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RÉFLEXIONS pour Dt 17:8-9

Si tu as à juger un cas qui te dépasse, affaire de meurtre, contestation ou voie de fait, un litige quelconque dans ta ville, tu partiras et tu monteras au lieu choisi par Yahvé ton Dieu,
tu iras trouver les prêtres lévites et le juge alors en fonction. Ils feront une enquête, et ils te feront connaître la sentence.
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Le livre du Deutéronome propose une organisation sociale théocratique comme optimale pour le peuple de Dieu. Il admet un pouvoir civil, notamment royal, mais il limite nettement les droits du roi. Il ne s'agit pas du fait que, du point de vue de la Tora, la hiérocratie, le pouvoir du sacerdoce, serait la seule forme possible d'organisation sociale pour le peuple de Dieu: la législation du livre de l'Exode, par exemple, n'insiste pas sur une hiérocratie.

Le livre du Deutéronome a été écrit assez tard, peut-être vers le milieu du IXe siècle avant Jésus-Christ, lorsque le traditionalisme avec son mode de vie religieux avait définitivement disparu, et que la société, en particulier dans le royaume d'Israël où le livre fut écrit, était au fond païenne. Les responsables du mouvement prophétique de cette époque étaient convaincus que seule une stricte centralisation du culte et le pouvoir du sacerdoce pouvaient, dans de telles conditions, protéger le peuple du paganisme. Leurs vues ont trouvé leur expression dans le livre du Deutéronome.

Mais, outre cet aspect strictement historique, il y a en lui quelque chose d'universel, qui ne dépend d'aucune situation historique particulière. L'autorité judiciaire suprême est confiée au sacerdoce du Temple non seulement parce qu'il était alors, avec les communautés prophétiques, le gardien d'un yahvisme pur, exempt de toute influence et de tout ajout païens.

Elle lui est confiée d'abord parce que le sacerdoce du Temple était, à l'époque du Premier Temple, le porteur d'un système de valeurs plus ou moins communément admis. Or la justice est impossible sans un tel système de valeurs communément reconnu, tout comme aucune législation n'est possible sans lui: une société dont les normes de valeur ne coïncident pas avec les lois en vigueur ne peut être contrainte à observer ces lois.

Les valeurs, à leur tour, exigent un fondement spirituel absolu, une source absolue. Aucune communauté humaine ni aucune institution créée par les hommes ne peut être une telle source absolue: seul Dieu peut mettre les points sur les i en matière de valeurs spirituelles et morales. Ce n'est pas un hasard si l'histoire de la Tora au Sinaï commence par son don à Moïse comme prophète de Dieu.

À l'époque de Moïse, de Josué et des Juges, les hommes de Dieu étaient les principaux interprètes de cette Tora donnée par Dieu, et le peuple, voyant en eux des hommes de Dieu, écoutait leurs paroles. À l'époque du Premier Temple, de la même manière, le peuple écoutait les paroles des prêtres lévites.

Rien d'étonnant à ce que le Deutéronome leur confie, dans des conditions nouvelles et changées, l'autorité judiciaire suprême: désormais, ils deviennent les interprètes de la Tora. Mais le système de valeurs, spirituelles et morales, reste le même. Et la logique de la Tora comme législation en vigueur reste elle aussi la même: exprimer et incarner dans la loi ce système de valeurs, afin que la Tora devienne un instrument pour organiser la vie non seulement d'un homme particulier, mais de tout un peuple dans sa vie sociale et étatique.

