est pas l'essentiel dans la vie de l'homme ; ce n'est pas elle qui le rend juste, ce n'est pas elle qui le sauve.
La tâche principale du chrétien, telle que l'apôtre la voit, n'est pas de répandre une religion nouvelle, définitive et absolument vraie, mais de témoigner du Royaume. Or on ne peut pas en témoigner par des mots seuls : il faut montrer à ceux qui cherchent que le Royaume n'est pas un beau rêve, mais une réalité déjà accessible maintenant à ceux qui veulent y prendre part. Comment donc pouvait-on montrer le Royaume à ceux qui n'en savent encore rien ? En répondant à cette question, Paul désigne les assemblées de prière de l'Église comme le lieu où l'on peut voir le Royaume de ses propres yeux. Mais si ceux qui offraient dans l'assemblée de prière l'image d'un habitant du Royaume ne se distinguaient en rien des païens le reste du temps, le témoignage pourrait difficilement être considéré comme complet. Et les bonnes oeuvres dont parle l'apôtre devenaient la manifestation, dans le quotidien, de cette même vie du Royaume. De là vient aussi l'exigence de hiérarchie et d'ordre dans les assemblées ecclésiales dont parle Paul lorsqu'il interdit aux femmes d'être prédicatrices dans l'Église (« enseigner », v. 11-15). Elle n'est évidemment pas liée à une quelconque infériorité ou condition de second rang de la femme, comme le pensent aujourd'hui certains lecteurs de la Bible, mais à la vocation que Dieu a donnée à la femme et, par conséquent, aux ministères que Dieu lui a confiés et parmi lesquels la prédication ecclésiale n'entre pas.
Il ne s'agit pas ici de la discipline ecclésiale en tant que telle, mais de ce qui se tient derrière elle, si seulement l'Église vit d'une vie spirituelle normale, non déformée et non pervertie : cet ordre propre à la vie du Royaume, déterminé non par des lois extérieures, mais seulement par la providence de Dieu pour chacun de ses habitants et, par conséquent, par la vocation de chacun. Dans ce cas, même l'ordre extérieur ne devient pas quelque chose qui se suffit à soi-même, souvent autosuffisant, mais un témoignage, un témoignage du Royaume qui détermine cet ordre.
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