13 Je vous ai donné une terre qui ne vous a demandé aucune fatigue, des villes que vous n'avez pas bâties et dans lesquelles vous vous êtes installés, des vignes et des olivettes que vous n'avez pas plantées et qui sont votre nourriture.
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La terre conquise par les Hébreux venus d'Égypte n'était évidemment pas vide. Il y avait déjà des villes, des villages, des champs, des jardins, des vignes. Tout cela, le peuple hébreu l'a reçu « gratuitement ». En réalité, bien sûr, le peuple de Dieu n'a rien trouvé de gratuit sur la terre donnée par Dieu. Quand nous lisons dans la Bible la conquête de la Palestine, il importe de se souvenir que cette conquête ne signifiait pas que les habitants locaux avaient disparu à jamais, avaient été massacrés ou chassés, et que les conquérants avaient reçu tout ce qu'ils possédaient déjà prêt.
Beaucoup de villes furent effectivement prises d'assaut et détruites, d'autres se rendirent sans combat, et toutes les tribus locales ne résistèrent pas aux conquérants. Mais même lorsqu'il s'agissait de la conquête d'une ville et de sa destruction, personne ne s'installait dans les maisons d'autrui. Il ne faut pas comprendre les paroles de l'auteur sacré littéralement. Pourtant elles sont sans aucun doute vraies en ce qui concerne la participation des Hébreux à une vie nouvelle pour eux, beaucoup plus confortable que celle des temps nomades.
Ils reçurent prête toute une civilisation, qu'ils assimilèrent d'ailleurs rapidement et solidement: en seulement une ou deux générations, les Hébreux passèrent de nomades à agriculteurs et artisans, apprenant tout ce que savaient faire les habitants locaux. Et ils ne devaient en remercier que Dieu, qui les avait conduits jusqu'à la terre promise et leur avait donné la possibilité de la conquérir.
Pourtant, la gratitude ne fut pas toujours adéquate; il fallait plus souvent parler de « gratitude » entre guillemets: après la conquête de la Palestine, le paganisme commença à se répandre largement dans le peuple hébreu, le culte des dieux locaux palestiniens, qui se mêlait chez eux de façon étrange à des éléments de yahvisme.
Humainement parlant, il n'y avait là rien d'étonnant: les Hébreux apprenaient tout de leurs voisins, ils adoptaient leur mode de vie, et adopter en même temps le culte des dieux locaux était, dans une telle situation, plus que naturel. Mais c'est précisément cette naturalité que le peuple de Dieu devait éviter: car ainsi il trahissait en fait et perdait Celui qui lui avait donné cette terre qu'il aimait tant. Beaucoup pensaient que l'amour de la terre signifiait aussi l'amour des dieux locaux.
En réalité, c'est justement par amour de la terre donnée par Dieu qu'il fallait rejeter les dieux qui, aux yeux des païens, la protégeaient. Mais tous ne le comprenaient pas; ceux qui le comprenaient étaient une minorité. Il a fallu au peuple de Dieu passer par l'exil, il a fallu perdre la terre donnée par Dieu pour comprendre cette vérité simple mais vitale. La comprendre afin de ne plus jamais répéter les erreurs de ses ancêtres, qui s'étaient détournés de Dieu pour la terre qu'Il leur avait donnée.
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