Autres notes

 
Pour Dt 17:1-20
Tu n'immoleras pas à Yahvé ton Dieu une pièce de gros ou de petit bétail qui ait une tare ou un défaut quelconque, car Yahvé ton Dieu a cela en abomination.
S'il se trouve au milieu de toi, dans l'une des villes que Yahvé ton Dieu t'aura données, un homme ou une femme qui fasse ce qui est mal aux yeux de Yahvé ton Dieu, en trangressant son alliance,
qui aille servir d'autres dieux et se prosterner devant eux, et devant le soleil, la lune ou quelque autre de l'armée des cieux, ce que je n'ai pas commandé,
et qu'on te le dénonce; si, après l'avoir entendu et fait une bonne enquête, le fait est avéré et s'il est bien établi que cette chose abominable a été commise en Israël,
tu feras sortir aux portes de ta ville cet homme ou cette femme coupable de cette mauvaise action, et tu lapideras cet homme ou cette femme jusqu'à ce que mort s'ensuive.
On ne pourra être condamné à mort qu'au dire de deux ou trois témoins, on ne sera pas mis à mort au dire d'un seul témoin.
Les témoins mettront les premiers la main à l'exécution du condamné, puis tout le peuple y mettra la main. Tu feras disparaître le mal du milieu de toi.
Si tu as à juger un cas qui te dépasse, affaire de meurtre, contestation ou voie de fait, un litige quelconque dans ta ville, tu partiras et tu monteras au lieu choisi par Yahvé ton Dieu,
tu iras trouver les prêtres lévites et le juge alors en fonction. Ils feront une enquête, et ils te feront connaître la sentence.
10 Tu te conformeras à la parole qu'ils t'auront fait connaître en ce lieu choisi par Yahvé, et tu prendras garde d'agir selon toutes leurs instructions.
11 Tu te conformeras à la décision qu'ils t'auront fait connaître et à la sentence qu'ils auront prononcée, sans t'écarter ni à droite ni à gauche de la parole qu'ils t'auront fait connaître.
12 Si quelqu'un agit présomptueusement, n'obéissant ni au prêtre qui se tient là pour le service de Yahvé ton Dieu, ni au juge, cet homme mourra. Tu feras disparaître d'Israël le mal.
13 Le peuple l'apprendra, craindra, et cessera d'agir avec présomption.
14 Lorsque tu seras arrivé en ce pays que Yahvé ton Dieu te donne, que tu en auras pris possession et que tu y habiteras, si tu te dis : " Je veux établir sur moi un roi, comme toutes les nations d'alentour ",
15 c'est un roi choisi par Yahvé ton Dieu que tu devras établir sur toi, c'est quelqu'un d'entre tes frères que tu établiras sur toi comme roi, tu ne pourras pas te donner un roi étranger qui ne soit pas ton frère.
16 Mais qu'il n'aille pas multiplier ses chevaux, et qu'il ne ramène pas le peuple en Égypte pour accroître sa cavalerie, car Yahvé vous a dit : " Vous ne retournerez jamais par ce chemin. "
17 Qu'il ne multiplie pas le nombre de ses femmes, ce qui pourrait égarer son cœur. Qu'il ne multiplie pas à l'excès son argent et son or.
18 Lorsqu'il montera sur le trône royal, il devra écrire sur un rouleau, pour son usage, une copie de cette Loi, sous la dictée des prêtres lévites.
19 Elle ne le quittera pas; il la lira tous les jours de sa vie, pour apprendre à craindre Yahvé son Dieu en gardant toutes les paroles de cette Loi, ainsi que ces règles pour les mettre en pratique.
20 Il évitera ainsi de s'enorgueillir au-dessus de ses frères, et il ne s'écartera de ces commandements ni à droite ni à gauche. A cette condition, il aura, lui et ses fils, de longs jours sur le trône en Israël.
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À en juger par les lois que nous propose le Livre du Deutéronome, l'idéal social de son auteur est une hiérocratie. C'est là une concession évidente, un renoncement à la théocratie si chère au coeur des premiers prophètes: or le Livre...  Lire la suite

À en juger par les lois que nous propose le Livre du Deutéronome, l'idéal social de son auteur est une hiérocratie. C'est là une concession évidente, un renoncement à la théocratie si chère au coeur des premiers prophètes: or le Livre du Deutéronome est apparu dans le milieu des premiers prophètes, dans les communautés prophétiques primitives du Royaume du Nord.

Les premiers prophètes ont toujours été plus proches de la théocratie, du pouvoir d'un chef charismatique établi par Dieu, qui conduisait le peuple au nom de Dieu et pour Dieu. La hiérocratie, elle, signifiait le pouvoir du sacerdoce, de la communauté sacerdotale, de la communauté du Temple de Jérusalem, qui justement à l'époque de la rédaction du Livre du Deutéronome acquérait sa première expérience de participation à la vie politique, non pas au Nord, bien sûr, mais au Sud, dans le Royaume de Juda.

La logique de l'auteur du livre était compréhensible: il lui importait de préserver la pureté de la Torah, y compris comme loi d'État; pour cela il fallait trouver des hommes qui, possédant pouvoir et autorité, soient en même temps fidèles à la Torah. L'auteur du Livre du Deutéronome trouva de tels hommes dans les membres de la communauté du Temple: le sacerdoce de Jérusalem possédait dans son pays à la fois le pouvoir, l'autorité spirituelle, et les prêtres, naturellement, ne se concevaient pas en dehors de la Torah. Si quelqu'un pouvait favoriser l'acceptation et la diffusion de la Torah dans toute sa plénitude et sa pureté comme loi d'État, c'était bien le sacerdoce de Jérusalem. La chose se compliquait, il est vrai, du fait que les relations entre les deux États juifs étaient, au moment de la rédaction du livre, pour le dire doucement, très tendues; mais elles préoccupaient peu l'auteur sacré, car lui-même était manifestement adversaire du pouvoir séculier tel qu'il existait au Nord.

La Judée, toutefois, était elle aussi un royaume, et l'auteur du livre le comprend: le yahvisme pur peut se conjuguer avec le pouvoir royal, mais à une condition: que le roi suive strictement la Torah, sans s'en écarter ni à droite ni à gauche. Cette exigence faite au pouvoir terrestre de suivre la loi de Dieu peut être considérée comme pleinement universelle; elle vaut pour tous les temps. Les formes de gouvernement et d'organisation sociale peuvent changer, mais le principe fondamental demeure inchangé: aux yeux de Dieu, seul a droit à l'existence un pouvoir dont les représentants suivent la Torah, au minimum en ne violant pas les commandements donnés par Dieu.

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Pour Dt 17:1-20
Tu n'immoleras pas à Yahvé ton Dieu une pièce de gros ou de petit bétail qui ait une tare ou un défaut quelconque, car Yahvé ton Dieu a cela en abomination.
S'il se trouve au milieu de toi, dans l'une des villes que Yahvé ton Dieu t'aura données, un homme ou une femme qui fasse ce qui est mal aux yeux de Yahvé ton Dieu, en trangressant son alliance,
qui aille servir d'autres dieux et se prosterner devant eux, et devant le soleil, la lune ou quelque autre de l'armée des cieux, ce que je n'ai pas commandé,
et qu'on te le dénonce; si, après l'avoir entendu et fait une bonne enquête, le fait est avéré et s'il est bien établi que cette chose abominable a été commise en Israël,
tu feras sortir aux portes de ta ville cet homme ou cette femme coupable de cette mauvaise action, et tu lapideras cet homme ou cette femme jusqu'à ce que mort s'ensuive.
On ne pourra être condamné à mort qu'au dire de deux ou trois témoins, on ne sera pas mis à mort au dire d'un seul témoin.
Les témoins mettront les premiers la main à l'exécution du condamné, puis tout le peuple y mettra la main. Tu feras disparaître le mal du milieu de toi.
Si tu as à juger un cas qui te dépasse, affaire de meurtre, contestation ou voie de fait, un litige quelconque dans ta ville, tu partiras et tu monteras au lieu choisi par Yahvé ton Dieu,
tu iras trouver les prêtres lévites et le juge alors en fonction. Ils feront une enquête, et ils te feront connaître la sentence.
10 Tu te conformeras à la parole qu'ils t'auront fait connaître en ce lieu choisi par Yahvé, et tu prendras garde d'agir selon toutes leurs instructions.
11 Tu te conformeras à la décision qu'ils t'auront fait connaître et à la sentence qu'ils auront prononcée, sans t'écarter ni à droite ni à gauche de la parole qu'ils t'auront fait connaître.
12 Si quelqu'un agit présomptueusement, n'obéissant ni au prêtre qui se tient là pour le service de Yahvé ton Dieu, ni au juge, cet homme mourra. Tu feras disparaître d'Israël le mal.
13 Le peuple l'apprendra, craindra, et cessera d'agir avec présomption.
14 Lorsque tu seras arrivé en ce pays que Yahvé ton Dieu te donne, que tu en auras pris possession et que tu y habiteras, si tu te dis : " Je veux établir sur moi un roi, comme toutes les nations d'alentour ",
15 c'est un roi choisi par Yahvé ton Dieu que tu devras établir sur toi, c'est quelqu'un d'entre tes frères que tu établiras sur toi comme roi, tu ne pourras pas te donner un roi étranger qui ne soit pas ton frère.
16 Mais qu'il n'aille pas multiplier ses chevaux, et qu'il ne ramène pas le peuple en Égypte pour accroître sa cavalerie, car Yahvé vous a dit : " Vous ne retournerez jamais par ce chemin. "
17 Qu'il ne multiplie pas le nombre de ses femmes, ce qui pourrait égarer son cœur. Qu'il ne multiplie pas à l'excès son argent et son or.
18 Lorsqu'il montera sur le trône royal, il devra écrire sur un rouleau, pour son usage, une copie de cette Loi, sous la dictée des prêtres lévites.
19 Elle ne le quittera pas; il la lira tous les jours de sa vie, pour apprendre à craindre Yahvé son Dieu en gardant toutes les paroles de cette Loi, ainsi que ces règles pour les mettre en pratique.
20 Il évitera ainsi de s'enorgueillir au-dessus de ses frères, et il ne s'écartera de ces commandements ni à droite ni à gauche. A cette condition, il aura, lui et ses fils, de longs jours sur le trône en Israël.
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L'histoire de l'Ancien Testament montre clairement comment Israël, en accomplissant la parole du Seigneur, était jugé digne de nouveaux degrés de révélation et, inversement, comment, lorsqu'il oubliait l'Alliance...  Lire la suite

L'histoire de l'Ancien Testament montre clairement comment Israël, en accomplissant la parole du Seigneur, était jugé digne de nouveaux degrés de révélation et, inversement, comment, lorsqu'il oubliait l'Alliance, même les dons que lui avaient apportés les alliances précédentes se perdaient rapidement. Une loi spirituelle agit ici à l'échelle de tout un peuple: suivre la parole multiplie la connaissance de Dieu; lui résister nous rejette en arrière dans les ténèbres du paganisme.

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